Le nombre considérable de débris osseux dont on dispose aujourd'hui a permis de reconstituer, malgré la diversité des éléments, plusieurs individus presque complets ; de plus, la présence de restes de faune et de traces d'installation sur les terrains cités précédemment a autorisé la première reconstitution du mode de vie de nos « cousins éloignés ». Un point sur lequel tous les chercheurs sont désormais unanimes est celui du statut de ces hominidés : étroitement apparentés (biologiquement) au genre Homo, ils s'en sont différenciés en donnant naissance à une branche collatérale ; leur évolution est sensible jusqu'à environ 1,5 million d'années, à travers différentes espèces qui, tout en conservant une architecture générale du crâne assez primitive (et, sous certains aspects, encore simienne), ont évolué en acquérant une morphologie corporelle en tous points similaire à celle des espèces contemporaines d'Homo.
Les australopithèques possédaient la station bipède, mais ne possèdaient pas une bipédie franche, leur bipédie était partielle (ils se déplaçaient encore par brachiation par moment), marchaient comme l'homme moderne et étaient à même de courir sur leurs deux pieds (contrairement à ce que l'on a pu penser par le passé). Cela a été confirmé par la sensationnelle découverte (en 1978 par Mary Leakey), près de Laetoli (plaine du Serengeti, en Tanzanie), d'une double série d'empreintes de pas conservées depuis 3,6 à 3,8 millions d'années.
La structure des mains des australopithèques est identique à celle des humains, en dehors de l'articulation de la première phalange du pouce, qui ne permet pas tous les mouvements d'une main d'homme moderne (mais qui est quasi identique à celle d'Homo erectus). Ainsi, cette structure analogue témoigne de la possibilité qu'avaient les australopithèques de travailler des objets, même s'ils ne disposaient pas de l'habileté permettant d'exécuter des tressages ou de tailler des pierres ; peut-être est-ce précisément ce qui marque une des limites de l'humanisation totale des australopithèques, lesquels, d'après le témoignage des objets accompagnant les restes osseux, ne furent jamais aptes à travailler la pierre comme leurs contemporains Homo habilis ou Homo rudolfensis.
Cependant, cette limite à elle seule n'est pas suffisante pour expliquer la diversité de comportements entre les deux genres ; il existait, il est vrai, d'autres différences morphologiques avec les premiers Homo connus, divergences dont la signification fonctionnelle est encore aujourd'hui un objet d'études. Avant tout, la capacité crânienne de l'australopithèque est légèrement inférieure (550 cm, alors que celle d'Homo habilis est de 600 cm), mais cependant bien adaptée à la masse corporelle de ces hominidés dont la taille était de l'ordre de 135 cm. La structure du crâne, fort proche de celle d'Homo habilis et de celle d'Homo erectus, conserve toutefois quelques caractéristiques propres aux pongidés (orang-outan).