Diagnostic
Signes fonctionnels
Un cancer colorectal ne donne pas forcément des signes. C'est pourquoi, après cinquante ans, on recommande des tests de détection:
- test du sang fécal occulte tous les 3-5 ans
Test Hemoccult
On étale soi-même un peu de matière fécale sur un « carton » spécial, deux jours de suite. Plié, ce carton est envoyé au laboratoire pour y détecter du sang même en très petite quantité. On peut donc détecter le saignement d'un polype intestinal (pas forcément cancéreux). Si ce test est positif, on le refait, puis on doit faire une coloscopie.
Le test Hemoccult est le 1 outil de diagnostic utilisé lors des campagnes de dépistage
Cependant, le test consistant à détecter du sang dans les selles, le patient doit s'abstenir de manger des viandes peu cuites, boudin noir et toute source extérieure de sang dans les trois jours qui précèdent le test.
- coloscopie si un proche a (eu) ce cancer. Cependant, la tumeur peut saigner dans l'intestin, ou le boucher en partie (obstruction). On peut alors détecter :
- du sang dans les selles (sang fécal, apparent ou occulte, en ce cas détectable par un test)
- une constipation continue d'apparition récente. Parfois, une obstruction complète, ou une diarrhée persistante.
A l'extrême, une occlusion peut survenir, ou une perforation de la tumeur avec péritonite. La présence de signes digestifs apparus dans les mois précédant l'accident aigu, oriente vers l'origine néoplasique de la complication aiguë.
Les symptômes sont souvent moins spécifiques, par exemple :
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une anémie qui entraîne une fatigue persistante et un teint de plus en plus pâle (dû aux hémorragies intestinales)
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un amaigrissement inexpliqué
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tardivement, les métastases hépatiques peuvent donner un foie très gros à la palpation
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L'analyse spectrométrique (spectroscopie) d'un échantillon de selles grâce à un spectromètre à résonance magnétique. Cette technique (SRM) serait "capable dans 95% des cas d'identifier à la fois la présence d'un cancer et de polypes précancéreux" selon l'Institut du Biodiagnostic de Winnipeg (Centre National de Recherches Canada). "Ce test est pour nous une méthode de dépistage. Seules les personnes dont les tests SRM seraient positifs devraient subir une coloscopie. Ce test préliminaire devrait être moins désagréable pour le patient et moins coûteux pour l'hôpital." Cette technique est en cours d'évaluation chez l'homme.
Examen clinique
Chez ceux qui ont un risque élevé d'avoir un cancer colorectal, en raison de leur âge, de leur famille, ou de maladie inflammatoire (voir Épidémiologie ci-dessus), on recommande un examen périodique du côlon. En effet, le cancer met des années à se développer. Si on le détecte assez tôt, on peut l'enlever à temps, ce qui annule presque complètement le risque. Voici ces examens :
- Le toucher rectal : de son doigt ganté mis dans l'anus, le médecin cherche de possibles anomalies rectales. Rapide et peu coûteux, cet examen ne détecte que des anomalies aux alentours du rectum.
- Le test du sang fécal occulte (voir ci-dessus)
- Colonoscopie : c'est l'examen de référence. Une sonde (long flexible enrobé de plastique) est insérée par l'anus puis glissée peu à peu dans l'intestin. Il permet d'observer la muqueuse et de faire des prélèvements ; si l'on constate un polype, celui-ci est enlevé entièrement et sera analysé au laboratoire par histologie, et son exérèse diminue beaucoup le risque de cancer. La sigmoïdoscopie, un examen plus rapide et moins complet, utilise une courte sonde semi-rigide, qui permet l'exploration du rectum et du colon sigmoïde.
- Radiographie après lavement au sulfate de baryum (en anglais, DCBE) : le baryum, très lourd, est opaque aux rayons X. Par contraste, on voit les contours du côlon, et on peut identifier les polypes sur les photos. Ce système, moins invasif que la colonoscopie, est aussi moins sensible. Il est très amélioré par l'utilisation d'ordinateurs puissants, qui permettent une colonoscopie virtuelle où l'ensemble du côlon s'affiche en 3D sur des écrans de haute définition, presque en temps réel. Cette technique n'est toujours pas aussi sensible que la colonoscopie (D.C. Rockey, Lancet, Déc 2004) et ne permet pas d'enlever les polypes. Si un polype est détecté, on doit faire une colonoscopie pour l'enlever.
- D'autres types d'examens ne sont pas présentés ici, car ils sont peu utilisés, trop coûteux, trop nouveaux, ou pas assez spécifiques ou sensibles (CAT, PET, CEA…). Voir WikiPedia anglaise (en) colorectal cancer
Examens complémentaires
Comme il vient d'être expliqué, quels que soient le symptôme ou l'examen ayant suggéré la présence d'un cancer colorectal, on doit le confirmer par une colonoscopie complète du gros instestin. Elle permet d'examiner complètement la muqueuse de l'anus jusqu'à la jonction iléo-colique, au niveau du cæcum et de l'appendice, et de faire des prélèvements.
Lors de la colonoscopie, le gastro-entérologue va faire des prélèvements (biopsie, polype) qui seront ensuite examinés au laboratoire d'histologie. Le tissus est inclus dans un bloc de paraffine pour en extraire des coupes fines de quelques micromètres. Après coloration, ces coupes sont examinées au microscope par un médecin spécialisé en anatomo-pathologie (ou histologie). Cet examen permet de classer le prélèvement suivant la forme de la tumeur et le type des cellules.
On trouve le plus souvent dans l'intestin des adénomes (= polypes adénomateux). Considéré comme bénin, le polype risque d'évoluer vers un cancer si on le laisse en place, s'il est gros (plus d'un centimètre de diamètre), et/ou s'il est villeux (=avec des villosités). Les petits polypes, et les polypes tubulaires, présentent moins de risques. On trouve aussi des polypes hyperplasiques, considérés comme pratiquement sans risque. Enfin on trouve dans les colons des adénocarcinomes, qui sont les véritables cancers, dont les cellules dysplasiques franchissent la lamina propria. Ce premier stade de l'invasion peut évoluer pour s'étendre à d'autres organes et conduire à l'apparition de métastases, hépatiques le plus souvent, qui provoquent la mort plus fréquemment que la tumeur initiale.
Classification du cancer du rectum
Les médecins ont mis en place des systèmes normalisés indiquant la gravité d'une tumeur. Après la classification de Duke (A, B, C et D), on est passé au système TNM (pour Tumeur, Nœud lymphatique, Metastase) et les groupes AJCC. Voir le détail de ces classifications sur la Wikipedia anglaise colorectal cancer
Classification TNM
La classification TNM, mise à jour en 2002 TNM (UICC 2002)
- Tumeur
- Tis : Tumeur intra-épithéliale (carcinome in situ) ou envahissant le chorion
- T1 : Tumeur envahissant la sous-muqueuse,
- T2 : Tumeur envahissant la musculeuse,
- T3 : Tumeur envahissant la graisse péri-rectale,
- T4 : Tumeur envahissant au moins un organe de voisinage;
- Tx : la tumeur primitive ne peut être évaluée.
- Ganglions
- N0 : pas de métastase ganglionnaire
- Nx : ganglions non évalués
- N1 : 1 à 3 ganglions métastatiques régionaux
- N2 : 4 ganglions métastatiques régionaux ou plus
- Métastases
- M0 : pas de métastase
- M1 : métastases à distance (dont ganglions sus-claviculaires)
Stade pronostic
A partir de la classification TNM on définit quatre stades de gravité croissants.
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Stade I = pT1-T2 N0 M0 = graisse péri-rectale intacte sans métastase ganglionnaire
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Stade IIA = pT3 N0 M0 = graisse péri-rectale atteinte sans métastase ganglionnaire
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Stade II B = pT4 N0 M0 = méso-rectum franchi et/ou envahissement d’organes voisins, sans métastase ganglionnaire
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Stade IIIA = pT1-T2, N1 M0
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Stade IIIB = pT3-T4, N1 M0
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Stade IIIC = tous T , N2 M0
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Stade IV = tous T, tous N, M1= métastases à distance
Traitement
Chirurgie
La chirurgie joue un rôle primordial dans la prise en charge du cancer du rectum. Il est clairement démontré que la qualité du geste chirurgical dépend de l'expérience du chirurgien. Plus celui-ci opère de cancers du rectum, moins le risque de rechute est élevé.
La nature du geste chirurgical dépend de la taille de la tumeur de sa localisation et de l'état général du patient. La chirurgie du rectum peut être grevée d'une morbidité importante (fistules, occlusions, lâchage de sutures). De plus le risque de stomie définitive (anus artificiel) est important pour les tumeurs volumineuses ou situées près de la marge anale, le patient doit en être informé.
Pour les toutes petites tumeurs il est possible d'effectuer une résection tumorale par voie anale. Pour les tumeurs plus volumineuses, si la taille de la tumeur et sa localisation le permettent, le geste chirurgical effectué est une résection du rectum avec ablation du mésorectum. Le mésorectum est un tissu graisseux qui entoure le rectum, entouré par une aponévrose, le fascia recti. Il est très clairement prouvé que l'ablation complète du mésorectum, avec un fascia recti non rompu diminue le risque de rechute locale.
Lorsqu'il n'est pas possible de préserver le sphincter anal, le geste chirurgical comprend l'amputation abdomino-périnéale et la pose d'une stomie définitive.
Radiothérapie
La raditothérapie est recommandée en préopératoire chez tous les stades II et III car elle diminue le risque de récidive locorégionale
Chimiothérapie
Soins de support
Stratégie thérapeutique
Stade localisé au rectum
Stade étdendu localement
Stade métastatique
Le traitement du cancer du rectum métastatique est semblable à celui du cancer colique métastatique. La seule différence porte sur le traitement de la tumeur locale.
Du fait de sa localisation le cancer du rectum peut entraîner des complications sévères et très inconfortables. Si la tumeur primitive reste en place, elle peut envahir l'ensemble du bassin, entrainer une occlusion digestive, un envahissement de la vessie ou du vagin, avec comme conséquence des fistules recto-vaginales ou recto-vésicales très gênantes. Elle peut surtout entraîner des douleurs intenses liées à l'atteinte des réseaux nerveux (plexus sacré, racines nerveuses du bassin). Du fait de ces complications, il est souvent proposé lorsque la maladie métastatique peut être contrôlée pendant une durée suffisante, un traitement de la tumeur locale par chirurgie et/ou radiothérapie afin de réduire le risque d'évolution locale.