École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (lettres et sciences humaines)

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Introduction

École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud
ENS LSH.svg
Informations
FondationDécrets de Jules Ferry, 1880-1882
TypeÉcole normale supérieure
Localisation
VilleLyon
PaysFrance France
Direction
DirecteurOlivier Faron
Chiffres clés
Enseignants-chercheurs300
Étudiants1 100, dont environ 470 normaliens et 120 doctorants
Divers
Site internetwww.ens-lsh.fr/

L’école normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (lettres et sciences humaines), parfois appelée informellement École normale supérieure lettres et sciences humaines (« ENS-LSH »), était un établissement d'enseignement supérieur situé à Lyon.

Son directeur en 2009 est Olivier Faron, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris IV-Sorbonne. Elle fait partie du réseau des écoles normales supérieures.

L'École normale supérieure lettres et sciences humaines (Fontenay-Saint-Cloud) recrute ses élèves grâce à un concours sélectif. Les élèves ainsi admis sont couramment nommés normaliens. Les anciens élèves sont appelés archicubes.

Par ailleurs, l'École accueille des auditeurs, des doctorants et des pensionnaires étrangers, après une sélection sur dossier.

Selon le décret du 26 août 1987, l'École « prépare, par une formation culturelle et scientifique de haut niveau, des élèves se destinant à la recherche scientifique fondamentale ou appliquée, à l'enseignement universitaire et dans les classes préparatoires aux grandes écoles, ainsi qu'à l'enseignement secondaire et, plus généralement, au service des administrations de l'Etat et des collectivités territoriales de leurs établissements ou des entreprises. Elle exerce principalement ses missions dans les disciplines littéraires et les sciences humaines, sociales, économiques et politiques ».

L'ENS LSH et l'ENS Lyon ont entamé un projet de fusion qui a donné naissance à un pôle commun appelé ENS de Lyon. La fusion est devenue effective au 1 janvier 2010.

Histoire

L'ENS LSH à Lyon

Près d'un siècle après la création de l'École normale (aujourd'hui installée rue d'Ulm à Paris), Jules Ferry crée les Écoles normales supérieures de l'enseignement primaire de Fontenay-aux-Roses pour les jeunes filles (1880) puis de Saint-Cloud pour les garçons (1882). Elles sont toutes les deux situées en région parisienne, l'une dans les communs du Domaine national du parc de Saint-Cloud (Pavillon de Valois), plus tard avec des annexes dites « Latouche » et « Pozzo » (du nom des rues Latouche et Pozzo di Borgo où se trouvaient les bâtiments), l'autre dans un « Port-Royal » laïque construit par un disciple de Labrouste. Avant la fusion et le transfert des écoles, les élèves de l'école de Saint-Cloud étaient surnommés « cloutiers », alors que ceux qui préparaient le concours d'entrée s'appelaient les « cloutards ». Les jeunes filles étaient connues sous le nom de « Fontenaisiennes ».

Elles ont d'abord pour mission de former les professeurs des écoles normales d'instituteurs et des écoles primaires supérieures, ainsi que les inspecteurs de l'enseignement primaire. Sous Vichy, les écoles prennent le nom d' Écoles nationales préparatoires à l'enseignement dans les collèges, puis, à la Libération, celui d' Écoles normales supérieures préparatoires à l'enseignement du second degré [(histoire) Libération]. En 1954, les élèves-professeurs sont fonctionnarisés, en même temps que ceux des autres ENS, sous l'impulsion du Ministre de l'Éducation nationale André Marie. Depuis le début des années 50, elles étaient autorisées à préparer l'agrégation, puis, en 1966, leur régime fut tardivement aligné sur celui de la rue d'Ulm, et elles purent officiellement préparer leur élèves à l'enseignement supérieur. Elles devinrent mixtes en 1981.

En 1986, le site de Fontenay-aux-Roses se spécialise dans les lettres et les sciences humaines, prenant le nom d'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, tandis que les sections scientifiques forment la nouvelle École normale supérieure de Lyon, et s'installent dans le quartier de Gerland.

Après une décennie d'incertitude sur l'avenir de l'École de Fontenay-Saint-Cloud, en septembre 2000, elle est finalement installée à Lyon, auprès de l'école scientifique. Depuis lors, elle est couramment désignée sous le nom d'École normale supérieure lettres et sciences humaines (ENS LSH), même si elle a gardé officiellement son ancien nom.

Depuis plusieurs années, l'École est engagée dans une politique de rapprochement avec les universités et les autres grandes écoles de la région lyonnaise. Elle est l'un des membres fondateurs du Pôle de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) de Lyon : l'Université de Lyon. Au 1 janvier 2010, les ENS de Lyon et de Fontenay Saint-Cloud ont fusionné pour former un même établissement.

Localisation

Campus

L’École normale supérieure lettres et sciences humaines est situé sur un campus, qui comprend des bâtiments recherche et formation, ainsi qu'une résidence des élèves. Une grande partie des étudiants est ainsi logée sur le site même.

Le campus de l'ENS LSH accueille également, depuis 2000, les bâtiments de l'Institut national de recherche pédagogique. A quelques mètres de l'Ecole, dans le prolongement du parvis René-Descartes, se situe la Bibiliothèque inter-universitaire Denis-Diderot. A celle-ci s'ajoutent la bibliothèque de l'Ecole et celle de l'INRP. L’ENS Lyon est également située dans le quartier de Gerland. Cette proximité permet des échanges et des transferts, tant pour les chercheurs que pour les étudiants.

Vue des jardins, École normale supérieure lettres et sciences humaines à Lyon

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Métro-M-Lyon.svg
Ce site est desservi par la station de métro : Debourg.

Architecture des bâtiments

Le site de l'ENS lettres et sciences humaines s'étend sur 8 hectares, et est composé de deux grandes entités, l'Ecole et la Bibliothèque Denis-Diderot, dont le parc réalisé par Gilles Clément constitue l'articulation principale.

L'architecte Henri Gaudin a créé des édifices répondant aux fonctionnalités de l'école. Le bâtiment formation (salle de cours, gymnase, amphithéâtre et théâtre Kantor), le bâtiment recherche (laboratoires et équipes de recherche), le bâtiment administration et le bâtiment ressources regroupant les moyens de production (studio d'enregistrement, reprographie, centre de ressources informatiques, etc.) sont tous réunis par le Forum Félix Pécaut, l'entrée magistrale de l'école par le parvis René-Descartes, lieu de circulation par essence. Le Forum cristallise presque tous les éléments récurrents de l'architecture si spécifique d'Henri Gaudin. La résidence des élèves, l'hôtel des invités et les logements de fonction composent les espaces privatifs en quelque sorte de ce campus urbain.

L'architecte Bruno Gaudin est l'auteur de la Bibliothèque Denis-Diderot, dont l'accès est direct au sortir de la bouche de métro Debourg. Trois sites prennent place : la bibliothèque de l'école, la bibliothèque inter-universitaire et la bibliothèque de l'Institut national de recherche pédagogique. Le restaurant est aussi une réalisation de Bruno Gaudin et s'efface dans la magie du lieu.

L'ensemble met en perspective le profil sud de la colline de Fourvière sous une focale originale. L'architecture globale s'intègre avec son environnement direct par des hauteurs modestes et des dégagements sur des artères et des immeubles du quartier.

Le parvis de l'école sous la neige

Jardins

Le "jardin évolutif" est une création-concept du paysagiste Gilles Clément, destinée à reproduire un écosystème viable et cohérent au sein du campus. Les nombreuses essences de plantes y évoluent ainsi librement, se déplaçant, se replantant et évoluant d'elles-mêmes, n'étant que partiellement aidées par l'équipe des jardiniers, et entièrement auto-recyclée avec le minimum d'apports extérieurs : le foin fauché dans la "prairie" sert de désherbant, le compost produit sur place sert d'engrais, et les différents animaux jouent tous un rôle dans ce micro-biotope.

Les jardins de l'ENS sont célèbres aussi pour leur faune étonnamment riche, composée notamment de lapins, de nombreux hérissons, de grenouilles, d'une ruche à osmies et d'un élevage prolifique de moutons de Soay, dont le bélier est considéré comme une des mascottes de l'école.

Recherche

Affiche d'une journée d'étude (janvier 2009)

Les équipes de recherche de l'ENS-LSH travaillent généralement au sein d'unités mixtes de recherche ou de groupements de recherche et sont composés de professeurs de l'école, d'extérieurs et de doctorants.

De nombreux colloques et journées d'études sont accueillis chaque année.

Formations

Les élèves et anciens élèves de l'Ecole ont le titre de normalien. Mais il existe aussi des auditeurs, doctorants, des pensionnaires étrangers, étudiants qui ne sont pas recrutés sur concours. Un étudiant à l'ENS LSH n'est donc pas nécessairement normalien.

Formation sur concours

Recrutement

L'accès à l'École se fait par concours, que l'on prépare en CPGE littéraires, appelées khâgnes modernes. Elles sont nommées modernes car les langues anciennes n'y sont pas obligatoires (Depuis 2008, cependant, les élèves d'hypokhagnes doivent suivre un cours de langue ancienne obligatoire), tandis qu'une épreuve de géographie est comprise dans le tronc commun, et parce qu'un programme tournant est fixé chaque année. Elles se distinguent ainsi des khâgnes classiques qui préparent à l'ENS (rue d'Ulm). Une réforme du concours est toutefois en route.

On peut également accéder aux formations de l'ENS-LSH en tant qu'auditeur libre, après une sélection sur dossier.

Statut des élèves

Une fois admis, et comme dans la plupart des école de la fonction publique française, l'étudiant acquiert le statut d'élève fonctionnaire-stagiaire par la signature d'un engagement décennal après l'admission au concours : il devient normalien. À ce titre, il touche un salaire, de 1 269,65 € la première année. En contrepartie, l'élève s'engage à travailler pour l'État pendant dix ans, même si cet engagement n'est pas toujours respecté ; il peut également être racheté par l'étudiant lui-même, ou par certaines entreprises désireuses de s'attacher ses services.

Enseignements

La scolarité dure quatre ans et vise à la préparation de l'agrégation et d'un master. Les cours relèvent de quatre départements :

  • Lettres et arts (Etudes théâtrales, Musicologie, Cinéma, Danse, Histoire de l'Art)
  • Langues
  • Sciences humaines (philosophie et sciences du langage et de la communication)
  • Sciences sociales (histoire, géographie, sociologie et économie)

Autres formations

Anciens élèves célèbres

Le nom des anciens élèves est suivi de leur date d'entrée dans leurs établissements respectifs. Pour une liste un peu plus fournie des anciens élèves, voir ici.

  • Muriel Barbery (1990), écrivain.
  • Pierre Bergounioux (1969), écrivain.
  • Jean-Claude Carrière (1953), écrivain, scénariste et metteur en scène.
  • Bernard Cerquiglini (1966), linguiste, agrégé de lettres modernes et docteur ès lettres, professeur de linguistique à Paris VII et Recteur de l'Agence universitaire de la Francophonie.
  • Roger Chartier (1964), historien, professeur au Collège de France et directeur d'études à l'EHESS.
  • Jacques Chiffoleau (1971), directeur d'études à l'EHESS.
  • Bernard Cottret (1971), membre senior de l'Institut Universitaire de France.
  • Philippe Descola (1970), professeur au Collège de France et directeur d'études à l'EHESS.
  • Jacques Dupâquier (1942), ancien directeur d'études à l'EHESS, membre de l'Institut
  • Alain Finkielkraut (1969), philosophe et écrivain.
  • Paul Fournel (1968), écrivain.
  • André Glucksmann (1957), philosophe et écrivain.
  • Maurice Godelier (1955), anthropologue (médaille d'or du CNRS en 2001).
  • Pierre Goubert (1935), historien.
  • Pascal Lainé (1962), écrivain (prix Goncourt 1974).
  • Georges Lemoine, (1956), ancien député, ancien ministre.
  • Bernard Loing, (1953), anglisciste, ancien recteur du C.N.E.D.
  • Yves Le Pestipon, écrivain.
  • Gérard Miller (1968), psychanalyste et chroniqueur TV.
  • Yves Paccalet (1965), écrivain, journaliste, auteur de films TV et dessins animés, philosophe.
  • Joseph Pérez (1952), historien de l'Espagne et de l'Amérique latine, ancien directeur de la Casa Velasquez.
  • Mazarine Pingeot (1994), écrivain.
  • Marceau Pivert (1919), homme politique français.
  • Daniel Roche (1956) ancien professeur au Collège de France et directeur d'études à l'EHESS.
  • Gilbert Romeyer-Dherbey (1956), philosophe.
  • Henry Rousso (1974), histoire.
  • Henri Suhamy (1952), angliciste, spécialiste de Shakespeare et de Scott, et aussi de stylistique et de métrique.
  • Michel Vovelle (1953), historien.
  • Gisèle Souchon (1963), professeur de Philosophie en classes préparatoires au Lycée du Parc.

Liste des directeurs

École normale supérieure de Saint-Cloud

  • Edouard-Auguste Jacoulet (1882-1899)
  • Albert Pierre (1900-1909)
  • Victor Bonnaric (1909-1926)
  • Pierre-Félix Pécaut (1926-1935)
  • Oscar Auriac (1935-1942)
  • René Georgin (1942-1946)
  • René Vettier (1946-1957)
  • Roger Ulrich (1957-1965)
  • Jacques Butterlin (1966-1977)
  • Francis Dubus (1977-1985)

ENS de Fontenay-aux-Roses

  • Félix Pécaut,(1880-1896)
  • Jeanne de Friedberg, (1880-1890)
  • Lucie Saffroy, (1890-1897)
  • Jules Steeg, (1896-1898)
  • Jeanne Dejean de la Bâtie, (1897-1917)
  • Anne-Marie Grauvogel,(1917-1935)
  • Marguerite Dard, (1935-1948)
  • Louise Maugendre, directrice de l’ENS de Fontenay-aux-Roses (1948-1961)
  • Marguerite Cordier, directrice de l’ENS de Fontenay-aux-Roses (1961-1974)
  • Jacqueline Bonnamour, directrice de l’ENS de Fontenay-aux-Roses (1974-1985)

École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (ENS LSH)

  • Michel Coquery (1985-1995)
  • Sylvain Auroux (1995-2005)
  • Olivier Faron (depuis 2005)