Lépisosté osseux

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Introduction

Lépisosté osseux
Lepisosteus osseus
Classification
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Sous-embr.Vertebrata
Super-classeOsteichthyes
ClasseActinopterygii
Sous-classeNeopterygii
OrdreSemionotiformes

Lepisosteiformes
FamilleLepisosteidae
GenreLepisosteus
Nom binominal
Lepisosteus osseus

Linnaeus, 1758
Statut de conservation IUCN :

DD  : Données insuffisantes
Synonymes
Voir texte.

Le lépisosté osseux (Lepisosteus osseus) est une espèce de poisson de la famille des Lepisosteidae, vivant en Amérique du Nord, dont les œufs ont la particularité d’être toxiques.

Appellations vernaculaires et latines synonymes

  • En français : lépisostée, lépisosté osseux, poisson armé, brochet-lance (à long nez), garpique longnez

  • En anglais : (northern) longnose gar, (common) garpike, gar, billfish, northern mailed fish, needlenose gar.

  • En espagnol : catán aguja, Gaspar picudo, Lepisósteo óseo

  • En latin : voir la liste en fin d'article

Étymologie: Lepisosteus : écaille d’os ; osseus : osseux

Identification

Le lépisosté est un grand poisson allongé et cylindrique qui mesure habituellement entre 60 et 90 cm. Le museau est typiquement mince, très effilé au bout arrondi et muni de nombreuses petites dents acérées. Les narines sont disposées au bout du museau, qui dépasse largement la mâchoire inférieure. Les nageoires sont marquées de grands points foncés. La nageoire dorsale, unique, haute mais à base courte, est insérée loin en arrière. La caudale est arrondie. Les écailles sont modérément grandes, épaisses, osseuses (ganoïdes), non-imbriquées mais articulées avec rainures et languettes, formant ainsi une véritable armure. On compte 61 à 65 écailles le long de la ligne latérale. Les vertèbres des lépisostés sont remarquables et uniques en ce qu’elles sont convexes à l’avant et concaves à l’arrière.

L’adulte est brun ou vert foncé sur le dos et les flancs supérieurs, les faces latérales sont vert pale ou argent mêlé de blanc en dessous. Le corps porte des taches éparpillées d’égales grandeurs, surtout à partir des pelviennes vers l’arrière. Les jeunes portent une longue bande latérale sinueuse, brune ou noire, à partir du museau jusqu’à la caudale. Cette bande disparaît graduellement par endroit en laissant de gros points.

Habitat

Le lépisosté affectionne les zones herbeuses et peu profondes des lacs, des grandes rivières aux eaux chaudes les réservoirs, les bayous et les estuaires. Il s’aventure aussi en eaux saumâtres mais très rarement en milieu marin. Les jeunes préfèrent se cacher et chasser dans les remous autour de végétaux submergés.

D’octobre à avril, le lépisosté cherche les grandes profondeurs des rivières pour passer l’hiver : il reste alors presque complètement immobile, ne remontant ni pour respirer, ni pour se nourrir.

Distribution

Le lepisosté est largement distribué en Amérique du Nord, principalement dans l’Est : ainsi, on le retrouve du Saint-Laurent au Québec au Nord, le long des côtes américaines, dans tous les Grands Lacs (excepté le Lac Supérieur) jusqu’au centre de la Floride, jusqu’au Montana et le Wyoming à l'ouest, et le Texas et le Nord du Mexique au sud.

Reproduction et croissance

Fraies

Les mâles sont sexuellement matures vers 3-4 ans, les femelles ne le sont que vers 6 ans. La montaison coïnciderait avec les crues de printemps : en effet, les lépisostés fraient en groupe à la fin du printemps, d’avril à août selon les régions, en eau douce, dans les régions peu profondes des lacs et des grandes rivières. Ils utilisent un nid rudimentaire, sans le construire réellement, à une profondeur de 2 pieds (60 cm) sur fond recouvert de tiges courtes de plantes aquatiques. Durant la fraie, une femelle est habituellement accompagnée de 2 à 4 mâles, jusqu’à 15. Lorsque la femelle est prête, elle les entraîne dans un mouvement elliptique une quinzaine de minutes avant la ponte. Pendant ce temps, les mâles frôlent du museau les surfaces ventro-latérales de la femelle et remontent fréquemment à la surface. Finalement, le groupe se stabilise, la tête en bas avant de libérer violemment les œufs et le sperme. Une femelle pond en moyenne 27,800 œufs (jusqu’au record de 77,156 œufs chez un lépisosté de Floride de 142 cm). Lepisosteus osseus ne fait preuve d'aucune attention parentale, mais des études ont montré qu’il pouvait pondre dans les nids de l'achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu), le mâle de l'achigan protégeant alors les œufs du lépisosté en plus des siens. (Goff, 1984).

Les œufs, les juvéniles et la croissance

Les œufs sont de grande taille, 2 à 3 mm et de coloration vert foncé. Ils sont visqueux et se collent à la végétation aquatique peu après la ponte. Les œufs éclosent en 3 à 9 jours dans des eaux chaudes. Les jeunes lépisostés mesurent 8 à 10 mm à l’éclosion et possèdent un bourrelet adhésif qui leur permet de se fixer à la végétation jusqu’à ce qu’ils aient consommé le sac vitellin (vers 9-11 jours). Ils mesurent alors 18-20 mm, peuvent se maintenir à l’horizontale, prennent leur première respiration aérienne et commencent à se nourrir.

Les jeunes croissent très rapidement, jusqu’à 6 fois plus vite que tout autre espèce de poissons d’eau douce de l'Amérique du Nord : des études en aquarium ont montré qu’ils gagnaient ainsi 3,3 mm et 1,8 g par jour pourvu que la nourriture soit abondante (Riggs and Moore, 1960). Le lépisosté osseux peut ainsi atteindre une taille considérable, le record de pèche étant un spécimen d'1,8 m et de 22,8 kg, capturé au Texas le 30 juillet 1954.

Il existe une différence de croissance selon les sexes : les femelles croissent plus rapidement, atteignent une taille plus importante et vivent plus longtemps que les mâles. Si le ratio mâles/femelles atteint 262/100 en début de vie, il tombe à 8/100 à 10 ans. Ainsi, les femelles peuvent atteindre 20 ans quand les mâles ne dépassent à peine la dizaine d’années. Le record de longévité serait de 36 ans en captivité (fishbase)

Quelques éléments de biologie

Chasse

Plus actif la nuit que le jour, il chasse à l’affût dans les hauts-fonds tranquilles et herbeux des eaux chaudes de lacs ou de grandes rivières pour capturer plusieurs espèces de poissons : perchaude, crapets et achigans (Centrarchidae), meuniers et suceurs (Catostomidae), perches et dards (Percidae), barbottes et barbues (Ictaluridae) et Cyprinidés. Le Lépisosté complète son régime par des grenouilles, des petits mammifères (musaraigne), des crustacés… Les très petits Lepisosteus se nourrissent d’invertébrés, surtout de larves d’insectes aquatiques. Ils deviennent très rapidement piscivores, les poissons constituant 59 à 88% du régime alimentaire de l’adulte.

Contrairement aux autres lépisostés qui mangent des organismes vivants et morts, le lépisosté osseux ne consomme que des proies vivantes et n’est donc pas considéré comme un nécrophage.

Capacités respiratoires

Les lépisostés ont la capacité de respirer l’air à la surface grâce à la modification de la vessie natatoire en vessie gazeuse : l’épithélium s’y est soulevé en replis richement vascularisés, permettant des échanges gazeux en milieu aérien. Ce poumon primitif leur permet de survivre aisément dans les étangs d’eaux stagnantes, les marécages et les canaux dans la partie sud de leur aire de répartition, voire de survivre plusieurs heures hors de l’eau.

Prédation et parasitisme

Ce sont surtout les juvéniles de l’espèce qui subissent la prédation, en particulier par des poissons plus gros. Les adultes, de par leur grande taille et leurs écailles ganoïdes, ont peu de prédateurs, sauf éventuellement lorsqu’ils sont hors de l’eau. Dans les régions les plus au sud de la présence du Lépisosté, des observateurs ont relevés des prise de Lepisosteus osseus par les alligators (Alligator mississippiensis), mais des études suggèrent qu’il ne s’agit alors que d’événements opportunistes. (McCormack, 1967)

Le lepisosté peut être parasité par des trématodes, des cestodes, des nématodes, des acanthocéphales et par des crustacés. Il est aussi l’hôte du glochidium d’une moule de commerce importante, Lampsilis anodontoides. Ainsi, on infecte artificiellement les lepisostés pour propager la moule.

Rapport avec l’Homme : nuisances, pêche commerciale et sportive

Malgré cet utilité certaine, les épithètes pour désigner le lépisosté osseux sont les mêmes : malfaisant, destructeur, sans valeur, nuisible. Les adultes sont en effet connus pour endommager les filets destinés à pêcher d’autres poissons. De plus, sa chair ne présente aucun attrait particulier. Mais on lui reproche surtout de consommer des poissons de friture ou d’intérêt. Le lépisosté est probablement une espèce vorace, consommant volontiers les poissons de sport et de friture mais il peut n’être qu’une espèce opportuniste et d’autre part, il est possible que ses effets sur les espèces de valeur aient été grandement surestimés. En effet, dans le lac Texoma, 84% des proies des juvéniles seraient des Menidia beryllina, les poissons de sport constitueraient moins de 1% de la diète (Eschelle, 1968). Mieux, le lépisosté contrôlerait même la surpopulation de perche jaune. (Niemuth et al., 1959)

Par ailleurs, le lépisosté a mauvaise réputation à cause de la toxicité de ses œufs, qui sont vénéneux pour l’humain, tous les autres mammifères et les oiseaux. Ils sont la cause de sévères malaises chez les grands animaux et provoquent la mort chez les plus petits. Toutefois, les œufs ne semblent pas toxiques pour les poissons puisqu’ils ont été retrouvés dans des contenus stomacaux.

Commercialement, le lépisosté n’a pour ainsi dire aucun intérêt pécuniaire : sa chair est fade et ses dérivés, limités.

Par contre, il a un certain intérêt sportif. Il faut savoir que le lépisosté n’est protégé par aucune réglementation bien que FishBase le classe en "très haute vulnérabilité". Il se pêche à la ligne et à l’hameçon, au lacet et à la foëne.

Une des meilleures techniques pour attraper ce poisson serait d'utiliser une corde en nylon et de l'attacher après une "cuiller" pour un effet contrastant avec de la vibration, la meilleure technique est de loin le lancé à vue puisqu'il est rare de prendre ce poisson à la traîne. Le lépisosté, avec ses centaines de dents, se prend alors dans la corde (prenez soin d'y mettre plusieurs cordes pour une meilleure prise du poisson). Avec ses narines à l'extrémité de son museau, le lépisosté est très sensible aux odeurs, aussi, vaporiser son leurre avec de l'ail s'est montré très profitable à la pêche de ce poisson.

Taxonomies latines synonymes

  1. Esox osseus Linnaeus, 1758
  2. Esox viridis Gmelin, 1789
  3. Lepidosteus ayresii Duméril, 1870
  4. Lepidosteus bison Dekay, 1842
  5. Lepidosteus clintonii Duméril, 1870
  6. Lepidosteus copei Duméril, 1870
  7. Lepidosteus crassus Cope, 1865
  8. Lepidosteus elisabeth Duméril, 1870
  9. Lepidosteus gracilis Richardson, 1836
  10. Lepidosteus harlani Duméril, 1870
  11. Lepidosteus horatii Duméril, 1870
  12. Lepidosteus lamarii Duméril, 1870
  13. Lepidosteus leptorhynchus Girard, 1858
  14. Lepidosteus lesueurii Duméril, 1870
  15. Lepidosteus louisianensis Duméril, 1870
  16. Lepidosteus milberti Duméril, 1870
  17. Lepidosteus mulberti Duméril, 1870
  18. Lepidosteus otarius Cope, 1865
  19. Lepidosteus piquotianus Duméril, 1870
  20. Lepidosteus rostratus Cuvier, 1836
  21. Lepidosteus smithi Duméril, 1870
  22. Lepidosteus smithii Duméril, 1870
  23. Lepidosteus thompsoni Duméril, 1870
  24. Lepidosteus thompsonii Duméril, 1870
  25. Lepidosteus treculi Duméril, 1870
  26. Lepidosteus troostii Duméril, 1870
  27. Lepisosteus gavial Lacepède, 1803
  28. Lepisosteus gavialis Lacepède, 1803
  29. Lepisosteus gracilis Richardson, 1836
  30. Lepisosteus huronensis Richardson, 1836
  31. Lepisosteus lineatus Thompson, 1842
  32. Lepisosteus longirostris Rafinesque, 1820
  33. Lepisosteus oxyurus Rafinesque, 1820
  34. Lepisosteus treculii Duméril, 1870
  35. Macrognathus loricatus Gronow, 1854
  36. Sarchirus vittatus Rafinesque, 1818
  37. Lepisosteus stenorhynchus Rafinesque, 1818
  38. Sarchirus argenteus Rafinesque, 1820