- Une méta-analyse (ERNST 2006) conclut à la non recommandation de l'utilisation des manipulations vertébrales, le rapport bénéfices/risques apparaissant mauvais après étude des données de la littérature; de même, une étude (HANCOCK 2007) concernant 240 cas de lombalgies aiguës mécaniques datant de moins de 6 semaines, révèle des résultats identiques concernant 4 types de traitement : Diclofénac seul, manipulations vertébrales seules, diclofénac et manipulations vertébrales, placebo; tous les patients ont reçu les conseils habituels relatifs aux lombalgies ainsi que du paracétamol ; cette étude démontre donc que les AINS et les manipulations vertébrales n'ont aucun effet bénéfique dans les lombalgies aiguës mécaniques en sus du paracetamol et de simples conseils de mode de vie.
cette étude de Ernst est contestée ;"their claim that the risks of manipulation outweigh the benefits, and thus spinal manipulation cannot be recommended as treatment for any condition, was not supported by the data analyzed. Their conclusions are misleading and not based on evidence"[18] L'étude Hancock ne comporte,elle que 5% de manipulation vertébrale parmi les "manipulative therapies" étudiées dans cette comparaison[19]
- Ces résultats troublants obligent le médecin spécialisé en médecine manuelle et en orthopédie à une réévaluation de sa pratique, le "primum non nocere" devant primer, malgré la tentation gratifiante du "geste miracle" recherchée par les patients ; une information du patient dédramatisant le tableau aigu, une prise en charge la plus adaptée de la douleur selon son intensité (utilisation des échelles d'évaluation), l'utilisation d'orthèses rachidiennes (le plus souvent lordosantes), une analyse des troubles posturaux, une rééducation de renforcement-gainage lombo-abdominal, et enfin une évaluation psycho-sociale prenant en compte l'individu dans son milieu professionnel et privé, sont les mesures essentielles devant éviter le passage redoutable à la chronicité responsable de vies gâchées et d'énormes dépenses publiques.
- En tout état de cause, la manipulation vertébrale peut rester une option thérapeutique (non de première intention) de praticiens d'expérience ayant accès à toutes méthodes diagnostiques (imagerie médicale, examens biologiques...) ou thérapeutiques (pharmacothérapie, orthèses rachidiennes, rééducation, infiltrations...), ce que seul permet pour l'instant,de part les contraintes de la législation française, le titre de Docteur en Médecine.
Selon le Pr Philippe VAUTRAVERS,le Dr Jehan LECOCQ,le Dr Marie-Eve ISNER-HOROBETI du Service de Médecine Physique et de Réadaptation du C.H.U. de Strasbourg:" il faut rappeler que les autres traitements utilisés sont également responsables de nombreux accidents ; ainsi, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont responsables de 3,2 accidents (hémorragie, perforation, ulcère, décès) pour 1 000 patients de moins de 65 ans et de 0,39 accidents pour 1 000 patients de plus de 65 ans. Tous âges confondus, les AINS déclenchent un accident grave pour 1 000 patients( GABRIEL S.E., JAAKKIMAINEN L., BOMBARDIER C.Risk for serious gastro intestinal complications related to use of non sheroidal anti-inflammatory drugs : a meta-analysis. Ann. Intern. Med., 1991 ; 115 : 787-796.)Il faut souligner que la chirurgie cervicale est responsable, également, d’un grand nombre d’accidents neurologiques et de décès'( HURWITZ E.L., AKER P.D., ADAMS A.H., MEEKER W.C., SHEKELLE P.G.Manipulation and Mobilization of the Cervical Spine. Spine, 1996 ; 21,15 : 1746-1760.)