Un Réseau d'Échanges Réciproques de Savoirs ( RERS ), est une association fonctionnant à l'échelle d'une agglomération, une zone rurale, un établissement scolaire, une classe, ou d'une entreprise et dont les membres donnent et reçoivent des savoirs et savoir-faire. Certains sont des associations loi 1901, d'autres n'ont aucun cadre juridique.
Il s'agit, là, d'une démarche de formation réciproque, en réseaux ouverts et sans aucune comptabilité, ni liée aux savoirs, ni liée au temps. La philosophie de cette forme d'association est proche de celle des systèmes d'échanges locaux, mais se distingue par l'absence de monnaie. Si les SEL sont une alternative économique (qui a des effets pédagogiques et sociaux), les RERS sont une alternative pédagogique (qui a aussi des effets sociaux et économiques).
La démarche des réseaux d'échanges réciproques de savoirs est fondée sur la réciprocité. Cette réciprocité a plusieurs dimensions : - c'est une réciprocité des dons, chacun étant invité à donner ses savoirs et à recevoir des savoirs. Le don crée ainsi de la valeur humaine, des relations de reconnaissance réciproque. Il affirme le droit, pour chacun, d'apporter sa contribution positive au Bien commun. - c'est une réciprocité instauratrice de parité : tous offreurs et demandeurs. Cette parité relationnelle est nécessaire pour l'apprentissage. - c'est une réciprocité formatrice. En offrant ses savoirs, on apprend à au moins trois moments : en préparant l'offre, on refait le parcours de ses apprentissages, on réactualise ses savoirs, on les réorganise, on les rationalise ; en transmettant, on reformule, on réagit à ce que vit l'apprenant, et on retravaille donc ses savoirs ; on répondant aux questions du ou des apprenants, on regarde ses propres savoirs "d'ailleurs" et on peut les réinterroger ou les compléter. - c'est une réciprocité des rôles : en vivant les deux rôles, on réinterroge notre propre façon de vivre chacun d'eux et on apprend à apprendre (dans le sens apprendre "à" et apprendre "de") - c'est une réciprocité coopérative : on construit, lors des mises en relations et des échanges sur les échanges, ensemble et coopérativement, le système de formation qui nous convient : contenus, méthodes, évaluations, modalités pratiques... - c'est une réciprocité consciente : il est nécessaire que chacun prenne vraiment conscience de cette réciprocité relationnelle et formatrice
Le Mouvement des Réseaux d'Echanges Réciproques de Savoirs (MRERS) situe la naissance du premier réseau à partir duquel la démarche s'est diffusée en 1971 à Évry et parle de 600 réseaux en France et d'une centaine dans le monde. Ce mouvement s'est fermé en 2009. Le mouvement des réseaux d'échanges réciproques de savoirs s'appelle maintenant FORESCO : Formation réciproque, échanges de savoirs et création collective.
La Charte des Réseaux d'Échanges Réciproques de Savoirs sur le site du MIRERS affirme les principes suivants:
Un RERS est donc différent d'un réseau d'échanges de services où quelqu'un peut venir soigner vos rosiers (au lieu de vous montrer comment faire) et où l'on peut tenir une comptabilité des heures données par chacun (au lieu de se contenter de vérifier que chacun a émis au moins une offre et une demande).