Platon - Définition et Explications

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Introduction

Platon ( Πλάτων )
Philosophe occidental
Antiquité
détail de L'École d'Athènes, par Raphaël
détail de L'École d'Athènes, par Raphaël

Naissance vers 427 av. J.-C. (Athènes)
Décès vers 346 av. J.-C. (Athènes)
École/tradition Fondateur de l'Académie (Une académie est une assemblée de gens de lettres, de savants et/ou d'artistes reconnus par leurs pairs, qui a pour mission de veiller aux usages dans leurs disciplines respectives et de publier des...)
Principaux intérêts Métaphysique, cosmologie (La cosmologie est la branche de l'astrophysique qui étudie l'Univers en tant que système physique.), éthique, politique, esthétique, rhétorique, sophistique, langage
Idées remarquables Dialectique, Maïeutique, Allégorie de la caverne (L'allégorie de la caverne est une allégorie très célèbre exposée par Platon dans le Livre VII de La République. Elle met en scène des...), Théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une connaissance spéculative, souvent basée sur l’observation ou...) des Formes, Participation, Réminiscence, Imitation, Philosophe roi
Œuvres principales Le Banquet, La République, Phédon, Théétète, Le Sophiste
Influencé par Pythagore (Pythagore (en grec ancien Πυθαγόρας / Pythagóras) est un philosophe, mathématicien et scientifique qui serait né aux environs de 580 av. J.-C. à Samos, une île de la...), Parménide, Héraclite, Socrate, Mystères égyptiens
A influencé La majeure partie de la philosophie occidentale ; une partie de la philosophie islamique

Platon (en grec ancien Πλάτων / Plátôn), Athènes, 428 - 427 av. J.-C., 347 - 346 av. J.-C., est un philosophe grec, contemporain de la démocratie athénienne et des sophistes, qu'il critiqua vigoureusement. Il reprit le travail philosophique de certains de ses prédécesseurs, notamment Socrate, Parménide, Héraclite et Pythagore, afin d'élaborer sa propre pensée qui explore la plupart des champs importants, notamment la métaphysique, l'éthique, l'esthétique et la politique.

Son œuvre, composée presque exclusivement de dialogues, est d'une grande richesse de style et de contenu, et produit, sur de nombreux sujets, les premières formulations classiques des problèmes majeurs de l'histoire de la philosophie occidentale. Chaque dialogue (Le dialogue est une communication entre deux ou plusieurs personnes ou groupes de personnes. Il doit y avoir au minimum un émetteur et un récepteur. Une donnée émise, c'est le message. Un code, c'est la langue et/ou le jargon....) de Platon interroge un sujet donné, par exemple le beau ou le courage. La pensée de Platon n'est pas monolithique : une partie de ses dialogues aboutissent à des apories philosophiques, et ses dialogues qui apportent une solution aux problèmes posés ne constituent pas une réponse unique et définitive.

Platon est l'inventeur de la théorie des Formes : celle-ci décrit le réel comme un ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut...) de copies qui participent de leurs modèles immuables. La Forme suprême est, selon le contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les...), tantôt le Bien, tantôt le Beau. La philosophie politique de Platon considère que la Cité (La cité (latin civitas) est un mot désignant, dans l’Antiquité avant la création des États, un groupe d’hommes sédentarisés libres (pouvant avoir...) juste doit être construite selon le modèle du Bien en soi.

Biographie

Platon, copie du portrait exécuté par Silanion pour l'Académie vers 370 av. J.-C., Centrale Montemartini.

À part quelques données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement,...) certifiées, dont la chronologie est d'ailleurs incertaine, la vie (La vie est le nom donné :) de Platon est mal connue. Comme pour beaucoup d'autres philosophes de l'Antiquité, il est souvent difficile, de faire la distinction entre ce qui relève de l'histoire, de la construction littéraire, de la spéculation mystique, des légendes, ou simplement des rumeurs. Les exemples sont indiqués, et les éléments de biographie qui suivent doivent donc être considérés avec circonspection.

Jeunesse

Platon est né à Athènes dans le dème de Collytos, en 428 - 427, pendant l'archontat d'Aminias (Diogène Laërce le fait toutefois naître à Égine), deux ans après la mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort...) de Périclès (en -429), lors de la guerre du Péloponnèse (de 431 à 404). La date exacte demeure cependant incertaine : une tradition la fixe à la troisième année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) de la 88e olympiade, au 7 du mois thargélion, qui correspondrait au 21 mai de l'an -429. Mais les sources à ce sujet relèvent essentiellement de calculs fondés sur des croyances religieuses et des considérations mystiques sur les nombres. C'est pourquoi on situe la naissance de Platon trois ou quatre ans suivant le début de la guerre du Péloponnèse, vers l'époque de la mort de Périclès.

Il est en tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) cas certain que Platon venait d'une famille aristocratique. Sa généalogie est toutefois incertaine du côté de son père. Ariston prétendait en effet descendre de Codros, dernier roi légendaire d'Athènes, et plus sûre du côté de sa mère, Périctionè, qui descendait d'un certain Dropidès, proche de Solon. Elle était également la cousine germaine de Critias et la sœur de Charmide, deux des Trente Tyrans d'Athènes en -404.

Platon avait trois frères: Adimante et Glaucon interlocuteurs de Socrate dans La République et sans doute plus âgés que lui, Antiphon (Antiphon, en grec ancien Ἀντιφῶν / Antiphôn (Rhamnos, Attique v.-480–Athènes -410), est l'un des dix grands...), ainsi qu'une sœur, Pôtonê, mère de Speusippe qui succéda à Platon à la tête de l'Académie. La mère de Platon, devenue veuve quelque temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) après sa naissance, se remaria avec son oncle maternel, Pyrilampe. Elle en eut un fils, Antiphon, qui est le narrateur du Parménide.

Selon les usages des grandes familles de son pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste le plus souvent sous forme de...), Platon aurait dû recevoir le nom de son grand-père, Aristoclès, et il est possible que ce soit son véritable nom, « Platon » (Πλάτων) n'étant qu'un surnom. La raison en est inconnue et les explications que l'on en a données sont toutes plus ou moins fantaisistes. Par exemple, selon Diogène Laërce, ce fut Ariston, qui, l'éduquant aux sports, le surnomma ainsi, en raison de sa constitution robuste, platos (πλάτος) signifiant en effet « largeur » car il était d'ailleurs de stature (La taille humaine ou stature, est la hauteur d'un être humain. En général, si on la compare aux autres données anthropométriques, la stature varie...) « large » (πλατύς). D'autres hypothèses font allusion à sa volubilité, ou à la largeur (La largeur d’un objet représente sa dimension perpendiculaire à sa longueur, soit la mesure la plus étroite de sa face. En géométrie plane, la largeur...) de son front, ou encore à l'étendue de son caractère et de son esprit.

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Il ne fait aucun doute que Platon reçoit l'éducation traditionnelle correspondant à son statut social. Le détail du cursus avancé par Diogène Laerce relève toutefois d'une « illustration narrative des principales influences théoriques qui se seraient exercées sur Platon » ». Ceci revient à dire que la biographie du jeune Platon est une invention conçue pour s'accorder a posteriori avec ses œuvres. En voici quelques éléments, tirés essentiellement des ouvrages de Laërce. Il eut pour maître de gymnastique Ariston d'Argos, et l'on dit qu'il a remporté deux prix aux Jeux olympiques et aux Jeux isthmiques. Il s'initia à la peinture, écrivit des poèmes, des dithyrambes, des vers lyriques et des tragédies. La musique, la flûte et la cithare, lui furent enseignées par Dracon, élève de Damon, et par Métellus d'Agrigente. Tous ses dialogues, et particulièrement le Timée, attestent qu'il avait poussé fort loin l'étude de cet art, qui, dans l'Antiquité, était étroitement lié aux mathématiques (Les mathématiques constituent un domaine de connaissances abstraites construites à l'aide de raisonnements logiques sur des concepts tels que les nombres, les figures, les structures et les transformations. Les...). Ce fut Denys le grammairien, mentionné dans les Amants, qui l'initia à cet ensemble de connaissances libérales que les Anciens appelaient la « grammaire », et, longtemps avant son voyage (Un voyage est un déplacement effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (tourisme) ou professionnel (affaires). Le voyage s'est considérablement développé et démocratisé, au cours du XXe siècle...) en Égypte, il avait peut-être écouté à Athènes le célèbre mathématicien (Un mathématicien est au sens restreint un chercheur en mathématiques, par extension toute personne faisant des mathématiques la base de son activité principale. Ce terme recouvre une large palette...) Théodore de Cyrène, venu en visite avant la mort de Socrate. L'importance des mathématiques a sans doute été grande à ses yeux, et Platon fut l'un des plus grands promoteurs de cette scienceCicéron. On ignore l'identité de son éraste, mais appartenant à l'élite de la société grecque, il est presque sûr qu'il connut une relation de pédérastie, relation qu'il condamne dans Le Banquet. Par la suite, il prit bon nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de ses disciples en tant qu'éromènes, notamment Dion de Syracuse.

Platon était en relation étroite avec le parti oligarchique que par ailleurs il honnissait, et semble n'avoir pas été insensible à la célébrité de sa famille, qu'il mentionne dans le Charmide et dans le Timée. Il était le petit-neveu de Critias et le neveu de Charmide, tous deux du Conseil des Trente Tyrans, un régime de terreur imposé par Sparte pendant neuf mois, à partir de -403, à la fin de la guerre du Péloponnèse. Critias et Charmide étaient aussi tous deux disciples de Socrate. On a voulu ainsi, par la parenté et le socratisme, expliquer le caractère des idées politiques de Platon. L'éducation qui, à Sparte, négligeait l'âme et ne s'occupait que du corps, la politique ambitieuse et avide de domination, la passion guerrière, l'immoralité des femmes, furent sévèrement jugées par Platon. Tout au long de son oeuvre, il a dénoncé les excès de l'oligarchie, où les riches dominent les pauvres, et ceux de la démocratie, où les pauvres tentent de dominer les riches. C'est pourquoi Platon proposa dans La République un régime original : la timocratie. Il s'agissait d'un régime où la population était divisée en classes sociales strictement délimitées, ayant chacune des prérogatives propres.

Platon appartenait donc à une riche famille de propriétaires terriens, et il en profita largement. Il voyagea, acheta la bibliothèque de Philolaos, organisa une chorégie, fête très coûteuse.

Vers -410, il fut élève de Cratyle, un disciple (On appelle disciple (latin discipulus, l'élève) celui qui suit l'enseignement d'un maître.) d'Héraclite, et d'Hermogène, un disciple de Parménide.

Il abandonna de bonne heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il est »), y compris en sciences (« heure...) la vie politique, la seule jugée comme digne d'un homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un garçon,...) dans l'Antiquité, et qu'il considérait comme le plus grand honneur, comme le plus grand devoir d'un bon citoyen, ainsi que comme le couronnement de la vie philosophique. Si l'on en croit la VIIe lettre, dont l'authenticité est généralement acceptée, il aurait essayé de la politique, et même pris quelque part au gouvernement des Trente Tyrans, despotique et sanguinaire au point (Graphie) de perpétrer environ 1 500 exécutions sommaires. Il y aurait vite renoncé, dégoûté par les excès et les fureurs des partis.

« Du temps de ma jeunesse, je ressentais en effet la même chose que beaucoup dans cette situation : je m'imaginais qu'aussitôt devenu maître de moi-même, j'irais tout droit m'occuper des affaires communes de la cité. Et voilà comment le hasard (Dans le langage ordinaire, le mot hasard est utilisé pour exprimer un manque efficient, sinon de causes, au moins d'une reconnaissance de cause à effet d'un événement.) fit que je trouvai les choses de la cité. Le régime d'alors était en effet l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné par une étiquette verbale. Il est défini par les...) de virulentes critiques de la part du plus grand nombre, et une révolution éclata. (…) Et moi (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.), voyant donc cela, et les hommes qui s'occupaient de politique, plus j'examinais en profondeur les lois et les coutumes en même temps que j'avançais en âge, plus il me parut qu'il était difficile d'administrer droitement les affaires de la cité. Il n'était en effet pas possible de le faire sans amis et associés dignes de confiance, et il n'était pas aisé d'en trouver parmi ceux qu'on avait sous la main (La main est l’organe préhensile effecteur situé à l’extrémité de l’avant-bras et relié à ce dernier par le poignet....), car notre cité n'était plus administrée selon les coutumes et les habitudes de nos pères. »

En -403, la démocratie fut rétablie à Athènes par Trasybule et Anytos (un accusateur de Socrate quatre années plus tard).

Platon devint le disciple de Socrate durant neuf ans, de -408 à -399, jusqu'à la condamnation de Socrate, qui avait résisté, entre autres, aux Trente Tyrans, refusant « d'obéir aux gens de l'entourage de Critias qui lui ordonnaient de leur amener Léon de Salamine, un riche démocrate, pour qu'il fût mis à mort ». À la suite de cette rencontre, Platon abandonna l'idée de concourir pour la tragédie grecque et brûla toutes ses œuvres. Il transmit l'enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à...) de son maître tout en se l'appropriant et en le transformant peu à peu. Il commença ses dialogues durant le vivant de Socrate : Hippias mineur, Ion, etc. « Socrate, qui venait d'entendre Platon donner lecture du Lysis, s'écria : « Par Héraclès, que de faussetés dit sur moi ce jeune homme ! » ».

Malade, il n'assista pas à la mort de Socrate en -399. Inquiet sur le sort des disciples de Socrate, il se réfugia chez Euclide (Euclide, en grec ancien Εὐκλείδης Eukleidês (né vers -325, mort vers -265 à Alexandrie) est un mathématicien de la Grèce antique ayant probablement...) de Mégare, qui en faisait lui aussi partie. « Par la suite, il alla en Égypte chez les prêtres du haut clergé » ; ce n'est pas certain, car sa connaissance de l'Égypte paraît indirecte et stéréotypée ; c'était peut-être en -392, peut-être avec Eudoxe de Cnide. Platon a participé, comme cavalier, à la guerre de Corinthe, qui vit la victoire, en -394, de Sparte sur Athènes. À Cyrène, il aurait rencontré les philosophes Aristippe de Cyrène et Annicéris de Cyrène, défenseurs d'une philosophie de la jouissance, ainsi que le mathématicien Théodore, qui figure dans le Théétète (143-144). En Italie du Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.), dans la Grande-Grèce, à Tarente (Tarente (Taranto en italien, Tarde en tarentin, Τάρας / Táras en grec, Tarentum en latin) est une ville italienne d'environ...), il rencontra le grand pythagoricien Philolaos de Crotone, et ses auditeurs, Timée et Archytas de Tarente ; à cette occasion, qui date de -388 à -387, il entra en contact avec le pythagorisme, et approfondit l'opposition âme - corps, les nombres, et l'idéal (En mathématiques, un idéal est une structure algébrique définie dans un anneau. Les idéaux généralisent de façon...) oligarchique du philosophe-roi.

Il fit un premier voyage politique en Sicile (La Sicile (Sicilia en italien) est une région autonome d'Italie et la plus grande île de la Méditerranée. Son chef-lieu est la ville de Palerme. Le drapeau, la gorgone à trois jambes, représente les trois pointes...) en -387, et Denys Ier l'Ancien, qui s'intéressait à la philosophie, le reçut à la cour de Syracuse. Il gagna à la philosophie Dion de Syracuse, beau-frère de Denys, mais, en raison de son penchant à faire la leçon (La leçon est un terme qui revêt diverses significations dans le domaine de l'enseignement.), ou à cause de son influence, il ne tarda pas à déplaire au « tyran », maître souverain. Embarqué de force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale...) sur un bateau (Un bateau est une construction humaine capable de flotter sur l'eau et de s'y déplacer, dirigé ou non par ses occupants. Il répond aux...) spartiate, il fut probablement capturé et vendu comme esclave sur l'île (Une île est une étendue de terre entourée d'eau, que cette eau soit celle d'un cours d'eau, d'un lac ou d'une mer. Son étymologie latine, insula, a donné l'adjectif « insulaire » ; on dit aussi...) d'Égine, alors en guerre contre Athènes. Il fut néanmoins affranchi par Annicéris de Cyrène, philosophe cyrénaïque, qui l'aurait reconnu, acheté « pour vingt mines d'argent », puis libéré.

Maturité

Une mosaïque trouvée à Pompéi représentant l'Académie de Platon (L’Académie est l'école philosophique fondée dans Athènes par Platon vers 388 av. J.-C. Elle dure jusqu'en 86 av. J.-C.).

Après l'échec politique à Syracuse, Platon fonda, en -387, à Athènes, près de Colone et du gymnase d'Acadèmos, une école, nommée « l'Académie », selon le modèle des pythagoriciens. Il y enseigna pendant quarante ans. Sur le fronton de l'Académie était gravée, selon la légende, la devise « Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre ». C'est le premier institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for...) d'enseignement supérieur connu en Occident (L'Occident, ou monde occidental, est une zone géographique qui désignait initialement l'Europe. L'extension de l'espace considéré a varié au cours de...).

On y poursuivait des recherches scientifiques ; l'enseignement des sciences exactes y préparait à l'étude de la philosophie, considérée en elle-même, et dans ses applications à la politique. Des philosophes, comme Aristote (Aristote (en grec ancien Ἀριστοτέλης / Aristotélês) est un philosophe grec né à Stagire...) qui y passa vingt années, ainsi que beaucoup d'hommes d'État, dont Hermias d'Atarnée condisciple et protecteur d'Aristote, y furent formés. Les principaux membres de l'Académie étaient Eudoxe de Cnide, Héraclide du Pont (Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression ou un obstacle (cours d'eau, voie de communication, vallée, etc.) en passant par-dessus cette...), Speusippe, Xénocrate, Aristote, le mathématicien Théétète, et deux femmes : Axiothea et Lastheneia. L'école a subsisté pendant neuf siècles, jusqu'au règne de l'empereur byzantin Justinien, en 529.

Vers -380, Platon aurait initié le mathématicien Léodamas de Thasos à l'usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) de l'analyse en géométrie (La géométrie est la partie des mathématiques qui étudie les figures de l'espace de dimension 3 (géométrie euclidienne) et, depuis le XVIIIe siècle, les...). (Mais qu'entendre ici par analyse ? La remontée aux principes ? La déduction à partir des principes ? La réduction des théorèmes particuliers à des axiomes simples et évidents ou à des principes admis ?)

Vers -370, Platon traversa, selon Léon Robin ou Pierre-Maxime Schuhl, une longue crise intellectuelle, durant laquelle il s'interrogeait sur sa théorie des Idées (interrogation qui traverse (Une traverse est un élément fondamental de la voie ferrée. C'est une pièce posée en travers de la voie, sous les rails, pour en maintenir l'écartement et l'inclinaison, et transmettre au ballast les charges des véhicules circulant...) les dialogues du Parménide et du Sophiste). Il prit conscience de la difficulté d'association (μέθεξις / méthexis), non symétrique des Idées avec les choses sensibles, ainsi que de l'association (σύμμιξις / súmmixis) des Idées entre elles, de même que la communion (κοινωνία / koinômía) entre les Idées et le Bien. En même temps, il semblait, sous l'influence d'Eudoxe de Cnide : admettre un ordre dans le sensible, et s'orienter vers un certain dualisme de type oriental : « Cet univers (L'Univers est l'ensemble de tout ce qui existe et les lois qui le régissent.), tantôt la Divinité guide l'ensemble de sa marche (La marche (le pléonasme marche à pied est également souvent utilisé) est un mode de locomotion naturel. Il consiste en un déplacement en appui alternatif sur les jambes, en position...), tantôt elle l'abandonne à lui-même ».

Au début de -367, il fit un deuxième voyage politique en Sicile, et, à la mort de Denys Ier l'Ancien, en -367, Dion de Syracuse demanda à Platon, d'éduquer son beau-frère Denys II le Jeune, fils de Denys l'Ancien, à la philosophie. Il avait fait ce retour en Sicile, pensant créer une cité qui serait gouvernée selon ses principes philosophiques : il a terminé La République en -372, persuadé que si les philosophes ne deviennent pas rois ou si « les rois ne deviennent pas philosophes (…) il n'y aura pas de trêve aux maux dont souffrent les États ». Mais Denys II le Jeune bannit Dion, soupçonné de comploter, et Platon fut détenu un an dans la citadelle (Une citadelle est une partie de ville fortifiée, qui peut éventuellement se limiter à un château fort.) d'Ortygie.

En -366, Aristote entra à l'Académie, à l'âge de dix-sept ans, pour vingt années d'études.

Le troisième et dernier voyage politique de Platon en Sicile eut lieu en -360. En -361, Denys II le Jeune promit d'accorder sa grâce à Dion à condition que Platon revienne une troisième fois en Sicile. Platon, âgé de soixante-huit ans, confia l'Académie à Héraclide du Pont, et accepta, ainsi que Speusippe et Xénocrate. Mais ses relations avec Denys II se dégradèrent, et le pythagoricien Archytas de Tarente (Archytas de Tarente, en grec ancien ?ρχ?τας / Arkhytas, né vers 435 à Tarente (Grande Grèce), mort en 347 au large de l'Apulie, philosophe pythagoricien, mathématicien,...) dut envoyer un vaisseau de guerre pour libérer Platon. Ce fut l'occasion d'un second contact approfondi avec le pythagorisme : il acheta, dit-on, « à Philolaos de Crotone trois livres concernant la doctrine de Pythagore pour cent mines d'argent » (à cette époque, ou, à la mort de Philolaos, vers -380) ; le Timée (35-44, 54-55), qui date de -358, est très pythagorisant, et l'on trouve dans le Philèbe (16c), qui date de -347, l'opposition Limité - Illimité caractéristique de Philolaos. À Olympie, lors des Jeux Olympiques de -360, il retrouva Dion de Syracuse, et lui conseilla de renoncer à une expédition contre Denys le Jeune. Quatre ans plus tard, Dion renversa Denys II le Jeune, mais fut assassiné par un ami, le platonicien Callippe de Syracuse.

Vieillesse (La vieillesse est l'âge ultime de l'être humain, qui succède à l'âge mûr, appelé aussi par euphémisme « troisième âge » (on nomme parfois quatrième...)

Dans ses dialogues de vieillesse, surtout dans le Timée, sa philosophie changea quelque peu. Il semble aussi que, peut-être vers -350, Platon ait donné un enseignement oral d'orientation (Au sens littéral, l'orientation désigne ou matérialise la direction de l'Orient (lever du soleil à l'équinoxe) et des points cardinaux (nord de la boussole) ;) dualiste et pythagorisante, centré sur les Nombres idéaux.

Platon, âgé de 80-81 ans, mourut à Athènes en -347 ou -346, « au cours d'un repas de noce ». Il rédigeait alors Les Lois, dont on a pu penser que le livre XII était inachevé, mais ce jugement est sujet à discussion. La tradition voudrait le faire mourir à 81 ans, d'après le symbolisme des nombres, car 81 est le carré (Un carré est un polygone régulier à quatre côtés. Cela signifie que ses quatre côtés ont la même longueur et ses quatre angles la même mesure....) de 9. Il avait un fils, Adamante. « Il fut inhumé à l'Académie. » Pendant ce temps, la guerre de Philippe II de Macédoine pour conquérir Athènes faisait rage (La rage est une maladie virale grave touchant les mammifères dont l'Homme. Elle est causée par un virus qui provoque une encéphalite. Zoonose assez commune, elle touche surtout les...).

Aristote, déjà auteur de remarquables dialogues (perdus) et de son œuvre logique (La logique (du grec logikê, dérivé de logos (λόγος), terme inventé par Xénocrate signifiant à la fois raison, langage, et raisonnement) est dans une première approche l'étude des...), fut dépité de voir Speusippe, neveu de Platon, nommé scolarque, recteur de l'Académie, plutôt que lui. Il partit en Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de la surface totale terrestre ou 29,4 % des terres émergées) et le plus peuplé...) chez Hermias d'Atarnée, un « tyran », et ancien condisciple à l'Académie.

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