🧬 Un gène de la longévité transféré d'une espèce à une autre

Publié par Adrien,
Source: biorxiv
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Des scientifiques de l'Université de Rochester ont modifié génétiquement des souris afin qu'elles expriment une version spécifique du gène HAS2, emprunté au rat-taupe nu. Ces derniers, réputés pour leur longévité exceptionnelle et leur robustesse, ont transmis une partie de leurs atouts.

Les rongeurs modifiés ont en effet bénéficié d'une augmentation de leur durée de vie médiane d'environ 4,4 % et ont affiché un meilleur état de santé au fil du temps, avec notamment moins de tumeurs spontanées.


Cette modification agit sur la production d'acide hyaluronique, une molécule naturellement présente dans l'organisme. Chez le rat-taupe nu, cette substance adopte une forme particulière allongée aux vertus protectrices. Elle contribue à préserver l'intégrité des tissus, diminue l'inflammation chronique et freine la croissance de certains cancers. Cette version se distingue donc nettement de formes plus courtes qui, elles, peuvent encourager les processus inflammatoires.

Par conséquent, les chercheurs étudient maintenant des méthodes pour adapter ces résultats à l'humain, sans avoir à modifier le génome. Ils explorent notamment des composés capables soit d'accroître la production de cet acide hyaluronique bénéfique, soit d'en ralentir la décomposition. Une publication parue dans Scientific Reports a par exemple mis en avant la delphinidine, un pigment présent dans certains fruits, comme un inhibiteur potentiellement intéressant.

D'autres travaux montrent cependant que les souris génétiquement altérées ne sont pas protégées contre toutes les atteintes liées à l'âge, comme la perte auditive dans certaines situations. Cela indique que les effets positifs peuvent fluctuer d'un tissu à l'autre et qu'une régulation précise est indispensable pour prévenir tout dérèglement.


Des chercheurs ont transféré avec succès un gène de longévité du rat-taupe nu à des souris, améliorant leur santé et prolongeant leur vie.
Crédit: University of Rochester photo / J. Adam Fenster

Ainsi le chemin vers de telles applications est encore long et nécessite des validations supplémentaires. Il faudra en particulier s'assurer que l'augmentation de l'acide hyaluronique bénéfique n'engendre pas d'effets secondaires indésirables et qu'elle agisse de manière harmonieuse dans les différents tissus. Les investigations en cours sur des modèles animaux et cellulaires permettent de préciser ces paramètres en vue d'une éventuelle transposition à l'homme.
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