À l'époque gauloise, l'Armorique était une vaste confédération de peuples gaulois s'étendant sur les 4 départements de la région Bretagne actuelle (Morbihan, Ille-et-Vilaine, Finistère et Côtes-d'Armor), la partie nord-ouest de la région Pays de la Loire (Loire-Atlantique, Anjou, Sarthe, Mayenne) et la quasi-totalité de la Normandie (Manche, Calvados, Eure, Seine-Maritime) et leurs territoires limitrophes.
Les frontières de cette "confédération armoricaine" ne sont pas définies si précisément. D'autres auteurs proposent des hypothèses différentes :
- pour certains, l'Armorique allait de l'embouchure de la Gironde jusqu'à l'embouchure de la Seine, car à l'époque du « tractus Armoricanus et Nervicanus » (380), la province romaine d'Armorique s'étendait jusqu'à l'estuaire de la Gironde.
- pour d'autres elle était réduite à la Bretagne historique plus les départements de la Manche (presqu'île du Cotentin) et du Calvados jusqu'à la Seine avec peut être un petit bout de l'Orne.
Ces dernières configurations peuvent difficilement être retenues car on sait d'une part que les Pictons (du Poitou) et les Santons (de la Saintonge), ennemis jurés des Vénètes, n'ont jamais été nommés Armoricains, et d'autre part que les Calètes (celtique Caleti, du pays de Caux, Dieppe, Fécamp) ont été confirmés comme Armoricains.
L'Armorique était habitée à l'ouest par les Osismes (celtique Osismii), que le navigateur grec Pythéas connaît sous le nom d'Ostimioi. Leur nom signifie « les plus hauts » ou « ceux du bout du monde ». Au sud il y avait les Vénètes (celtique Veneti) qui ont impressionné César par leur puissance :
« Par leur marine considérable, leur supériorité nautique bien reconnue et leurs relations commerciales avec l'Ile de Bretagne, les Vénètes étaient devenus un peuple très puissant, dont l'autorité s' étendait au loin sur tout le littoral de la Gaule et de la Bretagne insulaire. Ils possédaient un petit nombre de ports situés sur cette mer ouverte et orageuse à de grandes distances les uns des autres et rendaient tributaires presque tous les navigateurs obligés de passer dans leurs eaux. »
César, Guerre des Gaules, III,8
Les Vénètes, influente cité maritime de commerçants et de marins, comme Venise ou Saint-Malo, avaient une forte organisation et était dotée d'un Sénat. Ils avaient notamment une flotte importante qui favorisait la richesse de l'Armorique. Ils commerçaient des Îles britanniques jusqu'en Italie dont ils diffusaient les produits : les perles (Suétone, César, 47), les situles, les vases de bronze, les coupes, des onéchoés, des statuettes de dieux, des bijoux et des parures de luxe, des armes. Ces marchandises qui accompagnaient les amphores de vin et d'huile étaient chargées à Ostie, Pouzzoles ou Ansedonia et étaient ensuite acheminés sur des navires vers Narbonne d'où elles gagnaient l'Atlantique par voie de terre en passant par le seuil du Lauragais, Toulouse et enfin Bordeaux. Une autre voie commerciale existait qui suivait la vallée du Rhône puis celle de la Loire.
Au départ de Bordeaux et de Nantes les navires longeaient les côtes en faisant du cabotage vers Vannes et tous les autres ports pour alimenter la grande péninsule jusqu'à atteindre la région malouine à Alet. De ce port les marchandises étaient convoyées vers les côtes sud de la Bretagne insulaire et notamment vers l'emporion d'Hengistbury Head non loin de Bournemouth dans le Dorset actuel, où on a retrouvé quantité de tessons d'amphores à vin romaines et de céramiques osismes et coriosolites et beaucoup de monnaies de la grande péninsule armoricaine, pour la plupart coriosolites.
Par l'intermédiaire des Vénètes, la péninsule armoricaine vendait aux Romains et aux Italiens l'étain et le cuivre de la Bretagne insulaire, de l'ambre, des esclaves, des chiens de chasse, du plomb (de Poullaouen), du sel, des peaux, de l'or, entre autres productions ; les salaisons et les charcuteries armoricaines étaient déjà bien connues et appréciées à Rome.
Les Vénètes résidaient dans le Morbihan actuel et donnèrent leur nom à la ville de Vannes ; ils portent curieusement le même nom que les autres Vénètes qui fondèrent une autre puissante cité commerçante et maritime : Venise.
Dans la période précédant la conquête romaine, les Vénètes et les Lexoviens étaient gouvernés par un Sénat, expression politique d'une bourgeoisie de commerçants et d'industriels qui avait pris le pas sur l'ancienne caste guerrière celtique en déclin. Les peuples de la Gaule étaient dirigés auparavant par une noblesse de type archaïque avec les différentes strates de sa hiérarchie. Cette noblesse s'était constituée tout au long des temps « héroïques » lors de différentes guerres ou d'expéditions lointaines. La noblesse gauloise, de type féodale, avait sous ses ordres une foule de vassaux et de clients dont la fidélité était absolue. Au bas de la pyramide sociale se trouvait les esclaves. Ce sont ces nouvelles bourgeoisies commerçantes gauloises qui en différents lieux de la Gaule ont choisi de collaborer avec le conquérant romain pour préserver leurs affaires et leur rang social. Ces velléités de trahison, de « collaboration » avec l'occupant romain ne se passèrent pas toujours très bien pour les nouveaux oligarques celtes puisque tous les membres des sénats des Aulerques, des Lexoviens et des Éburovices furent massacrés jusqu'au dernier par les princes et les nobles de leurs peuples. Il semblerait que la bourgeoisie vénète n'a pas suivi la même démarche car elle avait compris que les Romains voulaient s'emparer de ses marchés et qu'elle avait tout à perdre avec la conquête romaine.
Au sud des Vénètes se trouvaient les Namnètes qui demeuraient dans l'embouchure de la Loire et donnèrent leur nom à la ville de Nantes. « Les Namnètes sont appelés "Samnites" par Strabon et par Ptolémée ». Les Namnètes furent pendant longtemps une simple tribu des Vénètes.
Au nord et à l’est de l'actuelle Bretagne se trouvait les Coriosolites, « Coriosolitae » en latin. Leur nom comporte la racine Corio, « armée ». Ils résidaient dans l'est des actuelles Côtes-d'Armor et donnèrent leur nom à la ville de Corseul. Leur capitale fut Arvii puis Corseul (Fanum Martis en latin). Les Redones qui demeuraient dans l'actuel Ille-et-Vilaine donnèrent leur noms aux villes de Rennes et Redon.
Puis au sud de la Normandie actuelle se trouvaient les Bajocasses, capitale Augustodurum - Bayeux - et les Abrincates, « gens des abers », nommés en celtique Abrincatui ou Ambivariti par Pline l'Ancien) qui ont donné leur nom à Avranches, qu'ils sont supposés avoir bâti. Au IX siècle av. J.-C., ils occupent cette ville prospère de l'époque, qui, suite à l'invasion des Romains, va changer de statut et se développer. Au nord de la Normandie actuelle il y avait les Unelles, dans le Cotentin, dont le chef-lieu était Cosedia (aujourd'hui Coutances) et les Lexoviens (en celtique Lexovii) qui étaient établis au sud de l'embouchure de la Seine, le long de la côte normande. Ils donnèrent leur nom à Lisieux devenue cité romaine sous le nom de Noviomagus (le nouveau marché) et au Lieuvin. Encore aujourd'hui, on nomme les habitants de Lisieux, les Lexoviens. On trouve aussi les Esuvii (Bessin et pays de Séez), les Viducasses Normandie, (Orne ?), les Calètes, pays de Caux, dont la capitale Lillebonne était jadis sur la mer (du celtique Caleti = "les durs", "les vaillants"), les Andecavi, (Anjou), les Aulerci Diablintes, sur le Maine oriental avec Jublains en Mayenne, les Aulerci Cenomanni avec Le Mans, les Aulerci Eburovices avec Evreux, les Véliocasses avec Rouen, les Arves dans la Sarthe et Argentan.