Cathédrale Notre-Dame de Chartres

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Introduction

Cathédrale

Notre-Dame de Chartres
Vue générale de l'édifice
Latitude

Longitude
48° 26′ 50″ Nord

1° 29′ 15″ Est / 48.44722, 1.487417
PaysFrance France
RégionCentre
DépartementEure-et-Loir
VilleChartres
CulteCatholique romain
TypeCathédrale
Rattaché àÉvêché de Chartres (siège)
Début de la construction1145

1194
Fin des travaux1220
Style(s) dominant(s)Roman

Gothique
Classé(e)Logo monument classe.svg Monument historique

Patrimoine mondial
Localisation


Cathédrale Notre-Dame de Chartres

La cathédrale Notre-Dame de Chartres, en France, est le monument emblématique de la préfecture du département d'Eure-et-Loir, située à 80 kilomètres au sud-ouest de Paris. Elle est considérée comme la cathédrale gothique la plus représentative, la plus complète — ainsi que la mieux conservée.

L'actuelle cathédrale, de style gothique dit "lancéolé", a été construite au début du XIII siècle, pour la majeure partie en trente ans, sur les ruines d'une précédente cathédrale romane, détruite lors d'un incendie en 1194.

Grand lieu de pèlerinage, cette cathédrale et ses tours dominent la ville de Chartres et la plaine de la Beauce alentour. Elles s'aperçoivent à plusieurs dizaines de kilomètres de distance. La cathédrale a été parmi les premiers monuments classés au patrimoine mondial par l'UNESCO en 1979.

Histoire

Les édifices précédents

La cathédrale de nuit.

Certaines traditions évoquent une ancienne grotte druidique ainsi qu'une statue de déesse mère qui aurait servi de sanctuaire aux premiers chrétiens, à l'époque romaine. Cette légende, dite de "la Vierge devant enfanter" expliquerait l'ancienneté du culte marial à Chartres. Elle a marqué les esprits pendant des siècles. Elle n'a pourtant jamais reçu aucune preuve.

Le lieu le plus ancien de la cathédrale est le puits celtique de la crypte, dit puits des Saints Forts, autrefois "Lieux Forts", qui fut comblé et son emplacement caché au milieu du XVII siècle. Il fut retrouvé, dégagé et restauré au début du XX siècle par René Merlet. La profondeur du puits, à partir du sol de la crypte, est d'environ 33,55 mètres. Le fond est un carré, orienté aux quatre points cardinaux. René Merlet précise que « le puit passe de la forme circulaire à la forme carrée, mais ce carré est exactement inscrit dans le cercle. Vers le fond, par suite d'un ressaut de 0,10 m. dans les parois, le puits ne mesure plus qu'un mètre en tous sens. »

La construction de la première cathédrale a lieu vers le milieu du IV siècle. Elle est appelée « cathédrale d'Aventin », du nom du premier évêque de la ville. Elle fut vraisemblablement édifiée au pied des murs gallo-romains qui entouraient la ville. Cette première cathédrale fut incendiée en 743 ou 753 par les troupes de Wisigoths du duc d'Aquitaine Hunald, lors du sac de la ville. Un deuxième sanctuaire fut alors construit.

Le 12 juin 858, cette deuxième cathédrale fut détruite par les pirates Vikings. L'évêque Gislebert reconstruisit un édifice plus grand. De ce dernier, il subsiste probablement certaines parties de l'actuel martyrium, appelé chapelle Saint-Lubin.

En 876, le roi Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne fit don à la cathédrale de la sainte relique connue sous le nom de "Voile de La Vierge" ou "Sainte Tunique". Cet évènement devait faire de Chartres un sanctuaire de premier plan.

Le 5 août 962 cette troisième cathédrale fut à son tour incendiée pendant la guerre qui opposa Richard Ier, duc de Normandie, au comte de Chartres, Thibault le Tricheur. Un quatrième édifice lui succéda.

Les 7 et 8 septembre 1020, ce quatrième édifice fut à son tour accidentellement ravagé par le feu. L'évêque Fulbert releva l'église de ses ruines, en style roman. En 1020, on construisit l' église basse, telle que nous connaissons actuellement. La construction de cette dernière dura de 1020 à 1024.
La dédicace de cette cinquième cathédrale eut lieu le 17 octobre 1037. L'évêque Fulbert était décédé en 1029.

Construction de la cathédrale actuelle

Détail, par Henri Le Secq

Le 5 septembre 1134, la ville de Chartres fut presque entièrement détruite par un incendie. La cathédrale romane de Fulbert fut épargnée. De 1134 à 1160, profitant de l'espace libéré en avant de la nef, on éleva la façade occidentale que nous connaissons encore aujourd'hui. On commença les travaux par la tour nord. De 1142 à 1150 environ, eut lieu l'édification du portail royal, avec son remarquable ensemble sculpté. En 1145, on commença la tour sud (appelée actuellement clocher "vieux"), dont la construction s'acheva, avec sa flèche, vers 1160. La tour nord (appelée clocher "neuf") ne comportait à l'origine que deux étages. Elle fut longtemps couverte en charpente et plomb, jusqu'en 1506.

Le 11 juin 1194 eut lieu un nouvel incendie qui n'épargna que les cryptes, la façade occidentale et les tours. Le Voile de la Vierge avait été providentiellement mis à l'abri dans le martyrium dit "chapelle de Saint Lubin".

Réchappèrent plusieurs parties récemment construites — aussitôt réutilisées dans le nouveau projet. Aucune des deux tours n'avait souffert trop sévèrement du feu. Le portail surtout fut conservé, ainsi que les trois fenêtres placées au-dessus, avec les vitraux correspondants. Un autre vitrail fut même sauvé de l'incendie, avant d'être remonté dans le déambulatoire: "Notre-Dame de la belle verrière".

La reconstruction de l'édifice sous la forme que nous connaissons débuta immédiatement. Si l'architecte est inconnu (il faut plutôt imaginer une succession de maîtres d'oeuvre, venus d'autres chantiers contemporains), ce que nous pouvons constater est l'extrême rapidité du chantier — sans rupture de financement. Dès les années 1220-1225, les chanoines s'installent dans leurs stalles, les voûtes étant achevées. Il faudra par contre attendre plusieurs décennies pour achever les pignons du transept.

En 1240, les vitraux étaient déjà réalisés. Et la consécration solennelle eut lieu en 1260.

Le sacre d'Henri IV

Henri IV fut le seul roi de France sacré dans cette cathédrale et non pas à Reims, comme le voulait la coutume. Reims et Paris étaient en effet tenu par les catholiques, qui opposaient leur résistance au roi à cause de sa religion protestante. Il se convertit et fut sacré roi de France, à Chartres, en 1594.

Les fraternités de compagnons bâtisseurs

La cathédrale a été construite par des ouvriers spécialisés, appelés compagnons, réunis en confréries ou fraternités. Ces derniers, payés à la tâche, ont parfois laissé sur les pierres quelques signes gravés, qui sont leurs signatures.

Quelques chiffres

Plan réalisé par Eugène Viollet-le-Duc

Source : et

Dimensions principales

  • longueur intérieure : 130 m

  • hauteur sous voûte : 37,50 m

  • hauteur du sol au faîte de la toiture : 51 m

  • hauteur du clocher vieux : 105 m

  • hauteur du clocher neuf : 115 m

  • longueur intérieure totale : 130 m

  • dont longueur de l’avant-nef : 17 m

  • longueur de la nef : 44 m

  • croisée du transept : 14 m

  • longueur du chœur : 37 m

  • déambulatoire et chapelle axiale : 18 m

  • largeur du vaisseau central de la nef : 16,40 m (contre 12 m pour Notre-Dame de Paris)

  • largeur de la nef avec les bas-côtés : 33 m

  • largeur intérieure du transept de trumeau à trumeau: 63,4 m

  • largeur du chœur avec les bas-côtés : 47 m

  • largeur de la façade ouest : 48 m

  • dont le Portail Royal : 15 m

  • largeur de chacune des façades nord ou sud : 40 m

Détails complémentaires 

  • La clôture du chœur comporte 200 statues
  • La grande rosace avec ses 13,36 mètres de diamètre est une des plus grandes du monde (Les deux rosaces du transept de Notre-Dame de Paris ont un diamètre de 13,1 mètres).
  • 181 représentations de la Vierge
  • Notre-Dame de Chartres possède près de 3 500 statues.
  • Près de 9 000 personnages y sont représentés, si l'on compte les vitraux.
  • On compte 9 portails sculptés (ce qui est unique en Europe).
  • Avec ses 650 m, le chœur est le plus vaste de France.
  • Le transept de 63,4 m est aussi le plus long de France.
  • La crypte romane est la plus vaste de France.
  • On compte 176 verrières.
  • La surface totale de vitraux est de 2 600 m
  • La cathédrale possède ainsi la plus importante surface au monde de vitraux des XII et XIII siècles.

Classement 'Patrimoine mondial'

La cathédrale de Chartres a été classée par l'UNESCO aux trois motifs suivants:

Au motif I - représenter un chef d’œuvre du génie créateur humain "Construite assez rapidement et presque d’un seul jet, la cathédrale de Chartres constitue, par l’unité de son architecture et de sa décoration, l’expression totale et achevée d’un des aspects les plus unanimes du Moyen Age chrétien",

Au motif II - témoigner d’un échange d’influences considérable… "La cathédrale de Chartres a exercé une influence considérable sur le développement da l’art gothique en France et hors de France",

Au motif III – offrir un exemple éminent d’un type de construction… "La cathédrale de Chartres est à la fois un symbole et un édifice type : l’exemple le plus éclairant que l’on puisse choisir pour élucider la réalité culturelle, sociale et esthétique de la cathédrale gothique"

L'extérieur de la cathédrale

Les tours

La façade nord

On reconnaît facilement la cathédrale Notre-Dame de Chartres du fait de la grande différence entre ses deux tours : la tour nord a une base de type gothique primitif (avec contrefort épais et ouverture réduite), surmontée d'une flèche flamboyante plus tardive (datée du XVI siècle) ; en revanche, la tour sud, dotée d'une base plus typiquement gothique, est surmontée d'une flèche très simple. Cette flèche a fait l'objet de très nombreux commentaires d'artistes et écrivains ('unique au monde' disait d'elle Charles Péguy) tellement l'impression de 'jaillissement' est frappante.

Portail royal

Détail du portail royal

La façade occidentale constitue la porte d'entrée principale de l'édifice religieux. Encadrée par deux tours, elle présente un programme sculpté important : 24 grandes statues (il en reste 19 aujourd'hui) et plus de 300 figures forment un décor en harmonie avec l'architecture de la cathédrale. Le décor derrière les statues représente les derniers feux du style roman : entrelacs, colonnettes, feuilles d'acanthe témoignent des influences méridionales.

Portail nord

Tympan du couronnement de la Vierge, porche nord

Le portail nord est aussi appelé "portail de l'Alliance". Ses statues ont été exécutées entre 1205 et 1210. Elles représentent des scènes de l'Ancien Testament et de la vie de la vierge Marie. Les voussures de la baie centrale évoquent les épisodes de la Genèse. La baie de droite reprend le thème des travaux et des jours.

Portail sud

Le portail sud est consacré à l'Église, depuis les apôtres (baie centrale) jusqu'aux confesseurs (baie de droite) et aux martyrs (baie de gauche). Sa datation est proche de celle du portail nord, peut-être légèrement antérieure.

Sur le trumeau de la baie centrale, on trouve un Christ 'enseignant' et au tympan une figuration du jugement dernier.

L'intérieur

Les vitraux

La cathédrale de Chartres possède le plus important ensemble vitré du XIII siècle, remarquablement préservé jusqu'à ce jour. Du XII siècle, trois verrières sont conservées, avec notamment des bleus inimitables.

Le nombre remarquable de 176 vitraux (petites roses comprises) correspond à une surface de 2 600 m. Pour la plupart, ils représentent des saints et saintes ou des personnages de la Bible : (Noé, Joseph, le Bon Samaritain, le Fils Prodigue...), mais aussi de la Légende dorée de Jacques de Voragine (dominicain italien du XIII siècle).

On y trouve aussi des références aux corporations qui ont sans doute aidé à payer ces vitraux.

Signes du zodiaque et travaux des mois - de bas en haut : bélier, taureau, gémeaux, cancer et lion

Notre-Dame de la Belle Verrière

Détail de la baie centrale du triplet de la façade occidentale, qui représente les épisodes de la vie du Christ. Les vitraux se lisent de bas en haut.

Vitraux du chœur

La rose sud

La rose nord

Dans le croisillon nord, la rosace représente une Vierge à l'Enfant entrourée d'anges, des rois de Juda et de prophètes. Dans les lancettes sous la rosace, Sainte Anne, mère de la Vierge, porte Marie dans la lancette centrale. Elles sont entourées de personnages de l'Ancien Testament dans les autres lancettes. Dans les écoinçons, on peut voir les armes de Blanche de Castille (château castillan) et de Saint Louis (fleur de lys).

La rosace nord, vue d'ensemble

La rosace elle-même : Vierge à l'Enfant entourée des rois de Juda et de prophètes

Lancette centrale: Anne portant Marie

Armes de Blanche de Castille et de Saint-Louis dans un écoinçon

Le labyrinthe

Labyrinthe de la cathédrale de Chartres

Le labyrinthe de Chartres, œuvre du XII siècle, est une figure géométrique circulaire inscrite dans toute la largeur du pavage de la nef principale, entre les troisième et quatrième travées. Elle représente un tracé continu déployé de 261,55 m, partant de l'extérieur et aboutissant au centre, en une succession de tournants et d'arcs de cercle concentriques. Une de ses particularités est que, partant du centre ou de l'extérieur, le chemin parcouru présente exactement le même enchaînement de tournants et d'arcs de cercle.

Son parcours serait composé de 276 pierres blanches dont les trois premières de dimensions différentes. Publiant la revue Caerdroiaconsacrée aux labyrinthes, Jeff Saward signale sur le site labyrinthos une opinion de plus en plus répandue: le nombre exact de pierres formant le tracé du labyrinthe de Chartres, 270 ou 272 pierres, correspondrait symboliquement au nombre de jours de la grossesse et donnerait au labyrinthe le sens d'une nouvelle gestation. Cet auteur met pourtant en doute la possibilité de fournir un décompte exact du nombre de pierres formant le tracé du labyrinthe, en raison des brisures apparaissant sur les pierres depuis leur pose et de possibles réparations. De telles affirmations découlent probablement d'un manuscrit non publié de Robert Ferré, A Day at Chartres (1995), qui crédite le chanoine Legaux et avant lui Jean Villette d'avoir fait un compte précis de 272 pierres. Jean Villette avait lui-même eu l'attention attirée par une note en bas de page figurant dans un article de Gilles Fresson. Paradoxalement, ce dernier n'avait compté que pour couper court à toute tentative d'interprétation exagérée, tandis qu'un ouvrage grand public donnait alors le nombre de 365 pierres.

Cet exemple précis montre, parmi tant d'autres, combien le labyrinthe de Chartres, fascinant les contemporains, donne lieu à de nombreuses récupérations, issues de mouvements marqués par leur grande diversité (géobiologie, analyse neurologique, psychologie comportementale, nouvel age, templiers, spiritualités orientales) et aux quelles il ne faut pas prêter de valeur historique.

Ce labyrinthe s'inspire probablement du mythique Labyrinthe de Crète construit par Dédale, comme semble l'indiquer la plaque de cuivre située en son centre, ôtée en 1792, et qui aurait représenté le combat de Thésée et du Minotaure. Néanmoins, André Peyronie fait part de son scepticisme sur l'existence d'une représentation Minotauromachique à Chartres, qui serait un cas unique en France, comme le propose pourtant Marcel-Joseph Bulteau à la fin du XIX siècle.

Si l'on se fie à l'univers culturel des chanoines du XIIIe siècle, seuls maîtres d'ouvrage de l'édifice, le labyrinthe serait un chemin symbolique où l'homme va à la rencontre de Dieu. On peut le comprendre soit comme un pèlerinage 'sur place', dont la finalité est d'inviter à la pénitence et à la méditation, vécue aussi bien avec le corps qu'avec l'esprit. On peut aussi y lire symboliquement le parcours qu'est l'existence humaine, long et compliqué, ou s'exprimerait la confiance d'être conduit finalement en présence de Dieu. Le centre de ce grand motif symboliserait ainsi la Jérusalem céleste, soit l'au-delà. Quant on réalise une projection de la rose de la façade sur le pavement, cette rose consacrée à la résurrection des morts correspond exactement au labyrinthe, le christ de la fin des temps se superposant alors au centre du labyrinthe. La démarche du labyrinthe ne consiste pas seulement à aller jusqu'au centre, mais à en repartir. Le pèlerin est invité à emprunter la ligne tracée face à lui pour monter vers le chœur de la cathédrale - en particulier l'autel.

Le labyrinthe de Chartres a été appelé « La Lieu » — bien que la lieue française soit bien plus longue que la longueur développée du labyrinthe — et plus tard « chemin de Jérusalem ».

Tous les vendredis, de 10 h à 17 h, les chaises sont mises de côté pour que les visiteurs qui le souhaitent puissent aussi effectuer ce parcours.

La clôture du chœur

Vue d'ensemble de la clôture du chœur

Une scène de la clôture du chœur: la flagellation de Jésus

La clôture du chœur est un mur de clôture entourant le chœur, destiné à mieux isoler ce dernier du déambulatoire. Entièrement sculptée (40 groupes, 200 statues au total), c'est partiellement l'œuvre de Jehan de Beauce qui commença les travaux au début du XVI siècle. Le programme iconographique est de style Renaissance et évoque les épisodes de la vie de Jésus et de la Vierge Marie.

La vierge au pilier

Cette vierge en bois de poirier date d'environ 1540, elle était autrefois adossée au jubé qui a lui-même été détruit au XVIII siècle.

Le voile de la Vierge

Chapelle du voile de la Vierge

Il s'agit d'une relique très importante qui fut offerte en 876 à la cathédrale par Charles le Chauve, empereur d'Occident. Ce voile, selon la tradition, est la chemise que portait Marie lors de l'Annonciation, au moment ou le Verbe fut conçu. Cette relique importante drainait de nombreux pèlerins. Lors de l'incendie de l'ancienne église, en 1194, on crut que la relique était perdue, mais on la retrouva intacte : cela fut interprété comme le fait que la vierge Marie désirait une plus grande église pour sa relique, et explique peut-être l'enthousiasme et la rapidité avec laquelle la nouvelle cathédrale fut bâtie.

La relique était contenue dans une châsse de grande valeur, dont les joyaux furent vendus à la révolution. De même, le voile fut découpé en plusieurs morceaux, qui furent vendus. Une expertise du tissu, réalisée en 1927 par le musée des soieries de Lyon propose une datation ancienne (premiers siècles). Cependant, il est en soie de grande valeur, ce qui est étonnant au vu du statut social de Marie. Le voile est toujours exposé dans le déambulatoire, du côté nord, dans une des chapelles absidales.

Notre-Dame de Chartres reste un lieu de pèlerinage important à l'heure actuelle, principalement grâce au traditionnel pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté qui a lieu chaque année durant le week-end de Pentecôte et qui n'attire pas moins de 8 000 pèlerins venant du monde entier, mais aussi grâce à l'engouement pour la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, dont Chartres est une étape pour les pèlerins qui viennent du nord par la route de Paris.

L'orgue

Le Grand Orgue de la cathédrale de Chartres a été construit en 1971 par les Établissements Danion-Gonzalez. La composition est la suivante:

I Grand-Orgue C–

Montre

16′

Bourdon

16′

Montre

8′

Flûte

8′

Bourdon

8′

Prestant

4′

Flûte

4′

Doublette

2′

Fourniture II

Fourniture III

Cymbale IV

Cornet V

(à partir du 2 sol)

Bombarde

16′

Trompette

8′

Clairon

4′II Positif C–

Montre

8′

Flûte

8′

Bourdon

8′

Prestant

4′

Flûte

4′

Doublette

2′

Nazard

2′

Tierce

1/5

Larigot

1/3

Cornet V

(à partir du 3° do)

Plein-jeu IV

Cymbale III

Cromorne

8′

Trompette

8′

Clairon

4′
III Récit C–

Principal

8′

Cor de nuit

8′

Gambe

8′

Voix Céleste

8′

Flûte

4′

Viole

4′

Doublette

2′

Sesquialtera II

Plein jeu IV

Cymbale III

Voix Humaine

8′

Basson Haubois

8′

Bombarde

16′

Trompette

8′

Clairon

4′

TremblantIV Écho C–

Principal

8′

Bourdon

8′

Flûte

4′

Doublette

2′

Nazard

2/3

Tierce

1/5

Piccolo

1′

Cymbale III

Trompette

8′

Clairon

4′
Pédalier C–

Principal

32′

Montre (G.O.)

16′

Soubasse

16′

Montre

8′

Bourdon

8′

Principal

4′

Flûte

4′

Flûte

2′

Plein jeu V

Basson

8′

Bombarde

16′

Trompette

8′

Clairon

4′

La crypte

La cathédrale actuelle résulte de constructions de différentes époques. Les cathédrales ont souvent été superposées, servant chacune de fondations à celle qui lui succédait. Les parties qui n'ont pas été remblayées forment deux cryptes concentriques qu'il est possible de visiter. On peut y voir des fresques du XII siècle, du XIX, ainsi que des créations contemporaines.

La crypte intérieure

Les premiers chrétiens auraient édifié du IV au XI siècles des sanctuaires successivement dévastés par les flammes et/ou persécutions religieuses. Un vestige de muraille, généralement attribué à l'époque gallo-romaine, fait référence à l'époque de la première église. Il ne subsiste rien de celle du VI siècle. Dans un couloir de fouille, on a tout au plus quelques marches de celle du VIII siècle. Par contre la crypte de l'église carolingienne édifiée par Gislebertus au IX siècle correspond vraisemblablement à une salle conservée. Elle porte le nom de caveau Saint-Lubin et se situe sous le chœur de la cathédrale actuelle, juste sous le maître-autel.

La crypte extérieure

La crypte de Fulbert, ou église basse, enveloppe ce caveau, va d'un clocher jusqu'à l'autre, en faisant le tour de l'édifice. Datant du XI siècle, avec ses 230 mètres de long sur 5 à 6 mètres de large, elle est la plus grande crypte de France. En partant de l'extrémité de la galerie nord, on arrive à la chapelle de Notre-Dame Sous-Terre, peut-être l'un des plus anciens sanctuaires consacrés à Marie en occident. On peut y observer une reproduction (1975) d'une statue fort ancienne, le modèle original ayant été brûlé par les révolutionnaires en 1793. On a dit qu'elle pouvait être la continuatrice d'une statue de déesse-mère gallo-romaine.

La galerie devient semi-circulaire sous le chevet et s'ouvre sur trois chapelles romanes profondes, encadrées par quatre plus petites chapelles gothiques du XIII siècle. C'est là que se trouve le puits dit des Saints-Forts (33 m de profondeur), dont l'eau passait au Moyen Âge pour posséder des vertus miraculeuses.

Dans la galerie sud, on peut admirer une fresque du XII siècle avec plusieurs grands saints populaires (Clément, Gilles, Martin, Nicolas…). À l'extrémité de la galerie sud, un baptistère en pierre est installé, datant de l'époque romane.

Les principaux pèlerinages

La cathédrale Notre-Dame de Chartres est, depuis son édification, un haut lieu de pèlerinage pour les catholiques français (et avant tout un pèlerinage marial - ce qui explique notamment l'ampleur du déambulatoire, permettant la circulation des fidèles autour du chœur. Au cours du XX siècle, les pèlerinages à Chartres ont connu un nouvel élan, à la suite de l'écrivain Charles Péguy qui se rendit à pied de Paris à Chartres en 1912, accomplissant un vœu fait au chevet de son fils malade. Après la mort de Péguy en 1914, certains de ses amis refirent la route en méditant ses poèmes, initiant un vaste mouvement de pèlerinages à Chartres, parmi lesquels :

  • le pèlerinage étudiant, organisé par les aumôneries de l'enseignement supérieur en Île-de-France, aux Rameaux,
  • le pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté, d'inspiration traditionaliste, à la Pentecôte,
  • le « Pèlerinage Chartres-Paris », d'inspiration également traditionaliste, il est organisé par l'association Pèlerinages de Tradition (très proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X). Le passé de ce pèlerinage se confond avec celui de « Notre-Dame de Chrétienté » puisque les deux n'en formaient originellement qu'un seul avant la scission de 1989 découlant du motu proprio Ecclesia Dei du pape Jean-Paul II.

Il est réalisé, comme son nom l'indique en sens inverse, lors du week-end et du lundi de Pentecôte. La seule exception étant l'année 1989; le sens de ce second pèlerinage traditionaliste était encore "Paris-Chartres" et il se fit du samedi 6 mai au lundi 8 mai. Auparavant (de 1990 à 2008), ce pèlerinage s'effectuait jusqu'à la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, mais, suite à des problèmes de sécurité invoqués par la mairie de Paris et à la solution proposée par la Préfecture de police de Paris, celui-ci se conclue maintenant par une messe solennelle en la place Vauban devant l'église Saint-Louis-des-Invalides. Néanmoins, les messes étant menées par un mouvement qui a été considéré comme chismatique jusqu'à la levée de l'excommunication des évèques de la fraternité Saint Pie X, le pèlerinage n'a l'autorisation de célébrer la messe ni dans la Cathédrale de Chartres, ni dans la Basilique du Sacré Cœur de Montmartre, ni dans l'église Saint-Louis-des-Invalides. Depuis le début des années 2000, le pèlerinage réunit, en moyenne, entre 8000 et 10000 fidèles principalement issus de chapitres français, mais avec une présence certaine de chapitres internationaux.

  • le pèlerinage des Guides et Scouts d'Europe de la province des Yvelines, en octobre.
  • le pèlerinage du monde du travail.

Chartres est également une étape importante pour les pèlerins qui viennent du nord de l'Europe et qui font route vers Saint-Jacques-de-Compostelle, en empruntant la route de Paris à Tours.

Vue du ciel

vue par avion

vue par avion

Photos

Porche central nord de la Cathédrale

Portail nord

Portail central du porche occidental de la cathédrale

Les tours de la cathédrale

L'Assomption au fond du chœur

La cathédrale de Chartres et les arts

Cathédrale de Chartres

Représentations picturales

Plusieurs peintres ont représenté la cathédrale dans leurs œuvres. L'un des tableaux les plus connus est celui de Jean-Baptiste Corot, peint en 1830 (Musée du Louvre, Paris). Chaïm Soutine a repris le même thème en 1933 (Musée d'art moderne, Troyes).

La cathédrale de Chartres dans le roman

  • Joris-Karl Huysmans a publié en 1898 un roman intitulé La Cathédrale où il s'initie à la symbolique médiévale et catholique à Chartres. Ce roman connut un certain écho à l'époque.

  • « [...] Là, on avait conscience de participer à une croisade. C'était le seul mot qui convînt, bien qu'on en eût tant usé et abusé qu'il n'avait plus son véritable sens. On éprouvait, malgré toute la bureaucratie, l'incompétence et les querelles de parti, quelque chose qui ressemblait au sentiment qu'on s'attendait à éprouver, et qu'on n'éprouvait pas, quand on faisait sa première communion : un sentiment de consécration à un devoir envers tous les opprimés du monde, et dont il serait aussi difficile et gênant de parler que d'une expérience religieuse. Et pourtant, ce sentiment était aussi authentique que celui qu'on éprouvait en entendant du Bach ou bien en contemplant la lumière qui tombait des vitraux de la cathédrale de Chartres ou de la cathédrale de León ; ou bien en regardant Mantegna, Greco et Bruegel au Prado. [...]  »

Ernest Hemingway (traduit de l'anglais par Denise Van Moppès), Pour qui sonne le glas, Gallimard, Paris, 1961, 499 p.  .

  • Kathleen McGowan (traduit de l'anglais par Arlette Stroumza) Le Livre de l'Amour, XO éditions, 494p., 2009.(ISBN:9782845633070)