Le mot indo-européen *doru (arbre) se retrouve dans le breton derv (chêne). Les langues slaves connaissent des formes comme le russe, le tchèque dub et le polonais dąb.
Il n'y a pas de mot indoeuropéen spécifique au chêne, un arbre qui puise ses noms dans des couches linguistiques plus anciennes. Malgré la charmante étymologie populaire par le breton kàer gwez (celtique *kadro *uidhu) « bel arbre », le latin quercus, provient d'une vieille racine *kwar-k- (cf. finnois vaara « colline boisée »). Ce mot, dont on précisera qu'il était féminin comme tous les noms d'arbres en latin, survit en italien quercia et en corse querciu.
La racine *karr est à l'origine de mots latin cerrus, ibériques arte, karraska, carballo, occitan garric, garrolha, limousin jarri, berbère akarruš, slovène hrast.
La racine *aik, *aig explique les termes allemand Eiche, anglais oak et les mots grecs aigilops, krataigos.
Le chêne vert, le plus répandu en pays méditerranéens, est appelé en catalan alzina, occitan auzina, espagnol encina, d'un dérivé *ilicina du latin ilex. Ce dernier donne les termes français yeuse, italien leccio, corse leccia.
Le mot « chêne » (d'abord chasne en ancien français) est attesté anciennement en latin médiéval sous une forme casnus (886), correspondant à un plus ancien cassinu(s) du celtique (gaulois) *cassăno-, éventuellement *cassĭno- qui aurait évolué comme le latin fraxinus > frêne, le mot gaulois n'a pas de correspondance en celtique insulaire, peut être derivé de cassi- cf. irlandais cas « enchevêtré ». Autrement dit, ce terme n'a pas été supplanté par le latin quercus, sans doute du fait de l'importance qu'avait cet arbre pour les constructions et surtout comme arbre saint du druidisme. On distingue des formes régionales : aire normande et picarde : quesne, queyne, arpitan et nord-occitan : chasne, quart nord-est chesne, chêne, sud-ouest cassou, casse (la cassagne). En Gascogne, ce nom s'applique aux grands chênes à feuilles caduques qu'on distingue du tauzin (Quercus pyrenaica), exactement comme les Basques distinguent l'haritz pédonculé de l'ametz (tauzin) et de l'arte (yeuse). Les Bretons, eux, distinguent le tann (rouvre), du taouz (tauzin). Le mot tan (voir ci-dessus) est d'origine celtique *tanno- comme le breton, il a survécu assez longtemps au sens de « chêne » Cf. toponyme Tanis, Thenney, Tanay, etc. de *tannetu(m) « tannaie ».
Le latin robur (attribué en taxinomie au chêne pédonculé), donne en français rouvre (rivoire) et explique les termes catalan roure et espagnol roble (noms génériques des chênes à feuilles caduques).
Les chênes-lièges s'appelaient en latin suber, à rapprocher du basque zuhar « orme », de zu(r)- « bois ». On le retrouve dans les termes corse suvera, catalan alzina surera, portugais sobreiro et français sûrier.