D'une manière générale une teinture doit correspondre à l'usage auquel l'article une fois terminé sera soumis. On utilise à cette fin le terme de solidités qui n'a rien à voir au point de vue de la résistance d'un article.
Les principales solidités auxquelles un textile doit faire face sont :
Solidité à la lumière, au lavage, au chlore, au nettoyage à sec, à la sueur acide ou alcaline, au frottement, au boulochage etc.
Il existe des normes ISO, DIN, NF bien précises à ce sujet.
Le teinturier choisira la classe de colorant en fonction de l'usage que le client lui indiquera. Les solidités d'un article maillots de bain n'ont rien à voir avec les draperies ou les sous vêtements.
Certaines classes de colorants sont réputées pour leur hautes voir très hautes solidités, naturellement cela a un prix, que le client n'est pas toujours disposé de payer.
Il existe dans chaque classe de colorants de très bons produits pour des usages spécifiques, ce sera donc de commun accord que le donneur d'ordre et le teinturier choisiront ce qu'il y a lieu de faire.
Ces solidités intéressent naturellement le consommateur final.
Pour le donneur d'ordre et le teinturier, d'autres facteurs interviennent.
Avant tout une teinture doit être à la nuance demandée par le client.
- Défaut d'une nuance : plus claire, trop foncée, trop terne, trop vive, sale
Les "solidités générales" de la teinture peuvent être excellentes, si le client n'a pas la nuance qu'il souhaite cela ne vaut rien.
Ensuite il faut que la teinture soit uniforme sur toute la surface de la marchandise et pénétrée au cœur de la marchandise. Il faut également qu'elle soit exempte de certains défauts que la fabrication peut engendrés tout au long du cycle de la teinture.
Quelques exemples : des taches claires, foncées ou grasses, des trous, des plis marqués, des frottements usés ou brillants.
Il faut aussi que d'un bain à l'autre il y ait une reproductibilité de la nuance, c'est l'aspect de la teinture le plus difficile à respecter. Et qui est généralement la source des plus grands conflits entre les intéressés. Il arrive que l'on ne puisse améliorer une passe non conforme pour la nuance, cela se solde par un compromis, une réduction de prix, etc.
La perception des couleurs varie d'un individu à l'autre et est fonction de la lumière et de l'environnement dans lequel on se trouve, ceci était cause de litiges même au sein de l'entreprise.
Pour pallier cela, de plus en plus, les nuances sont passées dans un spectro-photomètre qui mesure la chaleur de nuances et édite un rapport de correspondance entre la demande et le produit obtenu. Avec une certaine tolérance.
Toutefois, les écarts de tolérances entre 2 bains sont tels, que dans certains cas il faut revenir à l'appréciation humaine.
Exemple : pour un coloris beige type client, une première teinture est réalisée et est à l'issue de la teinture légèrement différente du type client, en théorie et en pratique, on va corriger par un apport de ce que le teinturier/coloriste estime ou ce que le spectro photomètre indique.
Il arrive que le reproductibilité ne soit pas encore suffisante, une nouvelle correction est apportée. Il arrive qu'a un moment, on ne puisse plus améliorer. Des choix s'imposent, ou on démonte (détruire la teinture) la nuance et on recommence en espérant faire mieux (ce qui n'est pas garanti) ou on soumet la nuance obtenue au client.
Celui-ci pour diverses raisons (besoin urgent de la marchandise, négociation sur le prix etc.) peut accepter le coloris légèrement différent.
Sur un suivit de bain (plusieurs commandes successives dans le même coloris) il arrive ainsi que les écarts entre les bains soient tels que la tolérance autour du type initial ne soit plus acceptable. Le spectro acceptera l'écart par rapport au type, alors que l'œil par comparaison entre les productions ne pourra pas l'accepter.
Ceci est un peu compliqué à expliquer, mais sur le terrain, à la vue des échantillon, cela saute aux yeux.