L'opérateur divergence est un opérateur différentiel linéaire aux dérivées partielles premières, souvent utilisé en physique, notamment pour exprimer des lois de conservation. Il transforme un champ vectoriel en un champ scalaire (c’est-à-dire en une fonction) et plus généralement un champ tensoriel d'ordre k en un champ d'ordre k − 1.
Ici, le champ A est considéré comme une application de R3 dans lui même, et DA désigne sa différentielle, dont on prend la trace – c’est-à-dire la trace de la matrice jacobienne.
Cette dernière présentation a l'avantage d'être indépendante du choix de la base. Tout ce qui précède est aussi valable sur Rn
Exemple
Si A=∑i=1nAi∂xi∂ est un champ linéaire, c’est-à-dire si Ai=∑j=1naijxj, sa divergence est égale à ∑i=1naii. C'est la trace de la matrice formée par les nombres ai**j (1≤i,j≤n).
Interprétation de la divergence
La divergence s'interprète en termes de flux. Si D est un domaine de R3 de bord S, le flux de A à travers S est égal à l'intégrale sur D de la divergence, d'après le théorème de Stokes.
Une interprétation voisine est la suivante. Soit φt le flot du champ A (c’est-à-dire la valeur au temps t de la solution du système différentiel dtdu=A(u(t)) qui vaut x en 0) on a
LA(dx∧dy∧dz)=divA(dx∧dy∧dz)
(on a désigné par LA l'opérateur dérivée de Lie ; pour les détails et un énoncé plus général, voir opérateur de Laplace-Beltrami).
En particulier, le flot de A, conserve le volume (c’est-à-dire vol(ϕt(D))=vol(D) pour tout domaine D) si et seulement si la divergence est partout nulle. Le volume augmente si la divergence est positive, diminue si elle est négative.
Plus généralement, la divergence rend compte de la variation infinitésimale du volume (ou de la charge électrique) autour d'un point, ce qui explique son intervention dans les équations de la mécanique des fluides ou les équations de Maxwell.
Formulaire commenté
div(rotA)=0
Cette formule est particulière à la dimension3. Elle signifie qu'un champrotationnel est à divergence nulle. Inversement, si un champ de vecteursB sur R3 un ouvert étoilé de R3 est à divergence nulle, il existe un champ A tel que B=rotA. (on dit alors que A est un potentiel vecteur). Cette propriété, une fois convenablement interprétée en termes de formes différentielles, est une application directe du lemme de Poincaré).
Attention. Le champ newtonien r3r est à divergence nulle, mais il n'existe pas de champ de vecteurs A tel que rotA=r3r. En effet, si tel était le cas, son flux à travers toute surface fermée serait nul, alors que son flux à travers les sphères centrées à l'origine vaut 4π. En fait, ce champ n'est défini que sur l'espace privé de l'origine, qui n'est pas un ouvert étoilé : le lemme de Poincaré ne s'applique pas.
div(fA)=fdiv(A)+∇f⋅A
D'après le théorème de Stokes, l'intégrale sur Rn de la divergence d'un champ de vecteurs nul en dehors d'une partie bornée est nulle. Par conséquent, si f est une fonction lisse et A un champ de vecteurs, tous deux nuls en dehors d'une partie bornée (cette condition assurant que les intégrales ont un sens),
∫RnfdivAdx1⋯dxn=∫Rn∇f⋅Adx1⋯dxn
Cette propriété s'interprète de la façon suivante. Soient C∞(Rn) et Vect(Rn) respectivement les espaces vectoriels des fonctions lisses et des champs de vecteurs sur Rn. On les munit des produits scalaires
⟨f,g⟩:=∫RnfgAdx1⋯dxn et ⟨A,B⟩:=∫RnA⋅Bdx1⋯dxn
Alors ⟨∇f,A⟩=−⟨f,divA⟩, ce qui permet de voir l'opérateur divergence comme le transposé (au signe près) de l'opérateur gradient.
Cette interprétation de la divergence présente l'avantage de se généraliser aussi bien aux variétés riemanniennes qu'aux tenseurs.
D'autres lois de conservation font intervenir la divergence de tenseurs d'ordre 2, comme la conservation de la quantité de mouvement en mécanique des fluides.
Un tenseur de type (p,q)(p-contravariant et q- covariant) est donné par ses coordonnées Ti1i2⋯iqj1j2⋯jp. Sa dérivée covariante est alors par définition le tenseur de type (p,q+1) donné par ∂iTi1i2⋯iqj1j2⋯jp (on a désigné par ∂i l'opérateur de dérivation par rapport à la i-ième variable). La divergence est le tenseur de type (p-1,q) défini par
Si1i2⋯iqj2⋯jp=∑i=1n∂iTi1i2⋯iqij2⋯jp (l'utilisation de la convention d'Einstein permettrait d'omettre le symbole de sommation}
Exemple La divergence du tenseur T=∑i,jTij∂xi∂⊗∂xj∂ (qui est de type (2,0)) est le champ de vecteurs
S=∑i=1nSi∂xi∂ avec Si=∑j=1n∂jTji
Cas général
Cette définition s'étend pratiquement mot pour mot aux tenseurs sur une variété munie d'une connexion. Dans les formules précédentes, on remplace la différentiation ∂i par l'opérateur de différentiation covariante ∇i, qui à partir d'un tenseur de type (p,q) donne un tenseur de type (p,q+1), puis on pose
Le cas le plus important est celui des variétés riemanniennes ou pseudo-riemanniennes, munies de leur connexion de Levi-Civita. La métrique permet d'identifier entre eux les tenseurs de même ordre totalp+q. La dérivée d'un tenseur d'ordre k sera un tenseur d'ordre k-1.
Les cas les plus utilisés (avec celui des champs de vecteurs vu plus haut) sont ceux des tenseurs symétriques d'ordre 2 et des formes différentielles.