La règle à tenons
La règle à tenons est une invention de Raoul Barré qui révolutionna le monde de l’animation. Il s’agit d’une simple barre possédant des extrusions de différentes formes. Il suffisait ensuite d’insérer une feuille trouée aux endroits ou se trouvaient les tenons dans la règle pour assurer que chaque dessin soit exactement au bon endroit par apport au précédent.
Le cellulo
Émile Reynaud et Émile Courtet avaient trouvé différents moyens artisanaux de superposer personnages et décor, mais ces techniques n'étaient pas adaptées pour une industrialisation du cinéma d’animation.
John Randolph Bray (producteur) et Earl Hurd inventent en 1914 la technique du cellulo qui révolutionne le dessin animé industriel dans les années 1930. En utilisant une feuille d'acétate transparente sur lequel les personnages ou objets animés sont dessinés, puis coloriés, on permet la superposition avec le décor qui restera sur papier, sauvant ainsi bien du temps. Il fut utilisé par la majorité des studios depuis cette époque jusqu'au passage à la composition numérique.
Le rotoscope
Max Fleischer inventera également un dispositif permettant d’économiser beaucoup de temps. Le rotoscope est un outil permettant d’afficher une image à la fois d’un film de prises de vues réelles sous une table munie d’une vitre. En déposant une feuille sur cette vitre il devient possible de copier chaque image et ainsi de pouvoir rapidement tracer le contour d’un acteur pour reproduire un mouvement complexe en animation. Ce procédé est nommé rotoscopie.
Le « Studio System »
C'est un peu plus tard au début du XXème siècle (à préciser, mais vers 1930), que le "Studio System" est développé au États-Unis par les frères Fleischer et John Randolph Bray pour la production de dessins animés pour l'armée américaine.
En effet, suite au naufrage du Lusitania, coulé par un sous-marin allemand, l'Amérique s'engage dans la Première Guerre mondiale sans préavis. Il lui faut donc former très rapidement des soldats à diverses manœuvres. C'est alors que J.R. Bray, avec "la patte" des frères Fleischer - précurseurs indéniables des techniques de l'animation moderne - a l'idée d'utiliser l'animation pour accélérer cette formation militaire. On dit qu'« un dessin vaut mieux qu'un long discours », lorsqu'il est animé, c'est encore plus vrai. Il perçoit donc des fonds de l'état-major de l'armée pour développer cette technique et la mettre en œuvre le plus rapidement possible.
Le principe est simple. Diviser le travail en plusieurs sections indépendantes un peu à la manière d’une chaîne de montage. Ainsi, au lieu de faire une animation en entier, chaque personne occupe un poste précis. Parmi ceux-ci ce trouve; les animateurs, les « cleaners » pour la mise au propre des dessins, les coloristes, les caméramans, etc.
Les résultats sont là, et le tour est joué. Après la guerre, et même durant, le studio Fleischer naît, et va poursuivre l'aventure en produisant plusieurs films et séries d'animation : Koko le Clown, Betty Boop, Popeye the Sailor Man, Superman. Ils seront même les premiers à produire un long métrage - Les Voyages de Gulliver. Ce film ne sortira qu'en 1939, car privés des droits d'exploitation du Technicolor acquis par Walt Disney pour la sortie de Blanche-Neige en 1937, les Fleischer doivent utiliser une autre technologie, le Stéréo Color. La synthèse des couleurs est moins précise, ce qui a pour conséquence de forcer les rouges vers le carmin (limite marron).