Trieste

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Introduction

Trieste
Trieste
Blasonlogo
Administration
Nom allemandTriest
Nom frioulanTriest
PaysItalie Italie
RégionFriuli-Venezia Giulia-Flag.png Frioul-Vénétie julienne
ProvinceTrieste
Code ISTAT032006
Code postal34100
Préfixe tel.040
MaireRoberto Dipiazza
Site internetwww.comune.trieste.it/
Culture et démographie
Population205 493 hab.
Densité2 432 hab./km
Gentilétriestini
Saint patronSan Giusto
Fête patronale3 novembre
Géographie
Coordonnées45° 39′ Nord

13° 46′ Est / 45.65, 13.77
Altitude2 m
Superficie84,49 km²
Code cadastralL424
Voir la carte physique

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Trieste (anciennement Tergeste en latin), est une ville d'Italie, d'environ 205 000 habitants (les Triestins), située au pied des Alpes dinariques sur la mer Adriatique au bord du golfe de Trieste et de la baie de Muggia, à proximité de la frontière italo-slovène. Elle est le chef-lieu de la région de Frioul-Vénétie julienne, et de la Province de Trieste. Cette ville frontalière a été élue 1ère ville italienne pour sa qualité de vie en 2009 par le très sérieux quotidien économique Il Sole-24 Ore car "elle allie tout le confort d'une métropole au bien-être que procure une nature foisonnante et multiple".

Les ressources de la ville sont avant tout dues au port international, rival de celui de Venise, ainsi qu'aux activités liées : chantiers navals, sidérurgie, raffineries de pétrole.

Géographie

Vue satellite de la ville de Trieste.

La bora est une caractéristique de Trieste et de sa région. Ce vent glacial venu du nord-est souffle sur l'Adriatique, une partie de la mer Égée et de la mer Noire, mais il est particulièrement violent lorsqu'il s'abat sur la ville, pouvant atteindre les 180 km/h. Un record a été battu en mars 2010, lorsque furent enregistrées des rafales à 212 km/h dans les environs, comme le rapporte le journal local Il Piccolo.

Charles Nodier, écrivain français, écrit :

« La position de Trieste a quelque chose de mélancolique qui serrerait le cœur si l’imagination n’était pas distraite par la magnificence des plus belles constructions, par la richesse des plus riantes cultures. C’était le revers d’un rocher aride, embrassé par la mer; mais les efforts de l’homme y ont fait naître les dons les plus précieux de la nature. Pressé entre la mer immense et des hauteurs inaccessibles, il offrait l’image d’une prison; l’art, vainqueur du sol, en a fait un séjour délicieux. Ses bâtiments, qui s’étendent en amphithéâtre depuis le port jusqu’au tiers de l’élévation de la montagne, et au delà desquels se développent, de degrés en degrés, des vergers d’une grâce inexprimable, de jolis bois de châtaigniers, des buissons de figuiers, de grenadiers, de myrtes, de jasmins, qui embaument l’air, et au-dessus de tout cela la cime austère des Alpes illyriennes, rappellent aux voyageurs qui traversent le golfe l’ingénieuse invention du chapiteau corinthien : c’est une corbeille de bouquets, frais comme le printemps, qui repose sous un rocher. Dans cette solitude ravissante, mais bornée, on n’a rien négligé pour multiplier les sensations agréables. La nature a donné à Trieste une petite forêt de chênes verts, qui est devenue un lieu de délices : on l’appelle, dans le langage du pays, le Farnedo, ou le bosquet. Jamais ces divinités champêtres, dont les heureux rivages de l’Adriatique sont la terre favorite, n’ont prodigué, dans un espace de peu d’étendue, plus de beautés faites pour séduire. Le bosquet joint souvent même à tous ces charmes celui de la solitude; car l’habitant de Trieste, occupé de spéculations lointaines, a besoin d’un point de vue vaste et indéfini comme l’espérance. Debout sur l’extrémité d’un cap, et sa lunette fixée sur l' horizon, son plaisir est de chercher une voile éloignée, et depuis le Farnedo, on n’aperçoit pas la mer. »

— Charles Nodier, Les Brigands de Trieste

Histoire

L'ancienne Tergeste est sous contrôle romain depuis -177. En -52, elle se voit donner le statut de colonie romaine, sous Jules César, qui mentionne son nom dans la guerre des Gaules.

Au Moyen Âge, Trieste devient un important carrefour commercial. Après deux siècles de rivalité avec la République de Venise (qui l'occupe de 1369 à 1372), elle se donne en 1382 à Léopold III de Habsbourg, duc d'Autriche, et sous le règne de l’empereur Charles VI devient un port franc, seul débouché maritime de l'empire autrichien. Occupée par les Français en 1797, 1805 et 1809, elle est intégrée aux Provinces illyriennes (1809–1814), puis redevient autrichienne et connaît une période de grande prospérité, particulièrement après la construction de la ligne de chemin de fer Vienne-Trieste (terminée en 1857). À la fin du XIX siècle, c'est une grande cité cosmopolite qui héberge des artistes comme James Joyce, et Italo Svevo. Ses habitants italiens sont pourtant mécontents de se trouver sous domination autrichienne et aspirent à rejoindre l'Italie — c'est ce qu'on appelle l'irrédentisme.

En 1921, après la Première Guerre mondiale qui brise l'empire austro-hongrois, Trieste est rendue à l'Italie, en même temps que les autres terres irrédentes [non rattachées à l'Italie]. Le port perd rapidement de son importance et entre dans une profonde crise économique. Il servit de base à la naissance du Parti national fasciste (en proportion, le plus grand nombre d'adhérents sont de Trieste et de sa région dès 1922). En octobre 1920, les squadristes incendient le siège du journal socialiste, Il Lavoratore, dirigé par Ignazio Silone.

La ville est prise par les Allemands (1 octobre 1943) qui y ouvrent le tristement célèbre camp (surtout de transit mais plus tard aussi d'élimination) de la Risiera di San Sabba (rizerie de San Sabba, dans une zone industrielle) — où furent emprisonnées, avant d'être transférées 12 à 15 000 personnes, surtout des Juifs mais également des partisans, des slaves, des résistants italiens.

Le 1 mai 1945, les partisans communistes de Tito (IV armée yougoslave) entrent à Trieste aux cris de « Trst je naš », Trieste est à nous. Le lendemain, 2 mai, la 2 division néo-zélandaise du général Bernard Freyberg entre également en ville. Les Yougoslaves y restent pendant 40 jours et assassinent beaucoup d'Italiens (fascistes et antifascistes) utilisant les foibe et même le camp nazi de la Risiera.

Le Territoire libre de Trieste de 1947 à 1954.

En 1947, le traité de Paris crée un « Territoire libre de Trieste » sous contrôle de l'ONU, coupé en deux zones, l'une anglo-américaine, avec 311 000 habitants comprenant la ville de Trieste (zone A), l'autre yougoslave avec 54 000 habitants et comprenant la ville de Capodistria (Koper), (zone B). La plupart de la population originaire (40 000 Italiens, mais aussi des Croates et Slovènes) abandonne la zone B entre 1947 et 1956, poussée par le climat de terreur yougoslave créé par les massacres des foibe et autres intimidations. Le 26 octobre 1954, la zone alliée (partie A) retourne à l'Italie.

Héraldique

blason

Trieste porte: de gueules à une pointe de hallebarde d'argent.


  • Cette hallebarde est de fait un "ranseur", ancienne pertuisane semblable aux lances des gardes suisses du Vatican. (Neubecker évoque une éventuelle "lance de St Serge Ier (pape)")
  • Certains blasonnements donnent: "Sceptre fleurdelisé", voire "fleur de lys" (une des hypothétiques origines de la fleur de lys étant cette "hallebarde")
    Mais c'est le terme de "hallebarde" (it:alabarda) qui est le plus rencontré.
blasonDans sa période autrichienne, cette "hallebarde" est d'or, issante de la pointe et broche sur les armes d'Autriche (de gueules à la fasce d'argent) dans un coupé de Habsbourg et d'Autriche.

Population et communautés ethniques et religieuses

Habitants recensés

Trieste est une ville à la mentalité plutôt ouverte, de par sa position géographique de frontière et des vicissitudes historiques qui en ont fait le carrefour de nombreuses langues et cultures. En fait, quasiment tous les groupes ethniques et tous les mouvements religieux y disposent d'un lieu de culte spécifique. Dans la ville de Trieste même on compte actuellement à côté des Italiens une centaine de groupes ethniques minoritaires, tant déjà présents à travers l'histoire (Serbes, Slovènes, Roumains, Grecs, Allemands, Croates) que plus récemment installés (Albanais, Chinois, Africains, Sud-Américains).

À travers le vaste territoire communal de Trieste, qui s'étend jusqu'à la frontière avec la Slovénie, on rencontre aussi des faubourgs et des localités du haut-plateau karstique dans lesquels vit une communauté de langue et de culture slovène (5% de la population communale suivant le recensement de 1971), qui dispose de son propre réseau scolaire. Il faut par ailleurs noter que de l'autre côté de la frontière se trouve une communauté italienne istrienne qui maintient des liens avec l'Italie, et plus particulièrement avec Trieste qui a accueilli après la Seconde Guerre mondiale de nombreux réfugiés italiens (profughi, esuli) d'Istrie et de Dalmatie, des régions devenues yougoslaves en 1945.

Avant la Première Guerre mondiale, la communauté de langue allemande dépassait les 10% de la population et celle de langue slovène atteignait les 24,80% (recensement de 1910). La première a ensuite quasiment disparu et la seconde s'est réduite. Actuellement, dans le centre urbain elles ont numériquement été dépassées par d'autres communautés, en particulier les Chinois, les Serbes et les Croates.

Trieste était également au tournant du XX siècle, une ville ayant de fortes communautés religieuses minoritaires : orthodoxes grecs et serbes, et surtout juive. La communauté juive de Trieste comptait en 1900 entre 5 000 et 7 000 membres, installés là depuis le Moyen-Âge au sein d'un ghetto créé vers 1690 autour du Corte Trauner, et ayant un rôle économique et culturel majeur pour la ville. De 1908 à 1912 fut édifiée une vaste synagogue dans le centre-ville qui reste de nos jours la plus grande d'Europe avec celle de Budapest (selon que l'on considère la surface ou le volume). En 1938, avec la promulgation des lois raciales fascistes, la communauté émigra massivement dans le reste de l'Europe et aux États-Unis. Durant la Seconde Guerre mondiale, l'extermination de la communauté juive dans les camps d'Europe centrale et surtout dans le seul camp de concentration italien de la Risiera di San Sabba réduisit fortement la population juive de Trieste. De nos jours, la communauté hébraïque de Trieste compte environ 700 personnes.

Économie

Le port

Trieste, en tant que ville frontière et ouverte sur la mer, fut durant de nombreuses années une ville d'échanges commerciaux portuaires importants, et un des plus grands ports de la Méditerranée. L'activité portuaire s'est fortement réduite durant l'entre deux guerres mondiales mais reste très présente au niveau de la gare maritime et des différentes installations portuaires du nord et du sud de la ville.

Seule ville de l'empire austro-hongrois ouverte sur la mer Méditerranée, elle constitua l'accès principal de nombreuses marchandises provenant d'outre-mer. Le commerce avec l'orient et l'Afrique a été pendant de nombreux siècle important. Ainsi, Trieste a depuis longtemps constitué une plaque tournante du commerce du thé et du café où transite un tiers des importations du pays. De nos jours, la société de café Illy, fondée à Trieste en 1933 par Francesco Illy, est toujours installée dans la ville.

Transports

Trieste possède deux importantes gares, l'une au nord, la gare centrale accueillant le trafic en provenance de l'Italie et du reste de l'Europe occidentale, l'autre au sud-ouest, la gare du Campo Marzio qui était tournée vers la côte dalmate et l'Europe centrale. Cette dernière gare est aujourd'hui transformée en un musée ferroviaire.

Un tramway, construit en 1902, relie Trieste à Opicina sur une ligne historique constituant le dernier exemple en Europe de traction mixte (électrique dans les parties normales et à crémaillère dans les fortes pentes). Cette ligne est aujourd'hui devenue touristique en montant sur les hauteurs de la ville et offrant un panorama unique sur le golfe.

La gare centrale de Trieste

Le tramway historique de la ligne Trieste-Opicina

Industrie

La ville abrite une cimenterie du groupe Italcementi.

Culture et monuments

La ville s'organise autour du port et de la place centrale ouverte sur la mer et appelée Piazza dell'Unita depuis le début des années 1920. Les restes de la présence romaine sont visibles avec l'amphithéâtre qui pouvait accueillir 6000 spectateurs et l'arc de Ricardo datant tous deux du I siècle av. J.-C..

Parmi les lieux de culte de la ville se trouvent l'église Sant'Antonio et l'église San Niccolo ainsi que la synagogue de Trieste (édifiée en 1912) qui est l'une des deux plus grandes d'Europe et rappelle l'important passé hébraïque attaché à la ville.

Le château de Miramare, construit en 1860 pour l'archiduc Maximilien est l'un des monuments les plus connus de la ville. Trieste est aussi célèbre pour ses deux cafés historiques que sont le caffè Tommaseo (fondé en 1830), et le caffè San Marco, places intellectuelles et littéraires de la ville. Les écrivains James Joyce, Rilke, Italo Svevo et Umberto Saba, qui tous vécurent dans la ville, sont les grands noms attachés à Trieste.

Golfe de Trieste

La Piazza dell'Unità d'Italia

La place de l'Unité, vue nocturne

Le palais du gouverneur

Grand Canal de Trieste

Palais de la Bourse

La cathédrale Saint-Juste.

Le château de Miramare

Personnalités

  • Mathilde-Létizia Bonaparte (1820 - 1904)
  • Napoléon Joseph Charles Paul Bonaparte (1822 - 1891)
  • Jérôme Napoléon Charles Bonaparte (1814-1847) Prince de Montfort
  • Guglielmo Oberdan, irrédentiste italien (1858 - 1882)
  • Italo Svevo , écrivain (1861 - 1928)
  • Georges-Alexandre Sarrejani (1878 - 1934), avocat d'affaires, escroc et un assassin
  • James Joyce , écrivain (1882 - 1941)
  • Vladimir Bartol , écrivain (1903 - 1967)
  • Stendhal, consul de France à Trieste en 1831
  • Louis-Salvador de Habsbourg-Lorraine (1847-1915), géographe autrichien (résidence estivale 1876-1914 à Trieste )
  • Fedora Barbieri (1920-2003), chanteuse
  • Vladimir Bartol (1903-1967), écrivain
  • Roberto Bazlen (1902-1965), écrivain
  • Pietro Bonomo (1458-1546), évêque de Trieste et Vienne, littéraire
  • Vinzenz Bronzin, (1872-1970), mathématicien
  • Antonio Caccia (1829-1893), écrivain suisse
  • Piero Cappuccilli (1929-2005), chanteur
  • Luigi Carnera (1875-1962), boxeur
  • Leo Castelli (1907-1999), galeriste et marchand d'art américain né à Trieste.
  • Fausta Cialente, écrivain
  • Walter Freiherr von Czoernig-Czernhausen (1883-1945), spéléologue
  • Paul Henreid (1908-1992), acteur (Casablanca) et réalisateur
  • Alexander Kircher (1867-1939), peintre
  • Samuel David Luzzatto (1800-1865), poète
  • Claudio Magris (*1939), écrivain, germaniste
  • Cesare Maldini, footballeur
  • Josip Mandic (1883-1959), musicien
  • Mauro Maur, clarinettiste (*1958)
  • Alexander Moissi (1879-1935), acteur
  • Richard Mollier (1863-1935), physicien
  • Paul Morand (1888-1976), écrivain, et son épouse Hélène, princesse Soutzo, qui furent inhumés dans un mausolée familial.
  • Boris Pahor (*1913), écrivain
  • Giorgio Pressburger, écrivain, né à Budapest (1937)
  • Nicola Pressburger né à Budapest (1937) mort en 1985
  • Victor de Sabata (1892-1967) chef d'orchestre et musicien
  • Umberto Saba (1883-1957), poète
  • Giorgio Strehler (1921–1997), régisseur
  • Pompeo Posar (1921-2004), photographe
  • Giani Stuparich, romancier (1891-1961)
  • Mutius von Tommasini (1794-1879), botaniste
  • Famille Janesich, joailliers de renommée mondiale depuis 1835
  • Max Tonetto, né à Trieste, il est joueur de football à l'AS Roma et avec l' équipe d'Italie de football.
  • Umberto De Mola, né à Trieste, créateur de l'Alfa Romeo 6C 2500 De Mola
  • Luca Turilli, né à Trieste, guitariste du groupe de métal Rhapsody Of Fire
  • Giorgio Voghera (1908-1999), écrivain
  • Joseph Fouché (1759-1820), homme politique français mort à Trieste
  • Richard Francis Burton (1821-1890), explorateur mort à Trieste le 20 octobre 1890

Administration

PériodeIdentitéPartiQualité
-1993Giulio StaffieriAlliance nationale
1993-2001Ricardo IllyCentre-gauche
2001-2006Roberto DipiazzaForza Italia
25 avril 2006Roberto DipiazzaForza Italia

Hameaux

Barcola, Villa Opicina, Miramare, Grignano, Basovizza, Banne, Cattinara, Conconello, Contovello, Gropada, Longera, Padriciano, Prosecco, Santa Croce, Trebiciano, Servola, Cedassamare

Jumelages

  •  Come (Italie)
  •  Graz (Autriche)
  •  Mykolaiv (Ukraine)
  •  Southampton (Royaume-Uni)