La construction des théâtres grecs « classiques » s’échelonne du Ve au IIIe siècle av. J.-C. Il est relativement facile d’en recenser une centaine. Avant cette période, ils sont archaïques, et rares ; après, ils sont hellénistiques ou romains, et innombrables.
Les théâtres grecs classiques sont présents dans toute la Grèce continentale et insulaire, ainsi qu’en Grande Grèce (Italie du Sud, Sicile) et en Asie Mineure.
On dit, on écrit couramment que les théâtres grecs sont creusés au flanc d’une colline, tandis que les théâtres romains sont construits en terrain plat sur voûtes et arcades. En réalité, cette opposition mérite d’être fortement nuancée.
Si l’on examine la disposition d’un nombre suffisant de théâtres antiques, on s’aperçoit vite que :
Cette remarque ne concerne pas les amphithéâtres romains, nécessairement construits, dès qu’ils sont de quelque importance.
Une idée tenace veut encore que les théâtres grecs soient de préférence orientés au sud. Un simple relevé sur 70 théâtres grecs (Grèce et Asie Mineure) classiques (-Ve au -IIIe siècle) montre qu’il n’en est rien ! Il est vrai que, sur les 70 examinés, 34 théâtres regardent vers le sud (SE et SO compris), dont 20 plein sud. Mais il n’est pas moins vrai que les 36 autres sont orientés O – NO – N – NE – E ! (Détail du relevé : S = 20 ; SE = 5 ; SO = 9 ; O – N - E = 36)
Conclusion : les théâtres grecs sont orientés en toutes directions.
Les visiteurs du théâtre d'Épidaure ne manquent jamais de se livrer à des expériences de chuchotements et craquages d'allumettes, qui se révèlent audibles de leurs compagnons, même des gradins les plus élevés. On peut supposer qu'il en serait de même dans tous les théâtres antiques, tous construits en hémicycle, s'ils étaient dans un état de conservation aussi exceptionnel que celui du célèbre sanctuaire d'Asclépios.
Si l’on excepte les aires de spectacles créto-mycéniennes, la construction des grands théâtres grecs commence au –Ve siècle. Une majorité date des –IVe et –IIIe siècles. Puis la construction de théâtres continue au -IIe siècle dans le monde hellénistique, surtout en Asie Mineure, avant la romanisation de tout l’ensemble.