La bioremédiation des hydrocarbures aromatiques polycycliques est une technique de dégradation de certaines molécules polluantes présentes à l’état de traces dans l’air, les HAP.
Ces substances xénobiotiques possèdent un fort pouvoir polluant même à faible concentration. Plusieurs techniques pour les dégrader peuvent être utilisées comme la phytoremédiation (utilisation de plantes) ou la bioremédiation (utilisation de micro-organismes). Dans ce dernier cas, les micro-organismes utilisent différentes voies métaboliques afin de dégrader les HAP.
Ici la description portera uniquement sur les voies métaboliques permettant l’utilisation des substrats HAP pour la synthèse d’ATP et comme source de carbone pour l’anabolisme des composants cellulaires.
La dégradation des HAP par les bactéries se déroule en deux phases :
Elle est propre à chaque HAP. Ceux-ci subissent une première attaque qui entraîne la formation de molécules clefs comme le catéchol ou de gentisate (à partir d’acide salicylique) par exemple afin de permettre l’ouverture du cycle aromatique ce qui entraînera leur dégradation complète.
Elle est commune à de nombreux composés aromatiques donc non spécifique : elle permet la production d’énergie via différentes voies :
Ces voies peuvent être différenciées par le positionnement des oxygènes apportés par la dioxygénase qui vont cliver le cycle aromatique.
Les voies basses de dégradation du catéchol et du protocatéchuate dite voies de clivage méta et ortho.
Voie de clivage méta.
| Composés | Enzymes |
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Voie de clivage ortho.
| Composés | Enzymes |
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Le catéchol est clivé au départ par une catéchol-2,3-dioxygénase ce qui forme suite à de nombreuses réactions du pyruvate et de l’acétaldéhyde qui rentreront dans le métabolisme central comme par exemple le cycle de Krebs. Lors de ces réactions, la voie méta peut utiliser deux voies différentes pour la formation de ces produits :
Cette voie permet la dégradation de catéchol et de protocatéchuate par deux voies parallèles.
Ces deux réactions aboutissent après plusieurs modifications à la formation de succinate, d’acétate et de dioxyde de carbone, composés simples entrant dans le métabolisme central assurant par exemple la production d’énergie.
| Composés | Enzymes |
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L’acide salicylique donne du gentisate via la salicylate-5-hydroxylase qui après de nombreuses réactions aboutit à la formation d’acide pyruvique et d’acétyl-CoA. Il y a alors intervention de 3 enzymes : une dioxygénase (fission du cycle entre le groupement carboxylate et hydroxyle) ainsi qu’une isomérase et une hydrolase.
Toutes ces réactions aboutissent à des composés qui vont entrer dans le cycle de Krebs et permettre la production d’ATP donc d’énergie.