Introduction
Un orage cévenol, épisode cévenol ou pluies cévenoles, désigne un type particulier de pluie qui affecte principalement les Cévennes et le piémont cévenol, dans le sud de la France. Ces épisodes violents provoquent souvent de graves inondations.
Le « véritable épisode cévenol » se caractérise par l'accumulation de masses nuageuses en provenance du golfe du Lion, souvent dans un régime de vents de sud à sud-est très humides, provoquant dans un premier temps des pluies orographiques sur les massifs qui finissent par s'étaler en général jusqu'en plaine. Un épisode cévenol se déroule normalement sur plusieurs jours et donne en moyenne des quantités d'eau comprises entre 200 et 400 mm sans que cela revête un caractère exceptionnel pour ces régions montagneuses (plus rarement jusqu'à 600 ou 700 mm au cours d'épisodes vraiment intenses). Ces dernières années, le terme d'« épisode cévenol » a été souvent improprement employé pour désigner les orages qui ont notamment touché les plaines du Languedoc pour lesquels les phénomènes entrant en action sont différents comme expliqué plus bas.
Départements concernés
Les principaux départements affectés par ces pluies sont ceux ayant une partie de leur territoire dans les Cévennes : l'Ardèche, le Gard, l'Hérault et la Lozère.
Autour, l'Aude subit un phénomène proche au pied de la Montagne Noire. Les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse sont affectés indirectement lorsque le Rhône déborde de son lit vers l'est sous l'effet du débit augmenté de ses affluents de sa rive droite. D'autres événements peuvent affecter tous les départements méridionaux mais on parlera plus volontiers d'épisode méditerranéen.
Crues induites
Les orages cévenols induisent aux cours d'eau un régime hydrologique particulier, décrit comme celui des rivières cévenoles.
Épisodes cévenols
Des épisodes cévenols marquants ont eu lieu en 1999, 2002, 2003, 2005(automne) et 2010.
- Le 8 et 9 septembre 2002, le département du Gard et ses proches alentours ont été durement touchés par des pluies intenses issues d'un système convectif en V à méso-échelle. Des valeurs de précipitations exceptionnelles ont été relevées : comme par exemple 687 mm à Anduze et même jusqu'à 713 mm à Cardet au sud d'Alès et cela en à peine vingt-quatre heures (de l'ordre d'un an de précipitations). Le bilan de cet épisode, qui a débuté un dimanche soir, est de 23 morts, essentiellement à la suite de la rupture d'une digue à Aramon.
- L'épisode cévenol de début décembre 2003 a été remarquable par son étendue et sa virulence, de l'Aude jusqu'au nord du Massif central et aux Alpes du Sud :
- Le Rhône s'est déversé sur plusieurs communes et plaines du Gard et d'Arles, après la rupture de plusieurs digues. 16 millions de m3 ont envahi une bonne partie de la ville d'Arles et le Rhône a atteint un débit record de 12 777 m3/s, contre 1 800 m3/s en temps ordinaire. Le pompage de l'eau a pris plusieurs semaines ;
- Le Vidourle, fleuve côtier entre les départements du Gard et de l'Hérault, a inondé pour la troisième fois en deux ans la ville de Sommières ;
- Le Lez, la Mosson et divers ruisseaux côtiers autour de Montpellier isolèrent les villes de Mauguio et du canton de Lattes. Avec 6 mètres au-dessus de son cours habituel, le Lez a atteint à Montpellier et Lattes la hauteur de ses digues protégeant les quartiers de ces villes concentrant plusieurs dizaines de milliers d'habitants ;
- Plus à l'ouest, les fleuves Hérault, Orb et Aude ont inondé les quartiers bas de quelques villes et villages. La crue de ces fleuves a été prolongée sur le littoral par la houle et le vent sur la mer Méditerranée qui a bloqué l'évacuation des flots vers le large ;
- La répétition des inondations aux mêmes endroits à la suite d'orages méditerranéens a exaspéré des victimes et pose des interrogations sur l'aménagement du territoire à proximité de cours d'eau connus pour leurs crues violentes.