Chapelle Notre-Dame d'Aubune

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Introduction

Chapelle Notre-Dame d'Aubune
Vue générale de l'édifice
Latitude

Longitude
44° 04′ 21″ Nord

5° 00′ 55″ Est / 44.0725, 5.0152
PaysFrance France
RégionProvence-Alpes-Côte d'Azur
DépartementVaucluse
VilleBeaumes-de-Venise
CulteCatholique romain
TypeChapelle
Rattaché àDiocèse d'Avignon
Début de la constructionXI siècle
Fin des travauxXII siècle
Style(s) dominant(s)roman provençal

La chapelle Notre-Dame d'Aubune est une chapelle romane située à Beaumes-de-Venise dans le département de Vaucluse en Provence.

Cette chapelle des XI et XII siècles, classée monument historique, constitue un des plus beaux exemples d'art roman provençal inspiré de l'antique, au même titre que l'église de Saint-Restitut, le prieuré du Val des Nymphes près de La Garde-Adhémar, la Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon, la chapelle Saint-Quenin de Vaison-la-Romaine et l'église Notre-Dame-du-Lac du Thor.

Localisation

Dominée par le Rocher du Diable, la chapelle Notre-Dame d'Aubune (de Albuna - XII siècle) est située sur la commune de Beaumes-de-Venise, à l'ouest du village, au pied de la colline des « grottes d'Ambrosi » (sud-ouest des dentelles de Montmirail).

L'accès peut se faire de différentes manières :

  • A pied depuis le nord par deux sentiers qui descendent de la colline.
  • En voiture depuis le village ou la départementale par un chemin par delà le canal de Carpentras.

Deux chemins de grande randonnée de pays passent près de la chapelle.

Légende

La légende raconte que Charlemagne - ou Charles Martel - aurait élevé cette chapelle après avoir gagné une bataille contre les Maures, au lieu-dit Cimetière des Sarrasins. Le Diable détacha un rocher de la colline pour écraser la chapelle mais la Vierge arrêta la pierre. Il y a encore sur la colline se situant derrière le village un lieu nommé le « Rocher du Diable ».

Une autre légende s'attache à cette chapelle dont on dit qu'elle a « seize baies et quinze cent cloches ». Dans le village, pour vous aider à décrypter cette énigme, il vous est donné la clef suivante : « Vingt cent mis l'âne dans un près et cent vingt dans l'autre » (Vincent mit l'âne dans un pré et s'en vint dans l'autre).

Architecture

Le clocher roman

Le clocher carré du XII siècle présente une superbe décoration inspirée de l'antique :

  • pilastres cannelés sur toute la hauteur du clocher
  • colonnettes cannelées
  • chapiteaux à feuilles d'acanthe

Jean-Maurice Rouquette, dans Provence Historique, explique : « la construction du clocher donne à cette modeste église romane une valeur plastique exceptionelle. Située à flans de coteau, Notre-Dame d'Aubune avait besoin d'une tour aussi élevée pour se détacher tel un signal dans la plaine. Conçu dans l'ambiance de la découverte de l'Antiquité, ce clocher affirme un style nouveau par la qualité de ses proportions, par l'équilibre de ses volumes et par la perfection de son appareil ».

Notre-Dame d'Aubune

Le clocher carré

Pilastres et colonnettes

Le chevet roman et le transept

Le chevet est composé d'une triple abside très simple caractéristique du premier art roman (XI siècle).

La signature de Hugues, dit VGo se trouve sur le côté sud du mur oriental du transept. Ce lapidaire fut l'un des premiers, durant la seconde moitié du XII siècle, à signer son travail de son sigle VGo (Ugo) constitué d'un grand V, d'un G en faucille et d'un petit o. Guy Barruol signale que les noms d'appareilleurs en toutes lettres sont rares en Provence. Sont connus STEFANUS à Saint-Trophime d'Arles, à Saint-Paul-Trois-Châteaux et à Carluc près de Céreste ; PONCIUS à Saint-Honorat des Alyscamps et à Notre-Dame d'Auton au Pègue ; PONTIUS à Carpentras et Saint-Andiol ; PETRUS à Arles ; BERTR. et GIL. à Saint-Gabriel de Tarascon ; JOHANNES et SIMON à l'abbaye de Sénanque..

Le chevet

La triple abside

Fenêtre absidiale

L'ermitage

L'ermitage est beaucoup plus tardif que le chevet et le clocher : il date du XVII siècle.

Sculpture

Très tôt christianisé, ce site a livré un autel tabulaire paléochrétien (IV ou V siècle) ainsi qu'une épitaphe à Epynimia, jeune chrétienne morte en 485. Sa pierre tombale a été déposée au musée lapidaire de Carpentras.

Restauration

La chapelle Notre-Dame d'Aubune a fait l'objet d'une importante campagne de restauration en 2007.

Bibliographie

  • Jean-Maurice Rouquette, Provence romane. La Provence rhodanienne. Tome 1, pp. 167-177, Éditions Zodiaque (collection "la nuit des temps" n°40), La Pierre-qui-Vire, 1980