1 x système de leurres anti-torpilles EuroSlat SLAT
Liaison 11
Liaison 16
récepteurs sattellitaires Inmarsat, SYRACUSE 3-A et -B, Fleetsatcom, RITA 2G
Brouilleurs Simplifiés Marine (BSM) (prévus)
Équipage
160 à 177 officiers, officiers mariniers, quartiers-maîtres et matelots ; possibilité d'embarquement de 450 marins ou 250 marins plus un état-major de 200 hommes
Chantier naval
DCNS-Chantiers de l'Atlantique (Mistral, Tonnerre)
Chantiers de l'Atlantique (Dixmude)
Port d'attache
Toulon
Les bâtiments de projection et de commandement (BPC) de la classe Mistral sont des porte-hélicoptères d’assaut amphibie de la Marine nationale française. Leur appellation OTAN est Landing Helicopter Dock (LHD).
Ils sont les premiers de ce type à être construits en France pour la Marine nationale. Leurs taille et caractéristiques leur permettent d’être intégrés soit au groupe aéronaval français, soit à une NATO Response Force (force de réaction de l’OTAN) ou à des missions de maintien de la paix sous mandat de l’ONU ou dans le cadre de l’Union européenne.
Deux de ces navires, dont l’étude a débuté en 1997, ont été construits : le Mistral (L9013), admis au service actif le 18 décembre 2006 et le Tonnerre (L9014) qui l’a été le 1 août 2007. Un troisième, le Dixmude, doit entrer en service en 2012.
Historique
Doctrine des opérations amphibies françaises de 1997
Le bâtiment d’intervention polyvalent (BIP) est une étude de LHD lancée en 1997 par les arsenaux français, soit la Direction des constructions navales (DCN) publique, devenue aujourd’hui la société de droit privé DCNS. Elle intervient au même moment où se fait jour un renouvellement de la doctrine des opérations amphibies françaises.
Selon différentes publications internes aux Armées françaises, le BIP participe, au travers du Concept national des opérations amphibies (CNOA) du 10 juin 1997, au renouveau des forces « de moindre activité depuis les années 1960 […] même si la France possédait toujours des bâtiments spécialisés, plutôt utilisés d’ailleurs pour les transports opérationnels », à savoir les Transports de chalands de débarquement (TCD) Ouragan type « O » et Foudre type « F ».
Débarquement à Cuba d’un LCU américain, équivalent au CTM français (23 juin 2004)
Le CNOA prévoit, en effet, « avec les capacités amphibies actuelles de la France, la préparation et la conduite de quatre types d’opérations amphibies : à savoir le débarquement (amphibious assault, selon l'OTAN), le rembarquement (amphibious withdrawal), la démonstration amphibie (amphibious demonstration) et le va-et-vient (amphibious raid) ». Il demeure « pleinement compatible avec les principales avancées doctrinales des alliés pour permettre la mise en œuvre des capacités françaises dans le cadre plus large des engagements multinationaux », régis par l’Initiative européenne amphibie (IEA) du 5 décembre 2000 et l’Allied Tactical Publication n° 8B (ATP8) de l’OTAN. Le CNOA, qui donne la priorité à l’aéromobilité, insiste néanmoins sur la nécessité d’une « nette augmentation des capacités des hangars véhicules et des logements » et conclut sur l’objectif « de pouvoir projeter depuis la mer un Groupe interarmées embarqué (GIE) de quatre compagnies de combat, soit 1 400 hommes, 280 véhicules et 30 hélicoptères », avec une autonomie de 10 jours dans une profondeur d’une centaine de kilomètres en territoire hostile, où qu’il se trouve sur le globe.
A la différence de celles d’autres nations, les grandes unités françaises à vocation amphibie dépendent de l’Armée de terre. Il s’agit de la 9e brigade légère blindée de marine (9 BLBMa), de la 6e brigade légère blindée (6 BLB), de 4 brigade aéromobile (4 BAM) et du 519e régiment du train (519 RT) d’appui à la projection.
Études : du BIP au PHI
Le bâtiment d’intervention polyvalent (BIP)
L’étude du Bâtiment d’intervention polyvalent (BIP) apparaît à l’époque des projets de restructurations ou de fusions-acquisitions de l’industrie de défense visant à créer en Europe un « Airbus naval ». L’intégration des industries de défense des 10 nations européennes qui disposent chacune d’une expertise navale militaire dans une classe spécifique de bâtiments peine cependant à se concrétiser, essentiellement en raison de considérations politiques. Après l’abandon des deux porte-hélicoptères à propulsion nucléaire PH 75 en 1980, le BIP a pour objectif de proposer une gamme de navires amphibies modulaires (qui deviendra 10 ans plus tard la BPC Family). En 1997, cette famille nombreuse, qui comprend 3 variantes, est basée sur un modèle commun, le Nouveau transport de chalands de débarquement (NTCD).
Le nouveau transport de chalands de débarquement (NTCD)
Comparaison entre un BPC (classe Mistral) et un TCD (classe Foudre)
Le NTCD est destiné à remplacer à l’horizon 2005-2006 les 2 TCD de la classe Ouragan (L9021 et L9022) en fin de carrière puisque mis en service en 1965 et 1968. Le projet BIP 19 d’un déplacement de 19 000 tonnes, qui correspond peu aux dimensions du NTCD, a une longueur de 190 mètres avec pont continu (flush deck), un maître-bau (largeur) de 26,5 mètres et un tirant d’eau de 6,5 mètres.
Plus légers, les BIP 13, BIP 10 et BIP 8 auraient déplacé, respectivement, 13 000, 10 000 et 8 000 tonnes, pour des longueurs de 151, 125 et 102 mètres et une largeur commune de 23 à 23,2 mètres, ce qui aurait fait de ce dernier modèle un équivalent (le hangar hélicoptères en sus) des 3 Landing Helicopter Dock (LHD) de la classe San Giorgio de la Marina militare (MM) italienne, admis au service actif entre 1987 et 1998 et, alors, les seuls bâtiments d’assaut amphibie, hors États-Unis, à posséder un pont continu et un radier (dock) de taille appréciable
À l’époque des études, le projet de NTCD présente également une configuration comprenant un ascenseur à bâbord en porte-à-faux à la façon des LHD américains de la classe Tarawa et un autre à tribord, au centre du pont d’envol et à l’avant de l’îlot. D’autres vues d’artiste et plans le voient gréé en porte-aéronefs, muni d’un tremplin permettant la mise en œuvre du BAE Systems-Lockheed AV-8B Harrier II, du futur JSF V-STOL (depuis Lockheed F-35 Lightning II-B) ainsi que de 4 à 5 spots hélicoptères (dont un renforcé pour le convertible Bell-Boeing V-22 Osprey ou le Sikorsky CH-53E Super Stallion) et d’un radier pouvant accueillir 1 Engin de débarquement d’infanterie et de chars (EDIC) classe Sabre français (Landing Craft Utility pour l’OTAN) ou 2 Landing Craft Air Cushion (LCAC) américains. Pourtant, le Sénat français rappelle que « l’accueil d’avions à décollage vertical n’entre pas dans le CNOA ». Cette version avait donc à l’évidence pour but de rendre le BIP 19 attractif à l’exportation alors que les arsenaux espagnols E.N. Bazan (puis Izar et désormais Navantia) avaient déjà vendu à la Thaïlande en 1992 une copie allégée au niveau autodéfense du porte-aéronefs SPS Príncipe de Asturias, le HTMS Chakri Naruebet, mis en service en mars 1997.
D’autres vues d’artiste ultérieures du NTCD voient l’ascenseur principal déplacé en poupe, à tribord puis au centre, tandis qu’un ascenseur auxiliaire l’est à l’arrière de l’îlot.
Ces dernières configurations seront retenues par La Royale.
Le porte-hélicoptères d’intervention (PHI)
À la fin du mois de décembre 2000, le NTCD est renommé en Porte-hélicoptères d’intervention (PHI) puis, la Marine nationale s’avisant qu’une telle appellation omet l’amphibie et le commandement, le navire prend le nom, au début de l’année 2001, de Bâtiment de projection et de commandement (BPC).
Partage industriel
Alors que les OPérations EXtérieures (OPEX) amputent les budgets d’équipement (et la disponibilité de la flotte ou Maintien en condition opérationnelle (MCO) pourtant votés par la loi de programmation militaire 1997-2002 du 2 juillet 1996, le ministre de la Défense Alain Richard confirme, certes, le lancement du programme durant le salon Euronaval 1998, mais ne donne son feu vert à la construction de deux bâtiments que le 8 décembre 2000, soit avec un an de retard. Le Mistral (L9013) et le Tonnerre (L9014) se basent sur les dernières études du BIP 19. Le contrat de réalisation interne Délégation générale pour l'Armement (DGA)/DCN est notifié le 22 décembre de la même année. Après avis favorable de la commission spécialisée des marchés de l’Union des groupements d’achats publics (UGAP) le 13 juillet 2001, le contrat est notifié le 30 à la DCN, maître d’œuvre, qui assurera 55 % du chantier en temps de travail et 60 % en valeur et à son sous-traitant, les Chantiers de l'Atlantique (alors propriété d’Alstom, aujourd’hui du sud-coréen STX France). À noter qu’on apprend dès décembre que 3 % en valeur de la construction sera sous-traité par DCN au chantier Stocznia Remontowa de Gdańsk (Pologne) et l’une de ses filiales.
En ce qui concerne le Dixmude, le contrat est notifié le 10 avril 2009 aux Chantiers de l'Atlantique, responsable de la plate-forme et DCNS, en charge du système d'arme.
L’organisation industrielle est décentralisée pour le Mistral et le Tonnerre : la DCN est responsable de l’ingénierie à Lorient, de la conception du système de combat à Toulon, puis de la construction de la partie arrière militaire (dont l’ilôt) et de son intégration à la partie avant à Brest. Cette dernière est réalisée à Saint-Nazaire par les Chantiers de l'Atlantique. À Colombes, Thales, sous-traitant, est en charge des radars et des systèmes de communications. Pour le Dixmude, STX France est responsable de l'entière construction de bâtiment à Saint-Nazaire.
Le délai de livraison de chaque bâtiment sera de seulement 34 mois, contre 46,5 mois pour les deux TCD Foudre et Siroco (L9011 et L9012), le tout au même prix (685 millions d’euros études comprises) que ces derniers (d’un tonnage deux fois moindre) ou qu’un seul LPH HMS Ocean de la Royal Navy ou un LPD-17 de l’US Navy.
Développement
Le démarrage du plateau de conception ingénierie intégré (35-40 personnes) a lieu à Saint-Nazaire le 3 septembre 2001. Le 27, une revue entre le commanditaire (le Service des programmes navals de la DGA) et le maître d’œuvre (la DCN) lance les études de conception. Dans la foulée, des sessions concernant la définition générale du navire se poursuivent jusqu’au 20 décembre auxquelles s’adjoignent l’état-major et les Chantiers de l'Atlantique. À l’issue, des essais en soufflerie par l’ONERA d’une maquette au 1/120 ont visé, comme tous les navires de la Marine depuis 1947, à étudier l’aérologie du navire, c’est-à-dire la manière dont l’air s’écoule autour de lui. « Navire assez trapu, avec des parties hautes et allongées, qui créent des zones très perturbées par vent de travers », le BPC subit des tests et des modifications mineures de son design qui seront très utiles aux pilotes, « la présence d’une zone de turbulence ou d’un vent latéral est en effet préjudiciable à un bon appontage »
Construction
Assemblage de la partie arrière du Mistral à Brest (10 septembre 2003)
À la DCN de Brest a lieu, le 9 juillet 2002, la découpe de la première tôle de la partie arrière du Mistral, puis le 13 décembre de celle du Tonnerre. De leur côté, les Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire découpent la première tôle de la partie avant du Mistral le 28 janvier 2003 puis du Tonnerre. Le premier bloc de la coque arrière du Tonnerre est mis en cale sèche le 26 août 2003, puis celle du Mistral le 13 octobre 2003.
Ces méthodes d’ingénierie marquent le début d’un renouveau de l’ingénierie navale militaire française puisque, à Brest comme à Saint-Nazaire, la construction se fait en parallèle et plus précisément face à face dans le même bassin, un ascenseur permettant l’accès rapide des ouvriers aux bâtiments.
Arrivée de la partie avant du Mistral à Brest avant jonction (19 juillet 2004)
Mise sur cale à Saint-Nazaire le 23 janvier 2004, la partie avant du Mistral réalisée dans cette même ville est remorquée du 16 au 19 juillet 2004 vers Brest. Le 30 juillet 2004 débute la jumboïsation (jonction) des parties avant et arrière dans le bassin n°9.
La mise sur cale du premier bloc de la partie avant du Tonnerre a lieu le 5 mai 2004 et arrive à Brest le 2 mai 2005 pour jonction.
En accord avec le calendrier, le Mistral est mis à flot le 6 octobre 2004 tandis que le Tonnerre l’est le 26 juillet 2005. Les livraisons du Mistral et du Tonnerre, prévues respectivement au 2 trimestre 2005 et au 1 trimestre 2006 sont retardées de un an à un an ½ à cause de problèmes industriels survenus lors la mise au point du système SENIT 9 (DCN) et de détériorations rencontrées sur 8 000 m des planchers en linoleum de la partie avant (Chantiers de l'Atlantique).
Caractéristiques
La hauteur du Mistral (L9013) par rapport à celle de ses remorqueurs est décelable lors de son lancement à Brest (6 octobre 2004)
Au sein de la Force d’action navale de la Marine nationale, le Mistral et le Tonnerre sont les plus importants bâtiments en tonnage après le porte-avions nucléaire (PAN, CVN selon l’OTAN) Charles-de-Gaulle, qu’ils dépassent d’ailleurs en hauteur d’un mètre au niveau du pont d’envol. Déplaçant 21 300 tonnes à pleine charge, ils ont une longueur de 199 mètres, une largeur de 32 m et un tirant d’eau de 6,2 m.
La classe Mistral a bénéficié d’évolutions technologiques militaires significatives mais également d’autres, inspirées du civil, y compris grâce à des achats « sur étagère » de technologies éprouvées. Il répond ainsi à une norme mixte "civilo-militaire" dite BV Mili.
Capacités aéronautiques
L'îlot du Mistral vu du pont d'envol (14 novembre 2009)
Pont d’envol
Comparés aux 1 450 m de surface de pont d'envol du TCD Foudre (3 spots sur plate-forme avant) ou aux 1 536 m du TCD Siroco (3 spots sur plate-forme avant et 1 sur plate-forme arrière), les 6 400 m des BPC s’étalent sur un pont continu comprenant 6 spots. Les hélicoptères alliés «moyens lourds» comme le «EH101 Merlin» (16 tonnes), peuvent se poser sur le pont d'envol. Les hélicoptères «super lourds» comme le «Super Stallion» américain (35 tonnes) disposent d’un spot dédié (spot n° 1).
Mise en œuvre d’hélicoptères
Si la mise en œuvre simultanée d’hélicoptères passe seulement de 4 à 6, le nombre de ces derniers stockés, réparés et prêts à décoller, passe lui de 4 à 16 au sein d’un hangar de 1 800 m situé au pont inférieur. Une zone de maintenance aéronautique équipée d’un pont roulant, divers ateliers et magasins aéronautiques autorise l’entretien complet des hélicoptères embarqués. Les installations d’avitaillement en carburant aviation (kérosène TR5) permettent d’effectuer des pleins ou reprises sur 4 hélicoptères simultanément sur le pont d’envol grâce à un monte-munitions ou de mener cette opération à l’intérieur du hangar.
Ascenseurs
Les BPC sont dotés de 2 plates-formes élévatrices Mac Gregor de charge de 13 tonnes, la première de 225 m(15 x 15 m ), permettant la montée au niveau du pont d’envol d’hélicos voilures déployées (écourtant le délai de décollage), la seconde de 120 msoit (18,5 x 6,5 m) à proximité d’une grue de charge de 17 tonnes. Selon le capitaine de vaisseau Gilles Humeau, commandant du Mistral, « la taille du pont d’envol permettait [en opérations, ndlr] de mettre en œuvre 30 aéronefs en utilisant les 6 spots ».
Aide à l’appontage
Pour faciliter l’appontage, les installations comprennent un radar d’approche DRBN-38A Decca Bridgemaster E250 et une optique comprenant un Indicateur de Pente et de Descente (IPD) et une Barre de Repère Horizontale (BRH).
Capacités amphibies
La vitesse de ces 2 LCACs du USMC est visible aux gerbes d’écume qui les entourent lors de cet exercice au large de Thaïlande (28 mai 2002)
Les BPC peuvent embarquer 450 militaires et tous les engins de l’armée de Terre, du véhicule léger tout-terrain Peugeot P4 au char de bataille Nexter AMX-56 Leclerc. En dépit d’un hangar véhicules de 2 650 m (contre 1 000 m pour ses prédécesseurs de la classe Foudre), les BPC ne peuvent stocker que 59 blindés dont un escadron de 13 chars Leclerc (contre environ 100 véhicules dont 22 chars Nexter AMX-30 pour les TCD Foudre). De même, le radier de 885 m des BPC est prévu pour accueillir 4 CTM (Chalands de Transport de Matériel) contre 8 sur 1 732 m pour les Foudre.
Néanmoins, les BPC possèdent une plus-value de taille : pouvoir embarquer dans un radier deux aéroglisseurs LCAC de 95 tonnes de l’US Marine Corps (USMC) qui, si la Marine française en faisait l’acquisition, permettraient un plageage sur quasiment 70 % des côtes mondiales, contre seulement 15-30 % pour les TCD, limités aux plages de sable ou aux zones marécageuses. Enfin, la vitesse du LCAC (54 nœuds) permet d’envisager un positionnement de la force à distance de sécurité au-delà de l’horizon, soit over the beach (OTB).
Poste de commandement
Un bâtiment « en réseau »
La passerelle du Mistral (L9013) (18 octobre 2007)
Les TCD Foudre disposent déjà d’installations de commandement très élaborées. Néanmoins, les dimensions des BPC leur permettent de mettre à la disposition d’un état-major un Poste de Commandement de Niveau Opératif Embarqué (PC NOE) ayant vocation à conduire depuis la mer une opération interarmées, nationale ou interalliée d’ampleur limitée ou un PC Amphibious Task Force ou Landing Force (ATF ou LF, selon l’OTAN) avec un effectif de 50-100 personnels. Les BPC disposent de 850 m de locaux préconnectés et modulables (150 postes de travail communiquant à 10 Mbit par seconde). Leur PC permet de gérer au mieux l’information récoltée dans le concept de combat en réseau infocentré (Network Centric Warfare) grâce aux senseurs du Système de Direction des Opérations (SDO), fédéré par le Système d’Exploitation Navale des Informations Tactiques (SENIT) de DCN (dérivé du Naval Tactical Data System (NTDS) américain) dont la version 9 a connu des retards. Le SENIT 9 comprend le Thales Multi Role Radar (MRR3D-NG) 3D à bande-C avec capacité d’Identification Friend or Foe (IFF). En outre, il permet la fédération des systèmes d’information et de planification et la mise en réseau, ensemble de nœuds (ou pôles) reliés entre eux par des liens (canaux ou links) comme la Liaison 11 et la Liaison 16 de l’OTAN et, à terme la Liaison 22.
Télécommunications
Alors que les télécommunications militaires étaient assurées par quatre satellites civils Telecom 2 du SYstème de RAdioCommunication Utilisant un SatellitE (SYRACUSE), les BPC bénéficient des satellites SYRACUSE 3-A et -B, le premier réseau français sécurisé. Du 18 au 24 juin 2007 a été mise en place une visioconférence biquotidienne et chiffrée entre l’équipage du Tonnerre et de nombreuses personnalités dont le président de la République Nicolas Sarkozy, en visite au Salon international de l'aéronautique et de l'espace de Paris-Le Bourget.
Armement
La menace asymétrique
En matière d’autodéfense, le Mistral « n'est pas au top », confessait son commandant Gilles Humeau à la suite du conflit israélo-libanais de 2006 au cours duquel la corvette furtive israélienne Hanit de la classe Sa'ar V était touchée, le 14 juillet 2006, par l’un des 60 missiles de croisière chinois Ying-Ji C-802 fournis à l’Iran puis cédés au Hezbollah. Le contre-amiral Xavier Magne renchérit : « La force Baliste a opéré sous la menace de missiles anti-navires et la capacité d’autodéfense des bâtiments n’apparaît plus alors comme un luxe lorsqu’on transporte 1 400 passagers supplémentaires dans son bateau. Heureusement pour nous, alors que ces capacités avaient été purement et simplement supprimées de nos bâtiments pour économiser de l’argent, l’un de nos chefs d’État-major a eu le courage d’imposer les modifications indispensables pour retrouver un peu de cette capacité ». La menace asymétrique (ou menace terroriste) tels les attentats-suicide ou téléguidés à partir de petites embarcations du type canots pneumatiques, le tir de missiles subsoniques plus ou moins « bricolés » à partir des côtes ou d’actes de piraterie qui sont tous en recrudescence, empêche tout déploiement sans escorte d’un BPC dans une zone pouvant présenter des risques. En effet, un trou capacitaire (gap) d’au moins cinq ans existe entre le retrait de bâtiments d’escorte datant des années 1960-1970 et l’entrée en service en 2008 et 2009 des deux navires de la classe Horizon ou Forbin (D620 et D621) puis celle, de 2012 à 2016, des six premières des neuf FRégates Européennes MultiMissions (FREMM) de classe Aquitaine. Ces bâtiments mettront en œuvre des missiles anti-missiles et anti-aériens Eurosam AéroSpatial TERminal (ASTER) : respectivement ASTER-30 de moyenne portée et ASTER-15 de courte portée.
Canons
Par ailleurs, pour des questions budgétaires, les 4 tourelles simples OTO Breda-Mauser de 30 mm (800 coups par minute et tirs consécutifs à 120 coups par minute) initialement prévues en encorbellement (à bâbord avant et tribord arrière) n’ont toujours pas été installées. La DGA projette d'équiper les 3 BPC, dont celui en construction, de tourelles de 30 mm automatiques et téléopérées.
Protection à courte portée
Un tireur et un chef de pièce prêts à lancer manuellement un missile mer-air d’autodéfense MBDA Mistral.
De fait, pour se défendre contre les menaces asymétriques, les BPC ne disposent actuellement que de deux Systèmes Intégrés Mistral Bi-munitions pour l’AutoDéfense (SIMBAD). Ces deux lanceurs manuels (bâbord arrière et tribord avant) bi-munitions et montés sur affût sont directement manœuvrés par le corps sanglé du tireur, tandis que le chef de pièce lui diffuse ses informations grâce à un viseur optique et l’aide à réapprovisionner le missile. Ce dernier, le MBDA Mistral mer-air à très courte portée (5 kilomètres) n’équipait jusqu’alors que les grandes unités de soutien ou les navires de combat à bord desquels il constitue l’arme d’« ultime défense » et non des bâtiments de 1 rang, qui disposent de lanceurs sextuples SADRAL.
La Marine nationale a, un temps, envisagé ce dernier système éprouvé qui, bien qu’utilisant le même missile, est intégré dans le système de coordination et de conduite de tir du bâtiment et permet le téléchargement des données relatives à la cible pour un lancement automatique de jour comme de nuit de 4 missiles (tir du premier cinq secondes après réception des données et du second trois secondes plus tard). Ce qui éviterait à la Royale d’avoir à remplacer SIMBAD par le système plus onéreux de défense aérienne de zone à courte portée de huit missiles MBDA Vertical Lauch-Missile d’interception, de Combat et d’Auto-défense (VL-MICA) dont l’intégration avait pourtant été prévue à l’origine dans les mêmes encorbellements. Finalement, ni les systèmes TETRAL et VL-MICA ne seront installés.
Hôpital
Le plateau technique des BPC est comparable à celui d’un hôpital d’une ville de 25 000 habitants, soit un hôpital de rôle 3 pour l’OTAN (contre rôle 2 pour le Charles-de-Gaulle ou les TCD classe Foudre, le rôle 4 étant dévolu à un Hôpital d’Instruction des Armées (HIA) terrestre). Il permet le traitement à bord de toutes les pathologies (y compris les plus complexes tels des actes de neurochirurgie) grâce, notamment, à un système de télémédecine via SYRACUSE. Cet hôpital, deux fois plus spacieux que celui des TCD type « F », comprend une vingtaine de locaux dont 2 blocs opératoires pouvant fonctionner simultanément avec 7 lits de soins intensifs, une salle de radiologie avec scanner et 69 lits, dont 50 pour les soins intensifs. L’embarquement de modules médicaux du Service de santé des armées (ou Formations sanitaires de campagne (FSC), les fameux « hôpitaux de campagne ») dans le hangar hélicoptères permet d’étendre la capacité à 50 autres lits.
Manœuvrabilité
Deux des trois moteurs diesel Wärtsilä du Mistral (avril 2006)
Mistral et Tonnerre sont les premiers bâtiments de la Marine nationale à être dotés d’une propulsion à base de 2 pods (propulseurs en nacelle), moteurs-propulseurs suspendus en nacelle sous la coque et dotés chacun d’une hélice. Ces pods sont alimentés par la machinerie interne du vaisseau (5 moteurs diesel Wärtsilä) et sont orientables à 360°, lui conférant une très bonne manœuvrabilité et libérant de l’espace, puisqu’il n’y a pas d’arbre d’hélice. Il n’est pas étonnant que Alstom/Chantiers de l'Atlantique aient proposé ce procédé tout électrique, utilisé sur de plus en plus de navires civils, dont le Queen Mary 2 qu’ils ont construit. Au chapitre des inconvénients, la fiabilité militaire à long terme de ces systèmes d’installation récente n’est pas encore prouvée, bien qu’en service sur les 4 LPD néerlando-espagnols des classes Rotterdam et Galicia (type Enforcer 13 000), commissionnés de 1998 à 2007 et les 2 LPD britanniques de la classe Albion entrés en service en novembre 2001 et juin 2003. En cas d’avarie des pods, le bâtiment devra effectuer un coûteux passage en cale sèche qui l’empêcherait d’être contractuellement opérationnel 210 jours de mer par an.
Habitabilité
L’espace gagné grâce à la propulsion par pods assure aux BPC (à la différence du PAN Charles-de-Gaulle conçu à une époque où l’ergonomie n’était pas de mise), qu’aucun câble ou tuyauterie n’est visible dans les larges coursives de la partie de vie avant. Dans le cadre de la gestion des crises et de la nécessité de « durer à la mer », la Marine prend en compte le soutien de l’homme. Conçue par les Chantiers de l'Atlantique, la partie avant offre un niveau de confort souvent comparable à celui de ses paquebots. Les 15 officiers du bord ont chacun leur propre poste avec bureau intégré et salle de bains. Les officier-mariniers supérieurs partagent la plupart du temps une cabine à deux. Les troupes embarquées sont de 4 à 6 par cabine, un confort spartiate mais « plus confortable que dans nos casernes », indique le lieutenant Jean-Pierre Royet de la Légion étrangère. Le vice-amiral Mark Fitzgerald, commandant la Deuxième flotte américaine, lors de sa visite du Tonnerre en mai 2007, aurait confié au commandant que lui-même aurait pu y loger 500 hommes, soit 3 fois plus que l’équipage actuel.
Essais et exercices
Interopérabilité OTAN
Les Mistral et Tonnerre sont certifiés comme navires membres de la composante maritime (CATF) de la NATO Response Force (NRF) 8, leur permettant d’intervenir au sein d'une Combined Joint Task Force (CJTF). Le premier tour d’alerte de la France au sein de la NRF 8 (sous commandement espagnol avec participations anglaise et italienne) a débuté en janvier 2007 pour 6 mois. La Marine nationale a alors mis à disposition un état-major de commandement amphibie (Commander Amphibious Task Force (CATF) selon l’OTAN) et 8 bâtiments. Le prochain tour d’alerte de 6 mois de la France au sein de la NRF 10 est prévu le 1 janvier 2008, à l’issue des exercices Noble Midas et Steadfast Jaw de l’OTAN. Selon le commandant René-Jean Crignola, « nous devons être capables de rassembler la force en 5 à 30 jours. »
Vérification des capacités militaires
Anciennement appelée traversée de longue durée (trois mois), la vérification des capacités militaires (VCM) a pour objectif de certifier les BPC à la conduite d’une opération amphibie. Celle du Mistral se déroule du 21 mars au 31 mai 2006 (départ et retour à Toulon) en mer Méditerranée et dans l’océan Indien. Il effectue ses premières escales à l’étranger à La Sude (Grèce) du 8 au 12 avril, à Djibouti (République de Djibouti) du 19 au 22 avril, à Kochi (Inde) du 2 au 5 mai, puis à nouveau à Djibouti du 11 au 16, où il procède à divers « exercices de sécurité », et enfin à Akzaz (Turquie) du 23 au 28.
La VCM du Tonnerre a eu lieu en mer Méditerranée, dans l’océan Atlantique et dans la mer des Caraïbes du 10 avril au 24 juillet 2007 (départ et retour à Toulon) et a compris des escales à Saint-Pierre-et-Miquelon (TOM, France) le 21 avril, à Halifax (Canada) du 23 au 27, à Norfolk (États-Unis) du 30 avril au 7 mai, à Fort-de-France (DOM, France) du 25 au 28, à Rio de Janeiro (Brésil) du 8 au 13 juin, au Cap (Afrique du Sud) du 25 au 30 et à Dakar (Sénégal) du 14 au 17 juillet.
Exercices d’appontage d’aéronefs
À peu près tous les types d’hélicoptères en service dans l’Armée française, soit ceux de l’Aviation légère de l'armée de terre (ALAT), de l’Armée de l'air et de la Marine nationale, ont apponté sur un BPC.
Le 8 février 2005, un AgustaWestland Lynx de la Marine puis un Eurocopter EC-725 Cougar de l’ALAT se posent à l’arrière du Mistral. Le premier appontage d’un NHI Industries NH90-NFH (Nato Frigate Helicopter), qui doit constituer à terme la moitié du groupe aérien-type de 16 voilures tournantes des BPC pour le transport de troupes et de matériels (l’autre moitié étant l’hélicoptère de combat Eurocopter EC-665 Tigre pour l’appui des troupes au sol), a lieu le 9 mars 2006 à bord du Mistral au large de Toulon. Le 19 avril 2007, un nombre indéterminé d’Eurocopter SA 330 Puma, Eurocopter L’AS-550/555 Fennec de la BA 365 (Martinique), un Eurocopter AS 565 SA Panther de la Marine appontent sur le Tonnerre ;
Le 10 mai 2007, un Sikorsky CH-53E Super Stallion de l’US Navy se pose sur son spot avant renforcé au large de Norfolk (États-Unis) ;
Le 30 juin 2007, un hélicoptère sud-africain de type Oryx (produit sous licence à partir du Puma) apponte sur le Tonnerre. Le 9 juillet, au large du golfe de Guinée, une dizaine d’hélicoptères de combat Gazelle et Cougar de l’ALAT et de l’armée de l’Air s’y posent et/ou déposent des hommes à la corde sur le pont dans le cadre de l’opération Licorne, découlant de la crise politico-militaire en Côte d'Ivoire ;
Le 12 septembre 2007, lors de l’exercice trimestriel Gabian qui met en œuvre les frégates Cassard (D614) et Jean Bart (D615) puis un E-3F AWACS de l’armée de l’Air française, 6 hélicoptères Alouette III de la BAN de Hyères Le Palyvestre appontent simultanément sur le Tonnerre ;
Du 15 au 31 mai 2008 a lieu l'exercice franco-marocain Chebec 2008. Le Tonnerre, la frégate de surveillance Germinal (F735) de classe Floréal et son sistershipHassan II de la Marine royale marocaine et leurs hélicoptères s'entraînent notamment les 21 et 22 mai à proximité de Marseille à l’assistance aux victimes d’un tremblement de terre fictif. Les équipes de sauvetage-déblaiement et médicales des marins pompiers sont sollicitées ;
En février 2009, un Sikorsky CH-53E Super Stallion et un AH-1 Cobra de l’US Navy se posent sur le Tonnerre au large de Norfolk (États-Unis) ;
Du 9 au 13 mars 2009 se déroule une première campagne d'homologation de l'hélicoptère de combat Tigre à bord du Mistral, au large de Toulon. La capacité de projection de l'appareil à partir d'un porte-hélicoptères est homologuée le 9 décembre 2009 et est suivie le lendemain de tirs réels air-mer et air-sol de roquettes et canon sur les polygones de tir de l'île du Levant (de jour) et au camp de Canjuers (de nuit).
Le 27 novembre 2009 ont lieu à bord du Mistral des essais d'appontage d'hélicoptères de combat Ka-27 Helix, Ka-29TB Helix-B et Ka-52 Alligator. C'était la première fois que le Ka-52 Alligator appontait sur un navire ; cet évènement historique a eu lieu en présence de M. Sergei Victorovitch Mikheev, directeur général et constructeur en chef de la firme Kamov depuis 35 ans.
Exercices amphibies
Deux embarcations de débarquement CTM dans le radier du Mistral à l'occasion de sa Traversée de longue durée (avril 2006)
Sur la plage des Saumonards, sur l’île d'Oléron (France), le Mistral participe du 27 au 30 mars 2006 à l’exercice SKREO de transbordement avec les embarcations du 1 escadron amphibie du 519e régiment du train (519 RT) et les sapeurs du 6e régiment du génie (6 RG).
Le 19 avril 2006, un déradiage de deux Transports de chalands de matériel (TCM) du Mistral a lieu en mer Rouge.
Du 29 septembre au 13 octobre 2006, le Mistral participe en Méditerranée avec sept autres navires français à l’exercice OTAN Brillant Midas 2006, réunissant trente bâtiments, six sous-marins, trente-cinq aéronefs de douze nations ainsi que 5 000 militaires. Il se déroule en deux phases amphibies : un exercice de débarquement et de rembarquement sous responsabilité française sur la plage du Dramont, près de Fréjus (France) le 5 octobre, puis un autre exercice de «jeu tactique», avec le suivi d’un scénario en temps réel du 8 au 12 octobre visant à attaquer une place forte et protéger un aéroport avant un débarquement dans la rade du Racou, entre Argelès-sur-Mer et Port-Vendres (France) le 9 octobre 2006.
Du 5 au 16 février 2007, l’exercice annuel EXENAU, en rade et au large de Toulon (4 jours) permet d’accueillir à nouveau à bord du Mistral un PC NOE. Le scénario met en scène « un immense archipel situé au milieu de l’océan Atlantique et composé de six pays fictifs », dont toutes les caractéristiques influant sur la manœuvre (météo, routes, population, institutions…) étaient notifiées dans des country books. La capacité PC NOE est examinée dans des domaines de l’infrastructure (il s’agissait de vérifier que celles du BPC répondaient aux besoins de fonctionnement autonome d’un état-major), de l’information (il s’agissait de contrôler la possibilité, pour le PC de force, de gérer l’information entrante et de diffuser les ordres) et de l’environnement (il fallait s’assurer de la possibilité de travailler quelle que soit la situation de veille ou d’action du bâtiment). Des représentants allemands et italiens disposant également d’un PC de force européen avaient été invités à participer à l’exercice. Un exercice plus crucial avec la 2 flotte US se déroule du 9 au 11 mai 2007 au large de la base amphibie de Little Creek (la plus importante de ce type au monde), située à Virginia Beach (États-Unis). Kent Taylor, chef de programme du Naval Sea Systems Command de l’US Navy enradie et déradie à l’occasion un LCAC du Tonnerre et rappelle que « ce test d’interopérabilité avait été planifié durant la définition du navire, il y a plus de huit ans. »
Sur une plage de la presqu’île de Rhuys (France) en océan Atlantique, le Mistral participe du 19 au 25 mai 2007 à l’exercice SKRE0 2007 d’évacuation de ressortissants d’un pays imaginaire. L’exercice mobilise 1 000 militaires et plus de 300 véhicules dont 140 blindés sur roues.
Un exercice de débarquement amphibie du Tonnerre a lieu le 24 mai 2007 en mer des Caraïbes sur la plage du Carbet en Martinique avec le 33 régiment d’infanterie de marine (RIMa) puis un autre, le 9 juillet, sur une zone lagunaire au large d’Abidjan (Côte d'Ivoire), avec des marins du bâtiment et des hommes du 43e bataillon d'infanterie de marine (43 BIMa).
Le 30 juin 2007, 144 hommes avec quelques véhicules d’un régiment d’infanterie motorisée de la (en)South African Army embarquent par TCD à bord du Tonnerre.
Du 1 au 16 octobre 2007, le Tonnerre est le navire amiral de l’exercice Noble Midas de l’OTAN, aux côtés de 40 bâtiments de surface dont les porte-aéronefs SPS Príncipe de Asturias et HMS Illustrious ainsi que les LHD San Giorgio et San Marco de classe San Giorgio, de 5 sous-marins et de 20 aéronefs provenant de 12 nations. Le scénario met en scène « le Mapleland, qui borde la mer Adriatique, dans lequel le parti conservateur du pays (CPM) a l’intention de créer un nouvel état autonome, indépendant du Mapleland. Le gouvernement du Mapleland fait appel aux Nations unies pour empêcher le sud de son pays de faire sécession et obtenir le déploiement d’une force de maintien de la paix. En outre, les différents pays bordant le Mapleland craignent les impacts d’un développement du conflit dans plusieurs domaines : échanges commerciaux et perturbation économique, perturbation importante du trafic maritime en mer Adriatique. Devant la détérioration de la situation, les Nations unies votent une résolution donnant mandat à l’OTAN pour intervenir afin d’assurer le maintien de la paix dans la région. ». Cet exercice a donné lieu à des déradiages et des enradiages d’EDIC et des opérations héliportées à terre.
Du 5 au 7 février 2008, le Mistral participe à l'exercice Écume éternelle au large de Toulon (France). Il se base sur un pays fictif, Terrebrune (représenté par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur) qui est le théâtre de troubles politiques au cours desquels les 400 ressortissants français sont la cible d’exactions. La France est mandatée par l'ONU pour déployer une force d’interposition pour y ramener la stabilité. Au cours de cet exercice, le Mistral et le TCD Foudre projettent des troupes et des véhicules amphibies sur la plage de La Coudoulière (Port Pothuau) situé à Hyères-les-Palmiers sous la protection des frégates Cassard (D614), Courbet (F712) et Dupleix (D641). Des nageurs de combat et quatre commandos sont mis à l’eau pour infiltrer la plage et garantir la mise en place des troupes amphibies. Un hélicoptère Tigre de l'ALAT et deux Gazelle est chargé de surveiller les abords de la plage et de protéger le débarquement des troupes d’infanterie par hélicoptères Caracal et Puma. Deux chalands de transport de matériel (CTM), le chaland de débarquement d’infanterie et de chars Rapière (CDIC), ainsi qu’un LARC XV (véhicule amphibie chargé de fantassins) plagent successivement pour débarquer leur matériel et les troupes chargées de tenir tête aux rebelles si d’aventure ceux-ci s’approchaient. Deux Super-Etendard modernisés (SEM) de l’aviation navale et deux Mirage F1 de l’Armée de l’air, positionnés sur une base à proximité décollent alors pour soutenir les troupes au sol.
Du 9 au 12 mai 2008, le Tonnerre participe avec le TCD Foudre et de l’aviso Commandant Ducuing (F795) à l'exercice ANVIL 08 organisé conjointement par la 6e brigade légère blindée (6 BLB) de Nîmes et la Force d'action navale (FAN) à Toulon. ANVIL 08 a pour but d’entraîner les forces (1 500 hommes de l’armée de terre et environ 1 000 marins) et les états-majors à des opérations amphibies de grande envergure en zone urbaine avec un débarquement sur les plages de Fréjus et une évacuation de ressortissants. Cet exercice s’inscrit en outre dans la perspective de la prise d’alerte de la NATO Response Force (NRF) assurée par la France en janvier 2010 ;
Le Tonnerre appareille de Toulon le 18 septembre 2008, fait escale à Lisbonne (Portugal) du 22 au 27 septembre 2008 pour une visite de représentation puis à La Rochelle du 29 au 30, où il embarque 2 SA 341F Gazelle et 2 SA.330B Puma du 1 Régiment d'Hélicoptères de Combat de l'ALAT et 72 véhicules et 300 hommes de la 9 brigade légère blindé d’infanterie de marine. Ainsi gréé, il participe du 6 octobre au 17 octobre 2008 en compagnie des bâtiments-école Jaguar (A750) et Lion (A755) à l'exercice interallié (8 marines, dont la Royal Navy, la Composante Maritime belge, la Koninklijke Marine néerlandaise, la Marine Royale Danoise, l'US Navy) Joint Warrior 082 aux côtés de 29 bâtiments et 4 sous-marins, à Fastlane au nord-ouest de l'Écosse. À forte dominante amphibie, la manœuvre consistera à projeter des forces depuis la mer vers la terre, dans un contexte de gestion d’une crise armée dans une région sous menace terroriste. Des avions de patrouille maritime Dassault Atlantique ATL 2 participent également à l'exercice à partir de la base de Kinloss ;
Le Tonnerre appareille de Toulon le 12 janvier 2009 pour participer du 3 au 15 février à un exercice amphibie américano-français (Composite Unit Training Exercise, COMPTUEX) au large de la base amphibie de Little Creek (Virginie). Y participent le LHD de la Cinquième flotte américaine USS Bataan de classe Wasp, le LPD USS Ponce de classe Austin, le LSD USS Fort McHenry de classe Whidbey Island, le croiseur USS Anzio de classe Ticonderoga, les destroyers USS Porter, USS James E. Williams, USS Carney, USS Cole et USS Bulkeley de classe Arleigh Burke, les frégates USS Carr, USS Doyle, USS Hawes, USS Kauffman, USS Nicholas et USS Simpson de Classe Oliver Hazard Perry, la frégate française La Motte-Picquet, les sous-marins nucléaires d'attaque USS San Juan et USS Boise de classe Los Angeles et le pétrolier ravitailleur USS Kanawha. À l'occasion, un LCAC est enradié et déradié du Tonnerre.
Du 21 septembre au 3 octobre 2009, le Mistral participe en Méditerranée avec treize autres navires français à l’exercice OTAN Loyal Midas 2009, réunissant 31 bâtiments, dont le porte-aéronefs Giuseppe Garibaldi, trois sous-marins, quarante-cinq aéronefs de huit nations ainsi que 4 000 militaires.
Autres exercices
Exercice NRBC sur la passerelle du Mistral (L9013) en Méditerranée (17 octobre 2007)
Du 22 au 29 avril 2006, le Mistral procède en mer Rouge et dans le golfe d'Aden à des essais d’arrosage en pluie et de protection contre arme nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC). Divers autres exercices du même type ont lieu régulièrement à bord du Mistral ou du Tonnerre.
En mars 2007, les installations de télémédecine de l’hôpital embarqué sont testées sur le Mistral.
Le 19 juillet 2007 à 03h GMT, Le Tonnerre qui a reçu un appel du Maritime Regional Coordination Centre (MRCC) de Tenerife, îles Canaries (Espagne), infléchit sa route de 8 heures vers l’ouest à vitesse maximale et dépêche 2 Gazelles pour une mission de recherche et sauvetage de naufragés venus d’Afrique subsaharienne (Mauritanie), perdus dans des creux de 5 mètres et des vents de 80 km/h.
Le 22 septembre 2008, la Force d'action navale appareille de Toulon pour l’exercice trimestriel Gabian. Le Mistral est accompagné des frégates Cassard (D614), Jean Bart (D615) , Montcalm (D642), Jean de Vienne (D643), Cdt Ducuing (F795), La Fayette (F710), et Germinal (F735), du chasseur de mines de classe Tripartite Orion (M645), des bâtiments-base de plongeurs-démineurs (BBPD) Pluton (M622) et Achéron (A613) ainsi que des CDIC Rapière (L9061) et Hallebarde (L9062). À la suite de cet exercice, le Mistral entre en cale sèche le 29 septembre jusqu'au 13 octobre 2008 pour une intervention au niveau d'un propulseur d'étrave.
Le 23 octobre 2008, le Tonnerre participe avec la frégate Bayern de la Bundesmarine à un exercice au large de Zeebrugge (Belgique), en fait une journée de présentation au profit des ambassadeurs au Comité Politique et de Sécurité, ainsi que les représentants du Comité Militaire de l'Union européenne. L'objectif de cette journée est de présenter les capacités maritimes et aéroterrestres d'une force maritime européenne de réaction rapide en simulant notamment une opération d'évacuation et de prise en charge de ressortissants à bord d'un groupe amphibie européen (Belgique, France, Allemagne). À l'issue, le Tonnerre fait escale à Cadix (Espagne) du 30 octobre au 4 novembre 2008 avant de regagner Toulon le 7 novembre.
Opérations
Opération Baliste (2006)
Sept unités de la Marine nationale représentant 1 700 marins sont présentes sur la zone de l’opération Baliste pour assurer l’évacuation de 4 753 ressortissants lors du conflit israélo-libanais de 2006 : les frégates Jean de Vienne (D643), puis Montcalm (D642) qui la remplace, Jean Bart (D615) et Cassard (D614), le TCD Siroco (L9012) sans compter trois bâtiments qui effectuent des missions de soutien à l’opération : les BCR Var (A608) et Marne (A630), ainsi que la frégate La Fayette (F710). Mis en alerte le 15 juillet 2006 alors que le Mistral était en chantier, son équipage « était au complet le 17 au matin, et nous recevions à bord l’antenne chirurgicale avec son matériel et 25 personnes, dont sept médecins et trois chirurgiens », déclare le capitaine de vaisseau Frédéric Jubelin. Selon la même source, « le vaste chantier […] fait place à un navire parfaitement opérationnel, avec le plein de gasoil, de carburant aviation et des vivres pour 600 personnes et 45 jours. Parallèlement, sont embarqués 650 hommes de l’armée de Terre et 85 véhicules, dont 5 chars AMX-10 RC et une vingtaine de véhicules de l'avant blindés (VAB) et de véhicules blindés légers (VBL) […]. Le dispositif sera complété par 4 hélicoptères Puma et Gazelle ». Le bâtiment appareille de Toulon le 19. Le lendemain, alors qu’il file à 17 nœuds, il reçoit 2 Cougar au large de la Crête (Grèce) tandis qu’en plus des exercices habituels, marins et soldats se préparent aux missions qui pourraient leur être confiées par le chef d’état-major des armées (CEMA). L’état-major embarqué affine l’organisation du rapatriement de ressortissants candidats au départ, les chefs de secteurs et de sections procèdent à de multiples séances d’instruction, notamment médicales. Le Mistral arrive sur la zone d’opération Baliste le 22 pour relever le Siroco dans sa fonction de commandement. Le 25, de 09h30 à 14h00, le Mistral embarque à Beyrouth (Liban) des ressortissants français et étrangers et appareille à 14h30 pour Mersin (Turquie). Selon le capitaine de vaisseau Gilles Humeau, commandant du Mistral, le BPC dépasse alors toutes les attentes en augmentant sa capacité d’accueil de réfugiés de 1 300 à 1 376 et estime que « 1 500 est encore un nombre raisonnable ».
Mission Corymbe 92 (2008- )
Du 9 janvier au 19 avril 2008, le Tonnerre participe à la mission Corymbe 92 dans le golfe de Guinée, où il remplace le Bougainville (L9077), présent dans la région depuis novembre 2007. Cette mission, « résolument orientée sur le soutien humanitaire et sur des actions de coopération concrète avec les pays de la région » comprend des escales à Dakar (Sénégal) du 18 au 23 janvier, à Conakry (Guinée) du 25 au 27 janvier, à Dakar du 4 au 7 février puis du 19 au 25 à Lomé (Togo), une escale technique à Dakar les 2 et 3 mars, des mouillages à Limbé (Cameroun) du 9 au 13 mars, à São Tomé (São Tomé-et-Principe) les 14 et 15 mars, à Libreville les 17 et 18 mars puis à Port-Gentil (Gabon) du 22 au 24 mars, à Pointe-Noire (République du Congo) les 27 et 28 mars, Dakar (Sénégal) du 10 au 13 avril puis Toulon.
Le 29 janvier à l'aube, sur sollicitation du Centre européen d'analyse et d'opérations contre le trafic maritime de stupéfiants (Maritime Analysis Operation Center – Narcotics) en accord avec l'Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), le Tonnerre intercepte 2,5 tonnes de cocaïne sur un bateau de pêche, à 520 km de Monrovia (Liberia) puis, le 7 février, 3,2 tonnes sur un cargo Ro-Ro à 300 kilomètres au sud-ouest de Conakry.
Du 19 au 22 février 2008, le Tonnerre participe à l'exercice Zio 2008 qui rassemble 5 sections représentant environ 1 200 militaires togolais, béninois et français visant à exfiltrer des ressortissants étrangers et des réfugiés menacés au « Monoland », territoire fictif où se déroulent les combats entre rebelles et armée loyaliste. L'assaut final contre les rebelles a lieu le 21 février près de Tsévié à environ 35 kilomètres de Lomé avec largage de parachutistes togolais d'un Transall de l'Armée de l'air française. Cet exercice a pour but de préparer les troupes de ces pays qui seront déployées au Darfour dans le cadre de la Mission conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour (Minuad). Le Tonnerre appareille de Toulon le 12 janvier 2009 pour un déploiement de deux mois et demi en Atlantique pour un exercice amphibie aux États-Unis. Sur son transit retour, le Tonnerre participe en février 2009 à la mission Corymbe, assurant la relève du transport de chalands de débarquement Foudre.
Mission Gavial 08 (2008)
Le Mistral est déployé du 12 février au 27 juin 2008 (départ et retour à Toulon) dans l’océan Indien et en Extrême-Orient. Les escales comprennent Aqaba (Jordanie) du 19 au 24, Djeddah (Arabie saoudite) du 28 février au 2 mars, Djibouti (République de Djibouti) du 7 au 12, Singapour du 25 au 28, Yokosuka (Japon) du 9 au 13 avril en présence du Premier ministre français François Fillon, Shanghaï (Chine) du 16 au 21, Port Kelang (Malaisie) du 30 avril au 3 mai puis Chennai (Inde) du 8 au 15. Après avoir embarqué de l'aide humanitaire à la Birmanie, touchée par le cyclone Nargis (opération Orcaella), le Mistral appareille le 15 mai et se trouve sur zone le 18 mai en attendant l'autorisation des autorités, qui est refusée le 21. Il est décidé le 25 par les ministères français de la Défense et des Affaires étrangères de décharger le Mistral à Phuket (Thaïlande) le 28, « le Programme alimentaire mondial, au titre de ses responsabilités en matière logistique, en prendra réception et se chargera de l'acheminer en Birmanie dans les zones sinistrées, pour être distribué par les agences des Nations unies et les ONG ». La date des escales suivantes (Vishakapatnam (Inde) du 15 au 17 pour l'exercice Varuna 08, Chennai (Inde) du 18 au 23, Abou Dabi (Émirats arabes unis) du 1 au 5 juin et Djibouti (République de Djibouti) du 12 au 15) est modifiée. À la place, le Mistral fait escale à Langkawi (Malaisie) du 29 mai au 2 juin 2008, puis à Djibouti (République de Djibouti) du 15 au 17 juin 2008.
Futur
Possibilités d’exportation
Mises en avant dès les premières études du BIP en 1997 et confirmées lors du salon Euronaval 2007, les possibilités d’évolution de la classe Mistral sont uniques au monde, ou du moins, plus importantes que celles de la famille Enforcer des arsenaux néerlandais Royal Schelde, qui comprend des bâtiments modulaires, des LPD de 8 000 et 13 000 tonnes au LHD de 18 000 tonnes. DCNS, abandonnant le BIP 8 de 8 000 tonnes décidément peu adopté aux opérations amphibies, présentait une BPC Family comprenant les BPC 140 de 13 500 tonnes, 160 de 16 700 et un plus gros bâtiment, le BPC 250 de 24 542 tonnes et de 214,50 mètres, non pas « dérivé du projet présenté à l’Australie », mais en fait la version originale du BPC qui aurait été proposée et écartée pour raisons budgétaires par le ministère de la Défense français, selon l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI).
À en croire la DGA, les marines sud-africaine (en concurrence avec le Type MHD 200 ), allemande, canadienne, malaise, suédoise, australienne et portugaise seraient des clients potentiels du bâtiment. En août 2005, le concept BPC du team DCNS/Australian Defense Industries (devenu Thales Australia) est présélectionné par l’Australie face au futur Buque de Proyección Estratégica de Navantia/Tenix pour concourir à son Amphibious Ship Program. Bien que retoqué en juin 2007, le BPC australien avait, à en croire ses promoteurs, des avantages indéniables tels une livraison plus rapide et des coûts d’exploitation réduits grâce à un équipage « de 42% inférieur » à celui de son concurrent. Rajoutons qu’à l’échéance d’une décennie les marine sud-africaine, brésilienne et, dans une moindre mesure, ou turque pourraient devenir des « outsiders de la puissance aéronavale ». Ces perspectives expliquent les escales du Mistral ou du Tonnerre de 2006-2007 dans leurs ports, cérémonies protocolaires et rencontre avec les représentants de DCNS à l’appui. L'Algérie pourrait acquérir 2 unités : à cet effet, une escale du Tonnerre a lieu à Alger les 9-10 juin 2008.
Le client le plus probable reste la Flotte maritime militaire de Russie qui a exprimé un besoin en octobre 2009 pour un ou deux bâtiments et l'éventuelle construction d'autres sous transfert de technologie pour une première livraison en 2013. Selon Vladimir Vyssotski, le commandant en chef de la marine russe, la deuxième Guerre d'Ossétie du Sud a montré l'absence cruelle de bâtiments de type LHD. Le coût de la construction d'un tel bâtiment se situerait entre 400 et 500 millions d'euros.
D’autres concurrents apparaissent comme la Corée du Sud, qui a lancé un programme de grande envergure de quatre LHD de 18 000 tonnes dits LP-X (le Dokdo en service au sein de la Marine de la République de Corée depuis juillet 2007, le Marado, le Baek-Ryong et un 4, respectivement commissionnés en 2010, 2012-2013 et 2016), qui pourraient être proposés à bas prix à l’export. D’ailleurs, le 22 octobre 2007, le sud-coréen (en)STX Shipbuilding devenait le principal actionnaire d’Aker Yards et le propriétaire des chantiers de Saint-Nazaire.
Deux nouveaux BPC pour la France
Si les BPC 3 et 4 australiens ne verront jamais le jour, « différentes pistes sont, ou ont été, étudiées pour assurer la succession de la Jeanne d’Arc », porte-hélicoptères-école devant être retiré du service en 2010. Ce qui signifierait le financement d’un 3 BPC pour un bas coût estimé « entre 150 et 200 millions d’euros », alors que le « reste à payer » de l’ambitieuse loi de programmation militaire 2003-2008 s’établirait à 35 milliards d’euros, soit l’équivalent de plus de 3½ années de paiements. Hervé Morin, ministre de la Défense déclarait à l’été 2007 que « les programmes prévus nous emmèneraient dans les six prochaines années [la loi de programmation militaire 2009-2014, ndlr] à un investissement accru de 40 % environ ce qui nous mènerait à un effort supérieur à 2 % du PIB » mais déclarait le 15 décembre 2007 que la Jeanne d’Arc « pourrait être prolongée sur 2 ou 3 ans ». Finalement, l'amiral Pierre-François Forissier, chef d'état-major de la Marine, annonce le 18 octobre 2008 que « La Jeanne d’Arc sera désarmée en 2010. Et il n’est plus possible, dans les circonstances économiques du moment, de disposer d’un navire militaire opérationnel entièrement dédié à la formation » et précise que « l'une des options serait d'embarquer l'École à bord d'un BPC .... Une année, ce serait le Tonnerre, l'autre le Mistral ». Par contre, le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité nationale, publié le 17 juin 2008, prévoit que la France « renforcera ses moyens de déploiement naval et d’action amphibie à l’occasion du renouvellement des bâtiments, en se dotant de quatre bâtiments de projection et de commandement (BPC). » à l'horizon 2020. Suite à la décision du président de la République française de lancer en décembre 2008 un Plan de relance de l'économie française doté d'un budget de 26 milliards d'euros financé grâce à la dette de l'État, le Ministère de la Défense bénéficie de 2,325 milliards d’euros. « Vont être étudiées, dans le respect du modèle du Livre blanc, des commandes avancées de certains programmes d’armement tels (...) un 3 bâtiment de projection et de commandement » puis confirmées « les acquisitions anticipées d'un bâtiment de projection et de commandement et des engins de débarquement amphibie ».
Autour du navire
Histoire et traditions
Les bâtiments ayant porté le nom de Mistral et Tonnerre
Deux torpilleurs rapides de la Marine nationale française ont, par le passé, porté le nom de Mistral : un bâtiment très léger mis en service en 1901, puis un autre, plus lourd qui entre en service en 1928 (T63) et acquiert une histoire plus glorieuse en participant en 1936 à la guerre d'Espagne, puis de mai à juillet 1940 à la bataille de France avant d’être réquisitionné par la Royal Navy et rebaptisé en HMS Mistral. Le T63 sera rétabli sous pavillon français en 1945 et retiré du service actif en 1950.
Du XVII siècle à aujourd’hui, pas moins de neuf navires de la Royale ont porté le nom de Tonnerre, essentiellement des navires à voile de petit à moyen tonnage. Du XIX siècle au XX siècle, le 1 des six bâtiments garde-côtes cuirassé Type 1872 porte ce nom, comme le chaland de débarquement Foudre, qui participe à la guerre d'Indochine et sera rebaptisé Tonnerre quelques années avant son décommissionnement à la moitié des années 1950.
Héraldique
Le blason du Mistral actuel, homologué par l’État-major de la marine le 23 mai 2005, est un motif circulaire d’argent « représentant en son centre un génie marin émergeant derrière un rocher au milieu des flots d’azur foncés placés en pointe. Chevelé et méché d’or, vêtu d’une cape de gueules battant au vent, empoignant à dextre un trident au naturel et appaumée à senestre d’une conque de tenné d’où s’échappe son souffle en forme d’éventail éclaté d’azur clair. Le tout sommé de l’inscription en lettres capitales d’azur foncé « Mistral ». La devise du bâtiment est « Ubi vult spirat » (« Il souffle où il veut »), selon l’évangile selon Jean. Sa ville marraine est Le Havre. La cérémonie officielle de parrainage s'est tenue à la mairie le 15 novembre 2009, au cours d'une escale du bâtiment.
L’écusson du Tonnerre est un motif circulaire représentant sur fond indigo un dragon japonais à trois orteils aux yeux et fibrisses dorés, surplombant le navire vu de proue battant les flots. L’inscription, sommée en lettres capitales de couleur or, est entourée d’un cordage de même teinte, qui englobe l’insigne de la Légion étrangère accompagné d’éclairs. Sa ville marraine est Limoges, également celle du TCD Orage.
Culture
Un espace thématique itinérant Mistral & Tonnerre, navires de demain est ouvert au public sur le réseau du Musée national de la Marine au Palais de Chaillot à Paris (13 octobre 2004-16 mai 2005) puis sur ses sites du château de Brest (11 juin-15 décembre 2005) et de l’ancien arsenal de Toulon (1 février-8 juin 2006) ;
Une exposition Débarquements, illustrant l’histoire des opérations amphibies de débarquement, a lieu au Musée national de la Marine au Palais de Chaillot à Paris (22 octobre 2008-9 février 2009) ;
Une exposition de photographies de Cybèle Desarnauts, Au cœur du Mistral, est prévue du 11 février 2010 au 6 mars 2010 sur le quai Cronstadt à Toulon. Elle présente des photographies issues du recueil du même nom.