Les provinces sont listées par ordre de population décroissante
² CPA = Code postal argentin
Évolution de la population argentine
La population argentine depuis 1869
Développement de la population argentine de 1869 à 2015 (en vert: les projections)
Évolution chiffrée depuis l'indépendance
A la fin du XVIIIe siècle, lorsque le vice-roi d'Espagne Juan José de Vértiz y Salcedo effectua un recensement pour la première fois, la majorité de la population argentine se concentrait dans la région du nord-ouest. Le littoral représentait à peine 20 % de la population nationale. Le total ne dépassait pas 380.000 habitants (territoires indiens non compris). Les territoires actuels du Chili, du Pérou, de la Bolivie et du Paraguay, avaient une population considérablement supérieure à celle qui se trouvait sur le territoire argentin actuel.
1810 :............500.000 (plus ou moins)
1860 :.........1.180.000
1869 :.........1.737.000
1895 :.........4.044.911
1914 :.........8.092.216
1936 :.......12.374.000
1947 :.......16.104.929
1960 :.......20.010.539
1965 :.......22.545.000
1970 :.......23.362.204
1980 :.......27.949.480
1991 :.......32.615.528
2001 :.......36.260.130 (données recensées mais non rectifiées)
2001 :.......37.156.195 (INDEC - Population corrigée par analyse de couverture au 30-06-2001 )
2003 :.......37.912.201
2006 :.......39.921.833 (estimation CIA)
2007 :.......40.301.927 (estimation CIA)
2008 :.......39.745.612 (30 juin 2008 - estimation INDEC)
2009 :.......40.134.425 (30 juin 2009 - estimation INDEC)
Carte de l'Argentine, datant du début du XIXe siècle, où l'on voit notamment Salta et Jujuy formant une seule province. La scission eut lieu en novembre 1834
(1): Estimations pour 1838. Les provinces de Chaco, Misiones, Formosa, Neuquén, La Pampa, Río Negro, Chubut, Santa Cruz et Terre de Feu, étaient des territoires non soumis et peuplés d'Indiens libres (Indios bravos). La même année, le district fédéral de Buenos Aires n'existait pas encore et la population de la capitale est donc incluse dans celle de la province de même nom. Quant à la province de Jujuy, qui s'était récemment séparée de celle de Salta et dont les frontières restaient encore fort imprécises, sa population est cumulée avec celle de la province de Salta.
(2): Les 19 partidos sont les régions de la province formant administrativement le Grand Buenos Aires avec le District Fédéral. Certaines de ces juridictions ont modifié leurs limites entre 1991 et 2001, ce qui fait que les données de 2001 ne sont pas strictement comparables avec les recensements antérieurs.
(3): En 1838, la population de la province de Jujuy est cumulée avec celle de la province de Salta.
(4): Pour les recensements de 1991 et 2001 les Îles de l'Atlantique sud sont exclues.
(5): En 1895 on estimait que 60.000 personnes avaient échappé au recensement, et qu'il y avait en outre 30.000 indigènes.En 1914 on considéra qu'il y avait 18.425 habitants constituant la "population autochtone".
Source: Censos Nacionales de Población de l'INDEC.
Évolution de la population des grandes agglomérations
La population des grands centres urbains d'Argentine a eu l'évolution suivante :
On constate en 2004 une hausse de la natalité assez généralisée, reflet sans doute d'une santé économique retrouvée par le pays. L'Argentine avec une population encore inférieure à 40 millions compte plus de naissances que l' Allemagne forte de plus de 82 millions d'habitants.
On remarque un taux de naissances fort élevé dans les provinces du nord-est jouxtant le Paraguay : Misiones, Chaco et Formosa ont en effet chacune un taux de natalité situé entre 25 et 27 ‰, taux par ailleurs supérieur à la moyenne sud-américaine. Quant à la province de Corrientes, avec son taux de 22,7 ‰, elle fait également preuve d'un grand dynamisme démographique.
La prestation des provinces du nord-ouest argentin (Catamarca, Jujuy, La Rioja, Salta et Tucumán), quoique un peu inférieure, est assez élevée elle aussi, ainsi que celle des provinces de San Juan et de San Luis dans la région occidentale du Cuyo, et de la province de Santa Cruz au sud de la Patagonie.
L'Argentine a cessé d'être un grand pays d'immigration. Jadis, jusqu'aux années 1950, le pays accueillait chaque année des dizaines de milliers d'immigrants, Européens surtout, Espagnols et Italiens en tête. Mais le boom économique européen des « trente glorieuses » d'une part, et les crises économiques et sociales successives de l'Argentine d'autre part, ont eu raison de cet important apport démographique, sans oublier la méfiance due aux dictatures militaires successives.
Aujourd'hui cependant une nouvelle immigration s'est développée, celle des ressortissants des pays limitrophes, Paraguayens et Boliviens surtout, mais aussi Chiliens, Urugayens et autres Sud-américains.
Hipólito Yrigoyen, fils d'un travailleur immigré, d'origine basque français
Carlos Pellegrini, fils d'un immigré savoyard
Entre 1852 et 1920, près de 350 000 français immigrent en Argentine.
Généralement cela se passe de la façon suivante : un homme adulte quitte seul la France et est éventuellement rejoint par la suite par sa famille. La majorité des migrants viennent d'Aquitaine, de la région Midi-Pyrénées, d'île-de-France ou de région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
L'Argentine est à cette époque en plein développement économique et accueille les réfugiés politiques de tout bord, sans distinction.
Ils obtiennent le droit de vote en Argentine en 1890.
Plusieurs personnalités politiques argentines sont d'origine françaises, notamment Juan Martín de Pueyrredón, Carlos Pellegrini et Hipólito Yrigoyen qui furent tous les trois élus à la tête du pays. Il s'inscrirent ainsi dans l'histoire de l'Argentine.
On peut également citer Michel Aimé Pouget, qui a développé la vigne argentine en y introduisant des cépages français.
De nos jours, la crise étant passée, le pays attire de nouveau si bien que la communauté française en Argentine a augmenté de 20% depuis 2001.
Lors de l'élection présidentielle de 2007, les français d'Argentine ont majoritairement voté pour Ségolène Royal.
Vignoble de Mendoza, avec la Cordillère des Andes en arrière plan, les immigrés français ont beaucoup contribué à faire de l'Argentine la cinquième puissance viticole du Monde
Les peuples amérindiens
Lof (communauté) Mapuche Kuruwinka, à San Martín de los Andes, province de Neuquén
Lors de l'arrivée des Espagnols en Amérique en 1492, la population établie sur le territoire actuel argentin pouvait se regrouper en quatre grandes zones :
La région du centre et du Nord-ouest argentin avait une haute densité de population, avec des dizaines de cultures agro-pastorales organisées sous des formes d'états emnryonnaires et appartenant au grand groupe de la civilisation andine. Parmi les peuples de ce groupe qui eurent une importante incidence sur la conformation de la population argentine, il faut mentionner les Diaguitas, les Aymaras (ou Kollas), les Sanavirons, les Comechingons, et aussi les Huarpes de la région du Cuyo.
La région de la Mésopotamie Argentine avec surtout les Guaranis.
La région du Gran Chaco avec principalement les Wichis et les Tobas (ou Qom-liks). Ces peuples ne furent jamais soumis par l'empire espagnol et leur métissage avec les Européens fut de faible ampleur.
La plaine pampéenne et la Patagonie, avec avant tout les ethnies des Het, des Ranquels, des Mapuches et des Tehuelches. Ces groupes ne furent pas non plus soumis par les Espagnols, cependant il exista un métissage considérable qui, bien que moindre que dans le nord du pays, donnera notamment lieu à l'apparition des Gaúchos, métis d'Espagnols et d'Indiens.
Après la naissance de l'Argentine indépendante, les territoires restés sous contrôle exclusif des peuples indigènes, dans la pampa, la Patagonie et le Gran Chaco, furent conquis par la force à la fin du XIX siècle lors des épisodes de la terrible Conquête du Désert, et incorporés dans le territoire national.
On a estimé que la population existante sur le territoire argentin actuel à l'arrivée des Espagnols oscillait entre 300 et 500 mille âmes (J. Steward, 1949:661; G. Madrazo, 1991), parmi lesquels entre 45 et 90% appartenaient aux sociétés d'agriculteurs du nord-est. Vers 1600 cette population s'était réduite considérablement, dans une proportion estimée par Rosenblat à 43%.
En 1810 la population totale de l'actuelle Argentine était d'environ 500 mille personnes , presque totalement composée d'amérindiens, d'afroaméricains et de métis de ces deux origines avec des Espagnols.
Durant les deux siècles suivants, les indigènes et les métis amérindiens, principalement les femmes qui seront appelées « chinas », participèrent à un grand processus de métissage avec les immigrants majoritairement masculins et européens, et principalement italiens et espagnols, qui firent partie de la grande vague d'immigration d'entre 1850 et 1950, se « diluant » ainsi quasi totalement, tant culturellement qu'ethniquement.
Au début du XXI siècle, il y a en Argentine un peu plus de 400 mille indigènes, équivalent à 1,1% de la population totale, qui se reconnaissent comme appartenant à l'un des 35 peuples amérindiens "détectés" par l'Enquête des Peuples Indigènes de 2004-2005. Parmi ces peuples, les plus nombreux sont les Mapuches, les Kollas ou Collas, les Tobas, les Wichis et les Guaranís. D'autre part, pas moins de 56% de la population argentine a au moins un aieul indigène, presque toujours par voie maternelle (Corach-UBA, 2005). dont, dans la plupart des cas, on a perdu le souvenir dans la famille. Finalement la contribution amérindienne dans la structure génétiquemoyenne des argentins a été établie à 15-20% (ref ).
Étant donnée la grande migration interne de la campagne vers la ville et aussi du nord vers le Litoral, étant donnée aussi la migration continuelle ces dernières décennies provenant des pays frontaliers (Bolivie, Paraguay, Chili) et du Pérou, on constate aussi que la composante amérindienne a une tendance croissante, tant dans la structure génétique que dans le domaine culturel . Ce processus est accompagné d'une tendance notable à récupérer la mémoire indigène. D'où par exemple la réalisation en 2004-2005 de la première enquête argentine sur les Peuples Indigènes, après que, dès 1895, les recensements nationaux eurent cessé de considérer la présence des amérindiens dans le pays.