Acupuncture

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Introduction

Acupuncture du poignet

Médecine non conventionnelle
Acupuncture • Médecine anthroposophique • Ayurveda • Chiropratique • Herboristerie • Homéopathie • Naturopathie • Osteopathie • Médecine traditionnelle (Chinoise • Tibétaine)

L’acupuncture est une des branches de la médecine traditionnelle chinoise, basée sur l’implantation et la manipulation de fines aiguilles en divers points du corps à des fins thérapeutiques.

L'acupuncture traditionnelle est un art thérapeutique qui élabore son raisonnement diagnostique et thérapeutique sur une vision énergétique taoïste de l'homme et de l'univers : l'homme, microcosme, organisé à l'image du macrocosme universel, s'en trouve donc soumis aux mêmes règles, qui devront inspirer son mode de vie, et serviront de trame à l'élaboration de l'acte médical.

Son efficacité ainsi que son substrat scientifique reste discutée.

Étymologie

Le terme chinois usuel 针灸 (zhēnjiǔ) désigne à la fois l’acupuncture et la moxibustion.

Le terme latin « acupunctura » a été forgé au XVII siècle par un médecin hollandais ayant séjourné au Japon, dénommé Willem ten Rhyne, à partir du latin acus, « aiguille » et pungere, « piquer ». C'est de ce terme latin que dérive les termes français et anglais « acupuncture » ou le terme allemand « Akupunktur ».

Histoire

Antiquité non chinoise

En Inde, l'utilisation de l'acupuncture est mentionnée il y a environ 5 000 ans dans l'Ayurveda (traité de médecine ayurvédique) et elle reste utilisée de nos jours en médecine traditionnelle indienne.

Plus d’un millénaire avant la Chine, on trouve en Égypte antique une description de conduits parcourant le corps et transportant divers fluides (sang, eau, air, mucus...). C'était les ruptures d’équilibre entre ces fluides qui pouvaient être la cause de maladies. Aux alentours de 1534 avant JC, le papyrus Ebers (Eber 854a), visible au British Museum, donne une représentation de canaux (appelés metu) dans lesquels circulent divers fluides

Premières traces de l'acupuncture chinoise

Acupuncture : points et méridiens selon un dessin de l'époque de la dynastie Ming

Les Chinois ont l’habitude de considérer que la valeur d’une pratique culturelle se juge à son ancienneté. Se placer sous l’autorité d’un maître ancien, fut-il mythique, ou d’une tradition de plus de 5000 ans, est le garant du sérieux et de la respectabilité de la démarche. « Sans fouler de traces, on ne saurait parvenir jusque dans la pièce » dit le Maître (Entretiens XI, 19). Le penseur chinois revendique donc ouvertement une tutelle et fuit tout ce qui pourrait ressembler à l’autonomie de pensée chère aux philosophes européens.

Le désir d’inscrire l’acupuncture dans une filiation très ancienne a fait considérer que l’existence d’instruments affûtés à l’âge de pierre ou d’aiguilles d’os ou de bambou sous les Zhou (-1045 → -256) sont des preuves de l’ancienneté de cette pratique même si ces aiguilles ne servaient qu’à tenir les cheveux ou à drainer le pus des abcès.

La découverte en 1973 de 14 documents médicaux dans une tombe nouvellement fouillée à Mawangdui 马王堆 dans le Hunan a permis de complètement revoir l’histoire de la médecine chinoise. Actuellement les spécialistes de ces textes établissent la chronologie suivante :

  • En 168 avant notre ère, époque de fermeture de la tombe de Mawangdui, aucune technique d’acupuncture n’était connue. Les textes de ces tombes montrent clairement que les traits typiques de la thérapeutique chinoise n’étaient pas encore établis sous les Qin (-221,-206) et le début des Han. En effet, s'ils décrivent les trajets des conduits à la surface de la peau et l'usage de la moxibustion, ils ne mentionnent jamais l'usage d'aiguilles d'acupuncture.

  • La première référence à l’acupuncture clairement datée se trouve dans "les mémoires historiques" (le Shiji) de Sima Qian (-145, -87) compilée en 90 av. JC. Dans cet ouvrage, l’auteur décrit un médecin du nom de Chunyu Yi (-216, -150) accusé de mauvaise pratique thérapeutique pour avoir implanté des aiguilles sur des patients. Dans deux procès, en -167 et – 154, le médecin se voit obliger de démontrer l’intérêt thérapeutique de l’acupuncture à une époque où cette technique devait tout juste commencer à se répandre. On pourrait donc dater la naissance de l’acupuncture au milieu du second siècle avant notre ère. Elle s’imposera ensuite peu à peu comme la thérapeutique dominante de la médecine des correspondances systématiques.

  • Le Huangdi Nei Jing 皇帝内经, l’ouvrage de référence sur l’acupuncture, les massages, la gymnastique et les drogues thérapeutiques est donc en partie postérieur. Les textes sont hétérogènes, certaines parties pouvant dater de la fin des Royaumes combattants (-500 à -220) et d’autres du premier siècle avant notre ère. De toutes manières, il n’en existe pas de copie de l’époque Han et toutes les versions qui nous sont parvenues ont subi de nombreuses révisions aux cours des siècles.

  • Le Nanjing 难经, « le Classique des difficultés » unifie les points de vue disparates et parfois incohérents du Huangdi neijing. L’ouvrage, composé entre le I et le III ème siècle, expose méthodiquement le système conceptuel des correspondances systématiques sur lequel repose depuis environ deux millénaires la médecine traditionnelle chinoise.

Arrivée en Europe

L'acupuncture aurait été introduite en Europe au XVII siècle par Willem Ten Rhyne, médecin hollandais de la Compagnie des Indes (1679) qui l'aurait découverte à Nagasaki au Japon où il séjourna pendant deux ans, ainsi que par Kæmpfer. Un siècle plus tard, Dujardin et Vicq d'Azyr relatent le procédé dans leurs ouvrages respectifs. Cependant, il semble que ce soit Louis Berlioz, père du compositeur qui, le premier, en ait tenté la pratique en France (1810), imité ensuite par de nombreux médecins. À partir de 1853, le consul Dabry participe à sa diffusion en Europe, mais ce n'est vraiment qu'à partir de 1927 qu'elle va devenir populaire grâce aux travaux du sinologue George Soulié de Morant.

Époque industrielle

L'acupuncture fut interdite en 1822 par l'empereur chinois et supprimée du programme du Collège médical impérial. Mais elle survivra.
Mao Zedong essaiera lui aussi d'éliminer cette pratique - à cause de ses fondements taoïstes incompatibles avec l'idéologie marxiste - avant de la réhabiliter.

De nos jours, l'acupuncture occupe en Chine une large place dans la médecine pour un vaste éventail de pathologies, notamment dans les hôpitaux dont certains se sont vus transformés en hauts lieux touristiques. De colossales expériences ont été entreprises, pas toujours en accord avec les principes traditionnels orthodoxes, aboutissant à la multiplication des points situés hors méridiens, et à l'avènement de nouvelles techniques telles que l'analgésie par acupuncture.

Taïwan, où ont pu trouver refuge ceux des maîtres acupuncteurs qui ont échappé aux purges de Mao lors de son arrivée au pouvoir, reste un des hauts-lieux de l'acupuncture traditionnelle.

Un consul français en Chine, George Soulié de Morant (1878-1955), étudia l'acupuncture durant son long séjour dans l'Empire du Milieu, et publia lors de son retour en France un imposant traité qui fait toujours référence de nos jours.

Théorie traditionnelle

Selon la tradition chinoise, l'être vivant, et ici plus particulièrement l'homme, est une organisation résultant de la combinaison de matière - le corps matériel ou physique - de nature yīn, et d'énergie - qui anime la matière - de nature yáng. L'équilibre harmonieux entre ces deux composants conditionne l'état de santé. Les perturbations de cet équilibre sont responsables de la maladie. Toute perturbation de nature à rompre cet équilibre affecte d'abord préférentiellement l'énergie. Par exemple, un excès de yáng pourra générer une douleur soudaine, une inflammation, des spasmes, un mal de tête ou encore une augmentation de la tension. Un excès de yīn pourra se traduire par des douleurs diffuses, une sensation de froid, de la rétention d'eau ou une grande fatigue.

L'énergie (Qi) est mouvement et sa perturbation princeps sera l'entrave au mouvement : le blocage. L'énergie bloquée en une région du corps matériel s'accumule en amont du blocage, alors que les régions en aval du blocage vont se trouver en déficit énergétique. En présence d'un état de pathologie ainsi décrit, l'acupuncteur va établir son diagnostic en recherchant les niveaux auxquels l'énergie est bloquée, et quelle est la raison du blocage. Il va ensuite appliquer son traitement en levant le blocage et en corrigeant, si cela se peut, la raison de ce blocage. L'aiguille, entre autres moyens, va lui permettre de diriger le cours des énergies.

L'énergie circule notamment le long de conduits appelés méridiens, et, à partir de ces méridiens, se répand dans tout le corps pour insuffler son principe vitalisant (yáng) à l'ensemble des constituants de l'organisme. Elle a une certaine correspondance avec le sang, qui, lui-même, circule dans des conduits (vaisseaux) et se répand dans tout le corps pour l'irriguer de son principe yīn.

En outre, il y a plusieurs énergies, chacune ayant sa spécialité ; outre les méridiens principaux, il y a encore une foule de méridiens aux fonctions diverses ; l'équilibre de l'organisme humain doit toujours être évalué relativement à celui de son environnement, et de cycles qui vont en rythmer l'évolution, cycles avec lesquels il devra rester en harmonie et dont les correspondances matérielles (les cinq éléments) vont servir de repère à l'acupuncteur pour établir son diagnostic et son traitement, en fonction de règles subtiles qui trouvent leur origine dans le taoïsme.

Les points

Les méridiens principaux sont parsemés de points qui sont autant de zones stratégiques. Contrairement à ce que s'imagine habituellement le profane, ces points n'ont pas en eux de vertu thérapeutique spécifique. C'est-à-dire qu'il n'y a pas un point du sommeil, un point de l'angine, de la douleur dentaire ou de la colique abdominale. Les points permettent, ainsi que précisé plus haut, d'influer sur le cours des énergies.

Les points les plus importants pour le traitement des énergies des méridiens par l'aiguille sont ceux situés près des extrémités. Il est facile de s'assurer de la localisation d'un point : l'implantation de l'aiguille dans la peau est en principe indolore : le simple contact de la pointe de l'aiguille n'est pas ressenti quand on est précisément dans le point, alors qu'il l'est un ou deux millimètres plus loin.

Traditionnellement, on compte 360 points répartis sur les méridiens qui parcourent toute la surface du corps. Cependant, d'autres points ont par la suite été identifiés et, selon le modèle utilisé, on peut trouver plus de 2 000 points.

Les méridiens

Méridien (médecine traditionnelle chinoise)

Les méridiens principaux sont au nombre de 12. Ils débutent (ou se terminent) à l'extrémité d'un doigt (ou d'un orteil). Conformément au cours d'un fleuve, dont ils sont la correspondance sur le corps, ils grossissent depuis leur source (extrémité d'un doigt) vers le centre du corps. Ils disposent de nombreux affluents, ou méridiens secondaires, et nourrissent de leur énergie la chair, les muscles, les organes internes et la totalité du corps.

Les lignes médianes du corps sont parcourues par deux méridiens particuliers, l'un antérieur dit « conception », l'autre postérieur dit « gouverneur ». Les méridiens constituent donc les voies par lesquelles l'organisme reçoit cette énergie, qui peut être apport nutritif, apport d'informations (notamment d'origine extérieure) mais aussi portes d'entrée pour certaines maladies.

Les six énergies

Elles sont : Taé Yang (Tai Yang), Chao Yang (Shao Yang), Yang Ming, Taé Yin (Tai Yin), Chao Yin (Shao Yin), Tsiué Yin (Jue Yin).

Les Huit Entités psychoviscérales (BenShen)

Les cinq éléments chinois et leurs relations

L'étude des BenShen est très complexe et nécessite une compréhension approfondie de la physiologie médicale chinoise et la psychologie traditionnelle chinoise. Pour saisir pleinement ces concepts, il est recommandé de lire des ouvrages comme ceux de Jerry Alan Johnson, dont vous trouverez une référence plus bas. Voici tout de même un très bref aperçu.

On peut les classer dans les cinq éléments : Bois, le Roun (Houn) ; Feu, le Chen (Shen) ; Terre, le I et le Si (Yi) ; Métal, le Pro (Po) ; Eau, le Tche (Zhi);

Ces cinq entités représentent des phases fondamentales du Shen (l'esprit) :

  • Le Shen est l'ensemble des activités mentales qui résident au cœur. Shen désigne aussi les activités mentales spécifiques du cœur. Ce concept réfère entre autres à la conscience, la mémoire, la pensée et le sommeil.
  • Po est l'équivalent Yin du Hun. En français, on s'y réfère sous le nom d'âme corporelle. Le Po met en place les bases matérielles nécessaires à la vie, particulièrement durant la grossesse, où une partie du Po de la mère est « transférée » à son enfant. Ce concept réfère entre autres choses au sentiments, aux sensations, à l'instinct, à la respiration.
  • Hun est l'équivalent Yang du Po. En français, on s'y réfère sous le nom d'âme éthérée. Le Hun survit au corps à la mort et retourne alors à l'état d'énergie subtile et immatérielle. On l'attribue entre autres à la faculté de donner un sens à sa vie, à la capacité de prendre des décisions en accord avec son « moi » profond.
  • Yi pourrait être traduit par « la pensée ». C'est elle qui code et décode ce que nous assimilons au cours de notre vie. Le Yi est particulièrement sollicité lors d'études, d'efforts de concentration ou de mémorisation.
  • Le Zhi pourrait être traduit par « la volonté ». Il permet la persévérance, la motivation. Le Zhi permet à un engagement, à une action, de perdurer dans le temps. Il permet en outre d'utiliser le langage de Yi, et de l'appliquer à la vie quotidienne.

Évaluation scientifique

Du fait des progrès scientifiques, il est assez difficile d'échafauder une théorie moderne rationnelle de cette pratique traditionnelle basée sur des éléments traditionnels irrationnels. Toutefois, il est possible de démontrer qu'apporter de l'attention joue sur l'état général de la personne, même si cela ne constitue pas réellement un acte médical pour certains. La pertinence des points de la théorie traditionnelle peut également être évaluée de façon rigoureuse.

Effets physiologiques

Le concept de méridien est un concept empirique, établi à une époque où l'on ne connaissait pas ou peu le fonctionnement de l'organisme. Le corps est parcouru de réseaux permettant la distribution des informations (système nerveux) et des produits nécessaires au fonctionnement des cellules (notamment circulation sanguine) ; du point de vue de la médecine occidentale moderne, la notion de méridien a donc pu être une compréhension intuitive de cette distribution à partir d'organes vitaux - les textes fondateurs de la médecine traditionnelle chinoise expliquent cependant les concepts de méridiens et de qi sous des paradigmes qui sont différents de ceux de la médecine occidentale, comprenant donc d'autres concepts (triple réchauffeur , shen, etc. qui sont ignorés en médecine occidentale).

Certaines pressions à travers la peau induisent des actions réflexes, et la palpation à travers la peau fait partie de la démarche diagnostique (par exemple prise du pouls, palpation des ganglions). Il serait donc séduisant de voir l'acupuncture comme une découverte empirique de certains de ces phénomènes.

Mise en évidence des méridiens

  • A la fin du XX siècle, des études dirigées par le D. J.E.H. Niboyet ont mis en évidence une diminution de la résistivité électrique de la peau au niveau du point d'acupuncture.

  • En novembre 1985, une mystification a été mise en œuvre afin de démontrer un effet de l'acupuncture : les docteurs Darras, Albarède et de Vernejoul ont prétendu avoir visualisé un méridien grâce à un isotope radioactif. La publication de leur découverte a coïncidé avec la sortie d'un livre de vulgarisation sur l'acupuncture par les mêmes auteurs. Le magazine Science et Vie fut un des seuls journaux grand public de l'époque à critiquer la méthodologie. Les conclusions ont été contredites en 1988 par le professeur Lazorthes, qui a reproduit la même expérience en suivant un protocole rigoureux et qui a démontré que la migration du marqueur suivait un trajet veineux : les conclusions de 1985 sur l'existence de méridiens étaient donc erronées.

  • En 2005 ,en Allemagne, les auteurs d'études scientifiques utilisant la thermographie dermique, montrent que l'application d'une source de chaleur sur les points d'acupuncture se traduit par une diffusion spécifique privilégiée sur des trajets correspondant aux trajets traditionnels des méridiens. Ces études doivent maintenant être analysées par la communauté scientifique avant d'être considérées comme valides.

Jusqu'à présent, aucune étude reconnue internationalement par la communauté scientifique n'a pu apporter d'élément qui étayerait de façon entière la thèse de l'existence des méridiens.

Hypothèses neuro-hormonales du mode d'action de l'acupuncture

  • De 1977 à 2001, des études suggèrent que l'action analgésique de l'acupuncture est liée à la production d'endorphines dans le cerveau. Cet effet peut être mis en évidence en bloquant leur action grâce à une molécule, la naloxone: administrée au patient, elle réduit l'analgésie liée à la morphine, et la sensation douloureuse est alors majorée chez le patient. Quand la naloxone est administrée à un patient sous acupuncture, l'effet analgésique est aussi supprimé.

  • En 1978, une étude réalisée sur des singes en enregistrant l'activité neuronale de leur thalamus a montré que l'effet analgésique de l'acupuncture durait plus d'une heure.

  • En 1993, des effets sur des inflammations localisées et l'ischemie ont été constatés.

  • Des études suggèrent en 2005 et 2006 que les sites d'action de l' analgésie provoquée par l'acupuncture incluent le thalamus, grâce à l'utilisation de l'IRMf (Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle) et la TEP (Tomographie par émission de positons), des techniques d'imagerie cérébrale, et l'observation de l'activité du cortex cérébral qui montrent une action inhibitrice du stimulus lié à l'acupuncture.

  • En 2007, on a constaté que l'acupuncture augmentait les taux de monoxyde d'azote dans les régions traitées, provoquant un accroissement local de la circulation sanguine.

  • En 2010, on mesure chez la souris une forte teneur en adénosine ( un antalgique sécrété par certaines cellules) dans la zone piquée par une aiguille, qui coïncide avec une diminution importante de la souffrance pour deux tiers des souris traitées. Des séances d'acupuncture de trente minutes sur des souris ont multiplié leur taux d'adénosine par vingt-quatre.

Efficacité clinique

L'efficacité clinique de l'acupuncture est en cours d'évaluation. En raison de la complexité du fonctionnement de l'organisme, l'efficacité d'une méthode thérapeutique ne peut être établie que par des études cliniques, utilisant notamment des méthodes statistiques et la comparaison avec l'effet placebo. Ces études doivent être réalisées en double aveugle. Les études disponibles intègrent l'une et/ou l'autre des méthodes d'évaluation suivantes:

acupuncture vs acupuncture "placebo"

Une méthodologie est de comparer l'action de l'acupuncture traditionnelle (sur les méridiens classiques) à celle d'une acupuncture « placebo » où les aiguilles sont positionnées ailleurs que sur ces mêmes méridiens. Les études montrent des résultats partagés avec une efficacité parfois comparable des deux techniques, tant dans les migraines que dans les lombalgies chroniques. De même, une étude comparative sur les nausées causées par la radiothérapie anticancéreuse sur une cohorte de 215 personnes montre que les résultats sont identiques entre un groupe réellement soumis à l'acupuncture et un groupe qui croit l'être alors que les aiguilles se rétractent et ne transpercent pas la peau.

De nombreuses études cependant amènent des conclusions inattendues de la part des sceptiques:

acupuncture vs traitement conventionnel

Cependant, afin de savoir où placer cette technique dans l'arsenal thérapeutique, des études incluent une comparaison avec un traitement placebo, voire avec des modes thérapeutiques conventionels en médecine occidentale. Dans ces évaluations, les résultats montrent souvent des résultats en faveur de l'acupuncture, même lorsque les points sont pris au hasard. Dans une étude allemande de 2007 portant sur une cohorte de 1162 patients , l'implantation aléatoire d'aiguilles (sans tenir compte des méridiens traditionnels) améliore significativement l'état du patient par rapport aux traitements conventionnels (amélioration supérieure de 75 % ), ce qui permet au professeur Heins Endres, co-directeur allemand de cette étude, de dire que « l'acupuncture pour les lombalgies est extrêmement prometteuse ». Des médecins se sont d'ailleurs exprimés en faveur de l'acupuncture à l'issue de cette expérience : c'est le cas de Briar Berman, directeur de l'université du Maryland , et de James Young ,du centre médical de l'université de Chicago. « La supériorité des deux formes d’acupuncture suggère un mode d’action commun, explique le docteur Haake. Ces thérapies agissent probablement sur la génération de la douleur ou sur sa transmission par le système nerveux central. En tout cas, ce mode d’action est plus efficace que les traitements conventionnels. »

Liste d'essais cliniques récents évaluant l'efficacité de l'acupuncture

Cette liste n'est pas exhaustive mais regroupe l'essentiel des données publiées sur le net sur la période 2000-2010.

Date publicationvs fausse acu. / placebo / trt strdpathologie visée - taille de la cohorteméthodeconclusionsauteurs, refs de l'étude
essairandomisé / dble aveugle/ durée, nombre de séances / démarchecommentaires , réserves
juin 2010oui/non/non - oui/nonmyocardiopathie – 17 / 10 sessions - Cette pathologies fréquente est une des premières causes de mortalité en Europe. Les symptômes incluent dyspnée et fatigue à l’effort. Le système nerveux autonome est touché. L’acupuncture peut le rééquilibrer et aussi amener une réponse anti-inflammatoire.Les points choisis en acupuncture réelle, selon la Traditional Chinese Medicine, renforcent l'ensemble du corps et sont connus pour influencer le système nerveux sympathique et parasympathique ainsi que les marquerus inflammatoires. Le groupe contrôle a reçu des aiguilles placebo placebo simulant la piqûre mais ne perçant pas la peau.Le groupe acu. réelle pouvait couvrir une distance supérieure en marche que le groupe contrôle. Ils se sont remis plus rapidement et tendaient à se sentir moins épuisés, sans que les paramètres cardiaques n’aient changé.

L'acupuncture améliore la tolérance à l'exercice pour les patients souffrant de myocardiopathie, et réduisent le taux de cytokine inflammatoire TNF-alpha.
Arnt V. Kristen, Boris Schuhmacher, Kathrin Strych, Dirk Lossnitzer, Hans-Christoph Friederich, Thomas Hilbel, Markus Haass, Hugo A. Katus, Antonius Schneider, Konrad M. Streitberger, Johannes Backs.

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mars 2010oui/non/oui - oui/nondépression (trouble dépressif majeur selon le DSM IV-TR ) pendant la grossesse - 150 patientes sur 8 semaines/12 séancesLes patientes ont bénéficié soit d'une acupuncture spécifique de la dépression individualisée (52 patientes) soit de l’un des deux contrôles actifs : acu. non spécifique (49) ou massages (49) et ont été évaluées grâce à la Hamilton Rating Scale for Depression, administré par des évaluateurs masqués au départ et à 4 et 8 semaines de traitement.Le groupe acupuncture spécifique ont connu une plus forte diminution de la gravité des symptômes (P<0,05). "Le protocole d’acu. spécifique a démontré une réduction des symptômes de la dépression et un taux de réponse comparables à ceux observés dans les traitements de la dépression standard d’une durée similaire, l'acupuncture pourrait être une option thérapeutique correcte dans la dépression durant la grossesse."Medline
Mars 2010oui/oui/non - oui/nonDouleurs articulaire et raideur liées aux thérapies inhibitrices d'aromatase pour les cancers du sein hormono-dépendants de stades primaires ches les femmes ménauposées - 43 / Chez 50% des femmes traitées, douleurs articulaire et raideur sont des effets indésirables communs de ces thérapies bloquant la synthèse œstrogénique .le traitement est randomisé entre acupuncture vraie ou simulée (contrôle: insertion superficielle à des points non recensés en MTC ) deux fois par semaine pendant 6 semaines. Toutes les participantes recevaient un traitement inhibiteur d'aromatase et toutes reportaient des douleurs musculosquelettiques.En acupuncture réelle, les résultats démontrent une amélioration des douleurs articulaire et raideur au cours de l'étude et le bien être physique ressenti a augmenté. De plus, 20% de celles qui prenaient des antalgiques ont rapporté qu'elles n'en avaient plus besoin à la suite du treatment par acupuncture . Aucune de ces amélioration n'était rapportée par celles qui étaient traitées en acupcunture simulée. (...) A notre connaissance c'est le premier essai randomisé et contrôlé par placebo établissant que l'acupuncture pourrait être une méthode efficace pour [cette indication.]"Katherine D. - Herbert Irving Comprehensive Cancer Center at NewYork-Presbyterian Hospital/Columbia University Medical Center
Octobre 2008oui/oui/oui - oui/nongonarthrose - 1007 / 10 sessions d'acu. réelle ou 10 sessions d'acu. simulée ou 10 sessions de kinésithérapie et autant d' anti-inflammatoires que nécessaire et ( 6 semaines).Les patients avec des douleurs chroniques depuis au moins 6 mois liées à la gonarthrose ont reçu un traitement d'acupuncture Chinese traditionnelle ou simulée (piqûre à des points non recencés en mtc) et une therapie conventionnelle . Les patients pouvaient demander jusqu'à 5 sessions supplémentaires si leur traitement était évalué comme partiellement efficace.Les taux de succès étaient de 53.1 % pour l'acu. réelle, 51.0 % pour la simulée, et 29.1 %pour les traitements conventionnels.

Comparées à la kinésithérapie et aux anti-inflammatoires les deux formes d'acupuncture ont mené à une amélioration plus significatice (score WOMAC à 26 semaines).
Scharf HP, Mansmann U, Streitberger K, Witte S, Krämer J, Maier C, Trampisch HJ, Victor N.

University of Heidelberg, Heidelberg, Germany.,
Avril 2008oui/non/non

- oui/non
Bouffée de chaleur liée à la prise de Tamoxifène

Les sessions d'acupuncture vraie et simulée ont été données 2 fois par semaine pendant 5 semaines puis une fois par semaine pendant les 5 semaines suivantes.

L'acupuncture est utilisée de plus en plus dans les pays occidentaux pour traiter les bouffées de chaleur chez les femmes ménopausées en santé. Le Tamoxifène peut provoquer beaucoup des symptômes de la ménopause, notamment les bouffées de chaleurs. Il est risqué de proposer des traitement hormonaux de substitution aux femmes qui présentent une prédisposition aux cancers du sein hormono-dépendant.
L’acupuncture selon la théorie de la médecine traditionnelle chinoise et une acupuncture dite placebo ont été utilisées deux fois par semaine pendant les cinq premières semaines, puis une fois par semaine sur les 5 semaines suivantes. Pour la « vraie » acupuncture, les aiguilles ont été plantés à des profondeurs variées jusqu’à 3 cm à des points connues. Pour l’acupuncture « placebo », les aiguilles n’ont pas été plantées aussi profondément et pas à des endroits reconnues comme des points d’acupuncture.Celles qui ont reçu le traitement d'acu. traditionnelle chinoise ont vu leurs bouffées de chaleur réduites de 50%, nuit et jour, l'effet étant toujours observable 3 mois après la dernière séance. Aucun changement significatif n'a été reporté le jour avec l'acu. simulée ; la nuit il y avait une légère réduction pendant la période de traitement, et une augmentation dès la fin du traitement. "L'effet de ce traitement semble coincider avec une amélioration de l'état général. L'acupuncture présente deux avantages comparés aux autres traitements: c'est peu cher et ne cause pas d'effets secondaire indésirable. Nos résultats suggèrent qu'elle pourrait être utilisée plus largement chez les patientes souffrant d'un cancer du sein avec des symptômes liées à la prise d'anti-oestogènes."Ces résultats ont été présentés en avril 2008 à la 6è Conférence Européenne sur le Cancer du sein (EBCC-6) à Berlin.

Dr Odd Mjåland, Jill Hervik, kinésithérapeute et acupunctrice - Vestfold Central Hospital (Tønsberg, Norway)
Septembre 2007oui/non/oui - oui/nonlombalgie - 1,162 / plus de 6 mois - 13,475 sessions (2 par semaine ) au total (verum , 4,821; simulée, 4,590; thérapie conventionnelle , 4,064).les patients souffrant de lombalgies depuis 8 ans en moyenne ont subi 10 sessions de 30-mn de vraie acupuncture (387 patients / piqûre de 5 à 40mm de vrais points), acupuncture simulée (387 / piqûre du bas du dos de 1 à 2mm de points éloignés des trajets des méridiens) ou de thérapie conventionnelle (388 / médicaments, kinésithérapie et exercice). 5 sessions additionnelles ont été offertes en cas de réponse partielle (10 à 50 % de réduction des douleurs): 232 de ces patients appartenaient au groupe acu. réelle (59.9 %), 209 (54.3 %) acu. simulée et 192 (52.5 %) thérapie conventionnelle.“A 6 mois, le taux de réponse était de 47.6 % pour l'acupuncture, 44.2 % pour la fausse acupuncture et 27.4 % pour les thérapie conventionnelle,” “La supériorité des deux formes d’acupuncture suggère un mode d’action commun [et sont] plus efficace que les traitements conventionnels.“ “L'acupuncture propose (...) un traitement prometteur et efficace pour les lombalgies chroniques, avec peu d'effets indésirables ou de contrindications. Les améliorations mesurées étaient significatives et ont perduré longtemps après la fin du traitement.”Heinz G. Endres, M.D.
juin 2006oui/non/non - oui/nonFibromyalgie - 50 La fibromyalgia est une maladie handicapante caractérisée par des douleur musculosquelettiques chroniques et étendues, accompagnées de fatigue, raideur articulaire et problèmes de sommeil. Aucun traitement n'est actuellement disponible, seuls quelques traitements montrent des résultats limités. Les patients se tournent de plus en plus vers des thérapies complémentaires en conjunction avec leur soin medicaux standards; mais souvent ces techniques manquent de preuves scientifiques justifiant ces dépenses.Les patients ont reçu de façon randomisée et en simple aveugle une acupuncture vraie et une simulée.Acupuncture était bien tolerée, avec peu d'effets secondaires.

L'étude accrédite le comportement des patients qui se tournent vers des méthode alternatives pour se soigner. Les symptômes des patients qui recevaient de l'acupuncture ont été améliorés significativement (fatigue, anxiété,...) en comparaison avec le groupe contrôle."Les résultats de l'étude me convainquent qu'il y a plus que l'effet placebo effect dans l'acupuncture" affirme le Dr David Martin. Cette étude suggère que l'acupuncture réduit les symptômes de la fibromyalgie, 2 autres études randomisées et contrôlées sur la fibromyalgie: l'une trouve l'acupuncture efficace contre la douleur, l'autre non.
Dr.David Martin, anesthésiologiste at Mayo Clinic/ June issue of Mayo Clinic Proceedings.

Co-auteurs Ines Berger, M.D.; Christopher Sletten, Ph.D.; Brent Williams - Mayo Clinic. ,
Juillet 2005oui/non/non - ? /nonfibromyalgie - 100 / 12 moisComparaison entre une acupuncture vraie vs 3 formes d'acupuncture simuléeLe groupe acupuncture vraie n'a pas été plus soulagé que ceux qui recevaient les traitements d'acupuncture simulée.Susan Anderson American College of Physicians
2004oui/non/non - oui/nonInfirmité motrice cérébrale - 33Acupuncture de la langue (n=22) vs fausse acupuncture (contrôle) (n=11). L'évaluation des résultats a été faite grâce au gross motor function measure (GMFM) et au pediatric evaluation of disability inventory (PEDI).L'augmentation moyenne du score GMFM était significativement plus grande dans le groupe acupuncture vraie que dans le groupe contrôle (p=0.042). Une amélioration des fonctions motrices est constatés après une courte période d'acupuncture.SUN J. G. ; KO C. H. ; WONG V. ; SUN X. R.
2002oui/non/non - oui / ouicervicalgies - 36Douleurs liées aux mouvements et mobilité cervicale – Les patients ont été traités soit par de l’acupuncture avec utilisation de points distants, soit avec de l’acupuncture locale, soit avec une simulation d’acupuncture par utilisation du laser (placebo). Les mesures effectuées sont les suivantes : intensité de la douleur liée au mouvement (échelle visuelle ente 0 et 100 mm) et amplitude du mouvement. De plus, les patients ont évalué l’amélioration ressentie sur une échelle allant jusqu’à 11 points.L’utilisation de l’acupuncture sur des points distants de la zone douloureuse a réduit le score de douleur liée à la motricité d’un tiers (11,2 mm ; test à 95% ; IC : 5,7-16,7 ; P=0.00006) par rapport à l’acupuncture locale et au placebo. L’utilisation de l’acupuncture locale améliore l’amplitude du mouvement de 1,7° (test à 95%, IC : 0,2-3.2, p=0.032) ;en plus de ces 1,7° , on gagne 1,9° d’amplitude du mouvement si on utilise des points non locaux (test à 95% IC 0.3, 3.4; P= 0.016). L’acupuncture avec points distants s’est avéré significativement supérieure à la fois au placebo (1.7 points; test à 95% IC 1.0, 2.5; P = 0.0001) et à l’acupuncture locale (1.5 points; test à 95% IC 0.4, 2.6; P = 0.008) concernant la sensation d’amélioration du patient.

L’acupuncture s’avère supérieure au placebo pour le traitement de la douleur et l’amélioration de l’amplitude du mouvement pour les douleurs chroniques du cou. L’acupuncture utilisant des points distants améliore l’évolution de l’amplitude du mouvement par rapport à l’acupuncture avec points locaux. L’acupuncture avec utilisation de points locaux uniquement n’est pas efficace pour traiter les douleurs liées aux mouvements.
IRNICH Dominik , BEHRENS Nicolas , GLEDITSCH Jochen M. , STÖR Wolfram , SCHREIBER Martin A. ,SCHÖPS Peter , VICKERS Andrew J. , BEYER Antje

Risques

Une aiguille d'acupuncture se doit d'être stérile

L'acupuncture est une technique délicate et toute mauvaise pratique, comme pour toute intervention médicale ou paramédicale, peut avoir des effets nocifs. C'est le cas par exemple si les aiguilles ne sont pas stériles, inadaptées ou appliquées dans des zones sensibles. Certains praticiens ne recourant pas à la stérilisation (ou utilisant des stérilisations « alternatives ») peuvent transmettre des infections entre les patients, de la même façon qu'avec des aiguilles de seringues si elles étaient utilisées plusieurs fois. En Occident, pour prévenir ce risque on utilise en général des lots d'aiguilles à usage unique. Au Québec, tous les acupuncteurs sont soumis à une réglementation les obligeant à n'utiliser que des aiguilles à usage unique, ce qui réduit à un taux presque nul tout risque d'infection. Les normes ne sont pas les mêmes dans tous les endroits du globe.

En Europe les directives 93/42/CEE et s. imposent l'usage unique d'aiguilles stérilisées. En France le Code de la Santé Publique renforce cette obligation pour les médecins.

Diplômes et formations

En France, il existe 2 diplôme interuniversitaire (DIU) d'acupuncture, destinés aux médecins (DIU d'acupuncture générale) et aux sages-femmes (DIU d'acupuncture obstétricale), tous deux d'une durée de trois ans. De plus, une capacité en acupuncture a été officiellement créée en 2008.

Le DIU d'acupuncture générale est enseigné au sein de sept facultés de médecine : Aix-Marseille 2, Montpellier 1, Nantes, Paris XIII, Bordeaux 2, Lyon 1, Strasbourg I ; celui d'acupuncture obstétricale l'est au sein de quatre universités de médecine : Paris XIII, Strasbourg 1, Montpellier 1 et Rouen.

Il faut également mentionner les nouveaux diplômes universitaires de médecine chinoise de la Faculté de médecine de Montpellier qui permettent plusieurs parcours, dont l'acupuncture. La particularité de ces diplômes d'université de troisième cycle est qu'ils sont non seulement ouverts aux professions médicales et paramédicales mais également à un public plus élargi de chercheurs, étudiants et professionnels concernés par ces matières.

En Chine, les zhongyi xueyuan 中醫學院 [instituts de médecine chinoise] et les zhongyiyao daxue 中醫藥大學 [universités de médecine et de pharmacie chinoise] forment les étudiants aux grades de xueshi 學士 (5 ans), puis, après un concours et trois années supplémentaires sanctionnées par un examen et la soutenance d’un travail de recherche dans une spécialité, au shuoshi 碩士 et , après un nouveau concours suivi de trois autres années d’études et une seconde thèse, au boshi 博士 qui conclut donc onze années d’études universitaires. Ce cursus est indépendant mais analogue en durée et en niveau de diplômes à celui qui existe en médecine occidentale. La Chine a donc deux systèmes parallèles de médecines officielles : médecine chinoise et médecine occidentale. Chacun dispose de ses propres facultés, hôpitaux affiliés et instituts de recherche. Les étudiants accèdent à l'une ou l'autre de ces deux filières aussitôt après leurs études secondaires. Il est à noter que l'acupuncture ne constitue qu'une matière au sein de la formation de médecine chinoise et qu'à la différence de ce qui s'est transmis en France, elle ne représente qu'une petite partie de l'enseignement et de la pratique et de la médecine chinoise, la pharmacopée traditionnelle étant la principale branche thérapeutique de cette discipline.

Plusieurs écoles en France proposent un enseignement en coopération ou non avec des universités chinoises (Pékin, Shanghai, Tianjin, Chengdu...) ouvert à tous, médecins ou non.

Au Québec, le Cégep de Rosemont qui fait office de référence, propose un programme de formation délivrant le titre d'acupuncteur.

Exercice de l'acupuncture

En France, l'acupuncture ne peut être exercée légalement que par un docteur en médecine, une sage-femme ou un chirurgien dentiste mais de puis près de 30 ans la jurisprudence permet à tout thérapeute (médecin ou non) d'exercer cette pratique. L'acupuncture n'est pas une spécialité mais une « orientation », qu'il est loisible de déclarer, sans aucun contrôle. Dans d'autres pays de l'Union européenne, la législation accorde un statut légal à l'acupuncture, ainsi qu'à d'autres pratiques non-conventionnelles. Une résolution recommandant la généralisation de ce type de statut a été adoptée par le parlement européen, mais elle n'a aucun caractère contraignant.

Au Québec, il existe un ordre des acupuncteurs qui délivre l'autorisation d'exercer. Il est nécessaire d'avoir suivi un programme de formation identique à celui du Collège de Rosemont, financé par le Ministère de l'Éducation du Québec, qui s'adresse à tout public, médecin ou non. Plusieurs régimes d'assurances privés et publics québécois couvrent d'ailleurs les frais d'acupuncture jusqu'à concurrence d'un montant maximum par année.

Indication thérapeutique selon l'acupuncture occidentale

Selon l’American Academy of Medical Acupuncture (2004), l'acupuncture peut être considérée comme une thérapie complémentaire pour les pathologies suivantes. Ces indications sont basées sur une expérience clinique et ne sont pas toujours contrôlées par des recherches cliniques. Les astérisques * indiquent que l'Organisation Mondiale de la Santé valide ces indications dans sa publication Acupuncture: Review and Analysis of Reports on Controlled Clinical Trial.

  • distension abdominale / flatulences *
  • contrôle de douleurs aiguës et chroniques *
  • sinusites allergiques *
  • anesthésie pour les patients à haut risque ou patients ayant un historique d'effets indésirables aux anesthésiques
  • anxiété, attaques de panique *
  • arthrite / arthrose *
  • douleurs thoraciques atypiques
  • bursite, tendinite, syndrome du canal carpien *
  • troubles gastro-intestinaux fonctionnels (nausées et vomissements, spasmes œsophagiens, hyperacidité, côlon irritable) *
  • syndromes du col de l'utérus et du rachis lombaire *
  • constipation, diarrhée *
  • toux avec contre-indications médicamenteuses *
  • désintoxication (drogues) *
  • dysménorrhée, douleurs pelviennes *
  • douleurs d'épaule *
  • céphalées (migraines et tensions), vertiges (maladie de Menière), acouphènes *
  • palpitations idiopathique, tachycardie sinusale
  • maîtrise de la douleur, de l'œdème, renforcement de processus de guérison en cas de fractures
  • spasmes musculaires, tremblements, les tics, les contractures *
  • névralgies (trijumeau, zona, postzostérienne douleur, autres)
  • paresthésie *
  • hoquet persistant *
  • douleurs de membres fantômes
  • fasciite plantaire *
  • iléus post-traumatique et post-opératoire *
  • syndrome prémenstruel (Certains auteurs restent très sceptiques quant à l'efficacité de l'acupuncture dans ce cas ; des expériences en acupression, forme de traitement traditionnel proche de l'acupuncture, auraient validé au contraire l'efficacité des points d'acupuncture pour cette indication
  • certaines dermatoses (urticaire, prurit, eczéma, psoriasis)
  • séquelles d'accident vasculaire cérébral (aphasie, hémiplégie) *
  • handicapés moteurs du septième nerf crânien (nerf facial)
  • hyperthermie sévère
  • entorses et contusions
  • bruxisme *
  • incontinence urinaire, rétention (neurogène, spastique, les effets indésirables de médicaments) *

D'autres sources préconisent l'utilisation de l'acupuncture pour la stérilité, dans le cadre de la fécondation in vitro. L'acupuncture pourrait améliorer sensiblement le taux de succès des FIV. Elle est utilisée dans certains pays anglophones dont les États-Unis.

Variantes et autres branches de la médecine traditionnelle chinoise

Moxibustion

Elle fait partie de l'arsenal thérapeutique traditionnel de la médecine chinoise et est enseignée au même titre que l'acupuncture dans les facultés de médecine chinoise en Chine. Il est indiqué dans le cursus de plusieurs écoles de médecines chinoise jumelées aux universités chinoises que l'ordre décroissant dans la puissance de traitement est: 1 pharmacopée (la faculté de Pékin propose une dizaine de cours de pharmacopée pour une seul d'acupuncture/moxibustion) 2 acupuncture et moxibustion (针灸 zhēnjiǔ litt. piquer et chauffer au moxa) 3 massage (推拿 tui na litt. pousser et attrapper)

Pratique de la moxibustion

La moxibustion est une méthode qui utilise le plus souvent pour chauffer les points un cigare d'armoise (à cause de sa lente combustion) appelé moxa. Elle est enseignée en chine toujours conjointement à l'acupuncture, l'expression consacrée pour définir cette dernière signifiant acupuncture-moxibustion (针灸 zhēnjiǔ) Certains pensent pouvoir produire les mêmes effets grâce à un système de ventouses et de massages.

Acupression (acupuncture sans aiguille) et tui-na

L’acupression dérive de l'acupuncture. Elle est souvent surnommée « acupuncture sans aiguille ». On utilise la pression du doigt, du coude, du pied, etc. selon l'effet désiré sur le point d'acupuncture. Cette pratique est très répandue en Asie. Le shiatsu, qui en est une branche, est une médecine officielle au Japon. On peut penser que le nombre des points stimulables par acupression est réduit par rapport à l'usage de l'aiguille. Au contraire, la surface de pression étant plus etendue qu'avec une aiguille, le travail peut se réaliser sur plusieurs points en même temps. Il est cependant courant d'utiliser des aiguilles bilatéralement sur les bras et les jambes, dans ces cas l'argument est invalide. La précision est plus restreinte, mais le travail plus holistique. C'est pourquoi l'acupression est aussi efficace que l'acupuncture. L'acupression est utilisée pour traiter des maux courants, en particulier psychosomatiques. Elle est d'une grande aide dans le traitement de l'anxiété et de la dépression.

L'acupression se pratique sur soi-même (exemple : Do in) ou sur une autre personne. Étant donné son caractère thérapeutique, une formation est nécessaire pour la pratiquer. Le cursus en Asie, universitaire, dure 3 ans. Dans les pays où ce métier n'est pas régulé par l'Etat, l'acupression peut malheureusement être pratiquée sans formation sérieuse. Des ouvrages européens vulgarisent cette art. De nombreux guides pratiques montrent de façon simple comment utiliser l'acupression sur soi-même à des fins non thérapeutiques (raffermissement du visage, détente du cou et des épaules, etc).

Le tui-na est par contre une branche à part entière de la médecine chinoise, enseignée dans les facultés de médecine chinoise en Chine et partiellement dans les écoles française affiliées aux universités chinoises. Elle comprend l'utilisation des points d'acupuncture en massage suivant plusieurs types de stimulation et des manipulations en Chine.

L'acupuncture au laser

Utilisé moins couramment dans la pratique de l'acupuncture, le laser permet de stimuler un point d'acupuncture par la chaleur chez des personnes très jeunes ou sensibles. Ce procédé possède plusieurs avantages : il est peu coûteux, totalement indolore et ne laisse aucune marque. Les effets provoqués sont sensiblement les mêmes que ceux attendus par l'acupuncture traditionnelle (soulagement de la douleur, résorption d'une inflammation, accélération du processus de régénération des tissus etc.).

Il est utilisé de la même façon que les aiguilles et il en existe plusieurs modèles dont les caractéristiques sont différentes.

La thérapie laser est de plus en plus courante et s'applique maintenant à des personnes de tous âges. Cependant, ces applications grandissant, son coût suit le même chemin.

Citations

  • Dans les dix dernières années, les progrès de l’imagerie du cerveau en action ont démontré que la stimulation par les fines aiguilles d’acupuncture contrôle directement des régions clés du cerveau émotionnel. Une séance d’acupuncture aurait une influence directe sur l’équilibre entre les deux branches du système nerveux autonome. Elle augmenterait l’activité du parasympathique, le frein de la physiologie, aux dépens de l’activité du système sympathique, l’accélérateur. Elle favoriserait la cohérence du rythme cardiaque et de façon plus générale, permettrait de ramener le système à l’équilibre. David Servan-schreiber "Guérir" (2004).