Géographie politique
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La notion de géographie politique a été formulée, en tant que savoir scientifique, au XIXe siècle, par Friedrich Ratzel (1844-1904), géographe allemand marqué par les recherches du géographe Alexandre de Humboldt (1769-1859), du naturaliste (Le mot naturaliste fait référence au domaine des sciences naturelles. L'adjectif qualifie une personne ou un groupe (association, société savante.. )) Darwin (1809-1882) et du philosophe Hegel (1770-1831).

Histoire de la discipline

Ratzel a d'abord développé l'Anthropogéographie (ouvrage publié en deux volumes en 1882 et 1891), qui constitue la toute première "géographie humaine (La géographie humaine est l'étude spatiale des activités humaines à la surface du globe, donc l'étude de l'écoumène, c'est-à-dire des régions habitées par l'homme.)"[1]. Ainsi est née la distinction avec la géographie physique (La géographie physique est la branche de la géographie qui décrit la surface de la Terre et qui ne s'intéresse pas directement aux activités humaines....) fondant une classification qui a connu un succès indéniable. Dans ce travail, Ratzel établissait une distinction entre les peuples primitifs, ou "Naturvölker", et les peuples plus évolés, ou "Kulturvölker". Il soulignait que ces derniers possèdent en propre une forme d’organisation essentielle : l’État. Ratzel a donc poursuivi son travail taxinomique en publiant, en 1897, la Politische Geographie (géographie politique) qui fonde cette discipline, alors largement centrée sur l’État.

Cette discipline est surtout développée (En géométrie, la développée d'une courbe plane est le lieu de ses centres de courbure. On peut aussi la décrire comme l'enveloppe de la famille des droites normales à la courbe.) dans les pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas...) anglo-saxons (Political Geography). Elle s'intéresse désormais à tous les types de territoires (États, organisations régionales, entités administratives; du local au global) mais aussi aux frontières, ou aux habitants. Le lien entre les habitants et leur territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par d'autres sciences humaines. Dans le dictionnaire de...) (ou territorialité) est une dimension (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une pièce...) nouvelle de cette discipline plus que centenaire[2].

La critique de la géographie politique (La notion de géographie politique a été formulée, en tant que savoir scientifique, au XIXe siècle, par Friedrich Ratzel (1844-1904), géographe allemand marqué par les recherches du géographe Alexandre de Humboldt (1769-1859), du...) a généré, entre autres, de nouvelles approches dont la géopolitique (La géopolitique désigne tout ce qui concerne les rivalités de pouvoirs ou d’influence sur des territoires et les populations qui y vivent, c'est-à-dire l'étude des...), d'abord développée par Karl Haushofer en Allemagne dans les années 1920. En 1976, est paru un livre qui a fait sensation au sein de la géographie (La géographie (du grec ancien γεωγραφία - geographia, composé de "η γη" (hê...) française : La géographie, ça sert d'abord à faire la guerre (Editions Maspero). Son auteur, Yves Lacoste, fondait la même année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) la revue Hérodote, "revue de géographie et de géopolitique". Ce livre, qui a eu beaucoup d'échos au sein des milieux universitaires, a contribué à la refondation épistémologique de la géographie, comme science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que...) s'intéressant au politique, mais son auteur ne prétendait pas faire œuvre de géographie politique. D'autres géographes francophones comme Paul Claval, Claude Raffestin ou encore Jacques Lévy ont renouvelé l'approche politique de la science géographique. Jacques Lévy s'est intéressé à la géographie "du" politique, Raffestin à la géographie du pouvoir, etc. Pour ces derniers auteurs, la géographie est une science qui prend en compte le politique ; la notion de géographie politique est donc une tautologie.

Distinction entre géographie politique et géopolitique

La distinction entre la géographie politique et la géopolitique n’est pas évidente. Elle varie suivant les auteurs. D'une manière générale, les auteurs de géographie politique sont souvent géographes, alors que les auteurs de géopolitique le sont plus rarement (Lacoste étant une exception). Les auteurs de géographie politique ont développé des approches systémiques (par types et classes de phénomènes), alors que ceux de la géopolitique se sont plus souvent concentrés sur des théories mondiales. Ils cherchent souvent (de Mackinder à Huntington) à offrir une grille ( Un grille-pain est un petit appareil électroménager. Une grille écran est un élément du tube de télévision. Une grille d'arrêt est un élément du tube de télévision. Une grille de contrôle est un...) de lecture du monde (Le mot monde peut désigner :), et à influencer les hommes politiques.

Stéphane Rosière[3] a proposé une distinction originale entre les deux disciplines, considérant la géographie politique comme "l'étude du cadre politique" (celui-ci étant constitué de territoires, frontières, réseaux, pôles et lieux symboliques) et la géopolitique comme "l'étude de l'espace considéré comme un enjeu" (et impliquant des acteurs , opposés ou alliés). D'autres distinctions ont été proposées et ce champ (Un champ correspond à une notion d'espace défini:) épistémologique est loin d'être clos. Certains pensent aussi que la géographie politique peut être considéré comme une sous-discipline de la géopolitique. Plus que la géopolitique, la géographie politique se préoccupe de tous les types de territoires, des maillages, et des subdivisions administratives.

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