Le château de Wideville est situé en France sur la commune de Crespières dans le département des Yvelines, en région Île-de-France, à 17 km à l'ouest de Saint-Germain-en-Laye.
Château de style Louis XIII, il est situé à la limite entre Crespières et Davron.
Le nom de Wideville pourrait provenir du nom d'un compagnon de Guillaume Le Conquérant, Hugues de Guideville, qui aurait perdu son "g", pour donner Udeville, puis Videville en 1366. Le nom Wideville existe également en Angleterre.
Le domaine de Wideville appartient au XVIe siècle à René de Longueil, marquis de Maisons, gouverneur de Saint-Germain. Le domaine est vendu en 1579 par les héritiers de Pierre Picquet, trésorier de la reine de Navarre, à Benoît Milon, premier intendant des finances d'Henri III puis gestionnaire des finances de la Ligue. Il y fait construire le château actuel sur l'emplacement d'un ancien manoir, de 1580 à 1584, selon les plans des "maisons des champs" de Jacques Androuet du Cerceau, issus de son Livre d'Architecture [...] pour seigneurs, gentilshommes et autres qui voudront bastir aux champs. Le château est remanié en 1620 par Claude de Bullion, surintendant des finances de Louis XIII, qui fait redessiner et embellir les jardins en les agrémentant de fabriques. Un demi-siècle plus tard, Noël de Bullion agrandit le domaine et fait bâtir le colombier.
En 1870, le château est la propriété du Comte de Galard, qui y entreprend de sévères restaurations extérieures (ravalement des maçonneries) et intérieures (suppression de la vis, rénovations des peintures des solivages et faux enduits sur les murs et les voûtes), mais sans que soient modifiées les principales dispositions.
Parmi ses propriétaires célèbres, citons le duc d'Uzès (Jean-Charles de Crussol), la duchesse de Châtillon, et Bonabes VI Louis Victurnien Alexis, marquis de Rougé.
Il est actuellement la propriété du couturier italien Valentino Garavani.
Le logis possède quatre cheminées sculptées, attribuées à Mathieu Jacquet (fin du XVIIe siècle), dont l'une présente une peinture de nature morte à personnage par Louise Moillon (vers 1633).
Les pièces du rez-de-chaussé sont ornées de poutrelles anciennes peintes par Simon Vouet.
Les escaliers à vis et montée droite possèdent des balustrades en bois.
Isolé sur une plate-forme ceinte de fossés cantonné de petits bastions en brique qui rendaient inutiles les ailes en retour et le mur de clôture traditionnel, Wideville est composé d'un corps de logis unique animé d'un haut pavillon central et de deux petits pavillons latéraux aux extrémités des deux corps longitudinaux plus bas, formule héritée de Jacques Androuet du Cerceau.
Le plan de l'édifice s'apparente à ceux de Du Cerceau, dans la disposition symétrique des appartements (deux à chaque étage de part et d'autre des vestibules et des salles du pavillon central.
Il s'agit d'une élévation d'une grande simplicité. Les façades dont composées d'un parement en briques et les chambranles harpées des fenêtres sont en pierre blanche de Crespières. Le seul ornement réside dans la façade arrière avec deux travées de niches des tableaux laissés nus entre les baies. Elles avaient été garnies en 1630 des statues des quatre éléments de Jacques Sarrazin.
Les combles sont éclairés d'oculi à bossages chanfreinés, d'un type courant chez Du Cerceau. Ils alternent avec des lucarnes à fronton, à base interrompues et ailerons.
L'entrée se présente sous la forme d'un portique, au dessin proche de celui que Philibert de l'Orme réalisa en 1550 à Saint-Léger-en-Yvelines.