Manoir
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Introduction

un cossu manoir suédois

Un manoir (en latin : manerium) est la résidence ou la demeure (en latin manere : demeurer, rester) d'un noble, son logis seigneurial. Le bâtiment est parfois désigné aussi par « gentilhommière », l'habitation d'un « gentil », c'est-à-dire d'un noble de naissance.

Avec son allure de petit château (Un château est à l'origine une construction médiévale destinée à protéger le seigneur et à symboliser son autorité au sein du fief. Les premiers...) implanté sur un fief ou un « domaine », c'est donc bien souvent, dans un village (Un village est, à la campagne ou à la montagne, un ensemble d'habitations, de bâtiments à usages divers, de fermes... de proportion modérée...) ou un hameau (Un hameau (ou un écart) est un groupe d'habitations en milieu rural, généralement trop petit pour être considéré comme un village, et sans église. L'élément...), la bâtisse la plus vaste, la plus belle et la mieux équipée, puisque y habitait un hobereau, qui pouvait, contrairement à d'autres plus fortunés et puissants encore, ne pas disposer d'autres résidences telles qu'un hôtel particulier (Un hôtel particulier est un type de logement que l'on trouve en France, consistant en une maison luxueuse et vaste bâtie au sein d'une ville, en principe sur plusieurs étages, conçue pour...) dans la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être à moins de...) proche, plus confortable en hiver (L'hiver est une des quatre saisons des zones tempérées.).

On peut distinguer un manoir (Un manoir (en latin : manerium) est la résidence ou la demeure (en latin manere : demeurer, rester) d'un noble, son logis seigneurial. Le bâtiment est parfois désigné aussi par...) d'un château par le fait que l'exploitation agricole était essentielle pour le manoir et gérée directement par son seigneur, qui n'avait pas le privilège d'exercer des fonctions plus honorifiques, militaires ou administratives (acquises non par compétence mais par achat de « charges »).

Le manoir est donc aussi dans toutes les provinces et jusqu'à la Révolution française le centre décisionnel de la figure locale de la petite noblesse, faisant exploiter elle-même les terres de son domaine par « ses » paysans, ses plus proches voisins, « son » peuple (Le terme peuple adopte des sens différents selon le point de vue où l'on se place.).

Histoire

Fournebello, à Plouagat, est un élégant petit manoir breton du XVIe siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine...)

La construction de ces bâtiments remonte souvent au XVe siècle ou XVIe siècle, c'est-à-dire le siècle qui a suivi la fin de la guerre de Cent Ans, témoignant d'une prospérité retrouvée, même si toujours en proie (Une proie est un organisme capturé vivant, tué puis consommé par un autre, qualifié de prédateur.) à la crainte de troubles.

Un manoir avait généralement l'aspect identique à une maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble collectif.) forte ou à un château constitué d'un corps de logis et de dépendances formant (Dans l'intonation, les changements de fréquence fondamentale sont perçus comme des variations de hauteur : plus la fréquence est élevée, plus la hauteur perçue est...) les ailes entouré de champs, de fermes, de pâturages et de bois. Ce n'était en aucun cas un édifice à vocation militaire, donc pas un château fort, puisqu'il était interdit au vassal maître des lieux de l'équiper de tours et d'un donjon (Le donjon est la tour la plus haute d'un château fort, destinée à servir à la fois de point d'observation, de poste de tir et de dernier refuge si le reste de la...).

Par extension, le terme de « manoir » a pu désigner toute demeure de maître ou d'agrément, de quelque importance entourée de terres cultivées, de toute façon bien remarquable parmi toutes les autres habitations, « masures » ou « chaumières » occupées par le petit peuple, les manants, plus tard appelés « manouvriers ».

Plus rarement encore, des documents anciens, dans certaines régions, font état de « manoir non amasé », désignant une terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande...) sans maison (mas, masure ou maisière), parce que détruite depuis parfois un temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) indéterminé.

Le domaine du manoir était largement auto-suffisant et faisait commerce de certains surplus avec d'autres manoirs afin d'acheter le cas échéant quelques produits rares. Au gré du développement des marchés dans les villes du Moyen Âge, les manoirs commencèrent à se spécialiser dans certaines productions : fabrication de fromage, élevage de porcs, viticulture, culture (La définition que donne l'UNESCO de la culture est la suivante [1] :) des céréales ou des légumes, etc.

Le « maître » occupait le manoir avec sa famille, quelques domestiques et serviteurs.

Manoir transylvain près de Cluj

La population du domaine était composée essentiellement de paysans (c'est-à-dire de roturiers). Les terres étaient initialement peuplées principalement de serfs qui passaient une grande partie de leur temps à travailler la terre du seigneur en échange de sa protection. Les serfs possédaient ou exploitaient pour leur subsistance juste quelques bandes de terre dans des champs du manoir. Si le serf n'était pas un esclave, il n'était pas pour autant libre. Il ne pouvait se marier, changer de métier ou quitter le manoir sans la permission de son seigneur, mais il avait tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) de même quelques droits. Son statut était héréditaire et donc transmis à sa descendance. Sa terre ne pouvait lui être ravie dans la mesure où il remplissait ses obligations vis-à-vis de son seigneur. Si la relation entre seigneur et vassal peut sembler a priori comparable à celle de serf et seigneur, le Moyen Âge faisait une distinction nette (Le terme Nette est un nom vernaculaire attribué en français à plusieurs espèces de canards reconnaissablent à leurs calottes. Le terme est un emprunt au grec...) entre un contrat honorable visant à fournir au seigneur un service militaire et le simple travail fourni (Les Foúrnoi Korséon (Grec: Φούρνοι Κορσέων) appelés plus communément...) par le serf.

La technique agricole a tout de même fini par transformer la vie (La vie est le nom donné :) des serfs du Moyen Âge. Les rendements agricoles se sont accrus au fil du temps, ce qui a permis de faire commerce des surplus ainsi dégagés. De là, les serfs ont obtenu progressivement les moyens de racheter leur liberté. Pourtant, même si à l'aube du XIXe siècle, juste avant la Révolution, l'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme...) occidentale ne comptait que peu de serfs, la masse (Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un corps : l'une quantifie l'inertie du corps (la masse...) des ruraux, parfois encore confrontée à la famine, vivait localement dans un état d'extrême dépendance économique, sociale et « politique » vis-à-vis des puissants du manoir (le servage a perduré en Allemagne jusqu'à la deuxième moitié du XIXe siècle et est une des causes de l'émigration de la population pouvant racheter son droit de quitter une terre).

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