L'élixir d'or est une ancienne préparation pharmaceutique qui fut utilisée au XVIIIe siècle. Cet élixir a porté de nombreux noms différents et sa composition, d'abord tenue secrète, a varié au cours des époques et des préparateurs. Il s'agissait vraisemblablement à l'origine d'une préparation à base d'or, sous différentes formes chimiques, or colloïdal (de couleur pourpre) ou solution de chlorure aurique (de couleur jaune). Par la suite, on a subsititué le perchlorure de fer (FeCl3) (également de couleur jaune) au chlorure d'or dans la préparation de l'élixir.
On attribue son invention, en 1728, au diplomate Alexis Bestoujev-Rioumine, Grand chancelier impérial de Russie sous Élisabeth Ire. Le secret de sa fabrication fut vendu par le préparateur de Bestoujev au général La Motte. Ce dernier, après avoir modifié la formule originale de l'élixir (vraisemblablement en diminuant sa teneur en or, peut-être même en supprimant totalement ce métal qu'il remplaça par le perchlorure de fer ), l'introduisit et le commercialisa en France à un prix très élevé, ce qui fit sa fortune.
Particulièrement populaire à Paris sous le règne de Louis XV, la variété d'élixir d'or vendue par La Motte était administrée dans des indications thérapeutiques très larges sous forme de gouttes de deux sortes différentes : gouttes jaunes et gouttes blanches, d'où le nom donné aux gouttes du général La Motte d'« élixir d'or et blanc ».
Suivant les lieux et les époques, cette préparation a été connue sous les noms suivants :
D'innombrables autres dénominations de l'élixir d'or ont été répertoriées. Son nom habituel au XIXe siècle était : Teinture de Bestucheff et de Klaproth.
En 1728, le comte Alexis Bestoujev-Rioumine met au point la formule de l'« élixir d'or », une solution aqueuse ainsi nommée en raison de sa couleur jaune d'or. L'idée de cette préparation lui serait venue de la lecture de manuscrits du chimiste Böttcher, l'inventeur de la porcelaine allemande, qu'il avait trouvés à Copenhague où il se trouvait en poste trois ans auparavant. Pour préparer son élixir, Bestoujev se fait assister d'un chimiste nommé Lembke dont il surveille personnellement le travail. Certains médecins ayant prêté des vertus curatives au produit, celui-ci est d'abord distribué gratuitement, puis vendu au prix fort en Russie et dans d'autres pays sous le nom de teinture nervine jaune de Bestuchef. L'année même de la mise au point de l'élixir, Lembke, trahissant la confiance du comte, s'enfuit pour se rendre à Hambourg, où il vend le secret de sa préparation au général La Motte.