Infanticide
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Introduction

Le terme infanticide appartient au vocabulaire juridique et désigne à la fois le meurtre d'un enfant, particulièrement d'un nouveau-né, et l'auteur d'un tel acte.

Par extension, on parle également d'infanticide (Le terme infanticide appartient au vocabulaire juridique et désigne à la fois le meurtre d'un enfant, particulièrement d'un nouveau-né,...) en zoologie pour désigner la même pratique dans le règne animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire qu’il se nourrit de substances organiques. On réserve...).

Infanticide chez l'homme

Différents types d'infanticides

  • Le filicide, qui vient du latin filius (fils), est le meurtre par un père ou une mère de son propre enfant. Il peut également désigner le meurtrier. Dans certaines cultures, il arrive souvent à un parent d'assassiner sa fille lorsque l'on considère qu'elle a déshonoré sa famille (voir crime d'honneur). Le cas de Marie Noe et celui de la mère américaine Andrea Yates sont tous les deux des exemples de filicide.
  • Le néonaticide désigne l'homicide d'un enfant né depuis moins de 24 heures (L'heure est une unité de mesure  :). Ce crime est commis presque exclusivement par la mère de l'enfant.

Dans l'histoire

Infanticide dans l'Antiquité

En Grèce

Le βρεφοκτονία désignait le meurtre d'un enfant en bas âge commis soit par un de ses parents soit par une personne responsable de l'enfant. L'infanticide était considéré comme un homicide. Souillé par son acte, le criminel devenait un excommunié (προστρόπαιος ou αλάστωρ) forcé d'aller se purifier à l'étranger. La loi condamnait alors son auteur à l'exil et lui interdisait d'assister aux funérailles de sa victime.

L'infanticide était pratiqué à Sparte sur les jeunes garçons qui semblaient incapables de défendre la cité (La cité (latin civitas) est un mot désignant, dans l’Antiquité avant la création des États, un groupe d’hommes sédentarisés libres (pouvant avoir des...).

À Rome

Le droit romain ne disposait pas de terme technique propre pour désigner l'infanticide. Infanticidium et infanticidia, qui sont les racines étymologiques du mot en français, sont des termes qui viennent du bas latin. À Rome, on ne conservait en général que la fille aînée. La mention de deux filles dans une famille romaine est tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) à fait exceptionnelle. « Tous les juristes ont relevé ce qu’on appelle la disparition forcée des cadettes ». Chez les garçons, il fallait qu’il soit jugé chétif ou victime d’une malformation (Une malformation est une altération morphologique congénitale d'un tissu ou d'un organe du corps humain ou de tout être vivant.). Ce n’est qu’à la fin du IVe siècle que le droit de vie (La vie est le nom donné :) et mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus...) sur ses enfants est retiré au pater familias.

En ce qui concerne la vie du nouveau-né (Un nouveau-né est un enfant à partir de sa première heure de vie et jusqu'à 28 jours. De 28 jours à 2 ans, c'est un nourrisson.), le monde (Le mot monde peut désigner :) grec et romain, comme le rapporte R. Étienne, n’en ont jamais fait grand cas. « La médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal (physiologie), et cherchant à...) antique semble avoir fait peu de cas de la vie du nouveau-né. Hippocrate (Hippocrate le Grand ou Hippocrate de Cos (en grec : Ἱπποκράτης), né vers 460 av. J.-C dans l’île de Cos et mort vers 370 av. J.-C à...) pose comme naturelle la question de savoir « quels enfants il convient d'élever ». Soranos, sans s'émouvoir, définit la puériculture comme l'art de décider « quels sont les nouveau-nés qui méritent qu'on les élève ». Cette impitoyable sélection ne caractérise pas seulement une attitude scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.), mais également celle d'une société tout entière. En effet, Cicéron, que l'on ne peut accuser d'inhumanité, pensait que la mort d'un enfant se supporte aequo animo (d'une âme égale). Sénèque jugeait raisonnable la noyade (Une noyade est une mort par immersion prolongée dans un liquide, généralement de l'eau.) des enfants débiles et faibles. Tacite qualifie d'excentrique la coutume des Juifs à ne vouloir supprimer aucun nourrisson ; et quand Justin évoque le respect des chrétiens pour la vie de l'enfant il précise : « fût-il nouveau-né ». »

Infanticide au Moyen Âge

Infanticide contemporain

En Inde et en Chine

Après avoir été fréquent durant des siècles en Inde et en Chine, l'infanticide des filles reste pratiqué aujourd'hui, mais de manière marginale, dans ces deux pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas...). La naissance d’une fille est en effet considérée comme une honte, et en Inde, de plus, comme un désastre financier, puisque ses parents doivent, pour la marier, payer une forte dot. Depuis les années 1980, les parents sélectionnent donc les naissances par l’échographie et l’avortement, afin de donner le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale)...) à des garçons. Mais l’infanticide postnatal n’a pas totalement disparu : aujourd’hui, dans les campagnes de l'Inde, on trouve encore des bébés filles empoisonnées ou étouffées. En outre, les négligences volontaires dont elles sont l’objet (manque de soins et de nourriture) expliquent que les fillettes ont une mortalité infantile bien supérieure à celle des garçons.

Chez les indiens d'Amazonie (L'Amazonie est une région d'Amérique du Sud. C'est une vaste plaine traversée par l'Amazone et par ses affluents, et couverte sur une grande...)

Dans plusieurs tribus amazoniennes telles que les Suruuarras ou les Yanomamis, l'infanticide des individus très faibles ou mal formés évite à la communauté de porter le poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle est...) de membres qui seront très peu utiles à la vie du groupe. Chez les Suruuarras, l'exécution doit être effectué par les parents. Aujourd'hui certains anthropologues défendent cette pratique au nom de la culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de précision et de détail,...) indienne. Mais plusieurs députés du gouvernement brésilien ainsi que des membres d'organisations représentant des ethnies indiennes veulent voir interdire cette pratique.

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