La valeur efficace (dite aussi valeur RMS, de l'anglais Root Mean Square, ou moyenne quadratique) d'un signal périodique ou d'un signal aléatoire ergodique, est la racine carré du moment d'ordre deux du signal :
En électricité, la valeur efficace d’un courant ou d'une tension, variables au cours du temps, correspond à la valeur du courant continu ou de la tension continue produisant un échauffement identique dans une résistance. Cette valeur efficace ne peut être calculée que si ce courant ou cette tension sont des grandeurs périodiques.
Elle est notée I.
La valeur efficace de l'intensité i(t) d'un courant variable de période T se calcule par :
Elle est notée V.
Pour les régimes sinusoïdaux de tension et de courant (u(t) = Vmaxsin(t)), on peut montrer que la valeur efficace est égale à la valeur de crête (valeur maximale, Vmax) divisée par la racine carrée de deux :
L'explication mathématique réside dans le calcul de l'intégrale suivante :
Sachant que , il vient .
Les appareils qui mesurent l'intensité des courants électriques se nomment ampèremètres et ceux qui mesurent les tensions se nomment voltmètres. La mesure des valeurs efficaces a toujours été plus difficile donc plus coûteuse que la mesure des valeurs moyennes.
On peut décomposer les appareils capables de mesurer les valeurs efficaces en trois familles :
D'une manière générale, la bande passante de ce type d'appareil est toujours limitée à quelques centaines de hertz.
Ou à fer mobile.
Un champ magnétique est créé par un courant image de la grandeur (courant ou tension) à mesurer. Sous l'influence de ce champ magnétique, deux palettes en fer doux se repoussent avec une force dont l'intensité dépend de la valeur moyenne du carré du champ donc de la valeur efficace de la grandeur à mesurer.
C'est le principe qui était utilisé pour construire les wattmètres analogiques.
Une bobine fixe traversée par un courant i1 crée le champ magnétique. Une autre bobine mobile est traversée par un courant i2. Dans le cas des wattmètres, l'un des courants est l'image de la tension aux bornes du dipôle, l'autre est l'image de la tension à ses bornes.
Mais si ces courants sont proportionnels à la même grandeur (tension ou courant), la déviation obtenue dépend de la valeur efficace de cette grandeur.
Souvent les appareils de ce type pouvaient être utilisés en wattmètre, en voltmètre ou en ampèremètre.
Ces appareils étaient toujours destinés à la mesure en haute tension. Ils utilisaient les forces de répulsions s'exerçant entre des pièces mobiles soumises à des différence de potentiels de même signe.
Les appareils électrothermiques sont constitués d'un fil dont on mesure l'alongement par échauffement. Ce fil est une résistance pure et l'alongement est donc lié directement à la valeur efficace du courant qui le parcourt, le fil s'échauffe de la même façon que s'il était parcouru par un courant continu égal à cette valeur. De plus, comme il s'agit d'une résistance pure, il n'est pas influencé par la fréquence du courant alternatif. Leur principal "défaut" est qu'ils sont lents. Les phénomènes thermiques demandent du temps!
Parfois c'est très utile, ainsi la plupart des jauges à essence ou les indicateurs de température du liquide de refroidissement en automobile ou en moto utilisent cette technique. L'appareil indique une valeur qui ne change pas rapidement, cela évite que l'aiguille du réservoir indique un niveau changeant au gré des virages, des accélérations, des freinages, des montées et descentes...
On nomme voltmètre ou ampèremètre RMS ou TRMS des appareils numériques qui mesurent effectivement la valeur efficace et non pas la valeur moyenne de la valeur absolue multipliée par un coefficient comme le font les voltmètres numériques bas de gamme.