Raisons de la mise en service
Trois principales raisons ont poussé à la réalisation d'un tel site :
- la première est la volonté de rendre disponibles de plus en plus de ressources administratives en ligne. Cette volonté accompagne en France le mouvement général de développement de l'administration en ligne ou "e-gouvernement".
- La seconde est la prise en compte très précoce en France des exigences posées par la directive européenne INSPIRE (Infrastructure for spatial information in Europe).
- la troisième est le succès important qu'ont rencontré les projets Google Maps et Google Earth, qui rendent disponibles des images satellite de la quasi-totalité de la planète, ainsi que de nombreuses informations de toute nature et d'origines diverses.
Naissance du projet et difficultés de lancement
Le projet est lancé pendant l'été 2005 à l’IGN. À ce moment, l'échéance pour la mise en place du Géoportail est 2007.
Le 6 janvier 2006 à Metz, le Président de la République, Jacques Chirac, souhaite que le Géoportail soit mis en place au cours de l'année.
Début mars 2006, l’IGN lance une campagne de communication autour de la création du Géoportail.
Une « Charte du portail de l'information géographique publique » a défini une relation formelle entre une maîtrise d'ouvrage confiée à la Direction générale de la modernisation de l'État (DGME) et une maîtrise d'œuvre partagée entre l'Institut géographique national (IGN) en charge de la visualisation des cartes et le BRGM qui doit réaliser le Géocatalogue devant héberger les métadonnées permettant les recherches d'information.
Le lancement a eu lieu le 23 juin 2006, le site étant inauguré par Jacques Chirac en compagnie de Dominique Perben, Jean-François Copé et Nelly Olin.
Le lancement du site web, qui dans sa première version proposait simplement la visualisation de cartes en 2D, a notamment été marqué par une surcharge des serveurs due à une sous-estimation du nombre de visiteurs.
Dès la mise en ligne du site, les demandes de connexion ont dépassé de cinq fois les estimations des responsables, engendrant un blocage des serveurs (les demandes ont atteint des pics de 600 par seconde). Suite à ces problèmes, une page d'excuses a été mise en place le temps de multiplier les serveurs et les accès, tout en permettant à environ 3 000 internautes par heure d'accéder à la visualisation des photos. Une semaine plus tard, le site n'était toujours pas correctement accessible (temps de réponse très long et accès limité, et souvent injoignable même en pleine nuit).
Par contre, à partir du 1 juillet 2006, les temps de réponse deviennent satisfaisants et vers le 20 juillet 2006 l'ensemble du territoire est correctement visible en résolution maximale (50 cm par pixel).
Version 1
Dans cette première version, sont visualisables en 2D :
- l'orthophotographie de la France, dont une grande partie des DOM-TOM, avec une résolution numérique de 50 cm (pour les endroits les plus détaillés). Les zones rurales sont pour l'instant à une échelle maximum de 1:3 000 ;
- la cartographie au 1:25 000 quand elle est disponible.
En août 2006, il devient possible de naviguer à l'échelle 1:1 500.
Le site n'est toutefois pas à jour dans ses prévisions. Par exemple, il avait annoncé que la visualisation des îles Saint-Paul et Amsterdam serait disponible en septembre mais le 1 octobre elles n'étaient toujours pas visibles.
En novembre 2006, Le Figaro a révélé que les photos de l’IGN étaient déformées par rapport aux originales, et de moins bonne qualité que celles présentées sur le site des Pages jaunes : ainsi des bâtiments droits présentent des courbures sur Géoportail. La Direction générale de la modernisation de l'État (DGME) a demandé à ce que la version 2 de Géoportail ne soit plus bridée ainsi.
En février 2007, l'interface permet d'obtenir en France métropolitaine des informations sur les communes, les emplacements des repères géodésiques et des repères de nivellement, ainsi que les emplacements des photos aériennes de l’IGN disponibles à la vente. Certains départements permettent la visualisation du cadastre.
En avril 2007, sont ajoutées des cartes de localisation du phénomène d'avalanche sur une partie des Alpes et des Pyrénées.
Version 2
Le 24 mai 2007, la version 2 du Géoportail est accessible en version bêta, avec un nouveau moteur de navigation et une nouvelle ergonomie. Le 9 juin, le nouveau moteur a été mis en place de façon officielle, avec des couches de données supplémentaires.
Plusieurs profils de visualisation sont proposés : « Découverte », « Exploration » et « Expert », le plus complet étant « Expert ». Parmi les nouvelles données, l'orthophoto et les cartes du Système d'information du territoire genevois ont été ajoutées suite à un partenariat, le trait de côte avec le Service hydrographique et océanographique de la marine, etc.
Le maître d'œuvre technique pour quatre ans de cette phase est Atos Worldline, une filiale d'Atos Origin retenue suite à un appel d'offres. La cartographie réalisée à partir des bases de données est assurée par GeoConcept. La branche IGO de l'entreprise EEE est chargée d'adapter les données au format TerraExplorer de la société Skyline le 20 juin 2007.
En août 2007, le Géoportail propose la navigation 3D en bêta test, devenue version officielle en septembre 2007. Le logiciel de navigation est TerraExplorer de la société américaine Skyline Software Systems, qui ne fonctionne à cette date que sous Windows. La seule couche visualisable est celle des photos aériennes, plaquée sur le relief du terrain, sans exagération des altitudes et sans les bâtiments.
En décembre 2007, l'affichage des couches de cartes IGN, des parcelles cadastrales devient possible en 3D. Les surfaces bâties sont présentes en 3D « extrudé », mais sans habillage photographique des façades. Dans le même temps, le logo du site est modifié pour lui donner une apparence plus ludique. Le château de Versailles est visible avec une structure tridimensionnelle améliorée : toits en pente, et habillage des façades. Une nouvelle version du Géocatalogue s'appuie sur le moteur de recherche d'Exalead.
D'autres lieux apparaissent par la suite en 3D améliorée : Montbéliard et Hyères en janvier 2008, puis la Tour Eiffel et les Salines d'Arc-et-Senans.
À partir d'avril 2008, le logiciel TerraExplorer devient disponible pour Linux, puis pour Mac en juin 2008.
En juin 2008, L'IGN lance l'API Géoportail JavaScript; cette interface de programmation permet à des sites tiers d'inclure dans leurs pages des fenêtres cartographiques interactives dont les données sont fournies en ligne par les serveurs du Géoportail. L'API est largement utilisée dès l'été 2008 par une association hollandaise publiant une base exhaustive des campings en France. Au second semestre des associations de promotion de sports de plein-air utilisent aussi l'API. Au second semestre 2008 également, le site événementiel de la Présidence française de l'Union européenne publie la carte des événements en France au moyen de l'API Géoportail.
En 2008, la maîtrise d'ouvrage du Géoportail revient logiquement au Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du Territoire (MEEDDAT) qui exerce la tutelle de l'IGN et du BRGM pour le compte de l'Etat. La fusion de nombreuses directions sectorielles au sein du MEEDDAT permet ainsi d'optimiser la gouvernance du Géoportail.