Vitamine B9

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Introduction

Vitamine B9
Structure chimique de la vitamine B9
Général
Nom IUPAC
Synonymesacide folique

vitamine M

folacine
N CAS59-30-3
N EINECS200-419-0
Code ATCB03BB01
PubChem6037
SMILES
InChI
Apparencecristaux jaune orangé
Propriétés chimiques
Formule bruteC19H19N7O6
Masse molaire441,3975 ± 0,0197 g·mol
Propriétés physiques
T° fusion250 °C (décomposition)
Solubilité0,0016 mg·ml (eau, 25 °C),

1 % (eau bouillante);

Insoluble dans l'acétone, le chloroforme, l'éther, le benzène;

Relativement soluble dans l'acide acétique, le phénol, la pyridine, les solutions alcalines d'hydroxides et carbonates;

Légèrement soluble dans le méthanol, moins dans l'éthanol et le butanol;

Soluble dans HCl et H2SO4 dilués chauds
Propriétés optiques
Pouvoir rotatoire +23° (c = 0,5 dans NaOH à 0,1N)

+19,9° (c = 1 dans NaOH à 0,1N)
Précautions
Directive 67/548/EEC
Phrases S : 24/25,
SIMDUT
Produit non contrôlé
Écotoxicologie
DL10 000 mg·kg (souris, oral)

282 mg·kg (souris, i.v.)

85 mg·kg (souris, i.p.)
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La vitamine B9 (acide folique ou folacine) est une vitamine hydrosoluble aussi appelée vitamine M.

La vitamine B9 est un coenzyme participant à la synthèse des purines et des pyrimidines, constituants les acides nucléiques (ADN et ARN). La vitamine B9 intervient également dans la synthèse d'acides aminés (méthionine, histidine, sérine).

Biochimie

Les folates sont synthétisables à partir d'acide panthoténique et d'acide para-aminobenzoïque, mais leur principale source reste, pour nous, l'alimentation (notamment les plantes vertes fraîches et les organes parenchymateux comme le foie et les reins).
Ainsi que l'indique leur nom (folium: feuille en Latin), on les trouve principalement dans les feuilles, mais ils sont en réalité assez répandus.
À l'état naturel, ils sont souvent polyglutamylés (attachés à une ou plusieurs molécules de glutamate), et doivent s'en détacher pour pénétrer dans les cellules (sauf en cas de chimiothérapie au méthotrexate, ou de carence prolongée, auxquels cas les cellules peuvent assimiler des folates polyglutamylés).

Les besoins en acide folique et substances apparentées sont de l'ordre de 0,5 mg par jour.

C'est sous forme de dérivés tétrahydrofoliques que les folates exercent leur action de coenzymes dans de nombreuses réactions de transfert de C1, dont la synthèse de novo des purines ou du TMP(2'-déoxythymidine-5'-phosphate) à partir du dUMP (2'-déoxyuridine-5'-phosphate).

Les folates doivent auparavant être réduits, c'est-à-dire hydrogénés, en dihydrofolates (FH2) puis en tétrahydrofolates (FH4), par la folate réductase, et la dihydrofolate réductase respectivement.

Le tétrahydrofolate reçoit ensuite un groupe méthylène d'un des trois « donneurs de carbone » (sérine, glycine, formaldéhyde) pour former le N5-N10 Méthylène tétrahydrofolate (CH2=FH4) . La sérine est le donneur le plus souvent utilisé chez l'homme.

Le méthylène tétrahydrofolate peut connaître trois destinées différentes :

  • réduction en N5-N10 méthényl tétrahydrofolate, puis en N10 formyl tétrahydrofolate, donneur de carbone dans la voie de la synthèse de novo des purines
  • Voie de la Méthylène tétrahydrofolate réductase : réduction en N5 Méthyl tétrahydrofolate (CH3–FH4), donneur de méthyl pour la régénération de méthionine à partir de l'homocystéine. Le transfert du méthyle nécessite chez l'homme un relais par la cyanocobalamine, ce qui explique leur co-administration fréquente. Lorsque la méthionine n'est pas régénérée, outre l'épuisement du pool de vitamines, et de la synthèse de nucléotides se manifestant, entre autres, par une anémie mégaloblastique, on assiste à toute une série de complications se manifestant par des neuropathies, des troubles de fermeture du tube neural, ..., une atteinte hépatique,... La carence folique a été récemment incriminée dans la recrudescence de cancers dans le troisième âge.
  • formation de désoxythymidine monophosphate à partir de désoxyuridine monophosphate.

En résumé :

F → FH2 → FH4 → CH2=FH4 → réactions de méthylation

Effets médicaux

Anémie

Un déficit en folates entraîne essentiellement une anémie qui se caractérise par une taille augmentée des hématies (anémie macrocytaire).

Dans le traitement des anémies macrocytaires, l'acide folique et la vitamine B12 ont tous deux leur place. Mais l'acide folique ne peut ni prévenir, ni guérir les complications touchant le système nerveux central.
L'acide folique sera indiqué chez les patients à formule sanguine mégalocytaire. Il est admis d'autre part que la vitamine B12 catalyse la synthèse de la thymidine, substance importante pour le métabolisme des nucléotides. La thymidine est formée à partir de la thymine, dont la synthèse est catalysée par l'acide folique. C'est pour cette raison que l'acide folique est combiné à la vitamine B12 pour le traitement des anémies normochromes macrocytaires avec moelle osseuse mégaloblastaire.

Grossesse

Les folates sont nécessaires dans la division et le maintien cellulaire. Un apport est donc crucial pendant les périodes de croissance accélérée, comme l'enfance et la grossesse. La supplémentation en folates durant le premier trimestre de la grossesse diminuerait significativement le risque de certaines malformations. Les recommandations actuelles sont une supplémentation de 0,4 mg en folates avant la conception (au moins un mois avant et deux mois après) pour la prévention des anomalies de fermeture du tube neural. Le dosage peut être réévalué à la hausse (5 mg) pour les femmes ayant des antécédents d'AFTN. (fente labiale, anomalies de fermeture du tube neural).

Cette supplémentation pourrait également diminuer, de manière faible, le risque de survenue d'une malformation cardiaque grave.

Dépression

Selon une étude anglaise, un taux d’acide folique bas augmenterait le risque de dépression nerveuse de 55 %. La dépression serait selon l’OMS une des maladies les plus fréquentes dans le monde et la deuxième cause d’invalidité. « L’acide folique est un complément alimentaire banal et bon marché. Si le risque de dépression associé à un faible taux d’acide folique est confirmé par des études cliniques, il est tout à fait probable que soient mises en place au niveau communautaire des campagnes de supplémentation, comme c’est le cas avec la farine au Canada, et d’information visant à améliorer les apports globaux en cette vitamine » concluent les auteurs.

Sénilité

L'effet freinateur sur les déficits cognitifs de la personne âgée est beaucoup plus controversé. Il semble cependant qu'une supplémentation artificielle en acide folique pendant une longue durée sur une population âgée dont la nutrition est carencée en cette vitamine pourrait sensiblement en améliorer l'état cognitif. Les folates permettraient également de diminuer les problèmes d'audition chez la personne âgée.

Cancer

La supplémentation en folates a des effets controversés en prévention des cancers, des études montrant un effet bénéfique, nul , ou même, délétère, en association avec la vitamine B12.

Autres effets

L'administration de folates diminue le taux d'homocystéine dans le sang ce qui pourrait abaisser le risque de certaines maladies cardio-vasculaires. Ainsi, il semble que la prise de folates au long cours pourrait diminuer de près de 20 % le risque d'accident vasculaire cérébral.

Les folates étant un facteur de croissance universel, plusieurs drogues ont été conçues pour interférer avec son métabolisme :

  • en microbiologie :
  • les sulfamidés sont des inhibiteurs compétitifs de l'acide para-aminobenzoïque dans la réaction de la dihydroptéroate synthétase
  • le triméthoprime inhibe la dihydrofolate réductase bactérienne. Néanmoins, il inhibe chez certaines personnes la réductase humaine.
  • en parasitologie :
  • la pyrimethamine, agent anti-malarique, inhibe à la fois la folate et la dihydrofolate réductase des plasmodies
  • en cancérologie :
  • le méthotrexate, le permextred, le lométrexate, le trimétrexate sont autant d'inhibiteurs de la dihydrofolate réductase humaine

Interaction

Il faut savoir que l'administration d'un excès d'acide folique chez un malade qui est carencé en vitamine B12 peut aggraver sérieusement les symptômes de carence en B12, et notamment les dégâts neurologiques.

Alimentation

Les aliments riches en vitamine B9 sont, entre autres :

  • la levure (3 900 μg pour 100 g) ;
  • les petits pois (350 μg par tasse) ;
  • les haricots blancs sec, les germes de blé, la farine de soja (250 à 350 μg pour 100 g) ;
  • toutes les fèves (125 à 290 μg par tasse) ;
  • les épinards, les lentilles, le cerfeuil, le cresson (180 à 265 μg pour 100 g) ;
  • les foies : le foie gras est la source la plus importante d’acide folique (500 à 700 μg pour 100 g). Mais on en trouve également de grandes quantités dans le foie d’agneau, de veau ou de bœuf (180 μg pour 90 g) ;
  • les asperges (175 μg par tasse) ;
  • le jaune d'œuf cru, la mâche, les noix, le muesli, les céréales au son, le fromage de chèvre sec (130–170 μg pour 100 g) ;
  • le brocoli (80 μg par tasse) ;
  • la laitue romaine (75 μg par tasse) ;
  • le melon cantaloup (45 μg pour 1/2 melon cantaloup) ;
  • les poires (10 μg pour 100 g) ;
  • les herbes aromatiques telles que la menthe, le romarin ou l’origan.

La vitamine B9 est particulièrement recommandée aux femmes enceintes, surtout au début de la grossesse et idéalement, plusieurs mois avant qu'elle ne débute : 400 μg par jour.

Selon l'AFSSA, les besoins quotidiens définis pour « minimiser les risques au cours de la grossesse et les risques cardiovasculaires » sont estimés à 300 μg par jour pour la femme, et 330 μg par jour pour l'homme.