| Donna Haraway | |
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| Naissance | 1944 Denver, Colorado |
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| Profession(s) | Philosophe des sciences |
| Autres activités | Professeur à l'Université de Californie à Santa Cruz |
| Formation | Philosophie, biologie |
Donna J. Haraway (née le 6 septembre 1944 à Denver, Colorado) détient la chaire d'histoire de la conscience à l'Université de Californie à Santa Cruz. Elle est l'auteur de plusieurs livres sur la biologie et le féminisme.
Haraway est diplômée de zoologie et de philosophie de l'université du Colorado, et a reçu une bourse de la Boettcher Foundation. Elle a vécu un an à Paris pour étudier les philosophies de l'évolution avant d'achever sa thèse au département de biologie de Yale en 1972. Sa thèse portait sur les fonctionnements de la métaphore en tant que modelant la recherche en biologie environnementale au vingtième siècle.
Haraway a donné des cours d'études du genre (gender studies) et de science générale à l'université d'Hawaii et à l'université Johns Hopkins. Elle s'est notamment intéressée à la différence entre les observations faites par des femmes primatologues en comparaison avec les théories édifiées par les hommes primatologues.
En septembre 2000, Haraway a été récompensée de la plus haute distinction donnée par la Society for Social Studies of Science, le prix J. D. Bernal, pour l'ensemble de son apport au domaine.
Au sein du mouvement féministe, Harraway s'est opposée, aux côtés de Judith Butler, non seulement à l'essentialisme, qui prétend affirmer l'universalité d'une essence de « la femme », mais aussi le « modèle jurisprudentiel du féminisme » popularisé par Catharine MacKinnon, qui militait pour l'interdiction de la pornographie en l'assimilant à une forme de hate speech (« discours haineux »).
Elle est surtout connue pour son essai « A Cyborg Manifesto: Science, Technology, and Socialist-Feminism in the Late Twentieth Century » (version originale) et (en français), publié dans son livre Simians, Cyborgs and Women: The Reinvention of Nature (1991). Elle y emploie la métaphore du cyborg pour expliquer que les contradictions fondamentales de la théorie féministe et identitaire devraient être conjointes au lieu d'être résolues, ainsi que la machine et l'organique dans les cyborgs. L'idée de cyborg déconstruit les binarismes de maîtrise et manque de maîtrise du corps, objet et sujet, nature et culture, dans un sens qui soit utile à la pensée féministe postmoderne. Haraway montre à travers cette métaphore que des choses qui semblent naturelles, comme le corps humain, ne le sont pas : elles sont construites par nos idées sur elles. Cette idée a un intérêt certain pour le féminisme, dans la mesure où les femmes sont souvent réduites à des corps. C'est aussi une critique de l'essentialisme qui subvertit l'idée de naturalité et l'artificialité, le cyborg étant un être hybride.
En outre, Harraway plaide pour une « politique des affinités » contre une politique identitaire féministe, soulignant les multiplicités à l'œuvre dans le mouvement féministe (« femmes de couleur », etc.) et refusant l'idée même d'un « état féminin ».