L'objectif d'une masse critique est variable, n'allant parfois pas au-delà de la rencontre, la sociabilité et l'évènement, avec la création d'un espace public d'où les automobiles sont exclues pour laisser place aux citadins, aux alternatives parfois festives.
D'autres masses critiques peuvent être axées sur un thème : montrer les aménagements ou l'absence d'aménagements pour les cyclistes, les problèmes de sécurité, rendre visible et promouvoir l'utilisation de moyens de transports non polluants, faciliter la cohabitation des usagers de la route...
Les masses critiques sont souvent liées au mouvement écologiste, qui estime que l'usage privé de l'automobile est une catastrophe pour l'environnement local et global, ou liées au mouvement citoyen de réappropriation de l'espace public urbain, pour des conditions de qualité de vie tant au point de vue social que physique.
Suivant les participants les masses critiques peuvent être festives, revendicatrices. Elles peuvent pratiquement initier à la désobéissance civile, pour mettre en évidence les règles jugées dangereuses ou inadéquates pour les usagers faibles de la route.
Après avoir été bloqué dans sa limousine par une masse critique, le maire de San Francisco, Willie Brown, leur déclare la guerre : il exige que tous les participants soient arrêtés et commence une polémique par presse interposée, qui aboutit à la remise en question de la masse critique suivante du mois de juillet. Le maire refusant de rencontrer les cyclistes, un groupe de leaders autoproclamés essaye d'établir un semblant d'ordre et la presse diffuse un itinéraire pseudo « agréé ». Le vendredi, le maire essaye de s'adresser à la foule au point de rendez-vous mais est réduit au silence. La masse suit durant un pâté de maison l'itinéraire supposé puis dévie « downtown ». L'événement se transforme en bataille cycliste contre motoriste, en bicyclettes démolies, menant à plus de 200 arrestations.
Après cet événement, la renommée des masses critiques est faite : certains auteurs (dont Naomi Klein) situent la naissance des masses critiques en 1997.