Une masse critique (de l'anglais critical mass, terme également utilisé en français) est une manifestation à bicyclette (ou tout autre moyen de transport sans moteur, tels les patins, les planches à roulettes, etc.), organisée simultanément le dernier vendredi du mois dans plus d'une centaine de villes dans le monde.
Le mouvement a démarré à San Francisco : la première masse critique y eut lieu le 25 septembre 1992 avec une cinquantaine de participants. Le mouvement est devenu international et des masses critiques sont maintenant organisées en Amérique du Nord, Europe, Australie, Asie et Amérique Latine. L'ampleur des masses critiques peut varier d'une centaine à quelques milliers de participants dans chaque ville. Les masses critiques se déroulent en milieu essentiellement urbain. On estime qu'il y a actuellement 325 villes où elles sont organisées. Ce mouvement se rattache aux mouvements environnementalistes et aux mouvements altermondialistes, notamment au mouvement Reclaim the streets ou, en France, au mouvement Vélorution.
Il semble que le terme « masse critique » vienne d'une observation du trafic routier en Chine, où sans feux de signalisation aux croisements, les cyclistes attendent d'être assez nombreux, de faire masse pour s'engager et traverser ensemble. On retrouve une scène de ce genre dans le documentaire de Ted White Return of the Scorcher (1992).
Ce terme est inspiré très librement du concept en physique de masse critique pour mettre l'accent sur certains seuils à partir desquels des phénomènes physiques peuvent avoir lieu (voir l'article percolation pour plus de précisions).
Partant de ce principe, les constats sont les suivants:
De ces constats découlent des slogans habituels de ce mouvement :
À l'origine, les critical masses sont des manifestations auto-organisées (on utilise fréquemment le terme de « coïncidence organisée ») avec une structure en rhizome plutôt que hiérarchique, sans leader, organisateur et sans affiliation de membre, initiées par un simple rendez-vous donné à un lieu donné. À la dernière minute, des volontaires se proposent pour se placer en tête de groupe afin de sécuriser les carrefours. Parfois, la route peut être décidée par vote quelques jours auparavant entre plusieurs itinéraires suggérés ; sinon, elle est choisie le jour même, au hasard des évolutions dans la ville.
Ces méthodes libèrent le mouvement des masses critiques d'une structure hiérarchique, de réunions, de politique interne, etc.
Quand elles sont préparées, ce sont généralement des organisations environnementales ou des associations de cyclistes qui prennent en charge et promeuvent les masses critiques, qui peuvent alors se dérouler avec un parcours balisé avec action spectaculaire dans des lieux de trafic important, des itinéraires choisis avec un thème, un accompagnement d'un service d'ordre. Les points de rendez-vous sont parfois indiqués sur Internet, des sites reprenant les adresses des différentes villes où des masses critiques sont organisées.