Norme
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Sciences humaines

Philosophie

En philosophie, une norme est un critère, principe discriminatoire auquel se réfère implicitement ou explicitement un jugement de valeur.

Par la volonté de certains acteurs, ou tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) simplement de par son éducation et par le jeu de ses habitudes, l'être humain a tendance à édicter des normes précisant ce qui est normalement attendu et ce qui ne l'est pas. Ces normes varient fortement avec les époques, les individus et de manières plus générales les sociétés.

Caractéristiques

Une caractéristique majeure des normes est que, au contraire des propositions, elles ne sont ni vraies ni fausses puisqu'elles ne proposent pas de décrire quelque chose, mais de prescrire, de créer ou de changer certaines caractéristiques d'une chose.

Si elles ne proposent pas de décrire la validité d'une assertion (Dans la langue française, le mot assertion (n,f) représente une vérité absolue : il définit une proposition reconnue comme vraie. -> voir Wiktionary), alors on ne peut pas lui attribuer des critères de réussite ou d'échec. Suivre la norme (Une norme, du latin norma (« équerre, règle ») désigne un état habituellement répandu ou moyen considéré le plus souvent comme une règle à suivre. Ce terme...) n'est pas une philosophie mais repose sur la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) d'un consensus. Si une personne veut être guidée par une éthique véritable, elle ne peut généralement pas utiliser cette méthode.

Réflexions sur la norme

La norme sous-entend une notion de pouvoir. En effet, pour qu'une norme, une règle de vie (La vie est le nom donné :) entre en vigueur dans une société, elle doit être acceptée par la majorité (loi du plus grand nombre) ou imposée par un pouvoir.

Dans la marge

Une personne vivant hors de la norme est rejetée par l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...). Elle se retrouve alors dans la marge. La personne est ostracisée. Les normes sont bien souvent inscrites dans l'inconscient collectif. Dès qu'une personne n'entre pas dans le moule, une personne ou un groupe, parfois même de façon inconsciente, va rejeter cette personne. Cela va jusqu'à ressentir de l'antipathie pour une telle personne. Sans qu'on s'en rende compte, c'est la notion de l'inconscient collectif qui entre ici en ligne de compte. Par exemple, la norme de la société demeure encore le couple traditionnel est constitué d'un homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme...) et d'une femme. Ce couple fait face à une personne seule dont il sait l'histoire personnelle. Inconsciemment, il adoptera des comportements discriminatoires.

La marge, l'ostracisme, la persécution sont des notions se rapportant à la norme. Par le passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose...), l'excommunication permettait à l'Église (L'église peut être :) catholique de rejeter la personne qui ne se pliait pas à ses normes. Même si la religion a nettement reculé, la norme est encore aussi forte. Elle ne s'appelle plus au péché. Elle n'est plus brandie par l'Église. La norme aujourd'hui c'est la sécularisation, l'amour libre. Les normes varient donc d'une époque à l'autre. Le procédé demeure le même. Pour bien vivre en société, il faut en accepter ses normes. (Qu'est-ce que la norme ?).

Éthique normative

En éthique, il existe une discipline qui s'appelle l'éthique normative, qui vise à établir des normes concernant l'examen critique des fondements et formes de l'action juste. Il s'agit de textes fondamentaux qui peuvent s'appliquer à des domaines plus particuliers en relation avec l'éthique appliquée (voir par exemple éthique sociale).

L'éthique normative a des rapports avec le droit.

Culture (La définition que donne l'UNESCO de la culture est la suivante [1] :)

La culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de précision et de...) est un domaine particulièrement difficile à normer, en raison précisément de la diversité culturelle des populations et communautés humaines qui habitent la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour...).

L'Unesco a établi des listes de patrimoines mondiaux, puis défini plus récemment des instruments normatifs.

Listes de patrimoines mondiaux

Les efforts de protection du patrimoine culturel menés depuis le XIXe siècle, tout d'abord en France (Prosper Mérimée), puis de manière mondialisée par l'Unesco (dont le siège est à Paris) à partir de 1945 ont abouti à la définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.) de plusieurs listes du patrimoine mondial :

  • la liste du patrimoine mondial (1972),
  • la liste Mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.) du monde (Le mot monde peut désigner :) (1992),
  • le patrimoine oral et immatériel de l'humanité (1997).

Instruments normatifs sur le patrimoine culturel

Les critères ayant été identifiés par l'UNESCO pour structurer les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) qui sont à la base de ces listes ont permis d'élaborer une déclaration universelle sur la diversité culturelle, qui sert de base à des instruments normatifs pour définir un patrimoine culturel immatériel, autrement dit géré sous une forme électronique.

Plus de détails, voir : Instruments normatifs de l'Unesco sur les cultures et traditions

Linguistique

En linguistique, les normes d'usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) d'une langue sont constituées par l'orthographe et la grammaire. Ces normes sont consignées dans des dictionnaires et des ouvrages de grammaire.

Les normes linguistiques varient beaucoup selon les langues. La langue française dispose d'une tradition importante dans la normalisation de la langue.

La norme est partagée entre grammaticalité et acceptabilité.

Historique de la normalisation de la langue française

Au XVIe siècle, François de Malherbe chercha à rendre le français plus compréhensible en proscrivant, au nom de la pureté et de la clarté, des fantaisies individuelles, des tournures, des mots, des emplois de mots et d'usages à restriction géographique ou sociolinguistique.

À la même époque, la langue française devint la langue officielle du droit et de l'administration en France, par l'édit de Villers-Cotterêts, signé en 1539 par François Ier, ce qui se traduisit par la mention explicite du français dans la constitution (voir Constitution de 1958, article 2).

Les règles de grammaire ont été fixées par des grammairiens tels que Vaugelas. L'Académie (Une académie est une assemblée de gens de lettres, de savants et/ou d'artistes reconnus par leurs pairs, qui a pour mission de veiller aux usages dans leurs disciplines respectives et de publier des...) française a été créée (1635) afin de jouer un rôle de contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) et de normalisation sur les mots et leur usage.

Les travaux en logique (La logique (du grec logikê, dérivé de logos (λόγος), terme inventé par Xénocrate signifiant à la fois raison, langage, et...) et en linguistique des jansénistes de Port-Royal eurent un impact très important sur la langue française. La Révolution française a amplifié cette rupture, l'Académie française ayant été fermée pendant dix ans entre 1795 et 1805. Pendant cette période, Destutt de Tracy (école des idéologues) intervint également en linguistique.

On passa de la sorte du français classique au français moderne. Michel Foucault (Paul Michel Foucault, né le 15 octobre 1926 à Poitiers et mort le 25 juin 1984 à Paris, est un philosophe français. Il fut, entre 1970 et 1984, titulaire d'une chaire au...) analyse sur un plan épistémologique ce passage, avec le changement de sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution progressive allant du ralentissement du...) des mots (voir les mots et les choses).

Aujourd'hui, la langue française est considérée comme l'une des six langues officielles reconnues au niveau international par les Nations Unies.

L'Académie française a conservé son rôle de contrôle et de normalisation de la langue française, en support à la culture française. Ce rôle présente certaines particularités dans le domaine du langage employé dans les technologies de l'information, car les mots anglais apparaissent très rapidement, et peuvent être francisés (ou non) selon l'intérêt et la durabilité de leur usage.

Exemples (informatique), l'académie française et le ministère de la culture recommandent :

  • d'utiliser le terme bogue, et non bug. Ce fut sans doute l'approche de l'an 2000 qui a poussé à cette francisation. Le terme français apparut un peu avant le passage informatique (L´informatique - contraction d´information et automatique - est le domaine d'activité scientifique, technique et industriel en rapport avec le...) à l'an 2000.
  • d'utiliser le terme courriel, plutôt que e-mail.

Cependant, ces recommandations sont dans les faits peu suivies, et les mot empruntés à l'anglais largement employés au détriment des néologismes français.

Aujourd'hui, le Bon Usage de Maurice Grevisse fait référence sur l'usage de la langue française en ce qui concerne la grammaire.

Gestion des langues, normes sémantiques

La normalisation dans la gestion des langues est un thème difficile, pour les organisations internationales, les États, et les entreprises (voir multilinguisme).

Sur le plan international, et aux Amériques notamment, il existe des initiatives pour normaliser la gestion des langues.

Il est nécessaire de procéder à une normalisation des règles sémantiques. Celle-ci passe par la définition de mots-clés (ou balises, ou tags) employés dans les ressources numériques par les langages sémantiques (dits de balisage, comme HTML et XML par exemple), qui permettent d'accéder aux ressources dans différentes langues.

Certaines balises jouent un rôles pus important que d'autres (métadonnées, metatags). La langue est ainsi un paramètre (Un paramètre est au sens large un élément d'information à prendre en compte pour prendre une décision ou pour effectuer un calcul.) très important à gérer sur la Toile dans le cadre du Web sémantique (Le Web sémantique désigne un ensemble de technologies visant à rendre le contenu des ressources du World Wide Web accessible et utilisable par les programmes et agents logiciels, grâce à un système de métadonnées...).

La normalisation des documents et de la langue passe par la définition de schémas de classification, dont la complexité (La complexité est une notion utilisée en philosophie, épistémologie (par exemple par Anthony Wilden ou Edgar Morin), en physique, en biologie (par exemple par Henri Atlan), en sociologie, en informatique ou en sciences...) sera adaptée au sujet à traiter.

Les normes sur la langue sont décrites dans Langue (métadonnée).

Sociologie

Une norme, au sens sociologique du terme, représente un comportement généralement observé dans un contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept...) donné.

La conception de normalité ou d'anormalité en sociologie est vierge de tout jugement de valeur et se rapporte plutôt au concept sociologique de déviance.

Il existe deux types de normes en sociologie. La première, la norme formelle, est une loi ou une règle officielle régie par des personnes influentes. La seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La...), la norme informelle, est une façon de se comporter dans la société qui n'est pas obligatoire, mais dont les membres de la collectivité trouvent nécessaire à son bon fonctionnement.

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