La paroisse de Saint-Tugal est située à Laval en Mayenne. Son existence était liée à la présence du chapitre et de la collégiale Saint-Tugal de Laval.
Son établissement avait été la source d'une multitude de procès et de démêlés avec les curés de la Trinité de Laval. Les individus qui étaient paroissiens de Saint-Tugal, en quelque paroisse de la ville qu'ils habitassent étaient :
Il n'est pas facile de savoir quelle était la population de la paroisse de Saint-Tugal. André René Le Paige dit qu'elle était de 150 communiants; mais on ne peut pas s'en rapporter beaucoup à ses chiffres, car il porte le nombre des communiants de la Trinité à 12 000 et ceux de Saint-Vénerand à 6 000, ce qui paraît exagéré. Au contraire, il paraît au-dessous de la vérité pour Saint-Tugal.
Les deux châteaux seuls renfermaient beaucoup d'habitants. Ils servaient de logement aux principaux officiers du seigneur ; intendant, premier juge , procureur fiscal; le notaire du seigneur, le garde général des forêts, etc., et des officiers inférieurs y logeaient aussi.
Le territoire formant la paroisse de Saint-Tugal n'était point, comme pour presque toutes les autres , une certaine étendue de terrain enfermée dans les limites déterminées ; ce n'étaient que des maisons et des jardins épars dans le territoire de la Trinité de Laval et n'étant point contigus les uns aux autres.
Une circonstance heureuse et imprévue a fait découvrir à Isidore Boullier un plan très-bien fait de cette singulière paroisse; il paraît avoir été dressé dans la dernière moitié du XVIIIe siècle. D'après ce plan , voici de quoi se composait la partie territoriale de cette paroisse :
Le curé de Saint-Tugal était un simple chapelain qui avait été chargé des fonctions pastorales, mais qui n'avait pas été exemplé pour cela de ses devoirs comme chapelain. Il était donc tenu d'assister comme les autres à tous les offices ; mais il était exempt de la puncte quand il s'absentait pour ses fonctions curiales, et n'en touchait pas moins sa part des distributions. Du reste il avait une position peu élevée , se trouvant seulement le premier des chapelains, et dans une infériorité très-marquée vis-à-vis des chanoines. Il ne remplissait même que les fonctions curiales les moins honorables, les chanoines s'étant réservé les plus importantes. Dans plusieurs pièces il est mention des petites sépultures que fait le curé; ce qui indique qu'il n'était chargé que de celles de la dernière clause. Il paraît qu'il en était de même pour les baptêmes, et que le chapitre faisait ceux des enfants appartenant à des familles distinguées.