Symptôme
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Introduction

Un symptôme représente une des manifestations subjectives d'une maladie ou d'un processus pathologique, tel qu'exprimé par le patient. En général, pour une pathologie donnée, les symptômes sont multiples. Inversement, un même symptôme (Un symptôme représente une des manifestations subjectives d'une maladie ou d'un processus pathologique, tel qu'exprimé par le patient. En général, pour une pathologie donnée, les symptômes sont multiples....) peut très souvent être attribué à différentes maladies : on ne peut donc conclure automatiquement d'un symptôme (par exemple, avoir mal à la gorge) à une maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) (par ex., la grippe) ; c'est commettre le sophisme de l'affirmation du conséquent.

Ils s'opposent aux signes cliniques, qui sont des manifestations objectives de la maladie, relevées par le médecin (Un médecin est un professionnel de la santé titulaire d'un diplôme de docteur en médecine. Il est chargé de soigner les maladies, pathologies, et blessures de ses patients. Son...).

Les symptômes sont donc pour le patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.) les éléments d'alerte d'un processus pathologique en cours, motivant ainsi le recours à une consultation médicale permettant d'objectiver la plainte en retrouvant des signes, qui, rassemblés en syndrome (Un syndrome est un ensemble de signes cliniques et de symptômes qu'un patient est susceptible de présenter lors de certaines maladies, ou...) puis en maladie, permettront de guider l'attitude thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.).

Étymologie

Du grec συμπίπτω, « rencontrer ». Le mot σύμπτωμα, en grec, signifie accident, coïncidence; il est constitué du préfixe σύν "avec" et de πίπτω, "arriver, survenir". Le symptôme est donc, à l'origine, ce qui survient ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un tout »,...), ce qui "concourt" ou "co-incide", au sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une...) littéral du terme.

Psychologie sociale

Du point (Graphie) de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) psychosociologique, le symptôme est la façon particulière dont un individu (Le Wiktionnaire est un projet de dictionnaire libre et gratuit similaire à Wikipédia (tous deux sont soutenus par la fondation Wikimedia).) trouve sa place dans le monde (Le mot monde peut désigner :) et règle son rapport à celui-ci, en fonction des contraintes et des stimulations psychosociales qui lui parviennent. Le symptôme est un prolongement de la personnalité, qui permet à cette dernière d'appréhender le monde mais aussi de s'en distancier, par un ensemble de protections constitutives dudit symptôme.

Ainsi le symptôme est-il, du point de vue du sujet :

  • stratégie (La stratégie - du grec stratos qui signifie « armée » et ageîn qui signifie « conduire » - est :) d'individualisation,
  • matériau (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets. C'est donc une matière de base...) de la personnalité,
  • interprétation continue du monde,
  • modalité comportementale dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :),
  • dispositif protecteur du Moi (ou ego),
  • routine pathologique sitôt qu'il étouffe la créativité du sujet ou porte atteinte à l'intégrité d'autrui.

En situation

Par exemple, dans l'arthrose (L'arthrose est une maladie qui touche les articulations, on l'appelle aussi arthropathie chronique dégénérative.) de hanche (La hanche ou articulation coxo-fémorale est une articulation (énarthrose) qui permet de joindre la cuisse au bassin. Elle met en jeu deux os : l'os iliaque et le fémur.), le patient peut se plaindre de problèmes à la marche (La marche (le pléonasme marche à pied est également souvent utilisé) est un mode de locomotion naturel. Il consiste en un déplacement en appui alternatif sur...) (symptôme), ce que le praticien objectivera en retrouvant des limitations de la mobilité de la hanche (signe physique), parfois associés à des anomalies sur les radiographies du bassin (signe radiologique).

Exemples de symptômes : voir Liste des symptômes en médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son...) humaine

Psychanalyse

Exemples

Le symptôme peut être une manifestation somatique : une paralysie (La paralysie ou plégie est une perte de motricité par diminution ou perte de la contractilité d'un ou de plusieurs muscles, due à des lésions de voies nerveuses ou des muscles : si le phénomène est incomplet,...), des troubles du langages.

Il peut être aussi une manifestation psychique : angoisse, hydrophobie.

Historique

1/ En étudiant le cas d'Anna O. (Bertha Pappenheim), une hystérique soignée par Joseph Breuer grâce à la méthode cathartique, Freud a d'abord vu dans le symptôme un résidu mnésique d'expériences émotives (c'est-à-dire de traumatismes psychiques).

2/ Ensuite, en formulant sa nouvelle compréhension du système psychique, il a interprété différemment le symptôme.

L'appareil psychique est composé de différentes instances en conflit : le moi, le ça et le surmoi. Quand une représentation (pulsionnelle) tombe sous le coup d'un interdit, elle est refoulée dans l'Inconscient par la censure opérée par le moi, mais jamais anéantie. Un processus alors de tentative de réappartition des éléments refoulés se met en place : c'est le retour du refoulé. Il y a plusieurs façon de déjouer la censure : le rêve, les lapsus, les oublis et les actes manqués ou bien les symptômes. Ces formations substitutives sont des formes de déguisement de la représentation, rendus acceptables pour la conscience pour pouvoir réinvestir son champ (Un champ correspond à une notion d'espace défini:). Ainsi, ils permettent la satisfaction du désir sans éveiller la censure en formant (Dans l'intonation, les changements de fréquence fondamentale sont perçus comme des variations de hauteur : plus la fréquence est élevée, plus la...) un compromis entre les désirs et les interdits. Ce sont tous ces déguisements qui sont investigués, interprétés dans la cure (La Cure est un village sur la frontière entre la France et la Suisse, partagé entre la commune française des Rousses et la commune suisse de Saint-Cergue.) psychanalytique. Remarque : il y a des liaisons associatives entre le symptôme et ce à quoi il se substitue.

Définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.)

Le symptôme est le substitut de représentations tombées sous le coup d'un interdit et refoulées dans l'Inconscient. Il est le déguisement de ces représentations pour qu'elles puissent réinvestir le champ de la conscience, en étant acceptable. Et, il apporte une satisfaction de remplacement au désir inconscient, sans éveiller la censure et même en satisfaisant les exigences défensives. Cette double-satisfaction explique la capacité de résistance du symptôme car il est maintenu des deux côtés.


Récapitulatif :

- Il est formation de compromis en tant qu'il est le produit du conflit défensif.

- Il est formation substitutive dans la mesure où c'est le désir qui cherche à se satisfaire.

- Il est formation réactionnelle dans la mesure où c'est le processus défensif qui prévaut.

Bénéfices primaires et secondaires

Le symptôme est satisfaction, décharge pulsionnelle, il offre un bénéfice primaire. On ne saurait chercher à retirer au malade mental son symptôme, en ce qu'il en jouit, et que le psychologue doit reconnaitre comme jouissance.

Ce bénéfice primaire correspond à la signification que porte le symptôme, signification qui seule permet l'expression d'un désir inconscient - le symptôme se rattache donc à la représentation, voire au discours. Pour Jacques Lacan, le symptôme est donc métaphore (Le symptôme est une métaphore que l'on veuille ou non se le dire).

Le symptôme peut également engendrer un bénéfice secondaire, plaisir supplémentaire qui ne se relie donc pas directement au sens que veut énoncer ce signe de la maladie, mais qui provient plus d'un hasard (Dans le langage ordinaire, le mot hasard est utilisé pour exprimer un manque efficient, sinon de causes, au moins d'une reconnaissance de cause à effet d'un événement.) relatif cette fois à la nature même du symptôme. Ainsi, le procédurier paranoïaque ralliant à lui un mouvement de soutien.

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