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Banlieue

Introduction

La banlieue de Tunis

La banlieue désigne communément l'espace urbanisé d'une ville qui est situé dans la continuité du bâti de sa ville-centre et qui en est administrativement distinct.

Étymologie et signification

La banlieue (La banlieue désigne communément l'espace urbanisé d'une ville qui est situé dans la continuité du bâti de sa ville-centre et qui en est administrativement distinct.) d’Erevan
Banlieue pavillonnaire dans les Yvelines

Attesté dès la fin du XIIe siècle, le mot banlieue a pour racine celui de « ban », terme féodal d'origine franque désignant la loi seigneuriale, puis la convocation des vassaux par leur suzerain et de là, le territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept...) sous la juridiction d’un seigneur, là où ses décisions étaient l’objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a...) de proclamations. S’appliquant à une ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être à moins...), le terme de banlieue se mit à désigner l’étendue de pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision...), d’une lieue (La lieue (de latin leuca, emprunté au gaulois) est une unité de longueur anciennement utilisée en Europe et en Amérique latine.) ou de plusieurs lieues – et la lieue variait d’une région à l’autre – soumise au pouvoir de commandement d’un seigneur, et, de plus en plus souvent d’une municipalité. Dans cette première acception juridique, la banlieue est inversement le lieu où s'exerce l’autorité et en définitive, un lieu intégré.. Cette acception demeure encore au XVIIIe siècle. Le mot se charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui...) de sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution...) et de connotations dépréciatives sous la Monarchie de Juillet et l'espace annulaire périphériques des grandes agglomérations devient un quasi synonyme de « province » dans le langage courant . La banlieue devient catégorie d'un discours de dépréciation. Les banlieues accueillent les ruraux récemment arrivés en ville, les industries polluantes . Le terme a perdu de son sens juridique pour désigner une réalité socio-spatiale. Le terme « banlieusard » est lui apparu en 1889 à l’occasion d’une polémique de nature politique entre élus de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les confluents de la...) et élus de banlieue, les premiers accusant les seconds d’être des ruraux, attardés et réactionnaires, des « banlieusards ». Le terme a rapidement perdu de sa charge péjorative pour venir désigner les actifs – ouvriers et surtout employés – résidant en banlieue et venant travailler tous les jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent...) à Paris par les chemins de fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau ferromagnétique le plus courant dans la vie quotidienne, sous...), les bateaux ou les tramways. Ce qu’on est convenu d’appeler les « migrations alternantes » ou les « mouvements pendulaires » sont déjà importantes à Paris avant 1914. « Banlieusard » a gardé ce sens jusqu’à nos jours.

C’est à la suite d’une longue évolution, qui commence au début du XIXe siècle, que le mot banlieue lui-même en est venu, employé au singulier ou au pluriel, à désigner les quartiers populaires de la périphérie des grandes villes, tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) particulièrement les ensembles bâtis après 1950 – les « grands ensembles » ou les « cités » – et réputés concentrer aujourd’hui une population de nationalité ou, par les parents, d’origine étrangère, plus spécialement d’Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des terres émergées. Avec...) du nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) ou, plus récemment, d’Afrique noire. Le mot sert de désignation commode, dans la presse et dans le langage courant, pour la population dite « immigrée » dont l’intégration au reste de la population est difficile, que ce soit en raison du chômage de masse (Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un corps : l'une quantifie l'inertie du corps (la masse inerte) et l'autre la contribution du...) apparu à la fin des années 1970 ou aux discriminations diverses dont elle est en général l’objet, liées précisément à ses origines et, surtout, à son statut social. Divers synonymes proches de l’euphémisme, issus d’ailleurs du langage administratif, sont récemment apparus, comme « quartiers sensibles », ou même « les quartiers » tout court.

Les territoires qui correspondent à ce que sont, historiquement, géographiquement et administrativement, les banlieues des grandes villes françaises, d’une diversité, à la fois dans l’origine et le statut social de leurs habitants, infiniment plus grande que ce que l’usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) du mot implique. Les « cités » elles-mêmes ne se résument pas aux images que le mot banlieue a peu à peu forgées dans les consciences. Ainsi l’opposition souvent faite entre banlieues françaises, réputées populaires et terres d’exclusion, et les banlieues anglo-saxonnes, réputées pavillonnaires et peuplées par les classes moyennes ou riches, est largement fausse. À Paris, la banlieue qui s’est d’abord développée, dans la première moitié du XIXe siècle, est la banlieue bourgeoise (Maisons-Laffitte, Le Vésinet…) et c’est pour la desservir que le chemin de fer (Le chemin de fer est un système de transport guidé servant au transport de personnes et de marchandises. Il se compose d'une infrastructure spécialisée, de...) est apparu (ligne Paris - Saint-Germain-en-Laye) ; le pavillonnaire a joué un rôle considérable dans la construction et le peuplement de nombreuses zones suburbaines à partir de la fin du XIXe siècle, et, dans l’entre-deux-guerres, le phénomène des lotissements en banlieue a même représenté la principale offre de logement, populaire ou bourgeois. Le développement dit « péri-urbain », aujourd’hui, est dans la continuité de ces mouvements. Des remarques allant dans le même sens pourraient être faites à propos d’autres villes françaises.

On pourrait donc avancer l’hypothèse d’une histoire et d’une évolution parallèles du phénomène de la banlieue urbaine en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent eurasiatique,...) et en Amérique du Nord, mais les connaissances actuelles, trop disparates et trop spécialisées, rendent difficile une telle approche, qui va contre les clichés. Le phénomène ne saurait en tout cas se comprendre sans une analyse – soit au cas par cas soit dans une optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, du rayonnement électromagnétique et de ses relations avec la vision.) d’étude comparée – de l’ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut...) de l’agglomération dont la banlieue est toujours partie prenante : évolution du peuplement des centre-villes, développement des moyens de communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine (télécommunications, nouvelles technologies...),...), rôle des politiques publiques (voir l’article en anglais «  »), etc. Il convient aussi de toujours être clair et précis sur la définition administrative ou coutumière, qui d’ailleurs peut varier dans le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), de la banlieue dont on parle, de façon à éviter le flou qui préside à beaucoup de discours où l’on mélange faubourgs, périphérie et banlieue(s).

Source: Wikipédia publiée sous licence CC-BY-SA 3.0. Vous pouvez soumettre une modification à cette définition sur cette page.

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