Les techniques d’accouchement sans douleur reposent en grande partie sur le psychisme, les douleurs venant en partie des craintes de l’accouchement.
À la fin du XVIII siècle en France, le magnétisme est utilisé dans ce but. L’Académie de médecine en débat tout au long du siècle suivant, sans conclure à son utilité. Mais, comme l’hypnose défendue par Charcot et Brown-Sequard, elles sont presque complètement abandonnées en France. Freud, Nikolaiev et Velvoski, qui ont suivi les cours de Charcot, utilisent ses techniques.
Mais c’est en URSS que Nikolaiev et Velvoski, qui utilisent les travaux de Pavlov, mettent réellement au point une méthode d’accouchement sans douleur, se fondant en partie sur le conditionnement mental.
La méthode soviétique, généralisée à toute l’URSS en 1951, est diffusée dans le monde, sous le nom de psychoprophylaxie obstétrique (PPO), par les relais que lui offrent les partis communistes.
C’est le cas en France où Fernand Lamaze est à la tête d’une délégation envoyée par le PCF en 1951 à Leningrad pour observer les méthodes soviétiques. Cette délégation comprend Georges Heuyer (pédopsychiatre), Benjamin Weill-Hallé (fondateur de la puériculture), Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé ; tous ne sont pas communistes, mais tous sont issus de la Résistance.
Fernand Lamaze et son équipe améliorent encore la technique soviétique, notamment en ajoutant la technique de la respiration du petit chien (inventée par le kinésithérapeute André Bourrel). Cet ensemble de techniques, dite accouchement sans douleur en France, est appelée technique Lamaze dans le reste du monde (Lamaze training, metodo Lamaze, etc.).
Parallèlement à la création de la méthode soviétique, Grantly-Dick Read, médecin militaire de l’armée des Indes, constate que les femmes indiennes peuvent mettre au monde sans douleur, et reprendre aussitôt après leurs tâches accoutumées. En rapprochant ses observations de celles de l’accoucheur Engelmann (L’accouchement dans les peuples primitifs) et du neurophysiologiste Sherrington, il fonde sa thèse de l’accouchement tel que voulu par Dieu, sans crainte et sans douleur, qu’il oppose à l’accouchement médicamenteux tel qu’il est répandu dans les pays anglo-saxons au début du XX siècle.