Valentin Otho ou Othon, ou encore Valentinus Otto, né vers 1545, probablement à Magdebourg, et mort en 1605 à Heidelberg, était un mathématicien et astronome allemand.
Le 13 avril 1561, Valentin Otho s'inscrivit à l'Université de Wittenberg, il en sortit Maître es Arts. En 1573, toujours à Wittenberg, il proposa à Johannes Praetorius l'approximation
Rhetic avait publié le De revolutionibus de Nicolas Copernic en 1543 à Nuremberg et Otho devint, à Kosice en Hongrie, l'héritier des biens de Rhetic, y compris du manuscrit inestimable du moine et médecin Polonais. Une place leur avait été promise par L'Empereur Maximilien mais celui-ci venant à mourir, son fils Rodolphe II refusa de pensionner Valentin. Otho s'en retourna donc en Allemagne, où il rapporta le manuscrit. Reprenant une chaire de professeur d'astronomie à Wittenberg en 1576, il fut cependant compromis avec Caspar Peucer comme calviniste, et ne sentant plus ses efforts soutenus par les souverains de Saxe, déménagea vers Heidelberg en 1581.
Devenu Hofmathematiker des Princeps Palatinus, à Heidelberg, l'électeur palatin Frédéric IV le soutint dans ses efforts et, en 1593, Il fit partie des mathématiciens du monde entier pressentis par Adrien Romain pour résoudre son fameux problème. L'année suivante, l'électeur palatin contribua financièrement (avec le secours de l'Empereur & de plusieurs Princes qui contribuèrent à la dépense) à l'édition du Opus palatinum de triangulis, a Georg. Joach. Rhetico coeptum, a L. Valentino Othone consummatum de Rhetic et Otho, publié à Neustadt an der Haardt. Ce grand ouvrage est composé de trois tables, celles de Rhetic, les tables de sinus & de tangentes, se trouvent dans ce volume avec pour titre: Magnus Canon Docrtrinœ triangulorum .
Toutefois, l'Opus Palatinam de Triangulis demeurait incomplet, et Otto n'acheva pas véritablement le plan conçu par Joachim Rhetic. Dans ses tables, les sinus, tangentes et sécantes, ne sont calculés qu'à la dixième décimale, au lieu de quinze comme prévu. En fait, Otho croyait avoir abandonné les manuscrits de Rhetic à Wittenberg et ne put entièrement reconstituer les calculs qu'il avait fait, 20 ans auparavant avec son maître. De sorte, qu'au lieu de produire une œuvre originale, il ne put faire mieux que François Viète dans son Canon Mathématiques de 1579. Il faudrait attendre 1613 et Pitiscus pour voir enfin réalisée l'idée de Rhetic, et même poussée au delà, dans son Thesaurus mathematicus.
Le 19 décembre 1603 le manuscrit de Copernic est cédé à Jakob Christmann (1554-1613), doyen de la faculté des arts d'Heidelberg. La date du décès d'Otho est mal connue. Certains auteurs le donne mort le 8 avril 1603 à Prague ; cela laisserait supposer qu'il était déjà mort lorsque le livre des Revolutions de Copernic fut cédé à Jakob Christmann... d'autres auteurs donnent 1605, en Allemagne.
Christmann mourut le 16 juin 1613, et le précieux document tomba de sa veuve en la possession de Johannes Amos Nivanus Komensky (1592-1670), puis de là on perdit sa trace pendant deux siècles. Il était passé des mains du baron Otto de Nostitz à Jawor Slaski à celles de ses successeurs. En 1948, la famille des Nostitz ayant collaboré avec les Nazis, le manuscrit devint propriété nationale et trésor culturel de la République tchèque qui l'offrit en 1956 à la République Populaire de Pologne.