Cité-jardin
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Cité-jardin Le Logis, Watermael-Boitsfort (Bruxelles)
Cité-jardin Le Logis, Watermael-Boitsfort (Bruxelles)
La Cité-Jardin de Stains
La Cité-Jardin de Stains

La Cité-jardin est un concept inventé par Ebenezer Howard à la fin du XIXe siècle.

Son concept est mis en application par Unwin dans la réalisation des villes de Letchworth, Hampstead et Welwyn, à proximité de Londres (Londres (en anglais : London - /?l?nd?n/) est la capitale ainsi que la plus grande ville d'Angleterre et du Royaume-Uni. Fondée il y a plus de 2 000 ans par les Romains, la ville...).

Le concept initial

La cité-jardin (La Cité-jardin est un concept inventé par Ebenezer Howard à la fin du XIXe siècle.) de Howard est définie par les principaux points suivants :

- une maîtrise (La maîtrise est un grade ou un diplôme universitaire correspondant au grade ou titre de « maître ». Il existe dans plusieurs pays et correspond à différents niveaux selon ceux-ci.) publique du foncier (ce dernier appartient à la municipalité afin d'éviter la spéculation financière sur la terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre...).)
- la présence d'une ceinture agricole autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres Erythrotriorchis, Kaupifalco, Megatriorchis,...) de la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations...) (pour l'alimenter en denrées).
- une densité (La densité ou densité relative d'un corps est le rapport de sa masse volumique à la masse volumique d'un corps pris comme référence. Le corps de...) relativement faible du bâti (environ 30 logements à l'hectare, bien que ce point (Graphie) ne soit jamais mentionné, mais seulement déduit).
- la présence d'équipements publics situés au centre de la ville (parcs, galeries de commerces, lieux culturels)
- la maîtrise des actions des entrepreneurs économiques sur l'espace urbain : Howard est un partisan de la liberté d'entreprendre tant que l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) ne nuit pas à l'intérêt collectif. La présence ou non d'une entreprise dans la ville est validée ou refusée par les habitants via la municipalité.

À terme, la cité (La cité (latin civitas) est un mot désignant, dans l’Antiquité avant la création des États, un groupe d’hommes sédentarisés libres (pouvant avoir des...) jardin ne devait pas rester un élément solitaire, mais devait faire partie d'un réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un petit filet), on...) plus large constitué de cités jardins identiques de 30 000 habitants sur 2400 hectares, elles-mêmes situées autour d'une cité-jardin plus grande d'environ 58 000 habitants. L'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une...) étant relié par un réseau ferré dense.

Dès 1903, Howard cherche à mettre en application ses principes urbanistiques, en réalisant la cité-jardin de Letchworth, à 60 km au nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) de Londres, ville dont les plans seront réalisés par Barry Parker et Raymond Unwin. En 1919, il renouvelle l’expérience et crée Welwyn, d’après les plans de Louis de Soissons.

Ce schéma de décentralisation sera repris au cours des années d'après-guerre comme base théorique du plan de développement du Grand Londres. De même, la réalisation des villes nouvelles autour de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la...) ou de Lille sera fondée sur ce principe.

En dehors des réalisations effectuées en Angleterre (L’Angleterre (England en anglais) est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Elle est de loin la plus peuplée, avec...), aucune autre ne reprendra le concept dans son intégralité. C'est ainsi que l'on qualifiera, par erreur, de cité jardin, toutes les réalisations urbaines mariant construction et nature.

Réalisations françaises

En France, une cité-jardin désigne un ensemble de logements sociaux individuels ou collectifs locatifs avec aménagement paysager et jardin autour de l'habitat. Elle comprend, dans la plupart des cas, des équipements collectifs (école, crèche, commerce, maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble collectif.) commune voire église), ce qui la distingue d'un simple lotissement concerté ou d'un ensemble de logements sociaux classique.

Les Cités-jardins de l'Office HBM de la Seine

Les plus célèbres cités-jardins de la région parisienne sont celles réalisées à l'initiative de l'Office publice d'habitations bons marchés de la Seine, entre la Première et la Seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc...) Guerre mondiale à l'exterieur de Paris. L'objectif était " d’édifier des agglomérations propres à assurer le décongestionnement de Paris et de ses faubourgs " selon le président de cet OPHBM, l'emblématique Henri Sellier.Une quinzaine de cités sont ainsi construites autour de Paris.

La Cité-jardin de Drancy
La Cité-jardin de Drancy

Parmi ces cités-jardins toujours en place de nos jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale)...), on compte, :

  • La cité-jardin de l'Aqueduc (Un Aqueduc désigne un ouvrage destiné à l'adduction d'eau pour la consommation d'une ville.) à Arcueil (1921-1923) : 228 logements sous la forme de pavillons regroupés de 2 à 6 construits par l'architecte (L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le compte d'un...) Maurice Payret-Dortail. Le projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et...) comporte alors par ailleurs un groupe scolaire, une coopérative d'alimentation et un stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et ferme ») est un équipement sportif.). Il subsiste encore 43 pavillons d'origine.
  • la cité-jardin, rue (La rue est un espace de circulation dans la ville qui dessert les logements et les lieux d'activité économique. Elle met en relation et structure les différents quartiers, s'inscrivant de ce fait...) de la République à Drancy (1921-1929) : 210 logements individuels et des logements collectifs par les architectes Bassompierre et de Rutte.
  • la cité-jardin de Stains (1921-1933) : 1676 logements (456 individuels et 1220 collectifs) par les architectes Gonnot et Albenque.

Voir l'exposition virtuelle de la ville de Stains sur l'histoire de cette cité ;

  • la cité-jardin de Suresnes (1921-1939) : construite par les architectes Alexandre Maistrasse, Julien Quoniam, Félix Dumail et Louis Bazin, Henri Sellier étant maire (Le maire représente l'autorité municipale. Dans de nombreux cas, il est le détenteur du pouvoir exécutif au niveau d'une ville ou communal en France et au Québec. Dans un gouvernement à...) de Suresnes. La cité comprend, en plus des logements collectifs et individuels, un dispensaire (Un dispensaire est un établissement de santé qui dépend d'un organisme public ou privé, où l'on traite gratuitement les malades.), une crèche, des groupes scolaires, des équipements sportifs, des lieux de culte catholique et protestant, un théâtre, un magasin coopératif, un foyer pour célibataires et une maison pour personnes âgées. La cité comprend des commerces, une crèche, une école maternelle et une maison pour tous. Dumail puis Bazin reconstruisent des logements et aggrandissement la cité après la Seconde Guerre mondiale
La cité-jardin de Gennevilliers
La cité-jardin de Gennevilliers
  • La cité-jardin de Gennevilliers (1923-1934) : 237 pavillons individuels et 186 logements en immeubles construits par les architectes Ernest-Michel Ebrard et Félix Dumail.
  • La cité-jardin du Plessis-Robinson (1924-1939): construite par les architectes Maurice Payret-Dortail, Jean Demay, et Jean Festoc, comprenant logements indivuels et collectifs, ainsi que des commerces.
  • La cité-jardin du Pré-Saint-Gervais - Pantin - Les Lilas (1927-1933 puis 1947-1952) : construite par l'architecte Félix Dumail, constituée de 1200 logements collectifs et de 56 pavillons individuels (contre 243 prévus à l'origine), essentiellement situés sur les communes de Pantin et du Pré-Saint-Gervais. Une partie de la cité est construite à Pantin après la Seconde Guerre mondiale mais dans un style très différents, partie appelée de nos jours "cité des auteurs" (228 logements). La cité comporte comme équipements collectifs des boutiques, une école (actuelle école Jean Jaurès) et un stade. Mais le projet d'édifier en plus une maison des services sociaux, un dispensaire et un théâtre de plein air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et incolore. Du fait de la diminution de la pression de...) ne sera pas réalisé. La cité est partiellement protégée au titre des sites.
  • la cité-jardin de Champigny-sur-Marne (1931-1933) par les architecte Pelletier et Tesseire comprenant un théâtre et une école.
  • la cité-jardin de la Butte-Rouge à Châtenay-Malabry (1931-1939 puis 1949-1965) : construite par les architectes Joseph Bassompierre-Sewrin, Paul Sirvin, Paul de Rutte et André Arfvidson, sur 74 hectares, en 7 tranches successives. Plus on avance dans le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), plus les immeubles construits s'agrandissent et leur construction se préfabrique.

D'autres cités ont été construites par l'OPHBM de la Seine mais sont aujourd'hui détruites, car dès cette époque considérées comme provisoires. Elles étaient situées à Bagnolet (détruite dans les années 1930), Dugny (détruite pendant la Seconde Guerre mondiale), Les Lilas (détruite dans les années 1970), Vitry-sur-Seine, ...

La Cité de la Muette, à l'époque de sa construction par l'office des HBM du département de la Seine.Cette cité, initialement conçue comme une cité-jardin, a vu son programme profondément densifié par l'OPHBMDS et constitue, avec ses 5 tours de 15 étages, le premier grand ensemble français
La Cité de la Muette, à l'époque de sa construction par l'office des HBM du département de la Seine.
Cette cité, initialement conçue comme une cité-jardin, a vu son programme profondément densifié par l'OPHBMDS et constitue, avec ses 5 tours de 15 étages, le premier grand ensemble français

Progressivement, la tendance à une industrialisation des modes de construction de ces cités et l'évolution vers l'habitat tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) collectif, dans un but de réduction des coûts. Les équipements collectifs sont de plus en plus réduits et les espaces verts inexistants. C'est le cas des réalisations de l'OPHBM à Boulogne-Billancourt, Vanves, Maisons-Alfort... L'une des dernières "cités-jardins" lancées par l'OPHBM de la Seine est la cité de la Muette à Drancy (construite par Eugène Beaudouin, Marcel Lods (Marcel Gabriel Lods (né à Paris le 16 août 1891 et décédé à Paris le 9 septembre 1978) est un architecte et urbaniste français.) et Jean Prouvé (Jean Prouvé (Paris 8 avril 1901 - Nancy 23 mars 1984), fils de l'ébéniste art nouveau Victor Prouvé, est architecte et designer autodidacte.) entre 1931 et 1934), qui constitue en réalité une transition vers les grands ensembles, dont c'est le premier exemple en région parisienne.

Autres réalisations

  • Cité Coopérative Paris-Jardins de Draveil

Une cité-jardin est créée en 1911 dans le parc (Un Parc est un terrain naturel enclos,[1] formé de bois ou de prairies, dans lequel ont été tracées des allées et chemins destinés à la chasse, à la promenade ou à l’agrément. Il se distingue du Jardin public par le caractère...) du château (Un château est à l'origine une construction médiévale destinée à protéger le seigneur et à symboliser son autorité au sein du fief. Les premiers...) de Draveil, sous le nom Cité Coopérative de Paris Jardin. Elle est la dernière cité-jardin toujours en activité : composée de 45 hectares dont 322 propriétés et 17 hectares (parc, château et voirie). Les 17 hectares sont gérés par les 322 coopérateurs, réunis en société anonyme coopérative. C'est déjà l'ancêtre des cités d'autoconstructeurs castors.

Voir un site Internet (Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessibles au public des services variés comme le courrier électronique, la messagerie instantanée et le World Wide Web, en utilisant le protocole de communication IP...) sur l'histoire du lotissement du parc du château de Draveil.

  • Cité-jardin du Chemin vert (Le vert est une couleur complémentaire correspondant à la lumière qui a une longueur d'onde comprise entre 490 et 570 nm. L'œil humain...) à Reims

Construite par l'architecte Jean-Marcel Auburtin à l'initiative d'un groupe de patrons catholiques constitué en une société HBM : le Foyer rémois. 600 logements sont construits sur 30 hectares, dans un style régionaliste, logements répartis en 14 type de maisons, isolées ou groupées, toutes dotées d'un jardin. La cité est équipée d'écoles et de commerces et d'une maison commune abritant les bains-douches, une bibliothèque, une salle des fêtes, une école ménagère et l'administration de la cité. Elle possède surtout en son centre l'église (L'église peut être :) Sainte-Nicaise, décorée par les peintres Gustave-Louis Jaulmes et Maurice Denis, le verrier René Lalique. La cité est toujours propriété de la même société HLM.

  • Faubourg-jardin du Stockfeld à Strasbourg (1910-1912)

Cité-jardin destinée à reloger les populations du centre ville et réalisée par l'architecte Edouard Schimpf. Elle a été totalement rénovée en 2005. (Inscrite ISMH)

Voir un site Internet sur la cité jardin de Stockfeld (très complet).

D'autres quartiers ou villes désignées sous le terme de "cités-jardins" ne sont absolument pas des logements sociaux, mais au contraires des lotissements concertés de luxe, sans réels équipements collectifs, destinés à une clientèle aisée. Le fait que ces lotissements se trouvent au cœur d'un vaste parc paysager explique peut-être ce rapprochement d'un "modèle anglais". En fait, il se rapproche plus des jardins anglais dans leur aménagement et des lotissements de luxes mis en place à l'époque au Royaume-Uni pour leur philosophie que du modèle d'Ebenezer Howard. Les deux plus célèbres exemples de ces lotissements de luxe en France sont :

  • Le Vésinet : création du Second Empire, soit bien avant les premiers textes d'Howard ;
  • Le Parc de Saurupt à Nancy : créé en 1901, soit là encore avant la réelle diffusion (Dans le langage courant, le terme diffusion fait référence à une notion de « distribution », de « mise à disposition » (diffusion d'un produit,...) des idées d'Howard en France.

Notes et références de l'article

Bibliographie

  • Ebenezer Howard, To-Morrow, A peaceful Path to real Reform (Demain, une voie pacifique vers la réforme sociale), Routeledge, Londres, New York (New York , en anglais New York City (officiellement, City of New York) pour la distinguer de l’État de New York, est la principale ville des États-Unis, elle compte a elle seule 8 143 200...), 2003, 220 p. (1ère edition 1898),
  • Ebenezer Howard, Garden Cities of To-Morrow (Cités-jardins de demain), Book for business, New York, 2001, 167 p. (1ère edition 1902).
  • Thierry Paquot, "Ebenezer Howard et la cité-jardin", article paru dans la revue Urbanisme, N° 343, juillet-août 2005
  • Collectif, La cité-jardin, Une histoire ancienne, une idée d'avenir, Les Cahiers de l'APIC n°3, Collection Patrimoine Ressources, éd. du CRDP de Champagne-Ardennes, 2003, 156 p. + CD-Rom (sommaire et extraits)
  • Benoît Pouvreau, Marc Couronné, Marie-Françoise Laborde, Guillaume (Guillaume est un prénom masculin d'origine germanique. Le nom vient de Wille, volonté et Helm, heaume, casque, protection.) Gaudry : Les cités-jardins de la banlieue du nord-est (Le nord-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux nord et est. Le nord-est est opposé au sud-ouest.) parisien, Éditions du moniteur, Paris 2007, (ISBN 978-2-281-19331-2)
  • Ginette Baty-Tornikian (dir.) avec la collaboration d'Amina Sellali, Cités-jardins. Genèse et actualité d'une utopie, Paris, Editions Recherches/IPRAUS, 2001, 157 p.
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