Amédée-François Frézier | |
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Amédée François Frézier | |
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Naissance | 4 juillet 1682 Chambéry |
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Décès | 14 octobre 1773 (à 91 ans) Brest |
Origine | Duché de Savoie |
Arme | Infanterie, Génie militaire |
Grade | Lieutenant d'infanterie (1700), ingénieur ordinaire (1707), capitaine réformé (1719), Ingénieur en chef (1725), lieutenant-colonel (1756) |
Années de service | 1700 - 1764 |
Conflits | Guerre de succession d'Espagne Guerre de succession d'Autriche Guerre de Sept Ans |
Commandement | ingénieur en chef d'Hispaniola (1719-1728), gouverneur militaire de Landau (1728), puis de Philippsburg (1734) ; directeur des fortifications de Bretagne (1739) |
Faits d'armes | défense des ports de Nouvelle-Espagne (1712-1714) ; levé des plans des fortifications de Saint-Domingue (1719) |
Distinctions | Chevalier de Saint-Louis (1728) |
Hommages | place Amédée-Frézier à Plougastel-Daoulas |
Autres fonctions | membre de l'Académie de Marine (1752) |
Famille | fils de Pierre Louis Frézier, juge et conseiller ducal de Savoie |
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Amédée François Frézier, né le 4 juillet 1682 à Chambéry, mort à Brest en 1773, fut un ingénieur militaire, un explorateur, un botaniste, un navigateur et cartographe français.
Né à Chambéry en 1682, d'une ascendance chablaisienne et écossaise (un de ses ancêtres était un Frazer d'Édimbourg), il fut envoyé par son père à Paris où il poursuivit de solides études axées en particulier sur la théologie, les mathématiques et la botanique : La Hire, mathématicien, et Varignon, géomètre furent ses maîtres. Il lui resta de ses études — il avait, disent ses contemporains, une mémoire exceptionnelle — une culture étendue, qui, avec la somme d'expérience qu'il acquit au cours de sa vie aventureuse, lui permit plus tard de collaborer à l'Encyclopédie, et d'aider l'abbé Prévost à rédiger son grand recueil des Voyages.
Après ses études, le jeune Frézier partit pour un tour d'Italie, qui lui permit d'étudier l'architecture et les beaux-arts.
Revenu en France, Frézier délaissa Turin pour Paris et devint lieutenant d'un régiment d'infanterie commandé par le duc de Charost. En 1706, le jeune Frézier fit paraître son Traité des feux d'artifice, un ouvrage de pyrotechnie qui eut beaucoup de succès (il le fera rééditer 41 ans plus tard) et attira favorablement l'attention sur lui. Versé dans le corps du Génie, il fut nommé ingénieur ordinaire en 1707 et fut affecté comme ingénieur-architecte à Saint-Malo auprès de Siméon Garangeau, qui loua son habileté dans plusieurs rapports. Il s'adapta de plus très bien au milieu maritime : sa relation de voyage, rédigée alors qu'il avait la trentaine, aurait pu être écrite par un vieux capitaine de la marine en bois tant elle fourmille de détails sur les allures, les vents, les manœuvres, l'état du fond, les courants, etc. D'ailleurs, Frézier aida notablement les officiers du Saint-Joseph à calculer la navigation, et tint même pendant le voyage un journal de bord du Saint-Joseph précis et détaillé, qui est conservé aux archives de la Marine.
Jeune officier du génie, il s'illustra de plus en ayant l'idée de remplacer les baguettes de queue des fusées par un empennage, idée qui trouvera plus tard une application primordiale en aéronautique au XXe siècle.
Pendant son séjour à Saint-Malo, Frézier rédigea et fit parvenir au Journal de Trévoux quelques remarques sur le nouveau traité de toute l'architecture du chanoine de Cordomoy. Ce dernier répliqua vertement, et une polémique au long cours s'engagea. Cette polémique fut d'ailleurs peut-être à l'origine de l'animosité de Frézier (on la sent nettement dans sa relation du voyage à la mer du Sud) envers l'obscurantisme et le dogmatisme en général — et la Compagnie de Jésus en particulier.
Lors de la guerre de Succession d'Espagne, alors que la France était mise aux abois par le Prince Eugène qui allait marcher sur Paris, le jeune officier Frézier fut de ceux qui suggérèrent au maréchal de Villars d'attaquer les redoutes qui défendent la route de Denain, axe si essentiel pour l'approvisionnement des Impériaux qu'ils l'appellent « la route de Paris ». Le 27 juillet 1712, Villars opère une feinte sur Landrecies, puis lance ses troupes sur les fortifications, qui sont enlevées à la baïonnette (bataille de Denain). Eugène perd 8 000 hommes, 60 drapeaux, évacue les Flandres, et la guerre de succession d'Espagne tourne court.