André Capron, né le 30 décembre 1930 à Lens (Pas-de-Calais), est Docteur en médecine. Il est membre de l'Institut depuis 1988, et a été Délégué aux Relations Internationales de l'Académie des sciences, de 2003 à 2007. Il a été Chef du service d'immunologie au CHU de Lille (1970-2000), Professeur à l'université de Lille (1970-2000), Directeur du Centre d'immunologie et de biologie parasitaire à l'Institut Pasteur (1975-2001), Directeur de l'Institut Pasteur de Lille (1994-2000). Il est Professeur émérite à l'université de Lille et Directeur honoraire de l'Institut Pasteur de Lille.
André Capron a été Président du Conseil scientifique de l'Inserm (1987-1991), Président du Conseil d'administration de l'ANRS (1999-2002), Président du Comité stratégique régional de recherche en biologie et santé (depuis 1993), membre du Conseil scientifique de l'École normale supérieure (depuis 2001). Il est, depuis 2006, président du Groupe Inter-Académique pour le Développement (GID - [1])
L'engagement d'André Capron pour le développement de la recherche biomédicale dans les pays du tiers Monde l'a amené à créer, avec Pierre Aigrain, la première Commission nationale "Santé et développement", puis à présider le premier programme européen Sciences et Techniques en faveur du développement (1983-1987). Il a été président du programme Bilharziose de l'OMS (1997-1983), et à l'issue de ce mandat, il a été membre du Scientific Advisory Group of Experts de l'OMS (1987-1999) et membre du Scientific and Technical Advisory Committee de l'OMS (1988-1992).
André Capron a consacré l'ensemble de sa carrière scientifique à l'étude de la biologie des parasites et au développement de nouvelles stratégies de prévention des grandes endémies parasitaires, notamment les bilharzioses. Parallèlement à ses activités de recherche, il a pris une part active au développement de la recherche biomédicale dans les pays en développement.
Après des travaux d'helminthologie comparée, André Capron s'est intéressé à une discipline alors naissante, l'immunochimie, et a orienté ses activités vers l'immunologie parasitaire dont il est désormais reconnu comme l'un des fondateurs. Ses travaux ont conduit au développement de méthodes nouvelles de diagnostic immunologique des maladies parasitaires (bilharzioses, hydatidose, distomatose) et parallèlement à la mise en évidence des relations moléculaires ente l'hôte et le parasite. La découverte de parentés antigéniques entre parasite et hôte a jeté les bases du concept de mimétisme hôte-parasite. André Capron a continué pendant toute sa carrière à analyser la relation hôte parasite et est l'auteur de nombreux travaux fondamentaux dans le déchiffrage de ce qu'il a nommé "le langage moléculaire" des parasites.
Ayant abordé le domaine fondamental des mécanismes immunitaires dans des modèles expérimentaux d'affections parasitaires et chez l'homme, André Capron s'est consacré plus particulièrement à l'étude des schistosomes et de la schistosomiase. Il a ainsi mis en évidence l'existence d'anticorps cytotoxiques dans la schistosomiase humaine et démontré la production par les parasites de facteurs immunosuppresseurs. Appliquant très tôt les techniques de production d'anticorps monoclonaux et les techniques de biologie moléculaire, André Capron et son équipe ont mené des travaux fondamentaux sur la génétique moléculaire des schistosomes, qui ont conduit à l'identification et au clonage moléculaire d'une protéine vaccinante dans la schistosomiase. Ce vaccin, entré en phase d'essais cliniques depuis 1998, est le résultat de progrès considérables dans la définition d'un vaccin potentiel contre la bilharziose, seconde endémie parasitaire mondiale après le paludisme.
André Capron a identifié de nouveaux mécanismes effecteurs de l'immunité anti-parasitaire : il a démontré les fonctions protectrices des anticorps IgE dans l'immunité anti-parasitaire; il a découvert un mécanisme totalement nouveau de cytotoxicité antiparasitaire impliquant des macrophages; il a élucidé le rôle des macrophages, des éosinophiles et des plaquettes et il a décrit une nouvelle classe de récepteurs pour les IgE sur les cellules inflammatoires, jetant les bases de nouveaux concepts concernant les mécanismes cellulaires impliqués non seulement dans la réponse immunitaire contre les parasites, mais également dans les affections allergiques.