On entend par dynamique de groupe l'ensemble des phénomènes, mécanismes et processus psychique et sociologiques qui émergent et se développent dans les petits groupes sociaux appelés aussi groupes restreints, d'environ 6 à 20 individus durant leur activité en commun.
Plus précisément, cette expression renvoie aux pratiques suivantes :
Elle ne se confond ni avec la « psychanalyse de groupe » ni avec les « psychothérapies de groupe » qui ont leur dynamique et des visées différentes et ceci même si elle s'en inspire parfois.
La dynamique de groupe est, à l'intérieur des sciences sociales, le domaine qui s'intéresse à la nature, au fonctionnement des petits groupes et aux effets qui en résultent. Ainsi par exemple, l'appartenance ou la référence à un groupe peuvent favoriser certaines attitudes, croyances ou opinions. Cette influence du groupe peut devenir significative, influençant les représentations et actions individuelles (Voir les travaux de Kurt Lewin ou Leon Festinger).
La "dynamique d'un groupe" peut donc faciliter des changements dans les comportements et/ou les attitudes d'une personne ou d'un groupe (Cf. les expériences de Kurt Lewin - après la Seconde guerre mondiale - visant à faire évoluer les attitudes des ménagères américaines à l'égard de certains aliments réputés peu appétissants).
La dynamique de groupe constitue un des outils de la thérapie de groupe. Les hommes politiques et les entreprises peuvent aussi être tentés d'essayer d'utiliser les acquis de la dynamique de groupe pour des objectifs personnels. Par ailleurs, à notre époque, la dynamique de groupe peut provoquer un regain d'intérêt du fait de l'amplification de certains types de relations inter-personnelles voire groupales induites par l'utilisation massive des nouvelles technologies (internet et internet mobile avec leurs applications de types SMS, MMS, emails, chat, visiophonie, blogs, wiki, réseaux sociaux...). Ces techniques de communication, très utilisées aujourd'hui, permettent d'accélérer et d'amplifier les phénomènes de groupe, de regroupement, de diffusion d'informations ou de rumeurs...
Cependant, on ne peut parler de "dynamique de groupe", au sens scientifique et "historique" de cette expression, que s'il y a réellement présence d'une assemblée de personnes "ici et maintenant" avec activité, intérêts et/ou objectifs communs (voir les écrits historiques de Le Bon, S. Freud, K. Lewin, W. Bion, Foulkes, Festinger, J-P Sartre, JB Pontalis, Didier Anzieu, E. Enriquez, J-P Rouchy, René Kaës).
Un groupe, selon le modèle à 4 étages proposé par Bruce Tuckman (1965) appelé Tuckman's Stages affirme que le processus de décision idéal d'un petit groupe se produit en 4 étapes :
Ce modèle se réfère au modèle d'ensemble du groupe, mais évidemment les individus à l'intérieur d'un groupe travaillent de différentes manières. Si la méfiance persiste, un groupe peut ne jamais arriver au stade de régularisation.
D'une façon plus prosaïque, dans les milieux professionnels, il est possible de faciliter la vie d'un groupe et l'expression de sa "dynamique" en développant la convivialité nécessaire aux échanges : secrétariat, machine à café, salle de réunion. On parle d'espace de travail partagé.
Wilfred Bion a étudié et pratiqué la "psychanalyse de groupes" en la référant au modèle psychanalytique. Ses considérations théoriques et pratiques sur les groupes ont été publiées dans un ouvrage intitulé Recherches sur les petits groupes, Paris, PUF, 1965. Le Tavistock Institute a développé et appliqué ultérieurement la théorie et les pratiques développées par Bion. En France, cette approche clinique et psychanalytique de la dynamique des groupes a suscité depuis les années soixante une abondance de travaux citons, entre autres, quelques "chefs de file" qui ont poursuivi les travaux de Freud, Bion, Foulkes : D. Anzieu, R. Kaës, E. Enriquez, J-P Rouchy.
L'étude de la dynamique de groupe permet par exemple de comprendre le rôle des meneurs ou celui des boucs émissaires. Mieux élucider l'émergence de tels rôles mais aussi les phénomènes de blocage et de découragement ou au contraire les sentiments d'euphorie et de toute-puissance, les difficultés à se centrer sur le problème à traiter, les expressions de rejet ou d'agressivité ou au contraire de sympathie voire d'attachement, l'émergence de sous-groupes ou de couples au sein d'un groupe, tout ce vécu et sa compréhension est important pour la pratique des professionnels de l'éducation, des acteurs sociaux en général... car si, par définition, le groupe n'existe que parce qu'il y a plusieurs personnes, inversement la personne (l'individu) n'existe et ne se développe que grâce aux différents "groupes" de son histoire : l'homme n'existe que dans une interdépendance, précisément parce qu'il vit, qu'il le veuille ou non, dans des groupes, en société.