| Erwinia Chrysanthemi | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Classification | |||||||||
| Règne | Bacteria | ||||||||
| Embranchement | Proteobacteria | ||||||||
| Classe | Gamma Proteobacteria | ||||||||
| Ordre | Enterobacteriales | ||||||||
| Famille | Enterobacteriaceae | ||||||||
| Genre | Dickeya | ||||||||
| | |||||||||
Erwinia chrysanthemi ou Dickeya dadantii (dénomination plus récente), est une bactérie à Gram négatif. Ce phytopathogène provoque la maladie de la pourriture molle (soft rot en anglais) à savoir une macération des tissus.
La maladie de la pourriture molle touche de nombreuses cultures des régions tempérées et tropicales. De plus, le spectre d'hôte d'Erwinia chrysanthemi est large ce qui conduit à de nombreux dégâts. Les plantes touchées sont le tubercule de pomme de terre, la betterave, l'endive, la tomate, etc. La période d'incubation est assez longue. Elle peut durer plusieurs mois et est asymptomatique.
La pathogénicité d'Erwinia est étudiée depuis plus de quatre-vingt ans. De réelles avancées dans la compréhension de la maladie ont été réalisées ces vingt dernières années grâce notamment à des approches moléculaires. Ainsi, il a été découvert que la bactérie injectait des protéines dans la plante afin de déclencher la maladie.
Différents paramètres favorisent la maladie. Tout d'abord, l'eau est un élément indispensable pour un développement optimal de la maladie. Ensuite, une concentration en oxygène limitée semble également nécessaire. Enfin, la température est un facteur important. Il a été démontré que la variation de la température avait des répercussions sur la production d'enzyme de dégradation de la paroi cellulaire. De plus, la température de 20°C est une température seuil en deçà de laquelle on n'observe plus de pathogénicité.
La pathogénicité de la bactérie repose sur la sécrétion d'exoenzymes qui permettent la libération de nutriments nécessaire à la croissance. Ces enzymes sont :
Ces enzymes sont sécrétés par différents systèmes et notamment par le système de sécrétion de type II. Ce système de sécrétion permet de traverser le périplasme et les 2 membranes.
La virulence d'Erwinia chrysanthemi est régulée très finement. De nombreuses études ont montré que la bactérie perçoit avant et pendant l'infection son environnement. Cette régulation repose sur plusieurs facteurs comme la concentration en oxygène, la température, l'osmolarité, la biodisponibilité en fer. Mais la régulation ne repose pas uniquement sur la perception de facteurs physico-chimiques. La densité cellulaire joue également un rôle : un système de capteur de quorum homologue à celui de Vibrio existe.
Pour se défendre, la plante utilise des processus de défense classiques. Elle peut créer un stress oxydant par exemple. Certaines plantes sont également capable de produire des peptides antimicrobiens ce qui montre l'existence de gènes de résistance.
La virulence d'Erwinia chrysanthemi ne repose qu'en partie sur la sécrétion d'enzymes. La bactérie met en route en parallèle des systèmes de captures du fer, des systèmes de défenses contre le stress oxydant et contre les peptides antimicrobiens de la plante, la motilité. L'ensemble de ces facteurs permettent le développement de la maladie de la pourriture molle.