Citerne al-Nabih à Alexandrie
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La citerne al-Nabih, véritable cathédrale souterraine, est désormais ouverte au public grâce à un concours de circonstances et à la volonté de trois personnalités : le général Abdel Salam Al-Mahgoub, gouverneur d'Alexandrie (Alexandrie (grec :?λεξ?νδρεια, Copte : Rakot?, Arabe : ??????????, Al-?Iskandariya) est une ville d’Égypte de près de quatre...), Zahi Hawass, secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes, et l'archéologue Jean-Yves Empereur.

Alexandrie avait été surnommée Ville aux mille citernes : dès sa fondation en 331 av. J.-C., la ville avait dû pallier son éloignement du fleuve-dieu Nil par un subterfuge, la création d'immenses réservoirs souterrains. Lors de la crue du fleuve (En hydrographie francophone, un fleuve est un cours d'eau qui se jette dans la mer ou dans l'océan – ou, exceptionnellement, dans un désert, comme pour l'Okavango. Il...), en août-septembre, un canal relié à la branche canopique du Nil remplissait les citernes. Avec l'extension de la ville, les réservoirs se sont multipliés. Au-delà de leur aspect utilitaire (Le mot utilitaire peut désigner :), les citernes sont devenues, au cours des siècles, des lieux de visite pour les voyageurs (Les Voyageurs est un épisode de la série télévisée Stargate Atlantis. C'est le cinquième épisode de la saison 4 et le 65e épisode...), venus admirer ces cryptes monumentales dont certaines sont restées utilisées jusqu'en 1896.

La citerne (Une citerne est destinée à la collecte des eaux de pluies et à leur rétention afin d'en permettre une utilisation régulière, quotidienne (bien souvent domestique à l'origine), ou une...) al-Nabih est une de ces cathédrales souterraines, conjuguant grâce et équilibre avec ses trois étages de colonnades entrelacées. Creusée sous la dynastie toulounide, au IXe siècle, dans le calcaire tendre du sous-sol alexandrin, la construction témoigne du réemploi harmonieux de colonnes gréco-romaines ou byzantines. Située sous les jardins de Chalalat, au centre d'Alexandrie, la citerne, restaurée dans les années 1950, n'a jamais été ouverte au public, notamment à cause de la difficulté d'accès. Seule une fenêtre (En architecture et construction, une fenêtre est une baie, une ouverture dans un mur ou un pan incliné de toiture, avec ou sans vitres.) située au troisième étage permettait d'entrevoir le monument - sans que la perspective étroite donne la mesure de sa splendeur. Pour aller plus loin, il fallait jouer au saltimbanque sur une échelle de corde.

Fouilles entreprises

Deux architectes du Centre d'études Alexandrines (CEAlex), dirigé par Jean-Yves Empereur, se sont lancés dans l'étude d'un projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration...) permettant de faciliter la visite de la citerne. Laurent Borel et Chrystelle March ont conçu un parcours sur des passerelles suspendues en fibre (Une fibre est une formation élémentaire, végétale ou animale, d'aspect filamenteux, se présentant généralement sous forme de faisceaux.) de carbone (Le carbone est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole C, de numéro atomique 6 et de masse atomique 12,0107.), par lesquelles les visiteurs pourront accéder aux différents étages.

A leur sortie, ils découvriront un musée qui présentera des maquettes de plusieurs autres citernes alexandrines. Des panneaux, des bornes interactives et des films expliqueront comment les Alexandrins captaient et stockaient l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) durant vingt-trois siècles. Le musée prévoit aussi un module éducatif s'adressant aux jeunes et visant à les sensibiliser aux enjeux de l'eau. Une question cruciale en Égypte : si la croissance démographique se poursuit, les Égyptiens atteindront en 2020 le seuil de pauvreté en eau, situé à moins de 50 m3 par habitant et par an. Le projet, approuvé par les autorités égyptiennes, a été signé à Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du...) le 16 décembre, avec le CEAlex et le concours de la Fondation Gaz de France (Gaz de France est un groupe énergétique français spécialisé dans le transport et la distribution de gaz naturel. Sa maison mère est la SA Gaz de France Son chiffre d'affaires consolidé en...). L'entreprise a ainsi décidé de prolonger ses investissements en Égypte par du mécénat culturel en soutenant le projet de la citerne al-Nabih.

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