| Fort Liédot | |
| au nord de l'île d'Aix | |
| |
| Type d'ouvrage | Forteresse |
|---|---|
| Construction | 1810 - 1834 |
| Matériaux utilisés | Pierre |
| Utilisation | 1812 - ? |
| Contrôlé par |
|
Le fort Liédot – d'abord nommé Fort de la Sommité –, est une fortification située au nord-est de l'île d'Aix dans le département de la Charente-Maritime. Initialement à visée défensive à la demande de Napoléon Ier, il a rempli tour à tour bien d'autres fonctions : lieu de détention, cible d'expériences de tir, puis colonie de vacances de l'Armée. Destination prisée des randonneurs et des cyclistes, il est aujourd'hui ouvert aux visites guidées.
Le 5 août 1808, Napoléon Ier s'étant rendu sur l'île d'Aix pour une visite d'inspection, décide la construction d'un fort indestructible et imprenable sur sa côte Est, afin d'empêcher tout débarquement ennemi et en dessine lui-même les premières esquisses. Quant à l'implantation, le choix de l'Empereur se porte sur le plus haut sommet de l'île – d'où le premier nom de la forteresse, « Fort de la Sommité ».
La construction, qui durera 24 ans, débute à partir de 1810, sous les directives de l’ingénieur Thuillier, d’un fort carré, doté d’un bastion à chaque pointe, de 90 mètres de côté et de 7 mètres de haut, dont la cour centrale mesure 30 mètres de côté. Les blocs de pierres constituant le fort sont charriés via la Charente depuis les carrières de Crazannes près de Saint-Savinien. C'est dans ces carrières qu'ont été extraits les blocs de pierre ayant servi à la construction de la cathédrale de Cologne et au socle de la statue de la Liberté.
En 1812, le fort est renommé Fort Liédot, en hommage au colonel du même nom, mort pendant la campagne de Russie.
Ce fort témoigne de la maîtrise des Officiers du Génie dans l'art de bâtir. Il est implanté sur le point culminant de l'île, et est semi-enterré pour échapper aux tirs de l'artillerie. Pourtant il ne subira d'attaque que les tirs d'entraînement de l'armée française en 1863. Il servit surtout de lieu de détention pour des prisonniers politiques, notamment pendant l'insurrection de la Commune à Paris en 1871. Le plus célèbre prisonnier a été Ahmed Ben Bella, le futur premier Président de la République d'Algérie qui y fut retenu de 1959 à 1961, ainsi que quelques-uns de ses compagnons du FLN .
Après la Seconde Guerre mondiale, la gestion du fort est confiée aux œuvres sociales du ministère des Armées qui le transforment en colonie de vacances. Des enfants y sont accueillis de 1948 à 1958, puis de 1962 à 1980.
Laissé à l'abandon pendant plusieurs années et envahi par la végétation, il est racheté en 1989 par le Conservatoire du Littoral qui en assure la gestion et la réhabilitation, en collaboration avec la commune de l'Île d'Aix.
Aujourd'hui le fort est inscrit à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
| Entrée du fort | Enceinte vue de l'extérieur |