Fortification
Source: Wikipédia sous licence CC-BY-SA 3.0.
La liste des auteurs de cet article est disponible ici.
Planche de Cyclopaedia sur les fortifications.
Planche de Cyclopaedia sur les fortifications.

La fortification (du latin fortis, fort, et facere, faire) est l'art militaire, de renforcer une position ou un lieu contre une attaque.

Principes

Elle a deux fonctions principales:

  • l'obstacle en retardant (Un retardant est un produit chimique destiné à freiner la propagation des incendies .) l'attaquant dans sa progression vers l'affrontement rapproché et l'obligeant à rester plus longtemps sous le feu (Le feu est la production d'une flamme par une réaction chimique exothermique d'oxydation appelée combustion.) des défenseurs
  • la protection, en mettant à l'abri des attaques de l'ennemi les troupes chargées de défendre les obstacles. Cette composante de protection peut-être remplie de deux façons, directement, par l'utilisation de constructions assez solides pour arrêter les projectiles ennemis, et indirectement par l'emploi de la distance et de l'avantage en portée et plus récemment du camouflage. De façon générale, la généralisation (La généralisation est un procédé qui consiste à abstraire un ensemble de concepts ou d'objets en négligeant les détails de façon à ce qu'ils puissent être...) d'armes à feu de plus en plus perfectionnées à eu pour conséquence d'accroître le besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes...) de protection, l'obstacle perdant lui de l'importance avec la mécanisation des troupes d’assaut.

Elle peut cependant avoir d'autres fonctions, comme une symbolique, concrétisant un pouvoir ou une propriété.

Classification

Il est possible de qualifier les fortifications de bien des manières.

Permanence

Les fortifications sont habituellement divisées en deux branches, celles permanentes, bénéficiant d'un travail et de ressources importants, et celles de campagne (La campagne, aussi appelée milieu rural désigne l'ensemble des espaces cultivés habités, elle s'oppose aux concepts de ville, d'agglomération ou de milieu urbain. La...) qui sont réalisées de façon plus ou moins improvisée sur le terrain par les troupes. Cependant la limite entre les deux est assez floue, car des fortifications de campagne peuvent se transformer en fortifications dite semi-permanentes, quand le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) et les ressources le permettent, ou quand le besoin s'en fait sentir.

Taille et l'objectif

L'objectif des fortifications, lui par contre, a toujours été très variable (En mathématiques et en logique, une variable est représentée par un symbole. Elle est utilisée pour marquer un rôle dans une formule, un...), cherchant à protéger d'une simple demeure comme une maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble collectif.) forte ou un château (Un château est à l'origine une construction médiévale destinée à protéger le seigneur et à symboliser son autorité au sein du fief. Les premiers châteaux étaient...) fort féodal (château de Roquetaillade), à un pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision...) entier avec un vaste système défensif, comme la Grande muraille (Une muraille est un mur de grande hauteur destiné à protéger un ensemble de bâtiments par leur enceinte.) de Chine et la ligne Maginot.

Époque

Histoire

Fortifications primitives

Le moyen de garder l'ennemi, en dehors du lieu que l'on veut protéger, est trouvé très tôt dans l'histoire de l'humanité avec la palissade en bois, le talus de terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre planètes...), ou le mur (Un mur est une structure solide qui sépare ou délimite deux espaces.) de pierres sèches empilées, selon les régions. Suffisant contre la faune, cet obstacle va vite se révéler insuffisant contre l'Homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par...), qui imagine quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur d’une...) de moyens pour le franchir, le premier instrument de siège, apparaît avec l'échelle qui permet d'escalader la muraille. Il devient donc nécessaire de défendre l'obstacle, contre l'envahisseur. Le mur étant difficile à défendre d'en bas, on invente le chemin de ronde qui permet de parcourir son sommet, tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en étant protégé de l'extérieur, par le parapet, plaçant les défenseurs dans une position avantageuse pour le corps à corps et le tir.

Le lieu protégé par ce type de fortification (La fortification (du latin fortis, fort, et facere, faire) est l'art militaire, de renforcer une position ou un lieu contre une attaque.) précoce est généralement le village (Un village est, à la campagne ou à la montagne, un ensemble d'habitations, de bâtiments à usages divers, de fermes... de proportion modérée (quelque dizaines de bâtiments)), où vivent les défenseurs et où ils stockent leurs réserves et richesses. L'enceinte est souvent circulaire, entourant les habitations ; la forme de défense la plus courante semble avoir été le Dun, où un talus de terre est créé à l'intérieur, en creusant un fossé. Le talus constitue le chemin de ronde, le parapet est constitué soit par un autre talus plus petit, ou une palissade en bois. Dans les régions rocailleuses comme l'Irlande ou l'Écosse, la pierre est utilisée pour tenir le flanc du talus. Dans la zone méditerranéenne, les enceintes sont constituées par des pierres colossales empilées sans aucun liant (Un liant est un produit liquide qui agglomère des particules solides sous forme de poudre. Dans le domaine de la peinture, il permet au pigment d'une peinture de...).

L'apogée (Un apogée (du grec apogeios : loin de la terre ; apo : loin + gê : Terre), dans les domaines de l'astronomie et de...) de ce type de fortification semble avoir été atteint par les tribus germaniques, qu'affronta César en son temps. Leurs villes étaient entourées par des talus composites constitués par un assemblage de pierres, de troncs d'arbre (Un arbre est une plante terrestre capable de se développer par elle-même en hauteur, en général au delà de sept mètres. Les arbres acquièrent une structure rigide composée d'un...) placés en longueur (La longueur d’un objet est la distance entre ses deux extrémités les plus éloignées. Lorsque l’objet est filiforme ou en forme de lacet, sa longueur est celle de l’objet...) et de terre, très difficile à détruire, car épais et donc résistant à des coups de béliers et insensibles au feu grâce à la présence de terre humide.

L'apparition de la maçonnerie (La maçonnerie est l'art de bâtir une construction par l'assemblage de matériaux élémentaires, liés de manière non réversible. C'est l'art du maçon par définition.)

L'invention de la brique séchée au soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une étoile de type naine jaune, et...) révolutionne l'art de fortifier, permettant de créer des murs beaucoup plus hauts, et donc imprenables par escalade. Ces techniques naissent parmi les civilisations du croissant fertile, elles nécessitent outre les progrès dans l'art de la construction, une structure sociale autorisant la réquisition de nombreux travailleurs pour de longues périodes, ce que permettent les premières royautés qui émergent alors. L'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut...) de ce nouveau type de fortification apparaît aussi, ce sont les premières grandes villes de l'histoire. Le but est de pouvoir abriter les réserves et la population de toute la campagne environnante dans un lieu inaccessible à l'ennemi, les travaux de défense sont donc autrement plus importants que ce qu'exigeait la protection d'un simple village. On voit ainsi apparaître des œuvres colossales, comme les murailles de la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent...) de Ninive en Assyrie, avec des murs en briques de près de quarante mètres de haut.

L'apparition du bélier (Le bélier est le mâle non châtré de l'espèce Ovis aries réservé pour la reproduction (production d'agneaux). On désigne le mâle et la femelle,...) et des travaux de sape et de mine contre les murs, oblige à construire ceux-ci de façon solide avec plus de dix mètres d'épaisseur. Pour éviter un travail trop important, la solution est alors trouvée, de construire deux murs parallèles et de combler l'intervalle entre les deux avec de la terre. Ces nouveaux types d'attaque provoquent l'apparition des tours qui garnissent les longueurs de mur, permettant par leur avancée par rapport au mur, de battre par des tirs croisés, l'angle (En géométrie, la notion générale d'angle se décline en plusieurs concepts apparentés.) mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général,...) où opèrent les sapeurs et le bélier. Elles constituent aussi un refuge surplombant le parapet, qui permet de bombarder celui-ci après une prise par l'assaillant, et de plus, elle sert de contrefort (Un contrefort est un renfort (bloc) de maçonnerie massif élevé sur la face extérieure d'un bâtiment voûté et qui sert à contenir les effets d'une charge ou de la poussée des arcs...) au mur. C'est aussi à cette époque que le parapet se garnit de créneaux, qui permettent aux défenseurs de s'abriter entre deux tirs. Les villes fortifiées de cette époque deviennent quasiment imprenables par un assaut direct, il ne reste que la solution de l'investissement et du siège de longue durée, pour la faire tomber par la famine ou la reddition.

Cependant, les Grecs de la période classique et par la suite les Romains, développent et systématisent de nouvelles tactiques et techniques de siège ou poliorcétique. Celles-ci sont liées à l'apparition de nouvelles armes de jet lourdes, les balistes et catapultes, et des tours de siège. Ce type de siège, bien qu'efficace, demande de très longs travaux préparatoires, dont l'édification d'une enceinte, souvent double, ceinturant l'assiégé, pour éviter les sorties de celui-ci et éventuellement, une attaque d'une armée de secours adverse. De grands terrassements, sont aussi nécessaires pour amener les engins de siège au contact des défenses, par exemple de grandes rampes en remblai, pour avancer les tours de siège.

Comparativement, les systèmes défensifs évoluent moins pendant cette période, l'effort porte principalement sur l'utilisation du terrain existant pour concevoir le réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un...) fortifié : on cherche à s'appuyer sur des cours d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) ou des dénivellations importantes naturelles. Pour protéger les villes, on crée des forteresses, situées sur les hauteurs pour constituer les point (Graphie) forts de la position. Les Romains vont par contre apporter beaucoup dans le domaine de la fortification de campagne, avec leur camps plus ou moins provisoires. Ces travaux en terre et en bois, réalisés parfois en quelques heures (L'heure est une unité de mesure  :), sont néanmoins assez difficiles à prendre, fournissant un abri sûr aux troupes. Une de leur caractéristiques, le fossé, se généralise aussi dans les fortifications permanentes. Il présente trois avantages, il empêche l'assaillant d'amener une machine de siège au contact du mur, sans l'avoir préalablement comblé, il fournit des matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) pour la construction du mur ou de la butte constituant l'obstacle, et enfin il augmente par sa profondeur, la hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) de celui-ci.

D'autres perfectionnements commencent à se répandre, de nombreuses tours sont bâties sur une base circulaire ou ovale (Dans le sens étymologique, un ovale est une forme d'œuf. En mathématiques, et plus particulièrement en géométrie, le terme...), au lieu de carrée ou rectangulaire auparavant, ce qui leur permet de mieux résister aux impacts des balistes. Par ailleurs, les matériaux évoluent, la brique cédant la place à la pierre, plus courante aux latitudes septentrionales et moins sensible au effet du feu et des chocs. Il semble aussi que les Romains aient mis en place les premiers hourds qui permettent de tirer vers le bas du mur, sans se découvrir.

Le chateau fort

Murs d'enceinte du château médiéval de Château-Thierry, Aisne, France.
Murs d'enceinte du château médiéval de Château-Thierry, Aisne, France.

La motte castrale

Les invasions barbares et la chute de l'empire romain provoquent un repli sur de plus petites communautés. Les fortifications ne vont plus chercher à protéger de vastes enceintes,mais une simple demeure, celle du seigneur.

Le donjon (Le donjon est la tour la plus haute d'un château fort, destinée à servir à la fois de point d'observation, de poste de tir et de dernier refuge si le reste de la fortification...) ou tour maîtresse

Le donjon était utilisé en dernier recours, quand le reste du château ou de la ville a été prise par les ennemis. C'est là que se réfugie notamment le seigneur, sa famille, ainsi que les membres les plus éminents de sa cour. Plusieurs donjons sont dignes d'être notifiés : parmi ceux-ci, celui du château de Coucy (dynamité pendant la première guerre mondiale), celui de Gisors, celui de la Roche (La roche, du latin populaire rocca, désigne tout matériau constitutif de l'écorce terrestre. Tout matériau entrant dans la...) Guyon (diminué d'un tiers mais avec un souterrain d'accès)...

Les perfectionnements de la défense active

L'histoire des châteaux-forts est notamment ilustrée par le Val de Loire qui présente certaines des plus anciennes et des plus importantes forteresses françaises : Angers, Chinon, Langeais, Lavardin, Loches.

Les forts classiques

L'apparition de l'artillerie et le début du bastion (Le bastion est un des éléments des fortifications classiques, il remplace dans celles-ci, la tour pour fournir les feux de flanquement sur la courtine et défendre les angles du corps de place. Il est constitué par un talus de...)

Système de fortification bastionnée
Système de fortification bastionnée

L'apparition des canons change au départ peu de chose dans les méthodes de siège, se révélant marginalement plus performants que les diverses balistes. Mais peu à peu, les pièces deviennent de plus en plus puissantes grâce à l'amélioration des techniques de fabrication et commencent à utiliser des projectiles en bronze (Le bronze est le nom générique des alliages de cuivre et d'étain. Le terme airain désigne aussi le bronze, mais est plutôt employé en...), puis en fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau ferromagnétique le plus courant dans la vie...) battu, au lieu de la pierre et du bois en usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) auparavant. Ces nouveaux boulets qui n'éclatent pas à l'impact avec des vitesses supérieures lors de l'impact, rendent la construction de murs maçonnés capables de leur résister de plus en plus ardue. De plus, les canons tirent de plus en plus vite et précisément, il devient possible de concentrer plusieurs tirs successifs sur une zone précise, pour créer une brèche ( La Brêche ou Brèche est une rivière française située dans le département de l'Oise. La brèche est une roche. La Brèche est la place centrale de la...), dans n'importe quel mur, ce qui était impossible avec l'artillerie nevrobalistique. La fortification doit évoluer devant cette nouvelle menace. Suite à la démonstration (En mathématiques, une démonstration permet d'établir une proposition à partir de propositions initiales, ou précédemment démontrées à partir de...) faite par l'armée de François Ier lors des guerres d'Italie, la fragilité (La fragilité est l'état d'une substance qui se fracture lorsqu'on lui impose des contraintes mécaniques ou qu'on lui fait subir des déformations brutales (c'est-à-dire sous forme de choc), sa...) des forteresses traditionnelles est une cause entendue.

Le siège est désormais considéré comme un duel d'artillerie entre les canons qui attaquent la place forte et ceux qui la défendent. L'art de fortifier va donc consister à donner à ces derniers le maximum d'avantages dans la lutte. Dès le XIVe siècle apparaissent les tours à canons, basses et massives, qui renforcent les forts existants. La phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) suivante va être de diminuer la hauteur des courtines et des tours. L'ouvrage émerge alors à peine de son fossé, qui a repris la fonction d'obstacle, tenue depuis l'aube de la civilisation par le mur haut qui est devennu trop vulnérable. Les courtines perdent leur créneaux, au profit d'embrasures pour les canons, et des ouvrages détachés commencent à apparaître autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent...) du corps principal de la forteresse. La fonction de ces derniers est de retarder au maximum l'attaque contre la forteresse elle-même, sans présenter un quelconque abri pour l'assaillant, une fois qu'ils sont pris. Des caponnières permettent aussi une défense plus aisée du fossé.

Lors de la guerre d'indépendance Hollandaise, une nouvelle école germanique de fortification émerge et pose les bases des nouvelles manières de défendre les places fortes. Elle introduit le glacis (Un glacis est), une zone en pente douce, privée de tout couvert, qui entoure la forteresse. Autre nouveauté, le chemin couvert, qui sépare le fossé du glacis : il permet de déployer des mousquetaires, pour fusiller tout assaillant qui s'aventurerait sur le glacis. Il est légèrement en contrebas des courtines principales qui sont armées par les canons de la place, ce qui permet l'étagement des feux ; il n'est pas protégé côté forteresse, et n'offre donc aucun avantage après sa prise. L'usage de la terre extraite du fossé dans la construction redevient prépondérant, la maçonnerie est employée principalement pour bâtir deux murs encadrant le fossé, l'escarpe (L'escarpe est un mur délimitant le fossé autour d'une fortification. Ce mur se situe vers l'intérieur du fort, par opposition au mur de contre-escarpe qui lui est vers l'extérieur du fort.) côté courtine (Dans l’architecture militaire médiévale, une courtine est la muraille reliant deux tours ; dans l’architecture militaire...) et la contrescarpe (La contre-escarpe ou contrescarpe est un mur délimitant le fossé autour d'une fortification. Ce mur se situe vers l'extérieur d'un fort, par opposition au...) côté glacis. La tour disparaît au profit du bastion, entre lesquels s'intercalent des demi-lunes, qui remplacent les premiers ouvrages détachés. Ces deux types d'ouvrage portent l'artillerie de la place.

Toutes ces nouvelles techniques sont formalisées, en France, dans un premier traité de fortification écrit en 1600 par Jean Errard (Jean Errard (c.1554 - 1610) était un mathématicien et architecte militaire lorrain, qui, converti au protestantisme, s’est engagé au service du roi de France Henri IV. Introducteur en France de la...). Il y détermine les distances entre les ouvrages en fonction de la portée de l'arquebuse et préconise l'étagement des feux. Antoine Deville et Blaise de Pagan poursuivent son œuvre, en particulier en introduisant l'usage de réduits, au sein des ouvrages, pour retarder leur chute en fournissant aux défenseurs une position de repli où ils peuvent se réfugier et bénéficier d'un avantage, au sein même de l'ouvrage. Le principe de l'échelonnement dans la profondeur est né, il va être perfectionné par leurs successeurs, dont Vauban.

Les systèmes de Vauban

Une coupe des fortifications Vauban, suivant la ligne capitale passant par une demi-lune
Une coupe des fortifications Vauban, suivant la ligne capitale (Une capitale (du latin caput, capitis, tête) est une ville où siègent les pouvoirs, ou une ville ayant une prééminence dans un domaine social,...) passant par une demi-lune (Une demi-lune constitue avec la tenaille, située derrière elle, les éléments des fortifications classiques qu'on appelle les dehors. Elle alterne avec les bastions, pour croiser ses feux avec ceux-ci.)

.

Citadelle de Lille
Citadelle (Une citadelle est une partie de ville fortifiée, qui peut éventuellement se limiter à un château fort.) de Lille

La fortification moderne

  • Le système Séré de Rivières
  • La Ligne Maginot

Terminologie

Type de fortification

  • Acropole ( Acropole (citadelle) Acropole (Athènes) en Grèce. ACROPOL est le système de communications radio de la Police nationale française depuis 1994 La...)
  • Château fort
  • Citadelle
  • Fort
  • Forteresse
  • Ligne fortifiée
  • Limes (Le limes est le nom, donné par les historiens modernes, au système de fortification romain établi tout au long des frontières de l'empire. Il marque donc la frontière entre l'empire romain et le monde barbare, tel...)
  • Maison forte
  • Oppidum (Un oppidum (du latin n. oppidum, pl. oppida : lieu élevé, fortification. À noter le pluriel français recommandé: oppidums) est un lieu élevé...)
  • Place forte
  • Pont (Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression ou un obstacle (cours d'eau, voie de communication, vallée, etc.) en...) fortifié
  • Secteur fortifié

Beaucoup d'installations militaires sont connues comme forts, bien qu'ils ne soient pas toujours fortifiés. De plus grands forts peuvent se classer comme forteresse ou ouvrage pour les fortifications modernes, de plus petits comme blockhaus (La casemate désigne un local d'une fortification ou d'un fort qui est à l'épreuve des tirs ennemis, souvent partiellement enterré. On peut classer les casemates en deux catégories : les casemates...) ou casemates. Le mot fortification peut aussi désigner l'amélioration de la capacité défensive d'une zone avec des aménagements.

Éléments de fortification

  • archère
  • barbacane (Le terme Barbacane désignait pendant le Moyen Âge un ouvrage de fortification avancé qui protégeait un passage, une porte ou poterne, et qui permettait à la garnison d'une forteresse de se réunir sur un point saillant...)
  • bastille (fortification)
  • bastion
  • banquette
  • bloc
  • casemate (La casemate désigne un local d'une fortification ou d'un fort qui est à l'épreuve des tirs ennemis, souvent partiellement enterré. On peut classer les casemates en deux catégories : les casemates passives...)
  • cavalier
  • châtelet (On appelait châtelets, au Moyen Âge, de petits châteaux établis à la tête d'un pont, au passage d'un gué, à cheval sur une route en dehors d'une ville ou à l'entrée d'un...)
  • chemin couvert
  • chemin de ronde
  • chemise
  • caponnière (La caponnière est un petit ouvrage de fortification le plus souvent sur l'escarpe d'un fossé, qui sert à défendre un passage au fond d'un fossé, avec des armes légères ou...)
  • chicane
  • contre-escarpe (La contre-escarpe ou contrescarpe est un mur délimitant le fossé autour d'une fortification. Ce mur se situe vers l'extérieur d'un fort, par opposition au mur...)
  • coffre de contre-escarpe (Le coffre de contre-escarpe est un organe de flanquement du fossé d'un fort. Intégré à la contre-escarpe du fossé, et situé aux saillants d'un fort, il peut être simple ou double...)
  • contrefort
  • corps de place
  • courtine
  • créneau (Au Moyen Âge, le mot créneau, ou en ancien français quernal, aquarniau, carnel ou créniau, désignait toute ouverture pratiquée au sommet d'une tour ou d'une courtine, couverte ou découverte, et qui servait...)
  • cunette
  • demi-lune
  • donjon
  • escarpe
  • échauguette (L’échauguette (ou eschauguette, eschargaite ou escharguettes, escargaite, eschelgaite, esgaritte, garite, pionnelle, maisoncelle, centinelle ou sentinelle, hobette) désignait, du XIVe au XVIe siècle, la...)
  • fossé
  • fossé diamant (Le diamant est un minéral composé de carbone (tout comme le graphite et la lonsdaléite), dont il représente l'allotrope de haute pression, qui cristallise dans le système cristallin cubique. C'est...)
  • gabion
  • glâcis
  • guette (Une guette est un élément de l'architecture militaire au Moyen Âge.)
  • herse
  • hourd (Au Moyen Âge, le hourd est un échafaudage solide, fait de planches.)
  • huchette
  • lice
  • mâchicoulis (Les mâchicoulis (étymologiquement "ce qui permet d'écouler tout ce qui écrase") sont des ouvertures carrées ou de larges rainures pratiquées dans le sol du chemin de ronde d'une tour ou d'une courtine, et...)
  • merlon
  • moineau
  • parapet
  • pont-levis
  • poterne (Une poterne est une petite porte qui était intégrée aux murailles d'une fortification, de façon discrète et qui permettait aux habitants du château de sortir ou rentrer à l’insu de l’assiégeant.)
  • redoute
  • réduit
  • talus
  • tenaille
  • tour
  • tourelle
  • traverse (Une traverse est un élément fondamental de la voie ferrée. C'est une pièce posée en travers de la voie, sous les rails, pour en maintenir l'écartement et l'inclinaison, et transmettre au ballast les charges des...)

Le génie militaire est souvent chargé de la construction tandis que ce sont ses propres troupes (sapeurs) qui sont affectés à la destruction de celle de l'ennemi. On nomme siège, l'encerclement destiné à capturer une fortification qui ne peut être prise rapidement et par la seule force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale « cardinale » équivalent au courage (cf. les...).

L'application et l'évolution des principes de l'architecture (L’architecture peut se définir comme l’art de bâtir des édifices.) militaire entre le Xe et le XVe siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait 33 ans 4 mois...) peut notamment être observée à partir des forteresses du Val de Loire : Angers, Chinon, Langeais, Lavardin, Loches.

Bibliographie : Schweitz (Daniel), Châteaux et forteresses du Moyen Âge en Val de Loire, Touraine, Anjou, Berry, Orléanais, Vendômois, marche (La marche (le pléonasme marche à pied est également souvent utilisé) est un mode de locomotion naturel. Il consiste en un déplacement en appui alternatif sur...) bretonne, Tours, CLD, 2006.

Experts célèbres

  • Diadès de Pella
  • Giuliano da Sangallo (1445-1516)
  • François Mandon de Saint Rémy
  • Simon Stevin (1549-1620)
  • Antoine Deville (1596-1657)
  • Henri Alexis Brialmont
  • Menno van Coehoorn (1641-1704)
  • Jean Errard, dit Errard de Bar-le-Duc (1554-1610)
  • Pagan
  • Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707)
  • François Nicolas Benoît Haxo
  • Raymond-Adolphe Séré de Rivières
  • Montalembert

Notes et références

Page générée en 0.499 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique