Émile Boudier
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Jean-Louis Émile Boudier est un pharmacien et mycologue français, né le 6 janvier 1828 à Garnay et mort le 4 février 1920 à Blois, à l'âge de 93 ans.

Il embrasse en 1852 la carrière de son père, pharmacien d'officine et naturaliste (Le mot naturaliste fait référence au domaine des sciences naturelles. L'adjectif qualifie une personne ou un groupe (association, société savante.. )), brillant mycologue et entomologiste, qui lui communiquera sa passion pour les sciences naturelles.

Reçu au diplôme (Le diplôme (grec ancien :δίπλωµα, diploma signifiant « plié en deux ») est un acte écrit...) de pharmacien (Le pharmacien est en France un professionnel de la santé, successeur de l'apothicaire et titulaire du diplôme de docteur en pharmacie, après soutenance d'une thèse d'exercice et proclamation du serment de...) de première classe (Dans un moyen de transport (avion, train ou bateau), la première classe est la classe la plus confortable et celle offrant généralement le plus de prestations. En outre, l'ambiance y...) le 4 mai 1852, Émile Boudier (Jean-Louis Émile Boudier est un pharmacien et mycologue français, né le 6 janvier 1828 à Garnay et mort le 4 février 1920 à Blois, à l'âge de 93 ans.) fonda la pharmacie (La pharmacie (du grec φάρμακον/pharmakôn signifiant drogue, venin ou poison) est la science s'intéressant à la...) de l'établissement thermal d'Enghien-les-Bains en 1853. Puis il reprit l'officine paternelle où il exercera pendant vingt-cinq ans, jusqu'en 1878, date à laquelle il se retire pour se consacrer à ses recherches scientifiques favorites jusqu'à sa mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort des...). Il a dirigé pendant près de trente ans des herborisations mycologiques hebdomadaires dans les forêts de la région Île-de-France, suivi par de nombreux mycologues de France et de l'Etranger.

D'abord passionné pour l'entomologie où il excelle et réunit une importante collection, sa seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une mesure...) passion se réveille au cours des herborisations avec le brillant mycologue Joseph-Henri Leveillé (1796-1870), qu'il avait la chance d'avoir pour voisin à Montmorency. En 1854, il contribue à la création de la Société botanique (La botanique est la science consacrée à l'étude des végétaux (du grec βοτάνιϰή; féminin du mot...) de France, qu'il préside en 1901.

En 1864, il est élu correspondant de l'Académie Nationale de Médecine (L'Académie nationale de médecine, fondée historiquement en 1731 à partir de l'Académie royale de chirurgie qui fut intégrée en 1820 dans l'Académie...) qui lui décerne le prix Orfila pour son mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.) Les Champignons au point de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) de leurs caractères usuels, chimiques et toxicologiques, qui sera publié deux ans plus tard avant d'être traduit en allemand.

En 1870, le pillage de sa collection d'insectes (Insectes est une revue francophone d'écologie et d'entomologie destinée à un large public d'amateurs et de naturalistes. Produite par l'Office pour les insectes et...) rares par les Allemands l'incite à se consacrer exclusivement aux champignons.

Après avoir publié une monographie des Ascobolées (1868), il s’attèle à la rénovation de la systématique (En sciences de la vie et en histoire naturelle, la systématique est la science qui a pour objet de dénombrer et de classer les taxons dans un certain ordre, basé sur des principes divers....) des Discomycètes, après avoir découvert l’importance de la déhiscence des asques (ou thèques) qui le conduira à diviser la sous-classe des Discomycètes en operculés et inoperculés. Il réunira ses observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir procuré explique la très grande...) en 1885 dans son Essai sur la classification des Discomycètes charnus, ouvrage couronné par le prix Desmazières, décerné par l'Académie des sciences (Une académie des sciences est une société savante dont le rôle est de promouvoir la recherche scientifique en réunissant certains des chercheurs les plus...) en 1887.

En 1884, il fut avec Lucien Quélet (1832-1899) et Antoine Mougeot (1815-1889), l'un des fondateurs de la Société mycologique de France, qu'il présidera de 1887 à 1890, avant d'être élu président honoraire, puis président d'honneur en février 1903. En 1905, il devient membre honoraire de la British Mycological Society puis correspondant de l'Académie (Une académie est une assemblée de gens de lettres, de savants et/ou d'artistes reconnus par leurs pairs, qui a pour mission de veiller aux usages dans leurs disciplines respectives et de publier des ouvrages tels que des...) des sciences en 1908.

Vient ensuite son œuvre la plus importante avec Les Discomycètes d'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent eurasiatique, voire comme...) (1907) et Histoire et classification des Discomycètes d’Europe (1909).

À côté de ces travaux déterminants sur la classification et plus de quatre-vingt-dix publications de systématique, ses talents d'aquarelliste vont asseoir sa réputation à l'échelle mondiale, avec la parution de son magnifique atlas de plus de 600 planches, Icones mycologicae (6 volumes, 1904-1910).

La faculté de pharmacie de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les...) lui a dédié un de ses amphithéâtres, mais le gouvernement ne reconnaîtra ses mérites qu'en 1910 en le nommant, à 82 ans, chevalier de la Légion d'honneur.

En 1917 à 89 ans, il se retire à Blois d'où il publiera ses Dernières étincelles mycologiques.

Publications

  • Boudier, É. (1869). Mémoire sur les Ascobolées. Annales des Sciences Naturelles, Botanique, sér. 5 10: 191-268.
  • Boudier, É. (1877). De quelques espèces nouvelle de champignons. Bull. Soc. Bot. France 24: 307-314.
  • Boudier, É. (1879). Diagnoses nouvelles de quelques espèces critiques de champignons. Bull. Soc. Bot. France 26: 228-236.
  • Boudier, É. (1881). Nouvelles espèces de champignons de France. Bull. Soc. Bot. France 28: 91-(lien), tab.
  • Boudier, É. (1885). Note sur un nouveau genre et quelques nouvelles espèces des Pyrenomycètes. Revue Mycologique Toulouse 7: 224-(lien), tab.
  • Boudier, É. (1885). Nouvelle classification naturelle des Discomycètes charnus. Bull. Soc. Mycol. France 1: 91-120.
  • Boudier, É. (1885). Description de quelques espèces nouvelles de champignons basidiosporés. Bull. Soc. Bot. France 32: 282-(lien).
  • Boudier, É. (1887). Notice sur les discomycètes figurés dans les dessins inédits de Dunal. Bull. Soc. Mycol. France 3: 88-96.
  • Boudier, É. (1888). Nouvelles espèces de Discomycètes inoperculès de France. Bull. Soc. Mycol. France 4: 76-86, 1 pl..
  • Boudier, É. (1891). Quelques nouvelles espèces de champignons inférieurs. Bull. Soc. Mycol. France 7: 81-83, tab.
  • Boudier, É. (1891). Trois nouvelles espèces de Pezizes. Bull. Soc. Mycol. France 7: (lien).
  • Boudier, É. et Patouillard, N.T. (1892). Description de deux nouvelles espèces de Gymnoascus de France. Bull. Soc. Mycol. France 8: 43-45, 1 pl..
  • Boudier, É. (1896). Description de quelques nouvelles espèces de Discomycètes de France. Bull. Soc. Mycol. France 12: 11-17, pls. 3-4.
  • Boudier, É. (1897). Nouvelles espèces ou variétés de champignons de France. Bull. Soc. Mycol. France 13 (1): 9-18, pls 1-4.
  • Boudier, É. (1897). Révision analytique des morilles de France. Bull. Soc. Mycol. France 13 (2): 129-153.
  • Boudier, É. (1898). Descriptions et figures de quelques espèces de Discomycètes operculés nouvelles ou peu connues. Bull. Soc. Mycol. France 14: 16-23, pls. 3-4..
  • Boudier, É. (1898). Description d'une nouvelle espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la...) de morille de France, le Morchella Reilana. Ann. Soc. Bot. Lyon 23: 85-87.
  • Boudier, É. (1899). Note sur quelques champignons nouveaux des environs de Paris. Bull. Soc. Mycol. France 15: 4-54.
  • Boudier, É. et Patouillard, N.T. (1900). Note sur deux champignons hypogés. Bull. Soc. Mycol. France 16: 141-146, 1 pl..
  • Boudier, É. (1901). Note sur le genre Perrotia, nouveau genre de Discomycètes operculés. Bull. Soc. Mycol. France 17: 23-25.
  • Boudier, É. (1902). Champignons nouveaux de France. Bull. Soc. Mycol. Fr. 18: 137-146, 3 plates.
  • Boudier, É. (1904-1905, publ. 1905). Icones Mycologicae 1-5 [Série 1]: pls. 1-100. Paris; Paul Klincksieck.
  • Boudier, É. (1905-1906, publ. 1906). Icones Mycologicae 6-10 [Série 2]: pls. 101-200. Paris; Paul Klincksieck.
  • Boudier, É. (1906-1907, publ. 1907). Icones Mycologicae 11-15 [Série 3]: pls. 201-300. Paris; Paul Klincksieck.
  • Boudier, É. (1907). Histoire et Classification des Discomycètes d’Europe. 223 pp. Paris; Librairie des Sciences Naturelles Paul Klincksieck.
  • Boudier, É. (1907-1908, publ. 1908). Icones Mycologicae 16-20 [Série 4]: pls. 301-400. Paris; Paul Klincksieck.
  • Boudier, É. (1908, publ. 1909). Note sur une nouvelle espèce de Pseudophacidium. Transactions of the British Mycological Society 3: 81.
  • Boudier, É. (1908-1909, publ. 1909). Icones Mycologicae 21-25 [Série 5]: pls. 401-500. Paris; Paul Klincksieck.
  • Boudier, É. (1909-1910, publ. 1910). Icones Mycologicae 26-30 [Série 6]: pls. 501-600. Paris; Paul Klincksieck.
  • Boudier, É. et Torrend, C. (1911). Discomycètes nouveaux de Portugal. Bull. Soc. Mycol. France 27: 127-136, tab.
  • Boudier, É. (1917). Dernières étincelles mycologiques. Bull. Soc. Mycol. France 33: 7-22, tab. 1-6.

Liste des taxons de Boudier en mycologie

En plus des genres Boudiera et Boudierella, et des 86 espèces et sous-espèces boudieri que lui ont dédiées les mycologues, Boudier a décrit (sous son seul nom) les taxons suivants :

  • Genres :
    • Ascophanus (1869)
  • Espèces :
    • Ascobolus michaudii
    • Boletus dupainii
    • Clitocybe arnoldii
    • Collybia benoistii
    • Coprinus tigrinellus
    • Cortinarius alpinus
    • Disciotis maturescens et sa variété fulvescens
    • Entoloma sericellum
    • Exobasidium vaccinii-uliginosi
    • Ganoderma resinaceum, G. valesiacum
    • Helvella alpestris, H. lactea
    • Humaria menieri, H. superans
    • Inocybe acuta, I. ionipes, I. maculata
    • Lactarius flavidus, L. fluens, L. rufus v. exumbonatus
    • Lamprospora carbonicola, L. dictydiola
    • Marasmius menieri
    • Microglossum fuscorubens
    • Morchella conica v. intermedia, M. esculenta v. umbrina, M. hortensis, M. inamoena, M. rielana
    • Orbilia curvatispora, O. sarraziniana
    • Peziza ampliata v. costifera, P. arvernensis
    • Pluteus luctuosus
    • Terfezia boudieri v. pedunculata
    • Torrendiella ciliata
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