Acouphènes et physiothérapie: enfin, un peu de silence

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Entre 4% et 15% de la population adulte doit composer avec des acouphènes persistants. Chez 2,4% de la population, l'intensité des acouphènes a des répercussions importantes sur la qualité de vie.

La physiothérapie améliore la condition de certaines personnes aux prises avec des acouphènes.

La physiothérapie pourrait apporter un soulagement des acouphènes chez une partie des personnes aux prises avec cet invalidant problème. C’est ce que démontre une équipe de l’Université Laval, du Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS) et du Centre intégré universitaire en santé et services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale dans un article qui sera publié dans le Journal of the American Academy of Audiology. Les tests effectués par les chercheurs montrent que la physiothérapie produit une amélioration tangible et soutenue chez la moitié des personnes qui ont participé à l’étude.

Rappelons qu’un acouphène est une sensation auditive qui se manifeste sans qu’il y ait de stimulus sonore extérieur. «Ce problème provient souvent des structures liées à l’audition, mais il peut aussi résulter du mauvais fonctionnement de certains nerfs du cou et de la tête qui se connectent à la même région du système nerveux que le nerf auditif, explique le responsable de l’étude et professeur au Département de réadaptation, Jean-Sébastien Roy. Ce type d’acouphènes, dits somatosensoriels, est fréquemment associé à des problèmes musculaires à la tête et au cou, à des douleurs au cou et à une diminution de la mobilité du cou qui surviennent après un traumatisme ou une maladie. C’est ce qui nous a conduits à tester l’efficacité de la physiothérapie pour traiter les acouphènes.»

Les chercheurs ont soumis 31 adultes souffrant d’acouphènes à 10 traitements de physiothérapie répartis sur 6 semaines. Les participants devaient également faire 3 ou 4 séances d’exercices à la maison chaque semaine. «L’intervention fait appel à des mobilisations thoraciques et cervicales, à du renforcement musculaire, à des étirements et à de l’éducation portant sur la bonne posture. C’est similaire à ce qui est proposé aux personnes qui ont des problèmes au cou ou à la mâchoire», résume le professeur Roy. L’état des participants a été évalué au moment du recrutement, à la fin des séances de physiothérapie et trois mois plus tard.

Résultats ? L’évaluation effectuée trois mois après la fin des traitements montre qu’environ la moitié de participants (14 sur 31) rapportaient une amélioration soutenue de leur condition. L’intensité de leurs acouphènes et le dérangement qu’ils leur occasionnaient avaient diminué de moitié. «Ces personnes étaient extrêmement heureuses parce qu’une amélioration de cet ordre fait une énorme différence dans leur vie», commente le professeur Roy.

On estime qu’environ 40% des cas d’acouphènes sont de nature somatosensorielle, mais la physiothérapie n’est pas efficace dans tous les cas. Les analyses des chercheurs ont permis d’isoler les principales caractéristiques des participants pour qui le traitement a apporté un soulagement. Les chances de succès sont plus grandes lorsque les acouphènes sont apparus récemment, que leur intensité n’augmente pas lorsque les sujets sont exposés à un bruit, qu’il n’y a pas d’antécédents familiaux et que la contraction des muscles du cou module l’intensité des acouphènes. «Les audiologistes et les physiothérapeutes peuvent utiliser ces critères afin de mieux cerner les patients pour qui la physiothérapie peut être efficace», souligne le professeur Roy. Cette pratique est maintenant intégrée à l’offre de service en audiologie au CIUSSS de la Capitale-Nationale.

L’article scientifique est signé par Claudia Côté, Isabelle Baril, Catherine-Ève Morency, Samuel Montminy et Mélanie Couture, du Centre intégré universitaire en santé et services sociaux de la Capitale-Nationale, et Jean Leblond, Marianne Roos et Jean-Sébastien Roy, du CIRRIS.

Entre 4% et 15% de la population adulte doit composer avec des acouphènes persistants. Chez 2,4% de la population, l'intensité des acouphènes a des répercussions importantes sur la qualité de vie.

PE
Pendesinialessandro

Bonjour
Quelques précisions:

Passé 60 ans, environ 15% des personnes ont des acouphènes à un moment de leur vie. Le principal facteur qui expose au risque des acouphènes, c’est de présenter une perte auditive, autrement une relative sourdité ou baisse d’audition (presbyacousie) progressive.

Chez les jeunes, la principale cause de perte d’audition, et donc d’acouphènes, ce sont les traumatismes sonores, NOTAMMENT LA MUSIQUE JOUEE et/ou ECOUTEE TROP FORT avec ou sans écouteurs, ou des bruits soutenus qui dépassent allègrement les 100 dB !!!. :non:

Les acouphènes dérivent d’une combinaison de perte d’audition due à un problème d’oreille interne, perte parfois très discrète, et d’une réaction disproportionnée du cerveau. Selon ce scénario, c’est le cerveau qui crée de toute pièce ces sons imaginaires qu’on pourrait interpréter comme des sons fantômes, comme un membre fantôme : quand on est amputé d’un membre (un bras ou pied, par ex.) on a souvent l’impression que ce membre est toujours présent et quasiment toujours douloureux.
D’où l’analogie des acouphènes et le membre fantôme : le cerveau est privé d’informations, en provenance des oreilles dans le cas de la sourdité, en provenance du membre dans le cas de l’amputation. Et ce manque d’information perturbe le cerveau qui crée des sensations, souvent désagréables : il s’agit selon le cas de douleurs fantômes ou –parfois mais pas systématiquement- d’insupportables acouphènes.
Selon une première théorie, on pourrait dire que le cerveau «augmente le son » pour compenser la baisse d’audition ! Pour mieux entendre, vous allez pousser vers le maximum le son de votre TV et, ce faisant, vous allez renforcer et entendre le bruit de fond, une sorte de souffle continu que normalement on n’entend pas, qui devient audible quand le volume est monté au maximum pour compenser la sourdité.
En général, quand on devient sourd, on perd surtout la perception des sons les plus aigus. Dans ce cas, les zones de la carte qui reçoivent les sons aigus ne sont plus opérationnelles. Ces zones commencent alors à fonctionner de façon fantaisiste.
Il n’existe pas de traitement miracle, mais différentes techniques ont une certaine efficacité : traitement de la sourdité, stimulation sonore, médicaments divers (à éviter si possible !), psychothérapie et comme dit l’article une (probable) physiothérapie appropriée.

NB Une méthode qui donne de bons résultats :
-ignorez vos acouphènes, habituez-vous à vivre comme s’ils n’existaient pas…. ;)

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cisou9

_____________ :_salut:
J'ai es acouphènes depuis l'âge de 40ans et la perte d'audition est très pénible.
Le problème et surtout gênant au téléphone ce qui fait que je l'utilise le moins possible. ___ :gueule: _____

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lynn.mazloum

Bonjour,
J'ai 36 ans, et je souffre d'accouphènes dans l'oreille droite depuis à peu près un an, avec de grandes périodes d'amélioration (disparition quasiment complète) et puis ça revient en force avant de dormir et au réveil. J'ai fait une visite c'est un medecin généraliste hier qui m'a recommandé de voir un spécialiste; et en même temps, ce matin j'ai contacté mon physio pour mal de cou, surtout côté droit (évidemment, work from home, assise sur la chaise toute la journée, mauvaise posture, et ... en Irlande = pluie, pas trop envie de bouger). J'ai fait le lien en me dirigeant chez le physio et à ma grande surprise il me confirme qu'il y a sans doute un lien (j'ai des mots de cou assez chroniques, je lui rends visite une dizaine de fois par an pour mon cou). Evidemment, en faisant des recherches, je tombe sur cet article, et ça me rend optimiste. Je vais observer la situation de proche et voir si les améliorations au niveau de l'oreille sont corrélées avec mes visites chez le physio! ;)
Fingers crossed !