Boire après le travail: une question de personnalité ?

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Les liens entre la consommation abusive d'alcool et le travail sont étudiés depuis longtemps, mais conservent une part de mystère en raison de leur complexité. (Photo: iStockphoto)

Nombreux sont les individus qui, au retour du travail, décompressent à l'aide d'un verre de vin ou d'une bière. Si la majorité n'en font pas une habitude, d'autres commettent des excès. Les liens entre la consommation abusive d'alcool et le travail sont étudiés depuis longtemps, mais conservent une part de mystère en raison de leur complexité. Des chercheurs de l'Université de Montréal ont vérifié si les traits de personnalité pouvaient jouer un rôle. Leurs travaux démontrent que l'estime de soi intervient légèrement dans cette relation.

«Une bonne estime de soi permet de diminuer de trois pour cent le risque d'abuser de l'alcool chez un salarié qui doit composer avec des exigences physiques élevées au travail, comme l'effort physique, l'omniprésence de bruits, la saleté, etc. Cet employé a plus confiance en ses capacités, ce qui le conduit à chercher de l'aide en cas de difficulté et à gérer son stress autrement qu'en consommant de l'alcool. L'effet de l'estime de soi n'est pas grand, mais il reste significatif et indique aux chercheurs qu'on doit s'y arrêter, d'autant plus qu'on ne trouve presque rien à ce sujet dans la littérature actuelle», explique Sabine Saade, doctorante en psychoéducation. Elle est la première auteure de cette étude publiée dans la revue scientifique Work et réalisée avec le professeur Alain Marchand, de l'École de relations industrielles de l'Université de Montréal.

Selon les chercheurs, certains traits de personnalité pourraient altérer la perception qu'a un individu des conditions d'organisation de son travail et influer sur ses réactions au stress. Ultimement, cela pourrait avoir un effet sur sa consommation d'alcool.

Sabine Saade

Pour étayer leur thèse, ils ont fait appel aux données de l'Enquête nationale sur la santé de la population, menée annuellement par Statistique Canada. Leur échantillon comptait 7338 Canadiens âgés de 15 à 55 ans qui occupaient un emploi entre 1994 et 2003. De six à huit pour cent d'entre eux abusaient alors de l'alcool. Cela veut dire que les femmes buvaient plus de 9 verres standards par semaine - une canette de bière de 314 ml ou un verre de vin de 142 ml par exemple - et les hommes plus de 14.

Outre l'estime de soi, les chercheurs ont évalué le centre de contrôle interne et le sentiment de cohésion. Le premier se définit comme l'impression de contrôle qu'une personne croit avoir sur les évènements qui se produisent dans sa vie. Le second se réfère au fait qu'un individu considère sa vie comme un tout intelligible et significatif. Malheureusement, aucun des deux n'intervient dans la relation entre les conditions d'organisation du travail et la consommation d'alcool à risque. D'autres données sont toutefois ressorties. L'acquisition constante de nouvelles compétences augmente les risques d'abus d'alcool de 7 %. Les exigences psychologiques et les horaires atypiques font croitre la consommation excessive d'alcool de 69 et 611 % respectivement.

Au contraire, le soutien social diminue ce danger de 5 % et l'insécurité liée à l'emploi de 12 %. Sabine Saade interprète ainsi ce dernier résultat pour le moins étrange: «Nous croyons que l'insécurité crée une volonté de bien performer chez le travailleur temporaire qui n'a souvent que quelques mois pour faire ses preuves. Et ce n'est pas en consommant de l'alcool de manière abusive qu'il y arrivera.»

Même si les conclusions n'étaient pas celles espérées, Sabine Saade estime que les chercheurs doivent continuer de prendre en compte les traits de personnalité quand ils examinent la consommation d'alcool à risque des travailleurs. «La vie au travail n'est pas modulée uniquement par le cadre organisationnel. On ne peut ignorer que les travailleurs ont une personnalité, un passé, une famille qui peuvent agir sur leur stress et leur façon de le gérer... que ce soit à l'aide de l'alcool ou non.»

AL
alessandro pendesini

Le fait que tant d’individus deviennent progressivement accros à l’alcool (et tout sortes de drogue) peut avoir des origines différentes. Les troubles de l’anxiété et stress sont parmi les causes les plus courantes.
Les troubles de l’anxiété sont parmi la forme la plus répandue de désordre mental. Dans le cours naturel d’une journée, nous sommes souvent confrontés à des frustrations ou difficultés qui déséquilibrent notre homéostasie (neuralement représenté comme une vision corporelle troublée ou perturbée) et nous font sentir un certain mal-être, découragement, tristesse (angoisse/stress/anxiété). L’un des effets de certaines substances, dont l’alcool qui a souvent un effet calmant, est de « restaurer » l’équilibre perdu, rapidement et bien sûr transitoirement. Il s’ensuit un détournement des systèmes appétitifs qui ne rééquilibre pas tout à fait l’homéostasie, du moins pas pour longtemps. -A titre de comparaison : la schizophrénie afflige environ 1% de la population et la dépression 15%, mais 25% des adultes disent souffrir de quelques manifestations d’anxiété clinique.
N.B. : Tous les médicaments (benzodiazépines) ainsi que l’alcool dans une certaine mesure, agissent immédiatement contre l’anxiété/stress, mais n’éliminent pas les causes du mal !!!
La psychothérapie cognitive est efficace pour traiter les troubles (causes) de l’anxiété/stress et bien d’autres déséquilibres mentaux ; elle va bien au delà de l’effet placebo ! --Bien à vous

VI
Victor

Monsieur Pendissini je ne suis pas d'accord avec vous... Vous raisonnez comme un médecin addictologue et à que je sache l'angoisse fait partie naturellement de notre conscience humaine et c'est un bon signal pour la perception de danger externes... De plus je vois mal la relation de cause à effet entre l'angoisse et les diverses addictions dont l'alcool, je pense qu'au début c'est plutôt un rite social qu'on accepte pour faire parie d'un groupe, je ne sais pas où vous voyez la relation de cause à effet... Secundo il y a accoutumance et une fois l'addiction engagée celle ci devient une vraie addiction avec des effets de sevrages qui créent sans doute des angoisses... L'alcool, le tabac ou le Hasch, cela reste un comportement social

AL
alessandro pendesini

@ Victor
Pour votre information sachez que l’angoisse NE FAIT PAS PARTIE « NATURELLEMENT » DE NOTRE NATURE ! Elle est épiphénomènale, c’est-à-dire acquise, et non innée ! Vous semblez confondre « l’angoisse » avec la peur naturelle innée.
Bien à vous :non:

VI
Victor

Toujours pas d'accord avec vous l'angoisse est aussi vieille que le monde, c'est plus instinctif que la peur je pense que vivre dans la nature cela cause des angoisses et elle est cette bonne chose qui permets de garder la vigilance face aux dangers, la peur c'est une chose différente et elle produit des comportement différents, c'est une méthode de dressage par récompenses/punitions des individus, ça a quelques chose de purement comportemental

AL
alessandro pendesini

Notre problème, à nous humains, c’est de gérer l’imprévisibilité. C’est ici que naît la peur irrationnelle ou pathologique (à ne pas confondre avec la peur naturelle !), mais aussi l’angoisse et/ou l’anxiété qui, souvent, sont le résultat d’une expérience traumatique. Je vous l’accorde que cela a débuté il y a bien longtemps chez nos ancêtres !
NB La notion de « programme génétique » valide pour les bactéries perd sa pertinence si on l’applique à l’homme et son cerveau.
Nous n’avons pas besoin d’apprendre à avoir peur (nous sommes équipés par la nature pour cela) mais d’apprendre de quoi avoir peur, et aussi de quoi ne plus avoir peur ! :haaa:

VI
Victor

La peur irrationnelle liée à l'incertitude moi j'appelle cela une angoisse existentielle et c'est différent que de la notion de peur acquises par des expériences traumatiques... On peut guérir une peur traumatique mais pas des angoisses qui restent avant tout du domaine des fantasmes

avatar
cisou9

:_salut:
Je suis peut-être anxieux souvent, la peur, je l'ai très rarement, la crainte oui quand je faisait du voilier et que le vent montait à force 6 ou 7 voir plus, je reconnais que j'étais calme mais pas tranquille intérieurement, c'est le cas de tous les skippers.
Pour ce qui est de boire après un travail ou j'ai transpirer oui il m'arrive de boire de l'eau. :lol: